‹ Precis de therapeutique v. 1Chapitre 47 sur 69 · CHAPITRE XHl TRANSFUSION DU SANG · texte numérisé non relu

CHAPITRE XHl TRANSFUSION DU SANG

La transfusion du sang n'a plus aujourd'hui qu'un intérêt historique.

Elle consiste dans l'introduction, dans le système vasculaire d'un blessé ou d'un malade, de sang pris à un sujet sain, homme ou animal.

Vaguement conçue par les médecins de l'antiquité, elle a été préconisée en Angleterre par Richard Lower après la découverte de Harvey et pratiquée pour la première fois sur l'homme par le médecin français Denis (xvii° siècle). Après avoir joui d'une grande faveur, elle tomba en discrédit sous l'influence des critiques injustes de la Faculté de Paris et d'un arrêt du parlement qui réglementait les conditions où elle pouvait être pratiquée, sans cependant la condamner. Après un siècle. et demi d'oubli elle fut de nouveau mise à la mode par Blundell, Dieffenbach et Magendie. Les travaux d'OaK (de Bordeaux)

53t LA THÉRAPEUTIQUE DES MALADIES INFECTIEUSES

jetèrent sur elle un dernier éclat. Les injections de sérum artificiel qui répondent aux mêmes indications qu'elle, avec beaucoup plus de sûreté, ne lui laissent guère plus de place dans la pratique courante.

L'idée des premiers transfuseurs était que le malade s'appropriait immédiatement le sang nouveau qu'on lui injectait et s'en servait comme de son propre sang pour les besoins de sa respiration et de sa nutrition. La chose est possible, mais non démontrée, si le sang transfusé est emprunté à un animal de lîi même espèce que celui qui le reçoit, et si dans son passage d'un sujet à l'autre il a été tenu à l'écart de toute cause d'altération et de coagulation. Elle est absolument erronée si l'opération est faite entre deux sujets d'espèce différente; dans ce cas, les globules injectés se dissolvent dans le sérum, et il en résulte souvent de Thémoglobinurie. Les différences que la chimie a constatées dans la constitution des hémoglobines des diverses espèces animales justifient ce processus. D'un autre côté la fibrine du sang injecté ne parait pas avoir une Jurande importance comme ressource nutritive ; et en somme, iinjcction du sang dans les veines ne semble pas avoir d'autre influence que celle du sérum chirurgical.

Les effets plnsiologiques sont les mêmes : relèvement do la Icnsion artcrielle, renforcement des battements du cœur, retour dos sujets exangties à la connaissance et à la vie, arrêt des hcniorragics. On ne saurait nier cependant que la transfusion «In sang n'ait quchjne chose de spécial : tandis que le sérum artificiel doit être injecté à des doses de 500 à 1000 gi*amme> et même au delà pour amener ces heureux résultats, des quan- (itês bien moindres du sang, telles que 150, 200 grammes suffisent. Le sang a donc une influence propre que n'a pas la solulion salée phvsiologiciue. D'ailleurs on a essayé de pratiquer des injections hvpodermiciues de sang frais d'agneau, et on a note <lcs symptômes d'excitation vasculaire, comparables à ceux de la transfusion intraveineuse, quoique très atténués. Les phénomènes pliysiologiciues de l'opothêrapie permettent de comprendre cette spécificité d'action, sans cependant l'expliquer très clairement.

Page 1