III. POLVSARC1E ADIPEUSE
Définition de l'adiposité. - Adiposité partielle. - Hypertrophie générale du système adipeux. — Particularités organiques des pulysarques humains. - Adiposité générale chez les animaux.
Les anomalies qui portent sur le tissu adipeux, avant pour conséquence une augmentation générale de volume, nous croyons pouvoir les placer à la suite des anomalies portant sur l'ensemble des organes. Il nous serait d'ailleurs assez difficile de les mettre autre part.
La polysarcie adipeuse ou obésité est une hyper trophie plus ou moins étendue et considérable du tissu adipeux, hypertrophie qui devient alors la cause d'une augmentation proportionnelle du volume du corps. Elle peut être partielle ou généralisée. Quand elle est partielle, elle porte sur une région isolée du corps et constitue, quelquefois, un caractère de race ou d'adaptation a un milieu particulier.
La siéatopygie ou adiposité fessière, est un caractère propre aux femmes boschimanes. Le développement de bosses ou de loupes graisseuses, dans la région caudale chez le mouton barbarin, sur le dos chez le dro -
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tmadaire et le chameau, etc. sont le résultat d'une adaptation à un milieu, où les alternatives d'abondance et de i disette se montrent périodiquement. Ces animaux trouvent, dans la réserve alimentaire accumulée dans leurs : bosses graisseuses, les moyens de résister à une alimentation insuffisante.
h' adiposité générale ou hypertrophie totale du tissu adipeux s'accompagne, fatalement, d'une augmentation du volume du corps, qui, chez l'homme, atteint quelque- : fois des limites extraordinaires,
C'est particulièrement en Angleterre et en Hollande . qu'on a rencontré des individus ayant des dimensions phénoménales et un poids colossal; on cite, par exemple, des sujets ayant pesé 200, 300, 500 et même 600 livres ; ainsi il est rapporté qu'une femme anglaise atteignait le ■ chiffre de 550 livres et que l'Anglais Brigth ne pesait pas moins de 616 livres. Wadd parle même d'un individu ayant atteint le poids monstrueux de 980 livres.
Dans le cas de polysarcie extrême, la graisse se développe, en masses énormes, dans toutes les parties du corps, cou, menton, thorax, mamelles, ventre, région fessière et membres ; elle envahit l'épiploon, le foie, le péricarde, etc., il y a peu 'de régions qui soient respectées, aussi l'aspect extérieur du corps est- il complètement changé, l'individu est informe.
Ordinairement les polysarques sont mous, apathiques, ils se déplacent avec peine ou ne se déplacent pas du tout, se reposant constamment et éprouvant très souvent le besoin de dormir. Ils sont, d'autre part, gros mangeurs et digèrent assez bien des quantités considérables d'aliments et de boisson. On cite le cas d'un Anglais qui mangeait 18 livres de bœuf et celui d'un jeune homme
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de même nationalité qui était capable de manger un veau entier dans sa journée.
Quant aux autres fonctions, elles s'exécutent fort mal; la respiration est particulièrement gênée et les fonctions de reproduction fréquemment atteintes; alors les polysarques ne sont pas seulement inféconds, mais impuissants.
La polysarcie est héréditaire; ceci n'implique pas que le fœtus, en naissant, soit obèse, mais indique simplement qu'il naît avec la prédisposition à le devenir. Cependant il est rapporté des cas dans lesquels l'accouchement avait été très laborieux, par le fait du volume exagéré d'un fœtus dont le système adipeux était anormalement développé.
Chez les animaux de boucherie, bœuf, mouton et porc, l'adiposité est une qualité très recherchée. Les éleveurs sont parvenus, par sélection et par alimentation intensive, à obtenir des races qui s'engraissent avec une extrême facilité et fournissent rapidement des sujels très lourds et très bons pour la boucherie. Mais dans la conservation et l'amélioration de ces races, ils ont souvent à lutter contre l'infécondité, qui, soudainement, vient mettre obstacle à la reproduction d'animaux très améliorés et oblige à rafraîchir le sang par croisement avec des sujets moins perfectionnés. C'est là une conséquence désagréable de l'engraissement excessif; du reste, il présente chez les animaux les mêmes caractères généraux que chez l'homme.