POLYDACTYLIE ATAVIQUE. — HÉRÉDITÉ DE LA POLY
idactylie. — La polydactylie s'observe fréquemment chez nos animaux domestiques et, particulièrement,
Fig. 78. — Extrémité Fig. 79. - Main d'à- Fie. 80. - Main digitèe d'un cheval po- gneau ayant quatre de porc ***. lydactyle *. doigts complets -*.
• 1 métacarpien principal suivi de phalanges à l'étatnormal; 2, mètacarrpien rudimentaire interne, transformé en métacarpien complet, suivi de trois | phalanges (Chauveau et Arloing).
'• 1, Métacarpien principal; 2, 3, métacarpiens latéraux complètement . développés (Chauveau et Arloing).
"•Le pouce,!, s'est complètement développé à la suite du trapèze, S. — I Pièce conservée à l'Ecole de Lyon (Chauveau et Arloing).
i chez les espèces ayant moins de cinq doigts ; c'est alors une anomalie rêver sire plutôt qu'une malformation ; cependant la polydactylie véritable se rencontre éga-
'. lement chez les animaux.
On a observé la polydactylie chez le cheval (fig. 78), chez le mulet, chez les ruminants (fig. 79), chez les porcs (fig. 80) et chez le chien. — Chez ce dernier animal, nous avons observé nous-mëme une chienne ayant six doigts, qui transmettait cette particularité à
presque tous ses petits et, parmi ceux-ci, plusieurs ont eu des produits qui avaient, les uns six doigts, les autres quatre doigts seulement.
Nous répétons que certains des faits qui viennent d'être cités doivent être rapportés à un phénomène d'atavisme, c'est-à-dire de retour vers un type primitif; ils se distinguent, d'ailleurs, assez bien de ceux qui constituent des anomalies véritables, par la disposition anatomique des organes et par leur nombre.
La polydactylie est une anomalie qui a été beaucoup étudiée : un grand nombre d'auteurs s'en sont occupés et, parmi eux, nous citerons Etienne Geoffroy -Saint- Hilaire, Joly, Lavocat, Gervais, Richard Owen, Delplanque, Arloing, Cornevin, Guyot-Daubès, etc.
L'observation personnelle que nous avons citée plus haut démontre que la polydactylie est héréditaire chez les animaux ; chez l'homme, c'est la même chose, et, clans les recueils scientifiques, on trouve de nombreux exemples qui le prouvent aussi.
Lenglen a adressé à l'Académie une note relative à un homme sexdigitaire dont les descendants, suivis jusqu'à la sixième génération, présentaient tous la même particularité.
Tout le monde connaît l'histoire de cette tribu arabe des Foldi, dont les enfants naissent tous avec vingtquatre doigts. — Les membres de cette famille sont très nombreux et ne s'allient qu'entre eux. Ils considèrent l'anomalie qu'ils présentent comme un caractère absolument constant, aussi quand, par hasard, une femme accouche d'un enfant n'ayant que cinq doigts, elle est accusée d'adultère et son enfant n'est pas reconnu par le père.
Nous ne multiplierons pas les exemples qui, d'ailleurs, ont nombreux ; mais, en face de ces faits, nous com- ^enons, sans l'admettre cependant, qu'on ait pu se demander si le chiffre 5, adopté comme représentant le lombre normal des doigts, n'est pas un peu arbitraire, t s'il n'a pas existé des individus ayant normalement iix doigts.
Bifurcation de la main et du pied. — Une forme )lus grave de polydactylie qui n'est, en somme, qu'une
Fig. 81. — Main bil'urquée ; Fie. 32. — Main de
le pouce manque. poulain *.
(Lancereaux).
* 1, Métacarpien principal, bifide dans son tiers inférieur; 2, métacarpien rudimentaire externe; 3, 4, sections phalangiennes résultant de la division du grand doigt (Chauveau et Arloing).
exagération de la bifidité du pouce et des phalanges, est celle qui provient de la bifurcation ou de la duplicité de la main (6g. 81). Ce cas, très rare à la vérité, a été observé chez l'homme par Murrey et Giraldès.
Dans ces observations, la bifurcation allait jusqu'au carpe ; on voyait, à l'extrémité de l'avant-bras, deux mains. imparfaites, manquant de pouce, mais susceptibles de remplir leurs fonctions, grâce à l'existence de muscles'et de tendons qui animaient chaque partie.
Celte disposition, pour laquelle Blanc a proposé le nom de Schîstomèlie, est en partie réalisée sur une pièce tératologique, décrite par Delplanque (fig. 82), provenant d'un poulain chez lequel la bifîdité delà main remontait jusqu'au tiers inférieur du métacarpien principal.
4° Anomalies par fusion ou soudure anormales
DES DOIGTS ; SYNDACTYLIE.
Cette anomalie qui se confond souvent avec l'ectrodactylie, car la soudure des doigts amène la diminution de leur nombre, peut être médiate ou immédiate.
Elle est médiate, quand les doigts sont simplement unis par un prolongement cutané, c'est ce qui constitue la main palmée ; immédiate, lorsque la coalescence est plus intime et tend vers la fusion complète des organes soudés ; dans ce dernier type, toute trace de duplicité peut même disparaître.
Souvent, la syndactylie se complique de difformités multiples ; c'est ce qu'on peut voir sur le dessin d'un cas observé par Gaillard, cas dans lequel la syndactylie était compliquée, d'un côté, de h rachy dactylie et de déviation des doigts (fig. 83 et 84).
Palmage des doigts. — Nous reviendrons un peu sur le palmage des doigts, chez les individus de l'espèce humaine, anomalie se transmettant héréditairement et provenant d'une exagération dans le développement du repli de peau qui unit les doigts deux à deux par leur
base. — C'est une persistance d'un état embryonnaire, qui se montre, de préférence, sur les extrémités inférieures. Les évolutionnistes attachent une grande importance à cette particularité et s'en servent pour démontrer que l'homme, à son origine, devait se nourrir surtout de coquilles et de poissons, et vivait à proximité des plages ou des rives de fleuves et d'étangs. — Les pieds palmés sont, en effet, particulièrement favorables à la natation et à la marche sur les terrains sablonneux et vaseux.
La palmature peut être complète et s'étendre sur toute la longueur des doigts, ou incomplète et ne pas dépasser le milieu de la deuxième phalange.
Transmission héréditaire des anomalies de la main et du pied. — Rappelons, en terminant, que toutes les malformations, portant sur les extrémités des membres, sont héréditaires et se transmettent facilement de génération en génération ; c'est un fait parfaitement acquis et prouvé par des exemples nombreux et sûrs.