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IL ANOMALIES PAR AUGMENTATION GENERALE DU VOLUME DU CORPS

Définition du géantisme — Géants remarquables. — Particularités et caractères des géants. — Causes du géantisme — Accroissement précoce de la taille, chez l'homme. — Précocité chez les animaux.

A. Géantisme. — Définition. — On qualifie de ■jêants les individus qui, ajrant d'abord présenté des dimensions extraordinaires et anormales, par rapport à .eur âge, ont continué de grandir et ont dépassé de aeaucoup la taille ordinaire de leur espèce et de leur race.

Chez l'homme, les géants ont été l'objet d'un grand nombre de récits plus ou moins légendaires ; non seulement on trouve rapportés des exemples d'individus ■ayant eu des dimensions phénoménales, tels que le colosse de 5'", 523, que le Père Gentil prétendait avoir vu dans un tombeau, près d'Angers, mais on voit même Certains auteurs affirmer que nos premiers parents Étaient tous des géants, et que la taille des hommes a diminué beaucoup depuis le commencement du monde. ■La paléontologie humaine a prouvé depuis que la stature de l'homme est aussi élevée aujourd'hui qu'aux temps les plus reculés.

Nous laisserons de côté ces descriptions fantaisistes

et noterons simplement, que certains peuples actuels fournissent des sujets ayant une taille beaucoup plus élevée que la moyenne ordinaire et que quelques hommes peuvent atteindre des dimensions vraiment phénoménales, mais toujours renfermées dans des limites que les exemples suivants nous feront connaître.

Géants remarquables. — Les géants les plus grands que l'on ait observés sont : un Finlandais, du nom de Caianu, qui atteignait 2m,83; un Autrichien, de 2"', 55; un Kalmouck, de 2m,54, dont le squelette est conservé au musée Orfila ; un Irlandais, de 2"\31. Ces chiffres sont respectables, mais les dimensions que l'on observeleplus souvent, sont celles de 2"\16, 2m,13, 2"', 10 (géant Joachim); la taille de 2 mètres, que présentait l'Américain Freeman, serait commune chez les Patagons et les Polynésiens.

M. le professeur Taruffi a pu étudier un géant chinois de 2m,35. — Ce géant, âgé de trente-trois ans, était Dé de père et de mère ayant une taille au-dessous de la moyenne. Il avait dans sa parenté, du côté maternel, un individu de très haute taille, et son fils, âgé de huit ans, se développait très rapidement. Son barnum le dépeignait comme doué d'une intelligence peu supérieure à celle des bêtes, mais M. Taruffi constata qu'en réalité il n'avait de bestial que la voix qui était rauque et caverneuse, rappelant celle d'une vache qui a mugi pendant longtemps pour appeler son veau. Sa démarche était lente et lourde. Sa nutrition paraissait assez florissante, mais sans embonpoint. Le reste du corps n'offrait rien de particulier, si ce n'est une scoliose manifeste, avec convexité à droite, au niveau des dernières vertèbres dorsales.

GÈANTISME 73

Particularités organiques et caractères des géants. — Ces particularités s'observent surtout dans i les cas de dimensions extraordinaires et consistent en i modifications des proportions du corps. D'après les : mensurations prises par M. Taruffl, les os les plus \ voisins du tronc croissent outre mesure, relativement à la taille, tandis que les plus éloignés décroissent de plus en plus, et descendent même en dessous des proportions • moyennes.

Comme caractères principaux, nous noterons encore que les géants ont le front petit et fuyant, le maxil-

I laire inférieur proéminant, les formes rudes, les crêtes et les apophyses saillantes ; ils sont le plus souvent, délicats, débiles, mous, paresseux et fort peu intelli-

. gents. Fréquemment mal conformés, ils se voûtent de bonne heure et ont une durée d'existence inférieure à la moyenne.

Comme les nains, les géants sont ordinairement impuissants et prornptement fatigués par les plaisirs de ] l'amour.

Il y a pourtant des exceptions aux règles générales que nous venons d'indiquer ; ainsi, on cite des géants,

; n'ayant pas moins de 2m,10, doués d'une force herculéenne, robustes, bien portants et capables d'engendrer de nombreux enfants. Nous connaissons, à Lyon, un

. géant de 2m,14, qui, au point de vue de la force, de la

; santé, de l'énergie et de l'intelligence, est admirable-

' ment partagé.

Causes du gêantisme. — Les causes exactes du

. geantisme sont encore inconnues; on ne sait qu'une seule chose, c'est que l'hérédité n'est pas sans influence

■ sur le développement excessif de la taille, et que ce

Ouinard, Tcratologic. 5

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sont les peuples dont la taille est très élevée, qui produisent le plus grand nombre de géants.

Tel que nous le comprenons, le géantisme est rare et n'est même pas étudié chez les animaux.

B. Accroissement précoce de la taille. — Précocité. — Un fait qui se rattache au géantisme est celui que Geoffroy -Saint-Hilaire a qualifié de gigantisme temporaire, ou accroissement précoce de la taille. 11 est caractérisé par un développement hâtif du sujet, qui, à une certaine époque de la vie, se met à grandir rapidement, au point d'atteindre en peu de temps les dimensions de l'adulte, sans dépasser pour cela la taille ordinaire de l'espèce. — Les individus qui présentent cette anomalie sont des géants, relativement kla moyenne de la taille des individus du même âge.

Chez ces sujets-là, il y a développement complet et hâtif de tous les organes, en même temps qu'accroissement précoce de la taille, de telle sorte qu'ils atteignent très rapidement l'époque de la puberté. Celle-ci étant le terme fixé pour l'achèvement de l'évolution el de la croissance, il s'ensuit que les sujets précoces cessent de grandir dès qu'ils l'ont atteinte.

Le Recueil de l'Académie des sciences rapporte le cas d'un enfant, né dans le Jura, qui marchait à six mois, éLait apte à la reproduction à quatre ans, avait de la barbe et la taille d'un homme fait à sept ans- Dès ce moment il cessa de grandir.

Le même Recueil parle encore d'un jeune garçon qui, à six ans, avait lm,62 de taille, était parfaitement proportionné et jouissait d'une force extraordinaire. Il avait autant de barbe qu'un homme de trente ans, et présentait toutes les autres marques de puberté les moins

ACCROISSEMENT PRECOCE DE LA. TAILLE - PRECOCITE 75

: équivoques. On ne doutait point dans le pays que cet i enfant ne pût déjà en faire d'autres, ce qui fit que son i curé recommanda très sérieusement à sa mère d'em- : pêcher qu'il ne fréquentât trop familièrement les enfants d'un autre sexe.

Voilà deux exemples typiques de cette anomalie, mais : nous ajouterons encore, comme renseignements complé-

• mentaires, qu'elle est plus fréquente chez les individus mâles que chez les individus femelles; que les sujets qui la présentent, dépensant une quantité considérable de

• matériaux à l'édification de leur organisme, ont généralementun appétit extraordinaire et mangent beaucoup.

' Mais ils sout vite épuisés, vieillissent de bonne lieure et ont une vie courte.

Précocité chez les animaux. — La précocité existe c chez nos animaux domestiques où elle acquiert une . grande importance. Cependant elle ne doit pas être abso- ! lument confondue avec ce que nous avons étudié chez l'homme sous le nom d'accroissement précoce de la taille. — Au fond, le résultat est le même, car, chez les animaux comme chez l'homme, la précocité est caracté- ■ risée par l'achèvement rapide de l'organisme, par la prise : de toutes les dents permanentes, la soudure prématurée des os longs et le développement hâtif des organes de reproduction; de telle sorte que la taille du sujet précoce est définitivement acquise, bien avant l'époque ordinaire ; seulement cette précocité est le résultat de la mise en pratique de certaines méthodes zootechniques, particulièrement de la gymnastique forcée des organes de la nutrition, que l'on soumet à une alimentation intensive.

Par l'application rigoureuse de ces méthodes et par

sélection, les zootechnistes sont parvenus à faire de la précocité, l'apanage de certaines races d'animaux, spécialement destinées à la boucherie.

On a obtenu par exemple, des races de moutons, gagnant huit mois à un an sur la durée normale du développement ; des bœufs avançant de deux ans sur cinq, ce qui est fort joli, si l'on tient compte de la durée ordinaire de l'existence chez ces animaux.

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