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EMBOUCHURES ANORMALES DES VAISSEAUX

Mais une des formes les plus rares et les plus curieuses est la suivante : l'aorte part du ventricule droit et l'artère pulmonaire du ventricule gauche; la grande et la petite circulation forment séparément deux cercles complets; le sang du ventricule gauche est lancé dans le poumon, mais revenant de cet organe dans l'oreillette gauche, il repart dans la même direction, et décrit un cercle du cœur gauche au poumon, du poumon au cœur gauche. Semblable fait se produisant du côté de la circulation générale, le poumon reçoit toujours du sang oxygéné, tandis que les organes sont alimentés par le même sang veineux.

Cette anomalie est toujours grave; cependant Dugès cite un fœtus humain, qui a vécu trois jours, Faivre, quinze jours, Baillie, deux mois. Mais dans ces cas, il y avait persistance du trou de Botal et du canal artériel.

Les deux veines caves aboutissant dans Y oreillette gauche et les quatre veines pulmonaires dans Y oreillette droite, constituent une anomalie ayant mêmes conséquences.

On a vu encore Y aorte naître par deux racines, partant du ventricule gauche et du ventricule droit, racines se fusionnant plus haut en un seul tronc. Dans ces cas, les deux cœurs communiquaient aussi par une perforation de la cloison ventriculaire et du trou de Botal.

Enfin, Yaorle antérieure ou ascendante prenant naissance isolément sur le ventricule gauche, Yaorte postérieure ou descendante peut provenir de l'artère pulmonaire; celle-ci, après avoir fourni ses deux

branches aux poumons, se recourbe et descend dans la direction du bassin.

Conséquences des anomalies cardiaques et vasculaires. — Si les sujets atteints des anomalies cardiaques que nous venons de citer ne meurent pas, ils présentent des troubles fonctionnels nombreux : toux, dyspnée, palpitations du cœur avec accélération et faiblesse du pouls; syncopes, congestions viscérales, tendances aux hémorragies, prédisposition aux refroidissements périphériques, etc., etc.

Mais le symptôme le plus important est la coloration bleue, souvent noirâtre ou livide que prennent les téguments. Cet état pathologique connu sous le nom de cyanose, ou maladie bleue, est attribué généralement au mélange des deux sangs, artériels et veineux, par l'intermédiaire des communications ventriculaifes, auriculaires et vasculaires.

Cependant quelques auteurs pensent que le mélange des deux sangs, n'est pas une conséquence fatale de l'imperfection du cloisonnement, et attribuent la coloration bleue à un simple obstacle à la circulation.

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