‹ Precis de therapeutique v. 1Chapitre 48 sur 69 · TRANSFUSION DU SANG · texte numérisé non relu

TRANSFUSION DU SANG

Les plus beaux succès ont été obtenus dans les hémorragies traumatiques ou puerpérales. L'arrêt de l'écoulement du sang a lieu très rapidement et est bientôt suivi de la disparition des phénomènes les plus inquiétants, tels que petitesse et rapidité du pouls, tendance à la syncope, etc. Dans les hémorragies de cause interne^ l'amélioration est assez accentuée, mais passagère. Dans les empoisonnements par l'oxyde dé carbone, les avantages sont réels. L'oxygène des globules du sang injecté sert-il réellement aux combustions internes du sujet intoxiqué ? Peut-être : mais à coup sûr ces globules sont détruits avant d'avoir pu revenir aux poumons et y renouveler leur provision de gaz respirable. Dans la lypémanie, les anémies et le choléra, les résultats ne sont pas supérieurs à ceux que donne le sérum artificiel.

La tranfusion du sang peut se faire d'artère à artère, de veine à artère, d'artère à veine ou de veine à veine. Cette dernière était presque seule pratiquée; la première cependant n'était peut-être pas sans avantage, quand on prenait le sang à un animal.

Une foule d'appareils a été inventée pour pratiquer l'opération ; les uns ont pour but de soustraire le sang au contact de l'air, d'autres d'abréger le plus possible ce contact; une des dispositions les plus ingénieuses consiste à interposer sur le trajet du tube injecteur un grillage métallique pour arrêter les petits coagulums qui auraient pu se former. De longues discussions ont porté sur la défibrination ou la non défibrination du sang, qui ont l'une et l'autre leurs partisans. 11 est préférable que le sang sorti des vaisseaux soit maintenu à une température assez fraîche, aux environs de 15^, et reste en dehors de tout contact avec n'importe quels agents chimiques, même l'eau, qui altéreraient sa composition. L'opération doit être faite aseptiquement, mais sans médicaments antiseptiques.

Les accidents à redouter sont : au moment même de la transfusion, la chjsimèc, la cyanose qui résultent d'embolies capillaires ou de la pénétration trop brusque du liquide ; Vintroduction de l'air dans les veines, qui survient plutôt par suite d'une maladresse du chirurgien ; plus tard, Vhémoglobinurie, la phlé-

bite et quelquefois des accidents septiques dont Torigine est mal expliquée.

Si l'on injecte du sang humain^ est-il possible de transmettre certaines maladies diathésiques ou virulentes*? On prend en général assez de précautions, on choisit les sujets donneurs de sang avec assez de soin pour éviter de pareils accidents : cependant on ne saurait nier qu'ils ne soient possibles. Comment savoir si l'homme en apparence le plus sain n'est pas en incubation d'une maladie éruptive, n'est pas en imminence de tuberculose, et si quelques microbes pathogènes ne circulent pas déjà dans ses vaisseaux. 11 j a là une redoutable inconnue. D'autre part, il faut tenir compte qu'une saignée, même peu abondante, est fâcheuse pour le sujet qui la subit.

En conséquence si l'indication d'une transfusion semble se poser nettement, on pourra prendre le sang veineux dun homme jeune et sain; à défaut de sang d'homme on pourra prendre du sang artériel d'agneau. Mais, à moins d'impossibilité ou de raisons tout à fait spéciales, il sera toujours meilleur de recourir aux injections de sérum artificiel.

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