CHAPITRE m ROLE ANTISEPTIQUE DES AGENTS PHYSIQUES
10 La chaleur. — Les microbes meurent sous l'influence des hautes températures, à un degré qui varie suivant leur espèce, suivant qu'ils sont à l'état adulte ou à l'état de spores, suivant la durée du chauffage. La plupart sont détruits aux environs de 60 à 80°, en huit à dix minutes ; les spores demandent beaucoup plus, celles de la tuberculose et du charbon ne succombent qu'à 100<^. Avec des chauffages discontinus, mais pépétés à 60^, on arrive à stériliser différents milieux de culture : un premier chauffage tue les bactéries adultes et fait germer les spores, un second détruit les individus nés de cette germination, mais pousse au développement des spores qui restent et ainsi de séance en séance on diminue le nombre des germes et on arrive à les supprimer.
Partant de là, peut-on avec Bouchard considérer la fièvre comme un élément morbide, utile pour ranéuntissemcnt du virus qui infecte le malade ? La conception est ingénieuse, mais la pratique nous montre que plus le degré thermique est élevé, plus grand est le danger, ce qui devrait être l'opposé dans cette hypothèse. D'ailleurs l'homme ne résiste pas aux températures qui n'incommodent même pas la plupart des microbes. Le bacille de Ducrey (chancre mou) fait exception ; il perd sa virulence par un chauffage à 40° ou par plusieurs chauffages à 39° (Aubert). Aussi une fièvre intercurrente un peu vive ou plus simplement des bains locaux à 40° sont-ils d'excellentes conditions pour transformer en ulcères de bonne nature les chancres mous simples ou phagédéniques.
J'ai méthodiquement traité par ce procédé une série de vénériens, et toujours avec le plus grand succès.
Jusqu'à présent cependant, la clinique a peu utilisé la chaleur comme agent antiseptique direct. Mais en revanche elle s'en sert pour augmenter les propriétés microbicides de nombreuses solutions (sublimé, acide boricpie, phénol, etc.), dont l'activité croit avec la température, et les meilleures désinfections des instruments de chirurgie, des objets contaminés, du linge des malades se font avec des étuves k la températm'e sèche ou humide, suivant les cas, de 100 à 120°.
2° Froid, électricité, rayons X. — Le froid est absolument inutilisable, les microbes résistent aux températures les plus basses.
L'électricité, les rayons X qui cependant ont été étudiés d ce point de vue, n'ont aucune influence notamment, et quoi qu'on ait dit, sur les bacilles de la tuberculose.