TEMPÉRATURE PHYSIOLOGIQUE
L'homme produit et perd constamment de la chaleur; la différence entre la production et la perte représente sa température, qui devient la portion libre du calorique, et que nous mesurons au moyen du thermomètre.
L'homme, comme les autres mammifères et les oiseaux, a une température qui lui est propre, qui est toujours sensiblement la même, et en vertu de laquelle il peut se maintenir à un degré thermomélrique différent de celui des corps ambiants.
Trois faits capitaux dominent la thermométrie médicale. Le premier est Texisteuce d'une température propre à l'homme en état de santé. Le deuxième est la stabilité, la constance de cette température; dans toutes les situations Thomme sain présente toujours, sensiblement, la même température; nous disons sensiblement, parceque la chaleur physiologique peut subir quelques oscillations, même en dehors des influences extraordinaires, comme nous le verrons plus tard; mais ces variations sont si minimes qu'elles peuvent être négligées sans inconvénient. Le troisième fait est la variabilité, la mobilité de la température de l'homme en état de maladie dans
—sala généralité des cas. Dans les maladies aiguës qui sont accompagnées de fièvre, la température change toujours, et elle s'élève plus ou moins au dessus du degré normal; dans les maladies algides la différence est en sens inverse. Mais il y a des cas pathologiques qui n'apportent pas de modification sensible dans la température propre du sujet. De là vient qu'on ne peut considérer comme étant nécessairement en état de santé l'individu dont la température est normale, mais qu'il y a certitude de maladie pour Tindividu dont la chaleur s'éloigne des limites de l'état physiologique.
Il est d'observation que la température animale varie, soit dans l'état physiologique soit dans l'état pathologique. Dans le premier cas l'étendue des oscillations thermiques est très restreinte, de deux degrés à peine; en général, au dessus de 38® c. il y a fièvre, et au dessous de 30° c. commence l'algidité. Dans' le second cas (celui de l'état pathologique) les variations thermométriques sont très étendues, et elles ont lieu dans des limites beaucoup plus éloignées que pour les oscillations physiologiques.
D'après le docteur Wundeiiich les variations normales ou spontanées de la température dépassent rarement un demi degré chez le même individu; l'immobilité de la température est, en général, un signe de santé. Ce célèbre thermographiste, considérant 3T à 37^,5 comme étant la température des organes internes et 37° comme étant celle de l'aisselle tenue exactement fermée, regarde comme très suspecte toute température supérieure à 37°,5, ou inférieure à 36°,25. Ce sera seulement dans des circonstances exceptionnelles qu'on pourra selon lui admettre comme normale une petite déviation audelà de ces limites *. Le docteur Compton a peutêtre été un peu exagéré, quand il a établi que la température quotidienne de 99° Fah. (37°,2 c.) et au dessus indi-
1 Das Vej'hàlten der Eigenwânne in Krankheiten^ pag. 5. — Leipzig, 1868.
quo toujours un état de maladie *. Peut-être est-ce le résultat des observations de l'illustre médecin à Londres, mais pour nous, à Lisbonne, nous avons noté ce degré de température chez un grand nombre d'individus jouissant d'une excellente santé, et lors que nous l'avons trouvé coïncidant avec une maladie, celle-ci était chronique, non rébrile^ el sans réaction sur l'organisme.
Les variations de température sont on générales, et se manifestent dans tout l'organisme, ou partielles, loutes topiques, c'est à dire, limitées à une région du corps.
Dans l'espèce humaine la température normale oscille aux environs de 37° c. chez l'adulte.
Cette température représente la moj'enne normale, ou mieux la moyenne des moyennes.
La température moyenne normale de l'homme indiquée par les divers observateurs, n'est pas exactement la même; mais les difTérences sont très minimes, ce qui porterait à admettre la constance et l'égalité de ta température humaine. Ainsi Davy donne pour la température physiologique 37",33 sous la liingue, et 37° dans l'aisselle, avec variations entre 30" et ST^.â, Desprelï indique 37'',9, Roger 37°,2 chez les enfants', Wurtz 37", et ac.Oi la température él.int prise dans l'aisselle ^ Barensprung 37'',08, Billrnth 37'',5 {moyenne de 200 observations), oscillant entre 3C'',3 et 37°,9. Chisholm 36%H (moyenne de 67 sujets), Froelich 3G'',n, Uchlenfels 36S9S Mignol" 37", Robert Latour 30*,5 à 37",5, la moy-
' Op. cit., pag. 3.
* Op. cil.
' De la production de la chaleur dans les êtres organises, pag. —Paris, 1847.
* Op. cit., et Août. dict. de médecine, t. vi, pag. 763. — Par
* Reckerckes sur les phénomènes normavx et morbides de la c cnlation, de la caloricité et de la respiration chez les nouveau-»: —Paris, 1851.
enne étant 37° *, Maurice» 36^C0, Hardy 36°,5 à 37^5, et dans la première enfance 37®, 1 ^, Compton 97°,4 Fah., variant entre 95^5 et 98^5^ Hirlz 36° à 38° 5, Anfrun 37° à 37°,5 ^ Wunderlich 37° avec des oscillations entre 36°,25 et 37°,50^ Jaccoud 37°,2 à 37°,58.
Le docteur Roger a trouvé sur neuf enfants les moyennes suivantes:
Lors de la naissance SB'^,!^
De 1 à 7 jours 37%08
De 4 mois à 6 ans 37%li
De 6 à 14 ans 37%3!
De ce tableau se déduit une moyenne de 36°,91 depuis la naissance jusqu'à la quatorzième année, et de 37°,i7 ou 37°,2 depuis le premier jour jusqu a quatorze ans.
Le docteur Th. Jurgensen, mesurant les températures dans TanuSj a trouvé, comme résultat de près de onze mille observations thermomélriques, que la moyenne était de 37°,87 avec une différence maxima dans les variations individuelles de 1°,3, la température minima étant de 37°,27, et celle maxima étant de 38°,14^ Ces températures, bien que prises
^ Des éléments physiologiques du pouls^ pag. 22. — Paris, 1852. ^ Des modifications morbides de la température animale. — Paris, ' De la température animale ^ pag. 10. — Paris, 1859.
* Température in acute disease^ pag. 3. — London, 1866.
* Nouv, dict, de méd. et de chirurg, pratiques, art. chaleur, — Pa^ ris, 1867.
* De la valeur diagnostique et pronostique de la température et du pouls dans quelques maladies, pag. 9. — Paris, 1868.
■^ Op. cit.
8 Traité de pathologie interne, pag. 74. — Paris, 1869. ^ Deustche Archiv Klinische Medic, 1863; Gaz, hehd, de Paris, pag. 606, 1868; Arch, méd. belges, pag. 411, 1869.
— asdans Tanus, nous paraissent un peu élevées; il est à regreller qu'elles ne puissent généralement servir de guide dans la clinique en raison de la difficulté, et surtout de la répugnance qu'on rencontre chez les malades pour l'introduction du thermomètre dans la cavité anale.
D'après nos propres observations, la température moyenne journalière chez Tadulte est de 37^,27, oscillant entre 36^ et 38^
La température n'est pas égale dans les différentes parties du corps; c'est un fait prouvé par l'observation et par les expériences. Mais le mode par lequel se fait la distribution de la chaleur dans les diverses régions de l'organisme n'est pas encore définitivement établi.
Pour ce qui est de la température interne il existe des divergences parmi les expérimentateurs. Il résulte des travaux de Davy, Breschet et Becquerel que la température est d'autant plus élevée qu'on s'approche plus du centre circulatoire*. Selon Davy la température des parties contenues dans le crâne est inférieure à celle des organes logés dans le bassin; la chaleur du tronc va en augmentant des extrémités vers le diaphragme, et le degré maximum se trouve dans le ventricule gauche du cœur; mais d'après le professeur Cl. Bernard le sang du ventricule gauche est moins chaud (0^,2 en moyenne chez les moutons) que celui du ventricule droit, différence qui serait due à ce que le sang se refroidit en passant par les poumons*. Le même expérimentateur et Walferdin donnent pour siège du maximum de la température le confluent des veines caves et sus-hépatiques; ce serait là que le sang atteindrait sa plus haute température. On peut lire dans Gavarret^ les résultats des
^ Demarquay. Recherches expérimentales sur la température animale, pag. 7. — Paris, 1847.
* Nouv. dict.^ t. Vf, pag. 766. — Paris, 1867.
* Traité de la chaleur dans les êtres vivants. — Paris, 1856.
recherches de ces savants observateurs, qui divisent le corps humain en trois sections, dans chacune desquelles ils examinent la distribution de la chaleur animale. Le sang veineux serait partout plus chaud que le sang artériel, s'rl était présené des déperditions de calorique, auxquelles il est plus exposé que Tautre en raison de sa situation plus superficielle. Cependant les différences de température des organes internes ne dépassent pas quelques fractions de degré.
La température du sang artériel va en s'augmentant de la périphérie vers le cœur, d'où il résulte que toutes les fois que le sang artériel affluera vers une région quelconque de la surface du corps, la température de celle-ci s'élèvera et tendra à s'équilibrer avec la température interne, et pourra même la dépasser. Le sang, en affluant vers une partie quelconque, y augmentera la température, non seulement par le calorique qu'il apporte, mais aussi par celui qu'il développe en activant les phénomènes chimiques, les diverses métamorphoses des tissus, les combustions organiques.
C'est le système nerveux qui est selon l'avis de quelques médecins le régulateur de la calorification animale, et qui détermine sa production et sa distribution. C'est un fait qui ressort des remarquables expériences de M. Cl. Bernard sur la section du grand sympathique. Lorsque l'action du système nerveux est interrompue ou suspendue d'une manière quelconque dans n'importe quelle partie du corps, le sang y afflue, les combustions s'y accroissent et la température s'y élève; lorsque, au contraire, celte action nerveuse devient plus énergique, les vaisseaux se contractent, l'afflux sanguin diminue et la température s'abaisse*. On ne doit pas conclure de là que c'est seulement par l'effet de la paralysie des nprfs vaso-moteurs, dépendant du grand .sympathique, que la température peut éprouver de Taccroissement.
Il est des médecins et des expérimentateurs distingués
* Nom. dict., t. vi, pag. 767. — Paris, 1867.
qui admettent que les vaisseaux reçoivent deux ordres de filets nerveux, les uns, cérébro-spinaux, sont dilatateurs de ces mêmes vaisseaux; les autres, ganglionaires^ sont constricteurs; de l'équilibre de cet antagonisme d'influences résulte l'état normal des vaisseaux; la rupture de cet équilibre donne lieu à un état anormal, la dilatation ou la constriction vasculaire se produisant selon que prédomine Tune ou l'autre des influences des deux ordres de nerfs. Or, on conçoit qu'il peut y avoir dilatation vasculaire, et par conséquent afflux plus considérable de sang, activité nutritive plus grande et accroissement de température, soit par excitation des nerfs vaso-moteurs spinaux, soit par paralysie des nerfs vaso-moteurs .sympathiques ; et réciproquement l'excitation des derniers ou la paralysie des premiers amènera le resserrement vasculaire et conséquemment la diminution de la circulation sanguine et l'abaissement de la température. La plupart des physiologistes croient que l'ectasie vasculaire, même celle qui est consécutive à l'excitation des nerfs, est toujours un effet de paralysie; ils admettent pour cela que la stimulation épuise l'excitabilité nerveuse et qu'à cet épuisement succède la paralysie. Celte explication n'est point un fait démontré. Quoiqu'il en soit l'appareil circulatoire joue un rôle important dans la production et la répartition de la chaleur, tout en étant sous la dépendance immédiate du système nerveux. Nous reviendrons sur ce point pour le traiter avec plus d'étendue.
La peau est la partie la plus froide du corps, et il devait en être ainsi en raison des pertes de chaleur qu'elle subit continuellement par le contact des corps plus froids qu'elle, et aussi par l'irradiation et l'évaporation. D'après le docteur Paul Bert la température de la peau varie de 32^ à 37.® Dans les régions en forme de cavité, entourées ou formées par les parties voisines et où l'air ne se renouvelle pas incessamment, comme cela a lieu pour l'aisselle ou pour la main fermée, la température se trouve plus élevée qu'ailleurs.
MartîD a trouvé que la température de la périphérie du corps était au bas ventre de 28° à 30° Réaumur; à la poitrine de 26°,4 à 29°,6; dans la main de 23°,2 à 29°,6; au pied de 16° à 27°. J. Davy a noté les températures suivantes: au dessus du nombril 28°; à la poitrine de 27°, I à 27°,5; à la cuisse 27°,5; à la jambe 26°,2 à 27°,1, et au centre de la plante du pied 25°,7 *. Le docteur Roger classe les différentes régions du corps chez les enfants, sous le rapport de la température, dans Tordre suivant, qui offre une série descendante: aisselle, abdomen, bouche, pli du bras, mains et pieds.
La température intérieure s'élève quand celle de Texte-: rieur descend (W. Edwards, Donders, Marey), et réciproquement la température • interne diminue lorsque s'accroît celle du milieu ambiant.
MODIFICATIONS DE LA TElifPÉRATURE SOUS l'iNFLUENCE DE DIVERSES CIRCONSTANCES
Certaines circonstances peuvent faire varier, bien que dans d'étroites limites, la température animale. Quoique Tétude de chacune de ces influences soit étrangère à notre sujet, il nous a paru cependant à propos de présenter ici les résultats de quelques observations. Parmi ces circonstances, dont Tinfluence se fait sentir sur la caloriflcation, les plus importantes sont les âges et les différentes heures de la journée, époques et moments auxquels la température peut subir des variations normales.
1.° Age. — Le docteur Bârensprung a établi la table suivante pour les températures dans les différents âges :
^ Burdach, Traité de physiologie^ t. 9, pag. 624.— Paris, 1841.
A la naissance 37%08
Peu après la nais.sance 36^,95
Pendant les premiers dix jours de la vie . . 37%55
Jusqu'à la puberté 37°,63
De 15 à 20 ans.. 37^39
De 21 à 30 ans 37°,08
De 31 à 40 ans 37%11
De 41 à 60 ans 36%94
De 61 à 70 ans 37«,09
A 80 ans 37%46
De ce tableau nous tirons les conséquences suivantes:
1**. La température ne- varie que très peu dans les différentes périodes de la vie.
2^. Aussitôt après la naissance la température s'abaisse; elle s'élève plus tard et demeure presque stationnaire jusque vers 40 ans.
-3**. De 41 à 50 ans la température se trouve un peu inférieure à celle de la période antérieure.
4®. De 61 à 80 ans la température monte un peu et devient presque égale à celle qui régne de 15 à 40 ans.
6°. La température moyenne, depuis la naissance jusqu'à la quinzième année, est de 37^30 c; de 15 à 40 ans de 37^,19, un peu inférieure (0^,11) à celle de la période précédente; de 41 à 50 ans de 36",94, encore inférieure (0^25) à celle qui Ta précédée et plus basse encore (0^,36) que la première; de 61 à 80 ans de 37^27, supérieure aux deux antécédentes, et inférieure à la première; de 15 à 60 ans de 37^,10; eoGn la moyenne générale, depuis la naissance jusqu'à 80 ans, se trouve être de 37°,20 c.
Selon le docteur Ernest Labbée* la température indiquée
^ Recherches cliniques sur les modifications de la température et du pouk dans la fièvre typhoïde et la variole régulière^ pag. 11. — Paris, 1869.
par W. Edwards pour les sexagénaires est de 33** à 34^ tandis que selon les auteurs du Compendiiim de médecine pratique^, le même observateur aurait indiqué 35^ à 36^ pour les sexagénaires et 34 à 35® pour les octogénaires; Davy et Uoger ont trouvé pour la vieillesse une différence, en moins, de quelques dixièmes de degré seulement.
D'après les observations qui viennent d'être citées on peut donc établir que la température moyenne pour l'enfance est, de 37°,30 c; pour la jeunesse et la virilité, de 37^39 c; pour la vieillesse, de 37^,04 c, et pour Textrême sénilité, de 37M7 c.
Les différences sont donc excessivement petites, et Ton peut dire que la température est sensiblement égale dans les différents âges de la vie.
Le docteur Mignot a fait sur la caloriflcation, la circulation et la respiration des nouveau-nés des recherches qui méritent d'être mentionnées dans ce travail. Sur 14 enfants, qui présentaient les apparences de la santé, il a trouvé*:
^ T. vra, pag. ilO, art. Température.
* Op. cit., pag. 9.
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OQ
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5 jours
4 jours
5 jours
4 jours
5 jours 4 jours
4 jours 7 jours 3 jours
5 jours 5 jours
3 jours
4 jours
5 jours
Masculin Fémenin Masculin Masculin Masculin Masculin Masculin Fémenin Fémenin Fémenin Fémenin Masculin Fémenin Masculin
Forte
Grêle
Faible
Faible
Forte
Faible
Moyenne
Forte
Forte
Faible
Forte
Forte
Forte
Forte
De ce tableau il ressort:
1**. Que sur des enfants âgés de trois à sept jours, et de différentes constitutions^ le maximum des pulsations a été de 134 (chez une petite fille de cinq jours), le maximum des inspirations de 48 (chez un garçon de quatre jours) ; et enfin le maximum de la température mesurée dans Taisselle de 38**,! (encore chez un enfant de quatre jours); le minimum a été, pour les pulsations, de 108 (chez un enfant de cinq jours), pour les inspirations de 24 (chez un enfant de cinq jours), et pour la température de 36%8 (chez un enfant de quatre jours); la moyenne des pulsations a été de 116*,
^ Dans le travail cité il est indiqué 126; nous croyons qu'il y a une erreur typographique.
celle des inspirations de 36/4 S et celle de la température de 37^6.
2®. Que les trois éléments, pouls, respiration et température, ne varient pas proportionnellement entr'eux, puis que le même nombre, 132, de pulsations a coïncidé avec 48, 42, 36 et 30 inspirations, et avec 37^8-37^9-38«-37^4-36^8 et 37^7 de température; le ma.ximum des pulsations, 134, a été observé concurremment avec 38 inspirations et 37^,9 de température; le minimum des pulsations, 108, a coexisté avec 24 inspirations et 37^,5 de température.
3®. Que le pouls et la respiration ont présenté de grandes variations non seulement pour les différents âges, mais aussi pour le même âge, tandisquo la température n'a que très peu varié et n'a présenté ordinairement que des différences de dixièmes de degré, à peine pour deux cas (qui ont offert des températures extrêmes) la différence s'est élevée à 1",3.
En indiquant les températures selon les âges nous trouvons :
Age
Nombre de cas
Températures extrêmes
3 jours
4 jours
5 jours 7 jours
On voit ici que la température, si elle n'a pas été exactement la même dans les âges égaux, n'a différé que très peu, excepté pour l'âge de 4 jours, qui présente la variation la plus considérable (1^,3). La moyenne thermométrique trouvée par le docteur Roger sur des enfants de 1 à 7 jours a
* Dans l'ouvrage cité il est indiqué 38; nous croyons qu'il y a une erreur typographique.
— asété de 37°,08, moyenne très voisine de celle constatée par le docteur Mignot. La. température est donc à cet âge, et dans l'état physiologique, un phénomène beaucoup plus constant et beaucoup moins variable que le pouls et la respiration. Cela suffirait déjà pour faire juger de l'importance supérieure, qui est attachée à la connaissance des oscillations de la température dans les états pathologiques.
D'après ce que rapportent les auteurs du Compendium de médecine pratique *, le docteur Roger avait trouvé que chez les enfants le nombre de respirations et de pulsations était la seule condition physiologique qui avait quelque influence sur la température. Nous ne reconnaissons l'exactitude de cette assertion, ni pour ce qui concerne l'état physiologique ni pour ce qui concerne l'état pathologique, du moins d'une manière absolue comme elle est énoncée ; les variations de température sont généralement accompagnées de modifications correspondantes dans la circulation et la respiration, mais elles ne sont pas sous la dépendance immédiate et rigoureuse de ces deux importantes fonctions ; lors qu'on apprécie comparativement la température, la circulation et la respiration dans leurs détails, cette relation fait défaut et il se rencontre de nombreuses exceptions dans lesquelles la température varie indépendamment du pouls et de la respiration, et réciproquement.
Le docteur Paul Bert a mieux compris la question, lors qu'il a écrit, dans le Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques *, que la chaleur animale étant due pour la plus grande partie aux oxydations lentes consécutives à l'absorption de l'oxygène atmosphérique, l'intensité de la respiration est en relation directe avec l'élévation de la température, et que nous pouvons, sans crainte d'introduire des causes notables d'erreur, calculer les variations de ce der-
' Art. Température, t. 8, pag. dlO.
2 T. vi; pag. 749. —Paris. 1867.
nier phénomène sur celles du premier^ Qu'on note bien cependant que ce n'est que d'une manière très générale qu'on peut accepter comme vraie cette proposition qui, dans plu^ sieurs circonstances, et notamment dans l'état morbide, souffre de nombreuses exceptions; aussi nous ne conseillerons jamais de juger de la température animale uniquement d'après l'intensité de la respiration. Dans le cours de ce travail nous trouverons la démonstration sufiîsante de ce que nous indiquons ici.
Les expériences du -docteur Liebermeister peuvent être invoquées à l'appui de cette assertion, car elles ont montré qu'une plus grande activité de la respiration n'augmentait pas, chez l'homme, le degré de la température *.
Nous ferons remarquer enfm que les nouveau-nés se refroidissent facilement, s'ils ne sont couverts de vêtements qui les garantissent suffisamment, et qu'ils résistent très bien contre l'asphyxie. Ces particularités sont encore plus prononcées d'après les observations de Davy, chez les enfants venus au monde avant terme. Dans la vieillesse aussi le refroidissement est facile, et, pour cette raison, les vieillards ont besoin d'être maintenus dans des bonnes conditions de température au moyen de l'atmosphère ambiante, au moyen de vêtements, etc., etc.
2^. Heure de V observation. Le point dont nous allons nous occuper est très important pour la détermination des heures du jour auxquelles il est le plus opportun de mesurer la température, et pendant les quelles on peut mieux juger des modifications de la chaleur dans ses rapports avec l'état physiologique et l'état pathologique.
La température animale ne reste pas toujours la même aux différentes heures du jour et de la nuit; les observations et les expériences ont démontré que la chaleur augmente pendant la journée et diminue pendant le cours de
^ Nouv. dict. de méd. et de cliir. prat., t. vi, pag. 761.
la nuit. Selon Chossat Tamplitude de cette oscillation ne dépasse pas 0°,74; selon Ogle l'écart moyen est de 0^,9 en 24 heures; selon Bàrensprung cet écart peut s'élever à 1^,12; et enfin selon Ladame il peut aller à 1**,2. Ces oscillations sont indépendantes de la température extérieure, du sommeil, de Talimentation et du repos.
Dans le but de mieux préciser les variations de la température aux différentes heures du jour, le docfeur Bàrensprung a résumé dans le tableau suivant les résultats de ses observations faites sur des adultes :
Dans la matinée, avant le déjeuner, entre 5 et 7 heures. . SG'^jGO Dans la matinée, après le déjeuner, entre 7 et 9 heures. . 37*^,19
Avant midi, entre 9 et 11 heures 37^,26
Avant le dîner, entre 1 et 2 heures 36^,84
Après le dîner, entre 2 et 4 heures 37°,16
Dans la soirée, entre 4 et 6 heures 37%49
Dans la soirée, entre 6 et 8 heures 37'*,44
Après le souper, entre 8 et 10 heures 37*',03
Avant le coucher, entre 10 et 12 heures 37°535
Après le coucher, entre 12 et 2 heures 36^,65
Après le coucher, entre 2 et 4 heures 46°,31
Des observations indiquées dans ce tableau nous déduisons:
1°. Que1a température la plus haute chez l'adulte se constate le soir, après le dîner, entre 4 et 8 heures (la moyenne étant de 37*^,46) ou mieux de 4 à 6 heures (37°,49); et que la température la plus inférieure «xiste après minuit de 2 à 4 heures (36°,31), et puis de minuit à 2 heures (36^65), et enfin dans la première partie de la matinée, de 8 à 7 heures, avant le déjeuner (36^,69), la température moyenne se trouvant être, depuis minuit jusqu'à 7 heures du malin, de 36°,55.
2°. Qu'à la suite de la température la plus haute de la soirée (de 4 à 6 heures, ou en moyenne à 5 heures) il y a aussi
dans la matinée une température maximum (37®,26j, qui s'observe quelques heures après le déjeuner, de 9 à 1 1 heures. Il y a donc deux températures maxima par jour, se produisant Tune dans la matinée et l'autre dans la soirée (quelques heures après le repas de ces deux moitiés du jour), et deux températures minima, l'une appartenant à la matinée et l'autre à la soirée, ces quatre variations étant représentées de la manière suivante :
Maximum de la soirée (de 4 à 6 heures) 37**,49
Maximum de la matinée (de 9 à 11 heures). . . . ST^'^SG
Minimum de la soirée (de 8 à 10 heures) 37°,03
Minimum de la matinée (dô 5 à 7 heures) 36°569
3". Que considérée en général la température va en augmentant depuis le matin (7 heures) jusqu'à minuit, avec un léger abaissement avant le dîner.
4°. Que la température décroit sensiblement à partir de minuit jusqu'à cinq heures du matin, moment où elle commence à s'élever un peu jusq'au déjeuner, à la suite duquel elle monte notablement pendant les deux ou trois heures qui viennent après, pour plus tard descendre dans une certaine mesure.
Des résultats analogues ont été recueillis par M. Montegazza, dont les observations indiquent deux maxima, un maximum vers dix heures du matin, et l'autre vers cinq heures du soir*.
Mais tous les observateurs ne sont pas complètement d'accord sur ce point.
Selon William Ogle, cité par le docteur Paul Bert, il y a par vingt quatre heures une seule température maxima, qui se produit vers 7 heures du soir. Cependant le physiologiste anglais, s'étant tenu dans un repos complet pendant toute une journée, constata chez lui deux maxima, le premier à
Nouv. dict. de méd. et de chir, prat., t. vi. — Paris, 1867.
une heure et le deuxième à cinq heures du soir, W. Ogle admet aussi qu'en outre de Télévation diurne il y a aussi une diminuition ou chute nocturne, qui peut être accélérée par riûgestion du vin, et retardée ou diminuée par l'ingestion du thé.
Le docteur Paul Bert a conclu d'après les faits, qui lui étaient connus, que la moyenne de la température diurne se trouvait exister vers dix heures du matin.
Le docteur Labbée indique deux maœiina, indépendants de la digestion et du sommeil, et il remarque que la température qui existe à dix heures du matin, et celle. qui a lieu à dix heures du soir représentent d'une manière assez exacte les moyennes de la température journalière, et pour cette raison il a choisi ces deux périodes du jour pour ses observations thermométriques *.
En égard aux oscillations diurnes de la température les observateurs ont été conduits à choisir une période flxe du jour pour mesurer la chaleur animale. Une constatation thermométrique unique et quotidienne ne suffit pas, parcequ'elle ne peut faire connaître les diverses variations qui ont lieu dans le cours de la journée, chose qui est essentielle surtout dans certaines maladies, tant pour le diagnostic exact que pour te bonne direction de la thérapeutique. Ordinairement les observateurs prennent la température deux fois par jour, une fois dans la matinée et une fois dans la soirée, et cela est suffisant; mais ils ne s'accordent pas tous sur l'heure qui doit être préférée pour cet examen.
Le docteur Duclos, qui adopte et qui recommande la pratique du docteur Bârensprung, prétend cependant et sans fondement, à notre avis, que dans les maladies chroniques et dans les convalescences il suffit d'une seule observation thermométrique faite chaque jour après midi^. Pour nous, il
Op. cit., pag. 11.
2 Op. cit., pag. 27.
nous parait opportun de faire au moins deux observations quotidiennes, parceque, même dans les conditions qui viennent d'être énoncées, il peut y avoir des accès et des rémissions qu'une seule observation journalière pourrait ne pas découvrir.
Le docteur Maurice préfère prendre les températures de 8 à 9 heures du matin et de 4 à 5 heures du'soir; le docteur Labbée choisit les heures de 10 Yâ à 1 1 du matin et de 5 à heures du soir; le docteur Ânfrun aime mieux celles de 7 à 9 heures du matin et de 5 à 6 heures du soir; pour le docteur Jaccoud ce sont les heures de 7 à 9 du matin et de 5 à 7 du soir; pour le docteur Zom, de St. Petersbourg, 8 heures du matin et 5 heures du soir.
Le docteur Th. Jurgensen prenant le degré de température dans le rectum, a conclu à la suite d'environ de onze mille observations thermométriques, faites en 41 jours: 1°, que la courbe thermique peut se diviser en deux périodes par chaque nychlhémère, une période ascendante ou de température diurne, et une autre période descendante ou de température nocturne, la première ayant une durée de 13 heures 50 minutes et la deuxième une durée de 10 heures dix minutes; 2®, que la moyenne de la température diurne est de 38** c. avec oscillation positive ou négative pouvant aller à un degré, tandis que la moyenne de la température nocturne est de 37^6, avec oscillations, pour plus ou moins, d'un dixième de degré; 3^, que le maximum de la température diurne est de 38^,4; que ce maximum se montre également entre 1 et 3 heures et entre 7 et 9 heures du soir, et que le minimum de la température nocturne est de 37^,4, se produisant entre 4 et 7 heures du matin; 4®, enfin que la moyenne générale (toujours prise dans Tanus) est de 37*^,87 *.
Sur nos registres thermométriques, spbygmométriques et
^ Deustche Archip f. klinische med.y 1863; et Gaz. hebd. pag. 006; Paris, 1868.
pnéométrique& nous avons indiqué quatre périodes du jour pour les observations, à savoir: de 6 à 7 et de 10 à 11 heures du matin, de 3 à 4 et de 6 à 7 heures du soir; lors que les observations doivent être simplement bi-quotidiennes nous adoptons soit la 1.*^*^ et la 3."^® périodes, soit la 2.°^® et la 4.°^^, comme nous le verrons dans le cours de cet ouvrage. De cette manière il nous a paru que nous avons obtenu les variations principales de la température et indiqué ses maxima, minima et média qui peuvent se produire dans le cours de la journée. Mais, en outre de ces données générales, nous avons varié le nombre et les époques de nos mensurations thermiques selon les maladies que nous avions à étudier et selon le but spécial que nous avions en vue.
Il arrive que tant dans les maladies aiguës que dans les maladies chroniques les accès se manifestent à des heures différentes, ou à plusieurs reprises dans le même jour, ou à des intervalles de plusieurs jours, et ce sont là des circonstances qui, en raison de leur importance pour le diagnostic, le. pronostic et la thérapeutique, doivent être appréciées par le cUnicien qui veut chercher dans la thermométrie toutes les lumières qu'elle peut lui fournir.
Um précepte qu'on peut établir d une manière générale c'est de répéter l'observation thermométrique autant de fois dans le jour qu'il le faudra pour connaître les extrêmes de température de ce même jour et déterminer par ce moyen le rythme de la fièvi;e. Ainsi, pour distinguer la pyémie de la fièvre intermittente à l'aide du thermomètre, il faut mesurer la température plurieurs fois par jour et même de deux en deux heures dans certaines occasions. Pour apprécier rigoureusement le cours de la température de la fièvre intermittente, nous avons maintenu le thermomètre en permanence sous TaissQjle, et noté successivement toutes les oscillations de la chaleur, soit de quart d'heure en quart d'heure, soit même de cinq en cinq minutes, sans nous dispenser pour cela de recueillir les résultats de l'application d'un au-
Ire thermomètre sur divers autres points de la périphérie do corps. Le docteur Griesinger a observé un malade atteint de fièvre typhoïde, et arrivé à la deuxième période de la maladie, sur lequel le thermomètre marquait le matin 37'*,5 et le soir 38^,2, tandis que vers midi la température s'élevait à 39^,6 *. Les cas de ce genre ne sont pas très rares, et ils montrent la nécessité de multiplier les examens thermométriques.
En général, il sufljt pour le clinicien de faire deux fois par jour la constatation de la température; quand il n'y a pas de fièvre les chiffres du matin et ceux du soir différent à peine de quelques dixièmes de degré, et leur moyenne représente la caloriflcation moyenne du sujet, mais lorsqu'il y a fièvre la constatation du matin exprime ordinairement la période de rémission de la chaleur, et la constatation du soir la période de la plus forte exacerbation, et on obtient ainsi le maximum et le minimum du cours de la journée dans l'état fébrile.
3^. Température ambiante; climats; saisons. — J. Davy prenant la moyenne des résultats thermométriques qu'il avait recueillis sur sept individus passant par des latitudes diverses, trouva que la température s'élevait d'un degré dans la région tropicale. Mais les observateurs ne s'accordent pas complètement sur ce point. W. Edwards n'a pas trouvé de différence dans la caloriflcation des animaux à sang chaud (ou mieux à température fixe), soit pondant Tété soit pendant l'hiver. MM. Becquerel et Breschet ont constaté que le passage des plaines aux montagnes, et réciproquement, n'apportait aucun changement dans la température du corps, et que l'habitation prolongée pendant des années dans les hautes régions des Alpes ne modifiait pas d une manière sensible la caloriflcation de l'homme. Peut-être que cette légère divergence de résultats dépend de la manière dont s'est
^ Op. cit. pag, 220
effectué le changement de climat. Il est probable, comme le pense M. Wurtz, que lorsque la transition s'opère lentement, l'économie animale se dispose, se prépare et trouve en elle même des ressources qui lui permettent de maintenir la calorification, tandisque le contraire a lieu lorsque le changement se fait brusquement.
Parmi les phénomènes qui constituent ce qu'on appelé le mal des montagnes * on signale un abaissement de la température pendant la marche et un retoui* au degré normal pendait le repos. Le docteur Lortet qui, dans les journées des 17 et 26 août 1869, fit l'ascension du pic le plus élevé du Mont-Blanc, et qui vérifia sur lui même ce phénomène, attribue, comme Gavarret, le refroidissement à l'insuffisance des combustions internes, lesquelles, pour maintenir la caloriflcation, ont à lutter à la fois contre le froid extérieur et contre la perle de la chaleur transformée en travail mécanique.
Bien qu'une variation dans la température du corps soit admise selon les climats et selon les saisons, cette variation ne se constate néanmoins que dans de très étroites limites. Parry et Back ont observé que la température de certains animaux dans les régions arctiques, où le thermomètre descendait jusqu'à 35° au dessous de zéro, se maintenait cependant au dessus de 40° ; d'après Delisle, cité par P. Bérard, l'homme a pu vivre dans une température à 46° au dessous de zéro ; Parry s'explosa souvent, pendant son célèbre voyage, à une température ambiante de ce degré sans que sa température propre eut sensiblement baissé. Les habitants du Groenland, les voyageurs qui explorent les glaces polaires, peuvent élever la température de leur corps à un point qui
* Ces phénomènes consistent principalement dans l'oppression et raccéléralion de la respiration, fréquence et petitesse du pouls, fatigue musculaire, inappétence, céphalalgie occipitale, nausées, somnolence, malaise général, etc.
est à peine inférieur à la chaleur du corps des nègres qui parcourent les déserts brûlants de l'Afrique *.
L'homme peut supporter des températures extérieures très élevées. Blagden nota la conservation de la température normale chez des sujets placés dans un milieu chauflé au degré de Teau bouillante; Dobson observa le même phénomène au milieu de températures encore plus élevées. Tillet et Duhamel virent, en 1760, une jeune fille, enfant d'un boulanger, entrer et demeurer douze minutes dans un four dont ils évaluèrent la chaleur à 128** ^. Delaroche et Berger, qui, de même que Banks, Fordyce et Dobson 3, confirmèrent l'observation de ces deux académiciens, indiquèrent la Umite de 45°, à l'air sec, comme compatible avec la vie des animaux vertébrés, pour un certain temps, limite qui cependant peut être dépassée pourvu que l'exposition à cette brûlante température ne soit que de courte durée. Berger supporta pendant sept minutes la chaleur de 109^48.
D'après les résultats de ses récentes expériences, le docteur Richardson a établi que la vie d'un animal ne peut se maintenir lorsque la température qui Tenvironne dépasse le degré de sa chaleur normale de 11° ou 12°; que la grande élévation de température coagule le sang, et que dans ces circonstances les caillots du sang ont un aspect semblable à celui des caillots rencontrés dans certains cas pathologiques. Le même expérimentateur a observé que l'air ozonisé élève la température au point de causer la mort en produisant des phénomènes analogues à ceux causés par l'inhalation de l'air chaud.
Il est beaucoup plus difiicile de supporter les hautes températures humides. Delaroche ne put rester plus de dix minutes et demi dans un bain de vapeur de Sr,25; quant
* Wurlz, op. cit., pag. 12.
^ Mémoires de r Académie des sciences, — Paris. 1764.
' Transaci. philos., 1775.
aux bains deaa chaude il devient impossible de les tolérer dès qu'ils alleignenl de 40" à 45" *, et il n'y a pas d'exemple de sujets qui aient pu résister dans une étuve saturée à la température de 53".
An milieu de ces hautes températures la chaleur propre de ranimai s'élève quelque peu, mais dans une proportion qui est presque insigniGante relativement à celle du milieu extérieur. La raison de celte résistance si grande tient à un phénomène physique déjà signalé par Franklin ; c'est la transpiration cutanée qui, couvrant le corps de sueur, le refroidit incessamment.
4". Exercice musculaire. — Le travail musculaire développe de la chaleur. Becequerel et Breschet affirment que lorsqu'un muscle se contracte il y a accroissement de sa température de près d'un degré. Hunter a noté que pendant le sommeil la température du corps baissait d'un degré et demi (Fah) ^ Mais la température générale n'est que peu influencée par le mouvement en raison des pertes dues à Tévaporation tant pulmonaire que cutanée ; la température locale peut éprouver, d'après les observations de J. Dary ^, des différences beaucoup plus sensibles. Ainsi chez l'homme il a trouvé :
Aux pieds ....
Aux mains
Sous la ]an»;uc Dans les urines
Le docteur Barensprung a conclu de ses observations que
^ Wurtz, op. cit., pag. 13.
^ Compendhim deméd. pratique; art. temjjérature.
^ Nouv. dict, deméd. et de chir. pratiques, l- M-
-Paris, 1867.
le sommeil ne fait pas varier la température de Thomme, mais que cela peut être du à ce qu'il se trouve préservé des influences qui favorisent la perte de la chaleur.
5°. Alimentation. — Le peu d'influence immédiate de l'alimentation sur la température du corps est un fait généralement reconnu ; l'insuflisance des aliments et l'inanition font baisser la calorification, mais seulement après un délai de quelques jours ; l'oscillation diurne de la chaleur augmente progressivement jurqu'à ce que le refroidissement devienne tel qu'il fasse obstacle à la réaction pendant le jour et que l'animal soit sur le point de mourir de froid. Dans ses intéressantes expériences sur lïnanition, M'. Chossat a noté que les pigeons soumis à l'inactivité et au jeûne se refroidissaient progressivement et périssaient lorsque leur température était descendue de 42^ à 26® ^ Les docteurs Froelich et Lictenfels ont remarqué que les oscillations thermométriques, qui ordinairement ont lieu dans le cours de la journée, demeuraient les mêmes malgré la diète et l'inactivité. En conséquence on peut dire que l'alimentation insuffisante et l'abstinence, quand elles ne durent qne peu de temps, n'ont qu'une influence nulle, ou minime, sur la température générale dans les conditions ordinaires, au milieu desquelles vit l'homme; mais que l'insuffisance, et encore plus le défaut d'alimentation, quand ils sont prolongés, font descendre la chaleur animale.
6^ Constitution; tempérament ; sexe. — Ces conditions individuelles ne font pas, ou ne font que très peu, varier la température animale. L'influence du sexe n'est pas bien déterminée ; cependant un grand nombre d'observateurs, la majorité peut-être, sont d'avis que la femme produit moins de chaleur que l'homme, d'où résulte pour elle une moins grande résistance contre le froid 2. Il ressort des investigations
* Recherches expérimentales sur l'inanition. — Paris, 1843. ^ Hardy, op. cit., pag. 17.
de Paul Bert que, quelles que soient les conditions dans les quelles se trouve l'individu, la température du corps, dans rétat de santé, ne varie jamais au-delà d'un degré *.
Nous terminerons ce cliapitre en mentionnant les résultats de nos observations thermométriques, au nombre de 280, et prises à diverses heures de la journée sur des individus sains, dont l'âge a varié de neuf à soixante cinq ans. Les heures des constatations thermiques ont été 5, 7, 9, 10 et 11 du matin, et 2, 4 et 8 heures du soir. Dans le tableau suivant nous présentons les températures maxhna, minima et média trouvées à chacune des heures, et aussi la température moyenne générale ou la moyenne' quotidienne de la totalité des observations thermométriques.
Heures des observations
À 5 heures du matin
Ail
du soir. .