REGISTRE GRAPHIQUE ; LEUR IMPORTANCE ET LEURS AVANTAGES RELATIFS
La température étant connue, comment doit se faire son annotation, afin qu'on puisse obtenir des résultats comparables entr'enx et comparables aussi avec la fréquence de la circulation et de la respiration?
Les médecins se sont servis de deux procédés pour enregistrer la température prise dans une série de jours et à différentes heures de la journée. L'un que nous appelons registre numérique des températures, consiste à indiquer dans un cadre divisé en un certain nombre de colonnes les jours et heures des observations ainsi que les degrés et leurs fractions.
Dans l'autre procédé, auquel on peut donner le nom de registre graphique, registre des courbes ou tracés thermiques, on se sert également d'un cadre divisé, par des lignes verticales et transversales, en petits carrés, et ayant à l'un
de ses côtés nne colonne dans laquelle est inscrite Téchelle therniométrique divisée en degrés et en fractions de degré, et, à sa partie supérieure, une autre colonne transversale dans laquelle se trouvent indiqués les jours et heures des observations. On marque tous les jours et à des heures déterminées, avec un point, un zéro ou un autre signe quelconque, le petit carré qui est voisin et au niveau du degré et de la fraction de degré qui correspondent à la température constatée chez le malade; on réunit ensuite ces points (relatifs aux différents jours et heures) par des lignes droites et on obtient ainsi une ligne totale qui est la courbe thermique, formée d'un plus. ou moins grand nombre de petites lignes se rencontrant, deux entr'elles, dans ces points qui forment des sommets d'angles et représentent les températures correspondantes aux jours et heures qui se trouvent indiqués à la partie supérieure.
Pour étendre ces registres aux observations relatives à la circulation et à la respiration on y ajoute, à côté de la colonne therraométrique, deux autres colonnes également verticales, destinées, Tune à Téchelle des pulsations, et l'autre à l'échelle des respirations. Nous donnons à ces tableaux la dénomination de registres thermométriques, sphygmométriques * et pneométriques ^ ou de thermo-sphygmo-pneométriques. Dans les mêmes cadres des courbes thermométriques se tracent, par un procédé semblable, les courbes sphygmométriques et pneomètriques au moyen de lignes de ponctuation ou de couleur différente.
Les registres de courbes sont d'un grand intérêt et offrent un grand avantage parcequ'ils montrent au coup d'œil le cycle complet des trois grandes fonctions, calorification, circulation et respiration, tant dans leur ensemble que dans leurs détails et pour chacune de leurs périodes.
^ Mot dérivé de sphygmos, pouls, et metron, mesure. ^ Mot dérivé A^pnein^ respirer, et metron, mesure.
Il serait superflu d'avertir que les lignes droites qui réunissent les points, ne représentent d'aucune manière le cours qu'avait suivi la température dans les intervalles d'une annotation à une autre, intervalles pendant lesquels il aurait pu s'effectuer plusieurs oscillations qui ne sont pas révélées par ces traits divers; cette omission forcée est un défaut inhérent à la représentation graphique, mais qui n'a pas d'inconvénient pour le résultat qu'on se propose, lequel est de connaître d'une manière précise la température du corps à certaines heures du jour et de se faire une idée générale des variations de cette môme température, afin d'apprécier, au moyen du thermomètre, la marche de la maladie. De plus ce défaut, déjà insignifiant pour la généralité des cas, diminue et finit même par disparaître presque tout à fait par le rapprochement des époques des mensurations thermiques.
Dans certains cas l'instrument peut demeurer dans l'aisselle, comme nous l'avons dit, pendant le cours de toute la maladie, et les constatations être faites d'une manière constante en notant toutes les oscillations qui peuvent se produire; c'est une pratique que nous avons suivie dans les ^ accès des fièvres intermittentes.
Dans nos recherches thermométriques nous avons employé les deux modes d'annotation: registres numériques et registres de courbes ou tracés.
Notre registre numérique des températures, pulsations et respirations se compose: 1°., de trois colonnes verticales, dont Tune est plus large que les deux autres et dans la quelle s'inscrivent les maladies: — 2^, de trois cases ou divisions, servant la première pour les constatations faites à six heures du malin, la deuxième pour les constatations faites à dix heures du matin et la troisième pour celles ayant lieu à neuf heures du soir. Chacune de ces cases est subdivisée en six colonnes verticales, dont les quatre premières sont destinées à l'indication de la température de la bouche, de la main, de l'aisselle et de la température ambiante ou
de la salle; et, les deux dernières pour \b nombre de pulsations et de respirations par minutR; cet ensemble de notes se rapporte, bien entendu, à chacun des jours de la maladie. Nous avons noté sur ces registres, à chacune des époques de l'observation quotidienne, la température de la salle et les jours de durée de la maladie, pour connaître les périodes de celle-ci et pouvoir les confronter avec les périodes de la température morbide, et de plus pour trouver la différence qui existe entre la température du malade et celle de la salle où il est couché.
Sur le verso du registre nous décrivons l'histoire sommaire de la maladie, en Indiquant les circonstances qu'il est nécessaire de connaître relativement à l'âge, au sexe, à la constitution, à la profession, à la durée et aux intervalles de la menstruation, aux symptômes, etc., etc.
Nous ne connaissons point de registres thermométriques gui contiennent autant d'indications que ceux dont nous venons de parler, registres que nous avons tracés pour nos études sur la calorimétrie pathologique et dont nous don- Dons le spécimen suivant:
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Dans les premiers temps de nos obsenalions les registres, dont nous nous servions, étaient tracés sur ce modèle ; depuis nous les avons simplifiés, en supprimant les indications de température de la bouche, de la main et de ta salle ', et nous les avons étendus sous le rapport du nombre d'observations journalières, comme le montre le spécimen suivant:
Outre ces registres généraux nous en avons d'autres spéciaux pour certaines maladies, dans lesquelles il est opportun de multiplier les observations journalières à des intervalles de cinq en cinq minutes ou de quart d'heure en quart d'heure, par exemple, conmie nous Taisons pour les fièvres d'accès.
Voici un modèle de ces registres dont nous saous sommes servi:
* La température de la salle est notée trois fois pfir jour sur un registre spécial.
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Quant aux registres graphiques ou de courbes thermométriques, leur forme et le nombre de leurs indications ont varié, comme nous le montrerons, en mentionnant les principaux.
Le docteur H. B. Maurice présente dans sa thèse * neuf tableaux de courbes thermiques, tous du même modèle, chacun contenant le nom de Taffection, Téchelle thermométrique, de 35° à 40*^, avec division en dixièmes de degré, et le nombre des jours de la maladie.
Le docteur Duclos * l'emporte sur plusieurs des observateurs les plus modernes pour la construction 'de ses cadres graphiques. Effectivement, un de ses spécjmeDS, très bien imaginé, présente trois courbes. Tune représentée par ua tracé large pour la température; une autre faite avec un tracé fin pour le pouls, et la troisième, figurée par des points, pour la respiration. Le cadre se compose de: 1®., une colonne verticale (respiration) avec le nombre de respirations, de 85 à 10, marquées de 5 en 5; 2®., à côté de cette première colonne une autre (circulation) avec le nombre de pulsations, de 150 à 60, notées de 10 en 10; 3°., à côté de cette deuxième colonne une autre (température) avec les degrés thermométriques, de 41° à 32°, chaque degré étant divisé en cinquièmes avec des intervalles assez larges pour permettre de noter les dixièmes; 4°., à la partie supérieure, des cases ou divisions pour les jours de durée de la maladie, chacune d'elles divisée en deux colonnes verticales, une pour la température de la matinée (tracé plus chargé), l'autre pour la température du soir (tracé plus fin). En tête du cadre est écrit le titre de la maladie.
Le docteur Thomas A. Compton ^ a construit un registre
^ Des modifications morbides de la température animale dans les affections fébriles. — Paris, 1855.
^ Quelques recherches sur Vétat de la température animale dans les affections fébriles. — Paris, 1855.
' Température in acute disease, — London, 1866.
graphique assez étendu, dans lequel il mentionne, dans diverses colonnes, le sexe, Tâge, le diagnostic, les jours de durée de la maladie, les degrés Ihermométriques (de 105^ à 96° Fahrenheit, ou 40^,5 à 35^,5 centigrades), chaque degré étant divisé en demi degrés, avec de larges intervalles qui laissent de l'espace pour marquer les quarts de degré; le nombre des pulsations (dans une colonne transversale et inférieure), et le nombre des respirations (dans une autre colonne transversale au dessous de la précédente); au côté droit du tableau est une clef ou accolade qui comprend les degrés extrêmes de la température normale (96° à 98°,5 Fah., ou 35°,5 à 36°,9 centigrades) selon le docteur Compton, ce qui n'est pas exact, comme nous l'avons dit.
Le tableau des courbes thermiques du docteur Ladé répond également à un grand nombre d'indications, savoir: 1°., le diagnostic; 2°., Tannée, le mois et le jour de l'observation; 3°., les jours de durée de la maladie, chacun de ces jours étant divisé en matinée et soirée; 4°., les degrés thermométriques (de 42°,4 à 32°,5) avec division en dixièmes de degré; 5°., les Umites de la température normale (36°,8 à 37,°4), marquées par une bande rouge transversale * .
Le cadre graphique du docteur H. Zorn, de St. Pétersbourg, est des plus curieux. Dans son travail soigneusement écrit sur la fièvre récurrente (travail traduit en allemand (Die febris recurrensj, le distingué et patient observateur de l'hôpital Obuchoff montre deux spécimens, l'un pour les cas dans lesquels la température doit être mesurée plusieurs fois par jour, l'autre pour ceux dans lesquels deux observations journalières sont suffisantes. Le premier modèle se compose de: 1°., une colonne verticale avec les nombres de pulsations, de 124 à 40, lesquels sont marquées de deux en deux sur des lignes transversales (124, 122, 120, etc.)
* De la température du co}fs dans les ma/ad<>5.— Genève, 1860.
avec des intervalles lai'ges pour permettre de noter les nombres intermédiaires ou impairs; 2°., une autre colonne verticale (à côté de la précédetite) avec les degrés thermométriques, de 42'',4 à 34^, chaque degré étant divisé en cinquièmes, mais avec de larges intervalles pour qu'on puisse marquer les dixièmes; 3°„ enfin les jours de durée de la maladie, chacun d'eux se trouvant subdivisé en autant de colonnes verticales qu'il y a d'observations faites dans ce même jour, observations dont l'heure est indiquée en tête de chaque colonne.
Les heures indiquées dans le spécimen sont: 8 et 11 h. du matin, 1, 3, 5 et 7 du soir, 1 de la nuit et 4 de la première partie de la matinée; lorsque la température est prise seulement deux fois par jour, les heures sont S du matin et 5 du soir. Le deuxième spécimen est analogue au premier avec la différence que la case appartenant à chaque jour est divisée en deux colonnes seulement, l'une pour la la température de 8 heures du matin, l'autre pour la température de 5 heures de l'après midi.
Dans le Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, 1867, on trouve trois modèles de registres graphiques pour la température. Dans le premier sont mentionnés les jours de durée de la maladie, les degrés thermométriques, de 41° à 36°, dont chacun est subdivisé en demi degrés ; le second modèle (qui est destiné aux types de températures très rapides) porte, au lieu de l'indication des jours de la maladie, la mention de diverses heures du jour, et les degrés sont subdivisés par cinquièmes; le troisième spécimen (pour type rapide) est analogue au premier, et il a la case de chaque jour divisée en deux colonnes verticales, dont l'une pour la température de la matinée et l'autre pour celle de la soirée.
Parmi les nombreux cadres graphiques tracés en vue de divers états pathologiques par le docteur Wunderlich, nous remarquons un spécimen qui contient les indications suivan
tes: 1^.> une colonne verticale (Resp.) pour la notation des respirations, de 95 à 10, comptée de dix en dix (95, 90, 80, 70, etc.), chaque intervalle se trouve divisé par quatre lignes transversales pour Tindication des respirations intermédiaires ; 2^, une autre colonne verticale (Puis.) parallèle à la précédente pour Tenregistrement des pulsations, de 210 à 40, comptées aussi de dix en dix (210, 200, 190, etc.) et ayant dans les intervalles deux lignes transversales seulement au lieu de quatre comme dans la colonne des respirations; 3®., température (Wârme) avec une échelle de 42^,5 à 34^, chaque degré étant divisé en cinquièmes avec de larges intervalles pour marquer les dixièmes ^ En sus de ces indications le cadre en présente encore d'autres, savoir : dans sa partie supérieure, les noms, âge, profession, nationalité, dernière habitation, date de Tinvasion de la maladie, jour du commencement de Tobservation (Tag des eintritts in die beobachtung), diagnostic et enfin, à la partie inférieure du tableau, des observations sur le cours (Bemerkungen zum verlaufj \
Avant de quitter cette partie de notre sujet, nous ferons remarquer que nous nous attendions à trouver faits d'après ce modèle les cadres graphiques de diverses maladies, placés par le docteur Wunderlich dans son traité de thermométrie; mais il n'en a pas été ainsi. Dans les 77 registres graphiques de température, par lesquels l'auteur termine son œuvre, on trouve seulement l'indication des jours de durée de la maladie, partagés chacun en matinée et soirée, celle de l'échelle thermométrique et enfin la courbe thermique. Gela est dû probablement à ce que le savant professeur de clinique a concentré presqu'exclusivement ses études sur la température.
* Das Verhàlten der Eigenwarnie in Krankheiten, — Leipzig, 1868.
* Nous supposons que l'auteur entend désigner le cours de la température.
Dans son mémoire sur la fièvre récurrente observée à Leipzig S le docteur Wunderlich présente cinq tableaux dans chacun desquels se trouvent deux courbes, l'une thermique (avec un tracé large), l'autre sphygmique (avec un tracé fin) en rapport avec les échelles particulières du thermomètre et du pouls.
Le docteur J. F. Anfrun *, montre deux modèles de registres des tracés thermiques qui méritent d'être connus. Le premier contient les indications suivantes: 1^., le nom de la salle d'hôpital; 2°., le numéro du lit; 3^, les mois et jours, chaque jour étant divisé en deux colonnes verticales, l'une pour l'observation de la matinée, laulre pour l'observation de la soirée; 4®., les jours de maladie notés dans la partie inférieure des colonnes des jours du mois; 5®., le nombre des pulsations qui est inscrit au sommet de chaque angle de la courbe qui indique la température» et non dans une colonne spéciale comme cela se fait généralement, et comme nous l'avons toujours vu faire jusqu'à présent; 6®., dans une colonne verticale les degrés Ihermométriques, de 42** à 35^, chaque degré étant divisé en cinquièmes avec de larges intervalles pour noter les dixièmes. Le second modèle est identique au premier, ayant seulement de plus une bande rouge transversale indicative de la température normale, modification qui avait été déjà efifectuée par le docteur Ladé. Dans quelques uns des tableaux du docteur Anfrun se trouve la mention de la médication employée en certains jours. L'innovation d'écrire le chiffre des pulsations au sommet des angles des courbes thermiques pourra faciliter la lecture du tableau, mais elle ne pourra remplacer en aucune manière la courbe sphygmique qui montre clairement à la vue les oscillations du pouls et leur rapport avec celles de la température.
* Beobachtungen iiber typhus recurrens in Leipzig. ^ De la valeur diagnostique et pronostique de la température et du poids dans quelques maladies. — Paris, 1868.
En dernier lieu nous mentionnerons le tableau des courbes thermiques tracé par le docteur Labbée *. Ce registre comprend: 1°., le diagnostic; 2®., la région ou la partie sur laquelle le thermomètre a été appliqué; 3°., la salle et le n.* du lit; 4.°, les jours du mois; 5.**, les degrés thermométriques, de 42^ à 38° ou de 41° à 37° avec division par cinquièmes ou par dixièmes de degré.
Tels sont les principaux registres de courbes thermométriques qu'on trouve décrits et tracés dans les écrits des auteurs. La plupart d'entr'eux sont satisfaisants pour Fétude spéciale du cours de la température, mais lorsqu'il s'agit de rétude comparative des variations de la coloriflcation avec celles de la circulation et de la respiration, ils ne nous paraissent pas offrir toutes les conditions nécessaires pour une observation rigoureuse. Les cadres que nous avons tracés pour atteindre ce but, et dont nous avons fait usage depuis plusieurs années déjà, sont de trois formes en rapport avec les exigences d'une observation plus ou moins rigoureuse. Nous donnons ici trois spécimens de ces tableaux :
^ Recherches cliniques sur les modifications de la température et dupouîs dans la fièvre typhoïde.-^Vhvh, 1869.
Modèle n." 1
Salle Lit n." Date (mois et année)^
Diagnostic:
Sexe Age Comtitution
CONTINUATION (n.* 1)
Palsation/s
Reepirations
Journée du
I; i Joaméo du "a,! il
heures
Leuros
de
Modôle n." 2 . Lit n." Date (mots et année)
Age Constitution Profession