‹ Précis de̓́conomie politique [microform]Chapitre 62 sur 77 · LES DETTES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

LES DETTES PUBLIQUES

gonflement des budgets ; les services publics sont aussi en général mieux pourvus, parfois mieux organisés qu’autrefois; mais les fautes des législateurs, leurs entraînements, leur incurie, ont une large part dans ce

débordement des dépenses.

Les dettes publiques ont augmenté d’une façon effroyable. On ne peut guère évaluer à moins de 32 ou 33 milliards le capital de la dette publique française, dont 23 milliards 848 millions pour le capital de la dette constituée en rentes et correspondant à un chiffre de rentes de 882 millions de francs; 7 ou 8 milliards pour la capitalisation de la dette viagère, des différents engagements du Trésor en annuités diverses et la dette flottante. Ainsi 32 ou 33 milliards, voilà le cbitfre de la dette française. Comme les statisticiens raisonnables estiment à 200 milliards l’ensemble de la fortune de la France, la dette publique est avec la fortune de la France dans le rapport de 1 à 6 ou à 7, ce qui est énorme. La dette publique de 1 Angleterre, qui est après nous la puissance la plus chargée, n atteint que 18 milliards de francs; la dette delà Russie, pays de 100 millions d’àmes, est également de 18 à 10 milliards de francs; celle de l’Italie est de 11 milliards. L’empire d’Allemagne et la totalité des États allemands n’ont guère que 9 milliards de dettes. Les Etats>~Unis, en joignant à la dette fédérale les dettes particulières des États qui composent celte fédération, n’arrivent, avec leurs 58 millions d’habitants, qu’à 10 milliards de francs de dettes. La dette de l’Autriche-Hongrie est

d’une douzaine de milliards.

On peut dire que les nations modernes auraient été conduites, par leurs entraînements, à manquer toutes à leurs engagements sans deux événements qui sont venus au secours des États: en premier lieu, les grandes dé- L.-B. — ÉCÜN. PoL. 23

: couvertes de métaux précieux en 1851 dans l’Australie

^ et la Californie; en second lieu, les prodigieux change-

ments accomplis dans les voies de transport par 1 application de la vapeur à la locomotion terrestre et maritime. Le premier de ces événements, en rendant la monnaie plus abondante, a diminué le poids réel des dettes publiques; le second événement a développé soudainement la production et la richesse, de sorte que l’énormité des dépenses des États a coïncidé avec un grand développement des ressources générales des

peuples. . , . ,

Mais ces deux événements, qui ont caractérisé soit le

second soit surtout le troisième quartier de ce siècle, peuvent ne pas se représenter. Toutes les périodes de l’humanité n’ont pas été aussi favorisées, pour le développement de la richesse, que la période de 1830 à 1870. On peut retomber dans des époques où le progrès soit plus lent. Si les dépenses publiques et les dettes publiques continuaient à s accroître, comme de i 830 au jour actuel, les pays ne pourraient leur opposer, pour en compenser les fâcheux effets, les énormes ressources dont ils ont bénéficié pendant 1 ère des grandes applications industrielles et de la rénovation économique du monde. Les peuples et les gouvernements ont un peu la tête grisée par la prospérité d’une période qui a été exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité.

Le devoir de l’amortissement. — U faut arrêter le flot toujours montant des dépenses et des dettes publiques. 11 faut aussi s’efforcer de diminuer le capital des dettes publiques en le remboursant. Quand il s’opère avec les ressources ordinaires du budget, c est-àdire avec la partie du produit des domaines et des impôts qui reste disponible après avoir couvert toutes les dépenses de l’État, ce remboursement s’appelle amor-

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