maisnon
caustiques cl toxiques que les solutions huileuses ou glycérinées (Car les).
4^ Applications topiques. — Après ces doubles séries d'études parallèlement conduites, il conviendrait d'étudier les elïets de chaque antiseptique sur l'organisme infecté, d'abord à Textérieur, puis t\ l'intérieur. A l'extérieur, il ne faut pas être dupe d'une apparente simplicité, et croire que l'on va retrouver trait pour trait les effets des mêmes agents m vitro. Bien que vivant i\ la surface des plaies, les microorganismes sont modifiés par elles. Koch a montré que les bacilles du sang de rate conservés dans de l'eau ont beaucoup moins de résistance que ceux cultivés <lans une solution peptonisée d'extrait de viande : et c'est une loi générale (|ue le terrain où vivent les bacilles modilie leur puissance vitale (Nothnagel et Rossbach). Le microl)e pulhdant dans une plaie sera donc suivant les cas, ou plus fort ou plus faible que dans une culture artiQcielle, et la dose des divers anlisepli({uos à laide des(|uels on a coutume de le tuer dans les tubes ne permet on rien de préjuger de celle qui sera nécessaire pour on débarrasser cotte plaie. En outre, relïet de ces remèdes sur les parties dénudées (coagulation, excitation sécrétoire, douleurs, ellots réllexes vaso-moteurs ou autres) devra ou devrait être connue pour pouvoir entrer en ligne de compte dans les prescriptions et les prévisions du médecin. *
5^ Usage interne. — Knfin le problème est singulièrement plus comi)liqué ([uaud il s'agit de l'action dos antiseptiques dans les maladies inlornos. Si les iufoctions intéressent dos surfaces mu(iu(Miscs ou des cavités scrousos, on peut î\ Taide de procédés spéciaux (insufllalion, inhalation, injections, lavages) agir sur ces surfaces ou sur ces cavités comme on le fait à roxtérieur : on [)Out mémo portei' ici diroctomont les antiseptiques sur dos organes plus profonds, on faisant ingérer do:^ substances que l'on sait dev(»ir être éliminoos par ces organes dos salicvlalos par exemple par los voies biliaires). Mais s'il s'agit do ces infections générales aiïoclant l'onsondde des tissus ol des liquides, de ces maladies totius:<iibstanti:i\ comme disaient
les iinciens; Taction des antiseptiques devient tout à fait difficile à élucider. A quel état le remède est-il amené au contact du microbe, et dans quel état le rencontre-t-il ? Kst-il même certain qu'il le rencontre? Agit-il sur le microbe ou sur ses sécrétions, ou provoque-t-il l'organisme k fabriquer les contre-poisons? ('es questions sont à peine abordées pour un tout petit nombre < l'infections et d'agents antitoxiques, et ne se prêtent pas encore à des considérations d'ensemble.
L'action élective de certains remèiles h l'égard de certains germes pathogènes n'en est pas moins réelle, et n'en est pas moins utilisée depuis bien longtemps d'une façon empirique ; ils sont des plus précieux en médecine et ont constitué, jusqu'à la découverte des sérums antitoxiques, les seuls médicaments vraiment spécifiques ': mercure dans la svphilis, quinine dans la fièvre paludéenne, acide salicjlique dans le rhumatisme articulaire aigu. On reste surpris en considérant la faiblesse des doses nécessaires pour obtenir des effets considérables : un homme menacé de moîirir d'accès pernicieux est sauvé par 2 grammes de sulfate de quinine pris à propos, soit moins de 1 30000 de son poids ; en trente jours de traitement avec une dose quotidienne de 1 centigramme de sublimé, il peut faire disparaître une roséole généralisée ou une syphilide papulcuse soit en totalisant les trente doses, avec moins de 1/200000 de son poids.
Il faut bien reconnaître que, même in vitro, les antiseptiques agissent moins énergiquement sur les microbes les plus vulnérables; et Ton est amené à penser que le véritable agent microbicide est une substance sécrétée par l'économie sous l'influence de l'excitation que lui imprime le remède, ou bien que l'organisme se comporte alors à l'égard du virus, comme le liquide de FiAUux il regard de l'Aspergillus nigcr. On sait que ce liquide, combiné de manière à favoriser au maximum la multiplication de cet aspergillus, devient totalement impropre à sa végétation dès qu'on y laisse tomber un peu de sohition de nitrate d'argent à i 100000 ou même dès qu'on le verse dans un vase d'argent. Par ces cotés, malheureusement inconnus, la thérapeutique louche aux plus hautes questions de la biologie.
6^ Classification des antiseptiques . — Le temps viendra peut-être prochainement où les progrès de la chimie permettront de classer les antiseptiques et même la plupart des remèdes empruntés à la chimie d'après leur constitution moléculaire, et où l'on trouvera le rapport exact qui existe sans doute entre cette constitution et leurs vertus thérapeutiques. C'est ainsi que le groupe des disulfones renferme toute une série d'hypnotiques: que les phénols et leurs dérivés srn' tous antithermiques. De louables tentatives ont été faites dans ce sens, mais elles sont encore prématurées. La composition élémentaire de ces corps est de mieux en mieux connue ; la chimie des microbes et de leurs toxines Test moins, la chimie du corps humain Ta^^t à peine.
Dans ce difficile problème où. sans tenir compte des incidents imprévus que peuvent amener les réactions vitales de l'organisme, on trouve, en présence des antiseptiques, des microbes, et des tissus ou des humeurs, on ne connaît bien qu'un de ces éléments sur trois. Les réactions que leur contact va développer ne i)euvent donc être connues par nous, et si intéressantes que soient les vues émises à ce sujet par des hommes éminents (Soiliek. Nabias, etc.), nous ne pensons pas qu'elles doivent trouver place encore dans un traité élémentaire.
Nous étudierons donc les antisepli([ues dans un ordre tout à fait terre à terre : après quelques indications sur le rùle antimicrobien de la chaleur, nous prendrons les antiseptiques minéraux d*ab(u*(l, les antisepticpies organiques ensuite, espérant que l'avenir nous réservera une classification plus logique plus élégante et plus vraie. Dans cette longue énumération, nous laisserons systématiiiuement de coté certains agents tels que la créosote, l'eucalyptus, le bismuth, l'aristol, etc., agents qui. quoique doués de propriétés antise})ti(iues générales, sont phi^ spécialement adaptés à combattre les lésitms microbiennes <le certains organes déterminés. Les uns s'éliminent par les reins, les autres par les voies biliaires ; ceux-ci volatils s'échappent avec fair expiré ; ceux-là insolubles parcourent sans être absorbés une grande partie de l'intestin. Ils trouveront mieux leur