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AVANTAGES RELATIFS

Le thermomètre est l’instrument généralement employé pour déterminer la température- du corps. Les appareils thermométriques de grande précision n’ont pu parvenir à détrôner le thermomètre qui est parfaitement suffisant pour les besoins de la clinique.

L’appréciation de la température au moyen de la main est, nous l avons déjà dit, une source d’erreurs ; la peau peut être chaude et le médecin peut ne pas reconnaître l’élévation de la température, et réciproquement. Cependant la main, dans un grand nombre de cas, fournit une évaluation superficielle, il est vrai, et à peine approximative, de la chaleur du corps, quand on prend le soin de l’appliquer sur les régions qui sont habituellement couvertes.

Il serait inopportun d’entreprendre ici la description du thermomètre et les modifications par lesquelles il a passé; nous considérerons tout cela comme choses déjà connues. Nous mentionnerons cependant les principales de ses modifications et nous dirons quelques mots sur la construction la plus avantageuse de cet instrument pour les usages cliniques.

Le themomètre clinique doit être un instrument tacilement portatif et d’une solidité suffisante; sa tige ou tube doit avoir la longueur nécessaire pour admettre- une échelle de vingt à cinquante degrés, avec une division de chaque degré en cinq ou en dix parties bien lisiblement marquées. Le réservoir doit avoir une capacité proportionnée, avec un diamètre de demi centimètre 1 à peu près. Lorsque le réservoir est très-petit, les surfaces de contact se trouvent diminuées et il est difficile quelquefois de bien l’adapter sur les parties du corps dont on veut constater la chaleur; lorsqu’il est très-grand l’instrument se trouve être beaucoup moins sensible.

La forme du réservoir n’est pas indifférente; pour prendre la température dans l’aisselle et daus le rectum, la forme cylindrique est celle qui est préférable ; le docteur Wunderlich juge que pour l'aisselle la forme sphérique est meilleure; cependant quand le réservoir sera cylindrique il devra être de médiacre hauteur et se rapprocher le plus possible de la forme sphérique; pour l’anus et pour le vagin, le même auteur préfère la forme conique. Quant à nous, il nous semble que le réservoir cylindrique, de petite hauteur, de petit diamètre et de verre mince, sert parfaitement pour l’exploration de la température dans les régions que nous venons d’indiquer et sur les autres parties du corps. Le réservoir aplati serait plus .commode pour prendre la température des superficies, sur lesquelles il s'adapterait plus facilement, mais, nous le répétons, le réservoir cylindrique est d’un usage complètement satisfaisant.

Nous avons dit que l’échelle thermométrique devait s’étendre de 20 à 50 degrés, pour que l’instrument fût complet et applicable à tous les cas des variations de la température humaine. Il est vrai cependant que le docteur Hirtz,

J Le dr. Wunderlich considère la mesure de */a à 3/, de. centimètre comme la mieux appropriée; de plus, il conseille un réservoir en métal.

dans un excellent article sur la température animale1, affirme que la température maxima de l’homme (même dans » l'état pathologique) n’atteint jamais 45° et ne descend pas au-dessous de 30°; mais le docteur Wunderlich a vu la chaleur s’élever, peu après la mort, chez un tétanique à 45°, 25, \ et le docteur Mignot a noté 23° dans des cas de sclérème.

Il est donc important de tenir compte de la possibilité de ces extrêmes et d’être en mesure de les constater.

La condition principale est que le thermomètre soit exact et très-sensible; pour cela il est utile de l’étalonner de temps en temps avec un thermomètre patron; il est utile qu’il soit divisé distinctement en cinquièmes, ou mieux encore en dixièmes de degré.

Les divers modèles de thermomètres employés dans les cliniques des différents pays sont très-nombreux. Les uns sont droits, d’autres courbes ; les uns sont à l’alcool, les autres sont au mercure. Les thermomètres de Leyser, fournisseur de l’université de Leipzig, de Giesler, de Jobert Latour, ceux de Fastré, ceux construits par M. P. Rousseau, de Paris, ceux d’Alverniat, etc., satisfont aux besoins ordinaires de la clinique. Les thermomètres, dont l’échelle est tracée sur le verre, présentent quelquefois des difficultés pour la lecture, ce qui n'a pas lieu lorsque l’échelle est tracée >sur de l’ivoire.

Le docteur Jobert Latour a fait fabriquer un thermomètre courbe à angle droit, formé par conséquent de deux tiges, dont l’un est horisontale et contient le réservoir à mercure, et l’autre est verticale et est munie d’une échelle sur ivoire 2,

Le docteur Potain a présenté à là société médicale des hôpitaux de Paris, à la séance du 13 décembre 1867, une série de thermomètres à l’alcool dont il avait fait usage dans la pratique et qui ont ôté successivement perfectionnés selon ses indications par M. Fastré. Nous avons employé der-

1 Nouv.dict. de méd. et de chirnrg. prat., t. vr, pag. 774. — Paris. 1867

Des éléments physiologiques du pouls, pag. 23.— Paris, 1832-

nièrement un de ces thermomètres récemment construit par ce fabricant ; il est de la grosseure d’un crayon ordinaire, de 12 centimètres de longueur, et muni d’une échelle de 33° à 43°, divisée en cinquièmes de degré suffisamment espacés pour qu’on puisse compter d’une manière très-approximative les dixièmes de degré. Cet instrument assez sensible, très-portatif et suffisamment solide, possède l’avantage d’avoir une colonne thermométrique très-visible en raison de la couleur du liquide, mais il a l’inconvénient d’avoir une échelle très-petite et d’être sujet aux dérangements.

Le professeur Jaccoud, préférant avec raison les thermomètres à mercure aux thermomètres à alcool, à cause de leur plus grande précision et parce qu’ils sont moins sujets à la division de la colonne liquide en fragments séparés, a fait dernièrement construire par M. Fastré des thermomètres cfune longueur de 16' centimètres, dont trois appartiennent au réservoir. L'échelle graduée mesure dix degrés (de 35 à 44), dont chacun est divisé en dixièmes, qui permettent d’apprécier jusqu’à des vingtièmes de degré. Entre l’extrémité supérieure du réservoir et le degré le plus bas de l’échelle, il y a un espace, non gradué, d’un centimètre, afin que la totalité de l’échelle se trouve hors du creux de l’aisselle, ce qui facilite beaucoup sa lecture1. C’est une imitation des modèles allemands. Pour les usages ordinaires de la clinique cet instrument est excellent, mais lorsque la température descend au-dessous de 35°, comme dans le sclérème, ou lorsqu’il s’agit de mesurer la chaleur de certaines parties périphériques, il devient insuffisant.

Le docteur Hérard a présenté à la société médicale des hôpitaux de Paris, dans sa séance du 27 mars 1868, un thermomètre de maxivna pour toutes les directions et avec une ampoule d’air permanente, construit par MM. Alvergnial frères d’après les indications de M. Mederkorn, étudiant en médecine. C’est un thermomètre à rpercure avec une échelle

1 Traité de pathologie interne, t. l.°r, pag. 7.6- — Parfis, 1869.

de 34° à 42°, gravée sur verre, ayant chaque degré subdivisé en dixièmes, et la colonue de mercure partagée par uue ampoule d’air très-fine qui laisse au-dessus d’elle la portion de mercure qui sert d’index. Lorsque l'index est au-dessous de la température de la partie qu’on se propose d'explorer, l'instrument peut être appliqué immédiatement, mais quand cet index se trouve être cà un degré supérieur il faut préalablement le faire descendre ce qui s’obtient au moyen de quelques légères secousses imprimées au thermomètre tenu d’une main pendant qu’on le frappe sur la paume de l’autre main. Après avoir appliqué l'instrument pendant le temps convenable, on le retire et l’on voit l’index fixé par adhérence capillaire au degré le plus élevé de température auquel il est monté. Ce thermomètre offre l’avantage de conserver l’indication de la température de la région explorée et de permettre ainsi d’en faire la constatation plus tard, condition qui trouvera son utilité principalement dans la clinique particulière, où l’on rencontre parfois quelque difficulté pour surmonter la trop grande susceptibilité de la pudeur. Les malades peuvent, eux-mêmes, introduire un thermomètre, ainsi disposé, dans le rectum ou le vagin, le retirer pour lire et noter le degré marqué, ou attendre la visite du médecin, qui en fera la constatation. Ce thermomètre a l’incouvénient d’exiger fréquemment l’abaissement de l'index au moyen des petites percussions, que nous avons mentionnées, lesquelles divisent souvent la colonne mercurielle en plusieurs fragments, qui forment autant d’index différents, et il est alors nécessaire, pour rétablir l’intégrité de la colonne mercurielle, de soumettre le thermomètre à un mouvement de rotation centrifuge ; de plus, l’échelle thermométrique, quoique suffisante pour les usages ordinaires de la clinique, est petite quand on veut l’appliquer à tous les cas.

Le thermomètre adopté, selon M. Anfrun l, par l’école de

1 De la valeur diagnostique et pronostique de la température et du pouls pag. 5.— Paris, 1868.

médecine de Paris, et auquel il donne la préférence, est un thermomètre à alcool, droit, à réservoir cylindrique, et avec une échelle divisée en cinquièmes de degré. Nous possédons un de ces instruments; il a 14 Va centimètres de longueur, et o millimètres de diamètre; il est assez sensible et d’une suffisante solidité; son échelle mesure de 27° à 50°, mais elle est d’une lecture difficile et la colonne mercurielle se fragmente souvent, une fraction de mercure allant occuper l’ampoule supérieure, ce qui oblige à faire subir à l’instrument la rotation centrifuge.

11 y a deux thermomètres qui portent le nom de Celsius (échelle centésimale), un courbe et un autre droit; ce sont les plus parfaits dont nous ayons fait usage dans nos explorations thermiques; ce sont des instruments à mercure, et à réservoir cylindrique; leur échelle est très-étendue et sa lecture est facile , leur sensibilité et leur solidité ne laissent rien à désirer; ils sont cependant plus volumineux que les petits thermomètres que nous avons décrits, mais ils sont encore facilement portatifs, surtout celui qui est de forme droite.

Le thermomètre courbe de Celsius est formé de deux branches, dont l’une, la verticale, est munie de l’échelle qui s’étend de 0° a 55° c. avec des divisions de cinquièmes de degré très-distinctes et qui permettent d’apprécier approximativement les dixièmes.

Le thermomètre droit de Celsius, que nous avons acheté en 1864 à St. Pélershourg, est plus petit que la branche verticale du thermomètre courbe et son diamètre n'est que de moitié du diamètre de celui-ci ; l'échelle qui comprend l’espace de 22° à 45°, 4, est très-distinctement divisée en dixièmes de degré. C’est à cet instrument que nous donnons la préférence en raison de sa sensibilité, de sa précision, de sa bonne conservation et de la facile lecture de ses divisions ; il est d’un emploi quotidien dans notre service clinique d’hôpital, et jusqu’à présent il n’a encore éprouvé aucune détérioration.

Nous connaissons encore deux autres thermomètres de Celsius, tous deux droits et fabriqués par Leyser, de Leipzig. L’un, que nous avons déjà souvent employé sur un grand nombre de malades, marque les cinquièmes de degré depuis. 20° jusqu’à 46°, 4; l’échelle entière s’étend de 0° à 46°, 4, mais depuis 0° jusqu’à 20° les degrés ne sont pas subdivisés en fractions. Ce thermomètre a 20 Ya centimètres de longueur et 12 millimètres de diamètre, le réservoir est sphérique, comme le recommanda le docteur Wunderlich, de Leipzig, et il a 8 millimètres de diamètre. L’autre thermomètre diffère de celui-ci en ce qu'il est plus long et qu’il a son réservoir cylindrique, et en ce qu’il marque les dixièmes de degré à partir de 0°. Ces deux instruments sont très-sensibles, mais nous préférons celui dont nous avons fait l’acquisition à St. Pétersbourg parce que la lecture des divisions de son échelle est beaucoup plus facde. Le premier thermomètre de Leyser est d’un prix très peu élevé, puis qu'il coûte à peine 4 francs.

Suivant l’exemple des bons observateurs, nous nous sommes constamment servi du même thermomètre chez le même malade pour éviter les différences quelconques ou les causes d’erreur, qui pourraient provenir de la diversité- des instruments.

Pour les examens cliniques relatifs an cours des maladies et à leur diagnostic et pronostic, les thermomètres dont nous avons parlé, sont suffisants, c’est pourquoi nous nous sommes abstenu de décrire le thermomètre de Walferdin, qui mesure les centièmes et les millièmes de degré, ainsi que le thermographe du docteur Marey qui indique et enregistre lee températures.

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