‹ Precis de therapeutique v. 1Chapitre 13 sur 69 · DIVISION DE L ETUDE DES MEDICAMENTS · texte numérisé non relu

DIVISION DE L ETUDE DES MEDICAMENTS

ter à l'origine même des choses, sans revenir aux questions (le philosophie médicale dont nous avons plus haut cs(iuissé la trame, on reconnaît facilement que les maladies trouvent leur point de départ dans Tune des trois conditions suivantes :

1« Altération dans la composition chimiiiue de nos liquides, (le nos tissus et de nos organes ;

2" Introduction dans l'économie d'un principe nuisible : germe vivant, poison organique ou poison minéral ; 3*^ Excès ou défaut de fonctionnement d'un organe. Ces trois conditions peuvent se combiner entre elles ou exister isolément; elles peuvent succéder les unes aux autres, s'engendrer réciproquement, mais au début des maladies, on trouve toujours au moins l'une d'elles. Sans verser dans la chiuiiAtrie, on peut afïirmer que les diverses parties de notre corps doivent présenter une composition chimique définie, en dehors de laquelle la maladie éclatera. Qu'une alimentation mal réglée ait introduit dans l'économie trop peu de chlorures ou trop de glycoses, il en résultera dans le premier cas une anémie spéciale, accompagnée de troubles digestifs, dans le second un état bien connu, la glycémie, bient(>t suivie de glycosurie. Contrairement à ce que croyaient nos prédécesseurs, la physiologie nous apprend aujom'd'hui que nos organes savent transformer en glycose ou en graisse les aliments albuminoïdes, mais quoique l'usine animale soit plus habile à fabriquer certains corps complexes qu'on ne le pensait autrefois, si l'apport des matériaux primitifs, soufre, phosphore, chlorure, azote, est insuffisant, il est de toute évidence, qu'elle ne peut créer les corps simples qui lui manquent. De lu, par un enchaînement inévitable, des altérations de composition chimique, des altérations de structure et des maladies. L'apport excessif de matériaux même utiles a, par un mécanisme inverse, des conséquences analogues.

L'introduction dans l'organisme de substances délétères a fait l'objet des recherches les plus merveilleuses depuis les travaux de Pastel'k. Les anciens connaissaient les poisons minéraux et les poisons d'origine végétale ; sous le nom de miasmes et de virus,

ils avaient soupçonné plutôt qu'étudié les poisons animés, les germes vivants que nous sommes aujourd'hui fiers de bien connaître. Les microbes, qui infectent nos tissus et nos humeurs, les poisons qu'ils sécrètent constituent une série de causes des plus importantes en pathologie, puisque c'est d'elles que relève, au point de vue étiologique, la longue catégorie des maladies infectieuses, pyrexies, flèvres éruptives, etc.

Enfin, dans un grand nombre de cas, le mai débute par des troubles fonctionnels. Excès de travail cérébral, passions ou préoccupations qui surmènent le système nerveux, excès de fatigue musculaire, excès de table, excès de coït, voilà, dans bien des cas, l'origine presque volontaire de bien des maux. D'autres fois, c'est par hérédité qu'un sujet se trouve porteur d'un organe dont le fonctionnement est exagéré, insuffisant ou l)erverti : chez l'un, ce sera le corps thyroïde qui, de génération eu génération, sera déformé et dégénéré ; chez un autre, le cœur sera ou (lél)ile ou excitable, ou malformé ou hypertrophié, comme il l'a été chez ses ascendants ; dans telle autre famille, on verra le foie cl les reins mal remplir leur office, dès les premières années de la vie et manifester peu d peu leur insuffisauce, sans qu'aucun incident permette d'établir le jom» précis où ils ont commencé d être malades. Dans ces conditions, la maladie primitivement locale ne tarde pas à devenir générale, et, grâce aux rapports multiples qui existent entre chaque organe et la nutrition de tout le corps, le mal étend bientôt SCS ravages bien au delà du point d'al)ord intéressé. Sans parler dos actions nerveuses ou vasculaires qu'une lésion limitée peut ainsi exercer à distance, nous savons, depuis les travaux plus récents sur la sécrétion interne des glandes, que des lésions très restreintes peuvent empêcher la fabrication de principes utiles ou s'opposer à la destruction de matières nuisibles (voy. le cha- ])itre des Médications organiques), et ramener ainsi l'organisme à l'une des deux conditions pathogènes que nous venons d'indiciuer : défaut dans la composition chinii(iue de nos éléments ou introduction dans leur intimité de substances délétères.

A ces trois ordres de déterminisme pathogénique correspon-

Page 1