‹ Précis de thermométrie clinique généraleChapitre 33 sur 64 · II · texte numérisé non relu

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Salle : St. Sébastien Lit. n.° 9 Date : 15 septembre 1869

Diagnostic: Fièvre intermittente tierce simple.

Sexe: Masculin F Age : 37 ans. Constitution : Forte. Profession : Cordonnier

Début du frisson : à onze et demie du matin. Commencement de la chaleur: à trois heurer de l’après midi.

Commencement de la tueur : à quatre heures et trois quarts.

Salle: St. Sébastien. Lit n.° 12. Date : 17 Juin 1869.

Diagnostic: Fièvre intermittente quarte simple.

Sexe: Masculin. Age : 39 ans. Constitution : Moyenne. Profession:

Marin.

Froid : à neuf heures et demie du matin. Chaleur: à dix et demie" Sueur: h une heure cinq minutes. Température notée de cinq en cinq miuutes depuis le début du frisson.

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Il résulte de ces observations: l.°, que le thermomètre

annonce une augmentation de la température interne on générale avant la manifestation du frisson; 2.°, que dès les premièrs malaises, qui indiquent formellement l’accès ou l’invasion du frisson général, la température -commence à s’élever, tout en se maintenant, pendant un peu plus ou un peu moins de temps, dans les limites physio'ogiques ; 3.°, que le malade peut éprouver déjà du froid, mais peu intense, et le manifester par un certain tremblement, même quand sa température est encore au-dessous de 38°, ionien étant cependant supérieure à celle de l’apyrexie; et que dans la majeure partie des cas c’est à partir de 39V et au dessus, que ce frisson a lieu ; i.°, que le maximum de la température peut se produire dans fe stade de froid, dans celui de chaleur, ou pendant la transition du premier au second1; o.°, que l’intensité du frisson est ordinairement proportionnelle à l’hyperpyrogenèse ; G.0, que l’apparition de la sueur commence à une température encore -très-élevée, à quelques dixièmes à peine au-dessous du maximum , mais que la différence peut être de plus d’un degré à un degré cinq dixièmes, bien que la température se conserve encore à l’état fébrile.

Donc on peut admettre comme démontré par l’observation thermométrique que le phénomène initial et évident de l’accès fébrile est l’élévation de température, que le frisson ne lui est que consécutif, qu'il n’est même pas constant* et que de plus il manque ordinairement quand la température est peu élevée, et plus souvent aussi quand la période d’augment du cycle fébrile se passe très-lentement.

il est un autre phénomène qui précède le frisson, comme l’a montré l’analyse chimique, et qui consiste dans l’augmentation de la proportion d’urée dans l’urine, laquelle est. comme nous l’avons déjà dit, en relation avec la température.

1 Quelques observateurs ont noté Je maximum de la température pendant le troisième stade ou stade de sueur; ce doit être très-rare.

Nous remarquerons encore une circonstance très-importante, qui ajoute une nouvelle valeur aux faits que nous venons de mentionner. Les observations des docteurs Redenbacher, Sydney Ringer et Hammonel ont montré que 1 accès de fièvre intermittente étant coupé par le sulfate de quinine, il se trouvait quelques cas dans lesquels l’urine présentait, pendant un certain temps, une densité plus grande et un accroissement dans la proportion d’urée dans les jours, auxquels seraient venus les accès, si la fièvre n’avait pas été combattue par le remède antipériodique l. Les effets de la perturbation nutritive si manifestaient donc encore à un moment où il n’y avait déjà plus de maladie, où tous les autres symptômes delà fièvre avaient cessé de se montrer sans excepter ceux, qni pouvaient être imputés au système nerveux. 11 nous semble que ce fait s’explique d’une manière satisfaisante, en admettant qu’alors la cause pyrogénique agit eucore, quoique faiblement, sur la nutrition, mais en n’y produisant qu’une modification qui n’est déjà plus suffisante pour déterminer l’élévation de la température et les autres phénomènes pyrétiques, et qui peut à peine se manifester par le premier de ses effets, qui est l’altération de l’urine.

Ainsi donc, l’augmentation de la proportion d’urée dans la sécrétion urinaire et l’élévation de la température, qui expriment l'altération nutritive, précèdent le frisson, et constituent le fait primordial des accès fébriles.

Après ce fait, quelle est la cause du frisson et des autres phénomènes de la fièvre ?

Diverses théories ont été émises pour en donner l’explication, nous traiterons de ces théories dans un autre chapitre.

Cependant nous pouvons dès à présent, en nous fondant sur les faits que nous avons mentionnés, dire que toutes les théories, qui seraient fondées sur la priorité du frisson et des autres phénomènes nerveux de la fièvre, seraient, ipso facto, inadmissibles.

1 Jaccoud, Leçons de clinique médicale. — Paris, 1867.

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