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ANOMALIES DU BASSIN

iaître. On l'a également observé chez les femelles

les grandes espèces domestiques.

Fio. 54. — Même femme vue de dos (Charpentier).

l'excès (V amplitude du bassin est aussi un vice de conformation (flg. 55). Dans ce cas, le bassin conserve en général sa forme régulière ; « les rapports des diffé-

rents diamètres entre eux sont dans les proportions ordinaires, et ce n'est que par les dimensions exagérées de son calibre, l'épaisseur et la solidité de ses parois qu'il frappe l'attention. C'est pour ainsi dire un bassin de géante, faisant partie d'un organisme normalement constitué. » (Charpentier.)

G.PILAB.SI'1 'M.ic-

Fia-. 55. — Bassin présentant un excès d'amplitude (Depaul).

Les inconvénients de cette conformation sont assez nombreux, et parmi eux on peut citer la tendance aux déplacements utérins, l'abaissement, le prolapsus et même la rétroversion de l'utérus.

L'attitude quadrupédale des animaux enlèverait à ce défaut la plus grande partie de ses conséquences, s'il était établi qu'il pût exister chez nos femelles domestiques.

Le bassin peut présenter aussi des de formations

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congénitales; nous limiterons notre citation au bassin Oblique ovalaire, au bassin rétréci transversalement et au bassin fendu.

Le bassin oblique ovalaire a été décrit de la façon suivante par Ntegelé : « Le bassin est rétréci dans la

Fig. 50. — Bassin oblique ovalaire (Nichet, de Lyon).

direction d'un de ses diamètres obliques, il y a ankylose complète d'une des symphyses sacro- iliaques, et développement imparfait delà moitié correspondante du sacrum, et de l'os iliaque du même côté » (fig. 56).

L'ankylose d'une symphyse sacro-iliaque, que Naegelé donne comme constante et caractéristique de la

déformation dont nous parlons, ne se rencontre pas dans tous les cas ; le bassin oblique ovalaire peut se trouver en dehors de toute autre malformation.

Ce vice de conformation est congénital, il a été parfaitement étudié chez la femme, mais chez les animaux, je n'en ai pas trouvé d'exemple.

Fia. 57. — Bassin considérablement rétréci, transversalement (Robert).

Le bassin rétréci transversalement (fig. 57) est caractérisé par une diminution considérable du détroit transversal supérieur, avec double ankylose des articulations sacro-iliaques et atrophie presque complète des ailes du sacrum.

On en a rencontré quelques formes chez la femme, mais chez les animaux nous n'avons rien trouvé d'analogue.

Enfin, la dernière malformation qui nous reste à présenter est le bassin avec fente symphysaire congénitale. — lia été décrit par Litzmann, sous le nom de bassin fendu (fig. 58 et 59), et se caractérise comme

ce nom l'indique, par un arrêt de développement de la symphyse ischio -pubienne, ce qui fait que les pièces de cette articulation ne sont pas soudées et restent à une certaine distance l'une de l'autre. — Cette malformation n'est d'ailleurs pas aussi simple qu'on pourrait le supposer, car elle coïncide presque toujours avec une éventration et un défaut de réunion de la paroi abdo minale et de la vessie.

Anomalies de la main et du pied. — 1° Déformations et directions vicieuses. — Dans ce premier groupe d'anomalies nous trouvons les différentes variétés répondant à la désignation de pied bot et main bote.

Fig. 60. — Pied varus. Fig. 61. — Pied valgus.

Il y a quatre types principaux de pied bol : ■Dans le premier, la déviation a lieu en dedans, le bord interne du pied est tourné en haut et l'appui se fait sur le bord externe ; c'est le pied varus (fig. 60).

Dans le deuxième cas, plus rare, la déviation a lieu en dehors et le bord externe regarde en haut ; l'appui se fait sur le bord interne ; c'est le pied i- al g us (fig. 61).

Dans le troisième cas, le pied est en extension forcé, le talon relevé en haut ne porte pas sur le sol et l'appui ne se fait que par l'extrémité des orteils ; il y a conservation permanente de l'attitude que prennent les danseuses d'opéra, quand elles se dressent sur la pointe des pieds. Gomme ce genre d'appui, sur la troisième phalange, rappelle celui des animaux solipèdes.on a donné à cette variété le nom de pied équin (flg. 62).

Fio. 62. — Pied équin. Fia. 63. — Pied talus.

La disposition contraire à la précédente existe aussi et constitue la quatrième espèce de pied bot; il y a alors flexion exagérée en avant, redressement de la face dorsale contre la région antérieure de la jambe, dételle sorte que les orteils sont en haut et que le pied ne touche le sol que par le talon ; c'est le pied talus (flg- 63).

Ces différentes déviations se combinent souvent, et on

voit presque toujours le talus coexister avec le valgus de même que Yéquinus se joint au varus.

La main bote congénitale consiste aussi en une série de déviations correspondant à celles qui caractérisent le pied bot. Ces déviations sont, suivant le cas, qualifiées de radiale, cubitale, palmaire ou dorsale.

Des déviations du même genre et dans le même sens peuvent s'observer chez les animaux, mais elles ne sont pas toutes également fréquentes.

Les causes de ces diverses anomalies sont très controversées. Etienne Geoffroy-Saint-Hilaireles attribuait à l'immobilisation des pieds dans une même situation, par des brides ou adhérences se développant dans l'utérus ; d'autres auteurs ont successivement invoqué, l'influence de compressions s'exerçant sur le fœtus par arrêt de développement de l'amnios ; une rétraction ou une paralysie des muscles, avec ou sans lésion du système nerveux; l'arrêt de développement ou le développement vicieux du pied, etc., etc.

Nous croirions plutôt à un arrêt de développement de l'amnios, mais nous devons dire cependant que beaucoup d'auteurs penchent pour un trouble matériel, musculaire ou nerveux.

Il est certain que cette dernière explication est séduisante et concorde assez bien, non seulement avec ce que l'on observe dans les cas de pied bot acquis chez l'adulte, mais avec ce qui existe le plus souvent chez les sujets qui présentent des altérationsdu système nerveux. — Chez les anencéphaliens, les exencéphaliens, etc. les déformations de la main et du pied sont très fréquentes; mais d'un autre côté, dans presque tous les cas de pied bot ou de main bote simples, les lésions

lausales musculaires ou nerveuses n'ont pas été rerouvées.

Cependant, Morgagni, Bell.Duvernoy, Delpecli, Bon- . et, J. Guériu, et la plupart des anatomistes admettent ■ette explication. C'est à coup sûr la moins contestable, jais rien ne prouve que dans quelques circonstances le ded bot ne puisse avoir pour cause une compression aécanique intra-utérine ou un développement vicieux ie l'organe.

La transmission hérédi- ;aire, dont nous n'avons pas ;ncore parlé, n'est pasdoueuse, mais non constante.

Pied creux et pied ilat. — D'autres variétés ele pied bot sont encore décrites sous le nom de pied "reux et pied plat.

Le pied creux, que nous rie définirons pas, car il se !;omprendfortbien,provien- Fic- 62- - Griffe' Pied creux- Irait, d'après les auteurs,

de contractures et de paralysies d'agents musculaires divers. Il en existe plusieurs variétés qui, par combinaison avec celles dont nous avons déjà parlé, constituent le pied creux talus, le pied creux valgus, etc.

Nous reproduisons ici (fig. 64) la figure d'une forme jue Duchenne (de Boulogne) a désignée sous le nom le griffe pied creux; elle aurait pour cause, d'après lui, une atrophie des muscles qui s'attachent aux ■os sésamoïdes du gros orteil et des interosseux du pied.

i2i squelette et al'i'areil de i,a locomotion

2° Anomalie par arrêt de développement : Ectrodactylie.

h'eclrodactylie est caractérisée par une diminution dans le nombre des doigts ou des orteils.

Cette diminution peut être absolue, c'est-à-dire résulter de l'avortement des organes, ou apparente, c'està-dire être la conséquence de la soudure et de la fusion de deux ou plusieurs doigts en un seul ; elle se confond alors avec la syndactylie.

Fig. 65. Fig. 66. Fig. 67.

Monodactylie Didactylie. Tétradactylie.

(Guyot-Daubès).

L'atrophie vraie est elle-même totale ou partielle. Quand elle est partielle, suivant qu'il reste un, deux, trois ou quatre doigts, on dit qu'il y a monodactylie (fig. 65), didactylie (fig. 66), tridactylie ou tétradactylie (fig. 67).

La didactylie est le type le plus commun ; elle affecte des dispositions variables et offre particulièrement deux formes caractéristiques qui sont, la pince d'écrevisse (fig. 68), quand l'anomalie est limitée aux pbalanges ; la pince de homard, quand elle est plus prononcée et s'étend jusqu'au carpe ou au tarse.

Malgré cette déformation, on a vu des sujets conser-

iver une grande liberté dans leurs mouvements et une habileté remarquable dans les mains.

La brachydaclylie (fig. 69), absence d'une ou plusieurs phalanges des doigts ou des orteils, est rare et se confond, d'ailleurs, avec les malformations précédentes.

Fin. 08. — Pince deerevisse. Fie. 69. — Brachydaclylie, (Guyot-Daubés). l'ace palmaire, main gauche.

(Lancereaux).

3° Anomalie par excès de développement : Mégalodactyl1e et polydactylie.

La mègalodactîjlie ou hypertrophie congénitale des doigts est assez commune; Nélaton et Broca en ont rapporté plusieurs exemples fort intéressants.

Cette malformation n'affecte pas toujours l'ensemble des doigts et peut être partielle ; on a constaté alors que ce sont les doigts médians qui la présentent le plus habituellement; mais, dans tous les cas, toutes les parties constituantes de l'organe hypertrophié participent à l'accroissement de volume.

La polydacly lie, anomalie par excès dans le nombre des doigts, présente chez l'homme deux formes principales.

A. Dans une première forme, les doigts ou les orteils surnuméraires sont encore dans l'alignement et changent peu la constitution de la main ou du pied; situés

aux extrémités ou au milieu des doigts, ils ne font qu'augmenter la série (fig. 70 et fig. 71).

Fia. 70. — Main à sept doigts.

Trois de ces doigts sont petits et mal conformés.

Fia. 71.

Pied à lmit orteils.

(Morand).

Ces doigts surnuméraires s'articulent ordinairement à un métacarpien ou un métatarsien spécial qui s'insère

Fia. 72. —, Main polydactyle Fio. 73. — Main polydactyle.

(Pièce du Musée Dupuytren).

(Lancereaux).

aux os carpiens ou tarsiens, eux-mêmes plus nombreux, dans certains cas (fig. 72). —Ils peuvent aussi, plus simplement, s'articuler ou s'insérer sur un point quelconque du métacarpien ou du métatarsien du doigt voisin, c'est ce qui se voit sur la figure 73.

ANOMALIliS DE LA MAIN ET DU PIED 127

Dans ces dernières formes, l'anomalie représenterait plutôt une bifurcation du doigt ; d'ailleurs il n'est pas rare de l'observer sur le pouce avec des degrés divers dans la division et l'isolement de l'organe surnuméraire (fig. 74 et fig. 75).

1 Fig. 74.— Bifidité du Fio. 75.— Pouce surnuméraire. L'organe pouce chez l'homme surnuméraire isolé après opération est (Guyot-Daubès). représenté à droite de la figure

(Gaillard).

La malformation que nous venons de décrire chez l'homme a son pendant chez le cheval, et la figure 76 en donne un spécimen; on y voit une division delà section phalangienne du doigt uniquedes solipèdes.

128 SQUEL1ÏTTK IiT APPAREIL DE LA LOCOMOTION

B. Daas la deuxième forme de polydactylie, les doigts supplémentaires ne sont pas alignés comme les autres ; ils les dépassent on sont déviés de la direction générale,

Fig. 76. — Main de cheval. Poly- Fig. 77. — Orteil supplémentaire dactylie par bifidilé de la région placé au-dessus des autres, phalangienne. Pièce déposée à l'École de Lyon.

(Chuuveauet Arloing).

excès, plus souvent encore que dans les premiers cas, sont imparfaits et mal constitués.

Quant au nombre des doigtssuppléraentaires, constatés dans les différents types de polydactylie, il est variable ; on cite des individus ayant eu six, huit, neuf, dix et

douze doigts; mais il est surtout fréquent de rencontrer ides sexdigitaires et, particulièrement, des sexdigitaires par bifurcation du pouce (Huguier et Foltz).

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