PUÉ CI S
tion est que vous occupiez de même Neidenburg qui deviendrait votre point de réunion , et non Mlawa comme il était prescrit dans le premier ordre de cantonnement, ce point se trouvant beaucoup trop en arrière. Ces dispositions sont dans la supposition ou est sa majesté que l'ennemi est dans l'intention d'asseoir ses quartiers d'hiver, et que ses derniers mouvemens n'ont eu lieu que par la pointe que vous avez faite en avant ; il est à croire que , quand l'ennemi vous saura en position à Neidenburg s il prendra, de son côté, une ligne parallèle; enfin jusqu'à ce que ce mouvement soit bien décidé , sa majesté approuve le parti que vous avez pris d'occuper en force Neidenburg et Leidenheim.
Dans les circonstances imprévues , monsieur le maréchal , vous devez soutenir le prince de Ponte-Corvo et le maréchal Soult s'ils venaient à être attaqués en force dans leurs positions. Soyez en correspondance avec Thorn où. sont vos dépôts, afin que , dans aucun cas , cette ville ne puisse être insultée par des partis
ennemis.
Au maréchal Soult.
Varsovie, le 26 janvier.
La pointe inconsidérée qu'a faite le maréchal Ney, monsieur le maréchal , paraît avoir déterminé l'ennemi à faire un mouvement sur sa droite ; quel qu'eu
DES ÉVÉNEMENS MfLITAIKKS. 34$
soit le motif, l'intention de l'empereur est que vous fassiez occuper J^illenberg avec une forte avantgarde d'infanterie et de cavalerie. Vous vous lierez avec le corps du maréchal Ney qui est rentré en ligne et en position à Neidenburg.
Votre point de réunion , si vous étiez attaqué en force, ne devra plus être Golymin , mais Praznitz y bien entendu que la réunion de votre corps d'armée ne doit avoir lieu que dans le cas où l'ennemi menacerait de vous attaquer par un mouvement général et en force ) faites border par des partis d'infanterie légère la rivière d'Omulew; dans la situation actuelle des choses , ce sera vous qui serez chargé de défendre Villeriberg et Chorzel , le corps du maréchal Ney se trouvant plus éloigné de votre gauche. Sa majesté désire que vous vous entendiez avec le maréchal Davout poi\r lui donner quelqu'un des districts que vous serez dans le cas d'évacuer.
Au maréchal Lannes.
Varsovie, le 27 janvier .\
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que vous fassiez passer aujourd'hui la revue de la division Gazan et que vous passiez celle de la division Suchet ; que vous fassiez donner les fusils qui peuvent manquer , distribuer les capotes et les souliers qui sont dans le cas de l'êlre , que dans la journée de
demain on prenne du pain pour quatre jours , que les caissons en soient remplis , que chaque homme ait ses cinquante cartouches ; que la division Gazan et la division Suchet se tiennent prêtes à partir au premier ordre pour se rendre à Broch et Wishowo; je donne l'ordre au général Songis de tâcher de faire jeter un petit pont sur le Bug avant le confluent de la Narew; le général Gazan fournira les hommes nécessaires pour ce travail ; l'ennemi fait des mouvemens , ainsi Ton doit être prêt à marcher.
Au maréchal Bessjeb.es,
Varsovie , le 27 janvier.
Donnez l'ordre , monsieur le maréchal , aux grenadiers à cheval de se rendre à Varsovie pour y passer la revue ; donnez l'ordre que les grenadiers et les chasseurs à pied soient prêts à partir au premier ordre. Ayez soin que dans la journée d'aujourd'hui on prenne du pain pour quatre jours et qu'on en remplisse les caissons \ faites réunir l'artillerie , ordonnez que chaque homme ait ses cinquante cartouches , et qu'enfin on soit prêt à partir au premier ordre : l'ennemi fait des mouvemens qui nécessitent ces mesures.
Au général Gujdin.
Varsovie , le 27 janvier.
Passez ce matin de bonne heure la revue de votre division ; faites distribuer les capotes , les souliers qui lui sont accordés; faites donner des fusils à ceux qui en manquent ; faites prendre du pain pour quatre jours , faites-en remplir les caissons , veillez à ce que chaque homme ait ses cinquante cartouches, et tenezvous prêt à partir dans la journée.
Au maréchal Augereau.
Varsovie, le 27 jauvier.
Il paraît que l'ennemi continue à faire des mouvemens , monsieur le maréchal ; Fintention de l'empereur est que vous resserriez vos cantonnemens , et que vous soyez prêt à vous porter avec votre corps d'armée sur Mla-wa, aussitôt que vous en recevrez Tordre. Faites donner du pain pour quatre jours 5 faites -en remplir vos caissons, et veillez à ce que chaque homme ait ses cinquante cartouches.
Au maréchal Soûl t.
Varsovie , le 27 janvier.
Il paraît que l'ennemi continue ses mouvemens sur le maréchal Bernadotte j l'intention de l'empereur est que vous vous prépariez à resserrer vos cantonne-
348 précis
mens sur Praznitz , Chorzel et J^illenberg , et que vous soyez prêt à agir au premier ordre.
Au maréchal Ney*
Varsovie, le 27 janvier.
J'ai communiqué , monsieur le maréchal , vos lettres à l'empereur j l'intention de sa majesté est que vous secondiez le maréchal Bernadotte dans toutes ses opérations j que vous teniez, le plus possible , votre corps d'armée réuni. L'empereur vient d'ordonner la levée de tous les cantonnemens, afin qu'on se tienne prêt à marcher au premier ordre. Le maréchal Augereau se portera vraisemblablement du côté de Mlawa, et le maréchal Soult sur Villenberg. Enfin , monsieur le maréchal , dans tous les cas imprévus vous devez porter vos vues sur Thorn.
Au grand-duc de Berg.
Varsovie, le 27 janvier.
Vous connaissez, mon prince, la situation des choses ; l'intention de l'empereur est donc que vous fassiez prévenir sur-le-champ les commandans des différentes divisions de votre réserve , de resserrer leurs cantonnemens , et enfin de se tenir prêts à marcher au premier ordre. Les divisions d'Hautpoult , Klein , la brigade Latour-Maubourg sont destinées à se rassembler sur Racionz. Quant au général Nan-
DES iSvÉNEMENS MILITAIRES. 3^9
souty , il doit se rendre à Varsovie pour passer la revue. Au surplus , l'empereur vous a donné ses ordres verbalement. Ayez soin de prendre du pain pour quatre jours , et qu'on en remplisse vos fourgons.
Au grand-duc de Berg.
Varsovie , le 27 janvier.
L'intention de l'empereur, mon prince, est que vous partiez de votre personne , avec votre étatmajor , pour vous rendre à Praznitz au quartiergénéral du maréchal Soult , et de là à Villenberg , où vous établirez votre quartier-général , et où vous réunirez tout ce que vous aurez sous la main de votre réserve, et le corps du maréchal Soult. Donnez ordre aux généraux Klein , d'Hautpoult et Latour-Maubourg de se réunir en toute diligence à Mlawa, d'où vous les dirigerez ensuite selon les circonstances.
Instruisez le maréchal Ney et le maréchal Bernadotte de votre arrivée à Villenberg ; prévenez -les que l'empereur sera demain à Pultusk , et que j'ai expédié l'ordre de lever les cantonnemens d'hiver : vous leur ferez sentir qu'il est nécessaire qu'ils correspondent avec vous.
J'ai ordonné au maréchal Bernadotte de se replier sur Thorn, dans le cas où l'ennemi serait assez en force pour l'y obliger.
Je donne ordre au maréchal Augereau de se rendre
55o PRÉCIS
à Mlawa, et d'y réunir son corps d'armée ; envoyez un officier à sa rencontre , afin de pouvoir prévenir l'empereur du moment où il arrivera. L'empereur sera demain , de sa personne , à Pultusk.
Donnez l'ordre au général Nansouty de se rendre d'abord à Pultusk , d'où on le dirigera suivant les circonstances.
Au maréchal Soult.
Varsovie, le 27 janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , me charge de vous ordonner de lever vos cantonnemens, et de réunir tout votre corps d'armée sur Villenberg , où se rend le grand-duc de Berg. L'empereur sera demain à Pultusk ; il vient d'ordonner de lever tous les cantonnemens d'hiver pour reprendre l'offensive , et donner une vigoureuse poussée à l'ennemi.
Vingt-cinq mille rations de biscuit et vingt-cinq mille rations de pain biscuité sont dans les magasins de Sierock à votre disposition.
Au maréchal Lefebvre.
Varsovie, le 27 janvier.
L'ennemi, monsieur le maréchal, paraît continuer ses mouvemens offensifs , et l'empereur a , en conséquence, ordonné de lever tous les quartiers d'hiver pour marcher sur l'ennemi. Sa majesté pense
que ce que vous avez de mieux à faire, c'est de placer la brigade française à Thorn, et d'y diriger les douze pièces d'artillerie venant de Varsovie; d'y réunir également la division de cavalerie du général Espagne , et si on était obligé de lever le siège de Graudentz, de réunir également à Thorn les troupes de Hesse-Darmstadt. Vous tiendrez les Polonais sur îa rive gauche de la fistule en les prolongeant le plus bas possible. Envoyez un officier de votre étatmajor à Villenberg où se rend le grand -duc de Berg, et où sera demain l'empereur. Sa majesté vous fait observer , monsieur le maréchal , que l'objet de votre mission aujourd'hui est i°. de défendre Thorn, et de rétablir le pont; 2°. de garnir la rive gauche de la Vistule le plus bas possible , mais nécessairement au-delà de Graudentz; 3°. de protéger les magasins de Bromberg , enfin, de vous tenir prêt avec votre petit corps pour servir de réserve à la gauche de l'armée et vous porter sur Dantzich suivant les événemens.
Sa majesté s'en rapporte du reste à votre expérience de la guerre; mais, quoi qu'il en soit, vous devez défendre Thorn; il est essentiel que vous vous mettiez en correspondance avec le maréchal JBernadotte qui est du côté d'Osterode ; il est à présumer qu'il faudra environ quatre jours pour réunir toute î'armée.
Au marècJial Ney.
Varsovie , le 27 janvier.
Le grand -duc de Berg, monsieur le maréchal y sera cette nuit à Villenberg , où sera réuni tout le corps du maréchal Soult. Le maréchal Augereau se dirige avec son corps d'armée sur Mlawa, où se réunit aussi la réserve de cavalerie ) tous les cantonnemens de l'armée sont levés, et l'empereur aura demain son quartier- général à Pullusk; le maréchal Lefebvre doit être arrivé à Thorn; correspondez fréquemment avec le grand-duc de Berg ; l'armée ne peut pas être réunie avant trois ou quatre jours, mais, en attendant , voici l'esprit dans lequel vos mouvemens doivent être dirigés.
Si le prince de Ponte-Corvo se réunit à Osterode , et que dès -lors il soit en mesure de s'y maintenir, ou qu'il soit obligé de se retirer sur Thorn pour couvrir cette place, vous devez alors le laisser faire; et vous, avec votre corps d'armée, vous flanqueriez et appuieriez le maréchal Soult, de manière que le corps de ce maréchal , le vôtre et celui du maréchal Augereau ne forment qu'un seul corps; mais vous maintiendriez cependant vos communications avec le maréchal Bernadotte , s'il avait quitté Osterode ou qu'il se soit retiré sur Thorn.
Si au contraire vous êtes fondé à penser que le
maréchal Bernadotte ne puisse pas arriver avant l'ennemi a Tkorn , vous aurez soin de couvrir cette place et de manœuvrer en conséquence ; l'empereur ne veut reprendre ses quartiers d'hiver que quand il aura anéanti l'ennemi.
Si le maréchal Bernadotte se maintient à Osterode, il faut , par vos mouvemens , favoriser sa position.
Au maréchal Davout.
Varsovie, le 27 janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que vous leviez vos cantonnemens ; réunissez votre corps d'armée 5 rappelez à Pultush tout ce que vous aurez sur la rive droite de la Narew, ainsi que ce que vous avez sur la rive gauche , et que vous pourrez retirer sans inconvénient : c'est à vous à en juger. Tout ce qui pourra , au contraire , donner l'éveil à l'ennemi , qui est à Lomza et à Brank , laissez-le. Le maréchal Soult a l'ordre de réunir son armée à Villenberg; l'empereur sera demain à Pultusk, et le grandduc à Villenberg : mais il faut environ trois à quatre jours pour que toute l'armée soit réunie. Sa majesté a ordonné de lever les quartiers d'hiver et de reprendre l'offensive.
Peut-être vaudrait-il mieux ne pas toucher aux postes que vous avez sur la rive gauche de la Narew, surtout s'il y a un pont à Rosan ,■ par où vous passeriez 18. 23
si l'empereur 'prend le parti de manœuvrer votre
corps par sa gauche.
Au maréchal Bernadotte.
Varsovie , le 27 janvier.
L'empekeur , monsieur le maréchal , a lu votre lettre du 24 ) sa majesté me charge de vous prévenir que le premier objet de vos mouvemens doit être de vous maintenir à Osterode en couvrant Thom où se rend le maréchal Lefebvre avec la division polonaise , la grosse cavalerie aux ordres du général Espagne et quatre mille hommes d'infanterie légère française. Il est probable que toutes ces troupes se réunissent à Thom le 29 ou le 3o au plus tard ; dans le cas , monsieur le maréchal , où vous n'auriez pu vous maintenir dans la position <¥ Osterode , je vous ai déjà fait connaître de la part de l'empereur que votre mouvement devait s'opérer de manière à couvrir constamment Thornet le siège de Graudentz s que vous feriez lever si les circonstances rendent cette mesure nécessaire.
Sa majesté vient d'ordonner de lever tous les quartiers d'hiver ; l'empereur va repreudre l'offensive , il aura jdemain son quartier - général à Pultush ; le grand-duc de Berg aura le sien ce soir à Villenberg.
Tout sera bien , monsieur le maréchal , si vous avez un peu de mal et que vous ayez couvert Thom:
DES É>ÉlNEMEJ\S MII^AIKES. 355
alors le maréchal Ney couvrira le corps du maréchal Augereau qui se rassemble à Mlawa et celui du maréchal Soult qui se rassemble à Villenberg. Vous entretiendrez constamment votre communication avec le corps du maréchal Ney ; et si vous aviez été obligé de faire quelque mouvement rétrograde pour couvrir Thorn , alors vous seriez obligé d'entretenir votre correspondance avec le maréchal Ney en faisant le tour par les derrières. Vous trouverez ci-jointe la copie de Tordre que j'envoie au maréchal Lefebvre.
Il faudra environ trois ou quatre jours avant que l'année puisse être réunie.
Au maréchal Bessières.
Varsovie , le 27 janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que les grenadiers et chasseurs de sa garde à pied , et que les chasseurs de sa garde à cheval qui sont arrivés aujourd'hui à Varsovie , partent demain 28 , et passent le pont de Praga à six heures du matin pour se rendre à Zegrz ; vous recommanderez qu'on tâche de passer le pont de la Narew demain au soir ; l'artillerie désignée pour marcher, ainsi qu'il sera dit ci-après , suivra le mouvement des corps auxquels elle appartient; savoir, six pièces avec les chasseurs à cheval , neuf avec les chasseurs à pied , et neuf avec
les grenadiers à pied ; le 29 la garde continuera sa route pour Pultusk , vous aurez soin de faire distribuer du pain pour les 28, 29, 3o et 3i ; quarante mille rations de biscuit seront portées dans les caissons -y le lendemain de l'arrivée des grenadiers à cheval a Varsovie ils continueront leur route pour Pultusk y vous laisserez à Varsovie douze pièces d'artillerie qui marcheront avec les grenadiers. Vous donnerez également des ordres , monsieur le maréchal, pour que quinze pièces d'artillerie restent cantonnées à trois lieues de Varsovie pour être attachées à la division du général Oudinot, et elles attendront l'arrivée de cette division pour se joindre à elle : total, cinquante et une pièces d'a*rtillerie de la garde destinées à marcher.
Au maréchal Lannes.
Varsovie, le 27 janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que vous fassiez partir demain à six heures du matin toute la division Gazan avec armes et bagages et avec son artillerie , pour se rendre à Brock; l'intention de sa majesté est qu'avant midi Zegrz et Sierock soient libres.
Ponnez l'ordre à la division Suchet de partir avec armes et bagages et avec, son artillerie demain à neuf
DES ÉVÉlNEMEJNS MILITAIRES. 357
heures du matin de Varsovie , pour se rendre vis-àvis Sierock.
Vous porterez demain votre quartier- général à Nieporent ; l'intention de sa majesté est que tout votre corps d'armée soit réuni à Brock ; cependant, dans la journée de demain , la seule division du général Gazan passera la Narew.
Le général Gazan fera son mouvement de manière que l'ennemi s'en aperçoive le moins possible ; le général Gazan pourrait porter son quartier - général à Puiewo ou IWiskowo ; demain dans la nuit, vous recevrez des ordres pour les opérations définitives. Donnez des ordres pour que la division Suchet prenne du pain pour les 28 , 29, 3o et 3i , et qu'elle porte dans des caissons autant de biscuit qu'elle en pourra charger. J'ai donné l'ordre au général Songis de vous distribuer les fusils dont vous avez besoin sur état ; monsieur l'intendant-général a également l'ordre de vous faire distribuer les souliers et les capotes qui vous sont accordées.
.Au général Gudin.
Varsovie, le v) janvier.
Jl est ordonné au général Gudin de se tenir prêt à partir avec armes et bagages après-demain 29$ il aura soin de prendre dans la journée de demain les fusils qui lui manquent , les souliers et les capotes qui lui
sont accordées^ il prendra du pain pour les 29, 3o, 3i et ier février, et il en remplira ses caissons; le général Gudin rendra compte demain à midi , & l'empereur, de la situation de sa division , de l'habillement , des armes; au reste, les ordres pour son départ et la direction qu'il devra prendre lui seront donnés dans la journée de demain.
Au général Son gis.
L'empereur, général, instruit que l'ennemi paraît prendre l'offensive , ordonne de lever les quartiers d'hiver et de marcher à l'ennemi ; sa majesté sera demain ou après-demain à Pultush; les équipages du quartier-général partent demain à midi ; faites connaître à l'empereur le nombre de voitures que vous comptez faire partir avec les équipages du quartiergénéral ; donnez des ordres pour qu'une partie de l'équipage de pont , dans la proportion de ce qui est nécessaire pour jeter un pont sur les petites rivières, soit prête à partir pour suivre les mouvemens de l'armée; ordonnez qu'une demi-compagnie des pontonniers du corps du maréchal Lannes reste au pont de Praga ; l'autre demi-compagnie suivra le corps du maréchal Lannes : prévenez-en ce maréchal ; la demi-compagnie restera à Praga jusqu'à ce qu'elle y soit relevée par une demi-compagnie de celles de
DES ÉVKJVKMENS MILITAIRES. 35(]
l'équipage de pont; vous ordonnerez que la compagnie de pontonniers du corps du maréchal Davout , et celle du maréchal Soult suivent ces corps d'armée. ht pont de Zegrz sera entretenu par une demi-compagnie de celles de pontonniers attachées au quartiergénéral. Vous donnerez vos ordres en conséquence; l'officier du pont de Praga y restera; vous leprévien drez que l'empereur le nomme chef de bataillon : envoyez-moi son nom. Demandez au général Lannes le point de rendez-vous des équipages du quartier-général , afin que fout ce qui vous concerne s'y réunisse.
Au maréchal Lannes.
Varsovie « ie 28 janvier.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que le 3i vous soyez rendu à Broch avec votre corps d'armée , de manière à être en mesure d'attaquer l'ennemi le itr février, et de vous emparer de Nur : Ostrow et Oslrolenka seront sous vos ordres, ainsi que toute la presqu'île; la division de dragons du général Becker, qui était aux ordres du maréchal Davout, passe à vos ordres. L'empereur ordonne que vous envoyiez un aide-de-camp le 3o à Pultush , afin de recevoir ses ordres; avec la division Becker, vous rouvrirez Oslrolenka , pt vous remplacerez les postes de cavalerie légère du maréchal Davout , et couvrirez Ions les mouvemens que ce corps va faire sur sa
56o PRÉCIS
gauche. La division du général Gudin sera , dans la nuit du 3o au 3i, à deux lieues sur le chemin de Pultusk à Broch ; mais l'empereur se réserve de lui donner une autre direction , ou de la mettre sous vos ordres pour votre attaque , suivant les circonstances. Sa majesté désire que demain 29 , au soir, vous ayez votre quartier-général à Wiskowo, et que vous puissiez envoyer promptement un rapport à Pultusk sur tout ce que vous apprendrez du général Essen.
Vous avez , monsieur le maréchal , des vivres pour jusqu'au 3i inclus; j'ordonne qu'il vous soit expédié dans les journées du 29 et du 3o, de Varsovie et de Nieporent , quinze mille rations de pain, ce qui assurera votre subsistance pour le ier et le 2. Comme vous emmenez vos boulangers , vous vous procurerez à Broch et dans le pays du pain pour plusieurs autres jours au-delà du 2.
Au général Gudin.
Varsovie , le 28 janvier.
Le général Gudin passera demain à six heures du matin le pont de Praga , de manière à être rendu de bonne heure le 3o à Pultusk. Je donne l'ordre au maréchal Davout pour que l'artillerie et les bagages soient rendus aussi le 3o à Pultusk ; le général Gudin , arrivé à Pultusk, passera la Narew sur le pont, et sa division sera la nuit du 3o au 3i sur le chemin de
DKS ÉVÉJNEMENS MILITAIRES. 56 1
Pultusk à Broch, à deux lieues de Pultusk} il enverra le 3o un aide-de-camp à Pultusk pour y attendre les ordres sur sa destination ultérieure, ne devant en recevoir que de l'état-major-général.
Au maréchal D avout.
Varsovie , le 28 janvier.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que vous vous mettiez en marche demain 2g avec votre corps d'armée , à l'exception de la division Becker qui passe aux ordres du maréchal Lannes qui se réunit à BrocJc. Il est nécessaire que le 3i au soir tout votre corps d'armée soit réuni à Mysziniec , c'est-à-dire la cavalerie légère , la division Friant et la division Morand , et à cet effet votre quartiergénéral devra être demain au soir 29 à Makow. Quant à la division Gudin , vous donnerez des ordres pour que son artillerie et ses bagages se réunissent à Pultusk , où cette division passera le 3o; mais elle n'y 4 recevra des ordres que de l'empereur par le majorgénéral , et vous serez informé de sa marche ultérieure. Vous opérerez votre mouvement de deux manières : tout ce qui est sur la rive droite de la Narew se rendra par Makow et Rozan à Mysziniec; tout ce qui serait sur la rive gauche de la Narew et éloigné de Pultusk se rendra par Ostrolenka droit sur Mysziniec ; de manière que le 3i au soir tout votre
56a p récis
corps d'armée, à l'exception de la division Gudin, sera réuni à Mjsziniec ; le corps du maréchal Soult a Tordre de se réunir à Villenberg , celui du maréchal Lannes à Brock ; je vous le répète , ce mouvement doit être le plus possible caché à l'ennemi; votre cavalerie légère remplacera à Mjsziniec une partie de celle du maréchal Soult , de manière que l'ennemi ne s'en aperçoive point; les dragons du général Becker, qui passent aux ordres du maréchal Larmes , remplaceront sans qu'on s'en aperçoive votre cavalerie légère vers Ostrow et Ostrolenka : ces mouvemens se feront le plus tard possible.
Vous êtes autorisé , monsieur le maréchal , à prendre vingt mille rations de biscuit sur les cinquante mille qui se trouvent à Pultus/r; la manutention de cette ville cuira exclusivement pour vous ; hormis cependant pour l'hôpital et les besoins de la garnison de Pultusk.
Indépendamment de douze mille rations de pain que vous tirerez journellement de Pultush , vous ferez des réquisitions sur la droite de la Narew , mais sans dépasser les villages qui se trouveraient au-delà d'une ligne droite de Pultusk à Mjsziniec. Si dans votre corps d'armée vous avez quelques hommes sans armes, laissez-les à Pultusk; j'ai donné l'ordre au général Songis d'v diriger cinq cents fusils.
Au grand-duc de Berg.
Varsovie, le 28 janvier.
L'empereur , mon prince , pense que vous aurez réuni à Villenberg , le 3i, en avant sur le chemin ROrtelsburg , les divisions Klein , Milhaud et d'Hautpoult , et que le même jour votre division de cavalerie légère occupera Ortelsburg ; le corps du maréchal Soult sera réuni à Villenberg , celui du maréchal Davout le sera le même jour 3i à Mysziniec.
Quant au maréchal Augereau , il a Tordre de diriger sa marche de manière à être rendu le 3i au soir à Neidenburg et à Janowa ; le maréchal Ney concentrera dans la journée du 3i toutes ses forces à Hohenstein , et le prince de Ponte-Corvo à Osterode. L'empereur sera le 3o au soir à Pultuslc , et dans la nuit à Praznitz.
Au maréchal S o ul t.
Varsovie , le 28 janvier.
L'empereur pense , monsieur le maréchal , que d'après les ordres que vous avez donnés tout votre corps d'armée sera réuni le 3i à Villenberg ; le grand -duc aura les divisions Klein, Milhaud et d'Hautpoult sur la route à' Ortelsburg , et occupera cette ville avec la division de cavalerie légère.
Le maréchal Davout sera réuni le même jour à Mysziniec;
Le maréchal Augereau sera réuni à Neidenburg et Janowa ; le maréchal Ney concentrera ses forces à Hohenstein , et le prince de Ponte-Corvo à Osterode.
L'empereur sera vraisemblablement dans la nuit du 3o au 3ï à Praznitz.
Indépendamment des ressources qui vous sont propres , vous devez prendre vingt-cinq mille rations de biscuit , et dix-huit mille rations de pain qui sont en réserve dans les magasins de Sîerock , ce qui vous fera du pain pour deux jours. Vous ferez des réquisitions entre la ligne de Frillenberg , entre Pultush et sur le pays compris à gauche d'une ligne droite partant de Pultush à Mjsziniec , le maréchal Davout faisant ses réquisitions à droite de cette ligne.
Au maréchal Augereait.
Varsovie , le 28 janvier.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que vous dirigiez votre marche de manière à être le 3i au soir « avec votre corps d'armée , à Neidenburg et Janowa.
Le grand-duc de Berg sera en avant de Villenberg sur Ortelsburg ;
Le maréchal Soult sera réuni à Villenberg ;
DES ÏVÉOTMENS MILITAIRES. 365
Le maréchal Ney à Hohenstein;
Le prince de Ponte-Corvo à Osterode ;
L'empereur sera le 3o à Pullusk , et dans la nuit à Praznitz.
Tirez , monsieur le maréchal , tout le pain qui peut se trouver à la manutention de Modlin, où il a été envoyé des farines pour vingt mille rations de pain. L'intendant -général fera succéder des convois de Varsovie sur Modlin , de manière à entretenir cette manutention ; vous en tirerez successivement tout le pain qui s'y fera. Vous ferez des réquisitions entre les lignes des positions qu'occupent les maréchaux Soult et Ney.
Au maréchal Njey.
Varsovie, le 28 janvier.
L'empereur, monsieur le maréchal, ordonne que vous fassiez les dispositions nécessaires pour que, dans la journée du 3i, toutes vos forces soient concentrées à Hohenstein.
Le prince de Ponte-Corvo sera réuni à Osterode ;
Le maréchal Soult à Villenberg ;
La cavalerie du grand-duc de Berg en avant sur la route d' 'Ortelsburg.
L'empereur désire que vous envoyiez un officier d'état-major le 3o à Pultusk , où sa majesté se trouvera , et un le 3i h. Praznitz.
566 précis
Il vous a été ordonné de vous procurer du pain pour quatre jours ; donnez vos ordres pour qu'il vous en soit expédié de Thorn.
Vous ne ferez des réquisitions que sur le pays à votre gauche , celui de votre droite étant réservé au maréchal Augereau.
Les ordres ci - dessus sont dans la supposition où le maréchal Bernadotte n'aurait point été obligé de se porter sur Thorn, et où vous n'auriez pas été obligé de l'appuyer ; dans ce cas , vous agiriez suivant le plan d'opérations, en regagnant Osterode et Hohenstein sur la gauche de l'armée.
L'empereur sera le Ier février en avant de Villenberg à la tête de son avant- garde , pour reprendre l'offensive et percer le centre de l'ennemi , en jetant sur sa droite et sur sa gauche tout ce qui ne se serait pas retiré à temps.
Au maréchal Bernadotte.
Varsovie, le 28 janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , désire que votre corps d'armée soit réuni le 3 1 à Osterode. Le maréchal Ney sera réuni à Hohenstein; Le maréchal Soult à Villenberg ; Le grand-duc en avant sur la route tfOrlelsburg. 11 vous a été ordonné de vous procurer du pain
DES EVEIVEMENS MILITAIRES. 5 67
pour quatre jours ; donnez vos ordres pour qu'il vous en soit expédié de Thorn.
Vous ne ferez , monsieur le maréchal , des réquisitions que sur le pays à votre gauche , celui de votre droite étant réservé au maréchal Ney.
Les ordres ci-dessus, monsieur le maréchal, vous sont donnés comme si l'ennemi n'avait plus rien tenté contre vous, et s'il se fût mis sur la défensive ; mais si vous aviez fait des marches rétrogrades , conformément aux derniers ordres, pour couvrir 'Thorn, vous agirez conformément au plan général , en tâchant de rejoindre le plus tôt que vous pourrez la position à'Oslerode et la gauche de l'armée. L'empereur sera à son avant-garde en avant de J^illenberg le ier février avant le jour , et prendra l'offensive contre l'ennemi avec ses forces réunies.
Avant de vous faire connaître les dispositions générales , je crois utile de vous dire que l'intention de l'empereur est de percer l'ennemi par son centre , et de jeter sur sa gauche et sur sa droite des partis ennemis qui ne se seraient pas retirés à temps; mais, constant dans son système qui est de couvrir Thorn, c'est le but de vos mouvemens , et ensuite de rejoindre la gauche de l'armée et rétablir par votre droite, même en arrière s'il est nécessaire , vos communications avec le maréchal Ney. Sa majesté désire que vous envoyiez un aide-de-camp intelligent, qui soit le 3i à
568 précis
Villenberg , pour instruire l'empereur de ce qui se passe à la gauche ; plus l'ennemi sera enfoncé, mieux cela vaudra.
Le maréchal Lefebvre sera vraisemblablement à Thorn le Ier février avec quatre mille Français , douze pièces d'artillerie et la division de grosse cavalerie du général Espagne.
Au général Oudinot.
Varsovie, le 28 janvier.
L'empereur , général , ordonne que le lendemain de votre arrivée à Loviez vous continuiez votre route pour vous rendre le plus tôt possible à Varsovie f sans cependant trop fatiguer vos troupes. Sa majesté aurait désiré que vous y fussiez arrivé le ier, et continuer votre marche pour être le 2 à SierocA et le 4 à Praznitz. Vous enverrez en poste un de vos aides-de-camp au quartier impérial à Praznitz , afin de vous porter des ordres qui peuvent varier suivant les événemens.
En passant à Varsovie, général, vous prendrez du pain po.ur quatre jours , et vous remplirez vos caissons de biscuit, s'il y en a à Varsovie ; sinon , vous les emplirez de pain , de manière à avoir avec vous des vivres pour dix jours.
DES ÉVEJNTEMENS MILITAIRES. 369
Au maréchal BessiÈres.
Varsovie . le 28 janvier.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que sa garde cantonne demain entre Pultusk et Praznitz , partageant la journée de manière qu'elle arrive à Praznitz le 3o au soir, et le 3 1 à Chorzel.
La garde arrive ce soir à Sierock ; elle a du pain jusqu'au 3i : elle prendra sur les vingt-cinq mille rations de pain qui sont à Sierock, et qui sont destinées pour le maréchal Soult, six mille rations , ce qui assurera les subsistances jusqu'au ier février. La garde doit avoir avec elle six jours de biscuit pris à Varsovie) sa subsistance sera donc assurée jusqu'au 7 février.
Dispositions générales pour les subsistances.
Varsovie , le 28 janvier.
Le maréchal Davout sera autorisé à prendre vingt mille rations de biscuit des cinquante mille qui se trouvent à Pultusk y la ^manutention de Pultusk cuira exclusivement pour lui , hormis pour l'hôpital et le besoin de la garnison de Pultusk.
Le maréchal Lannes est parti avec des vivres jusqu?au 3i ; dans les journées du 29 et du 3o, il lui ser^ expédié de Varsovie ou de Nieporent quinze mille rations de pain , ce qui assurera ses subsistances pour le ier et le 2. Il se procurera à Brock et dans le pays, 18. 24
devant emmener ses boulangers pendant ce tenips-lâ ?
du pain pour plusieurs autreis jours.
La garde arrive ce soir à Sierock ; elle a du pain jusqu'au 3i ; elle prendra sur les vingt -cinq mille rations de pain en réserve à Sierock , et qui sont destinées pour le maréchal Soult, six mille rations, ce qui assurera ses subsistances jusqu'au ier février. Elle doit avoir avec elle six jours de biscuit de Varsovie ; ses subsistances seront donc assurées jusqu'au 7 février.
Le maréchal Soult, indépendamment des ressources qui lui sont propres , vingt-cinq mille rations de biscuit et dix-huit mille de pain qui sont en réserve dans les magasins de Sierock , sont mises à sa disposition; ce qui lui fera du pain pour deux jours. Du pain et du biscuit seront expédiés de Thorn sur les corps de messieurs les maréchaux Ney et Bernadotte.
Le général Oudinot prendra, en passant à Varsovie, du pain pour quatre jours entiers ; il remplira ses caissons de biscuit, s'il y en a à Varsovie ; sinon , de pain , de manière à avoir avec lui pour dix jours de vivres.
Le maréchal Augereau tirera tout le pain qui se trouve à la manutention de Modlin, où il a été envoyé des farines pour vingt mille rations de pain. Ces envois se succéderont de Varsovie sur Modlin, de manière à entretenir cette manutention.
DES EVENEMENS MILITAIRES. 3tf I
Les envois de farine se succéderont également de Varsovie sur Sierock, Nieporent et Pultusk ; cela est essentiel surtout pour Nieporent et pour Sierock , pour les blessés qui ne pourraient passer la rivière.
L'in tendant-général y entretiendra des farines pour faire trente mille rations par jour ; il faut même qu'il y ait assez de farine pour pouvoir en envoyer dans les villages , et en distribuer aux soldats pour faire de la bouillie, si les circonstances le rendent nécessaire.
Il doit y avoir à la suite du quartier-général cent soixante voitures de la compagnie Breidt; l'intention de l'empereur est qu'elles soient parties le 3iy et qu'elles ne rentrent plus à Varsovie que par un ordre de Tétât-major-général.
On fera partir demain cinquante de ces voitures chargées de pain , s'il y en a à la manutention , sinon on les chargera de farine. La farine sera déposée à Sierock le 3o au soir , et le 3i ces caissons partiront en se chargeant de trente mille rations de biscuit qui restent à Pultusk, et les conduisant à la suite du quartier-général.
Demain partiront trente voitures découvertes de la compagnie Breidt, chargées de trois cent mille rations d'eau-de-vie ; cela sera rendu le 5o à Pultusk, le 3i à Praznitz , et cela continuera à suivre l'armée.
Le 3o cinquante autres voitures de la compagnie
572 précis
Breidt partiront chargées de pain , et le 3o il devra y avoir au moins quarante mille rations ; en cas d'insuffisance de pain , on complétera le chargement de farines ; cela suivra également le quartier-général.
Le 3i tout le reste des voitures de la compagnie Breidt , et celles qui arriveront d'ici à ce temps à Varsovie, partiront chargées de pain , de farine el d'eau-de-vie.
La manutention de Varsovie continuera à faire quarante mille rations de pain et autant de biscuit.
Trente mille rations de pain et dix de biscuit seront expédiées chaque jour pour le quartier-général.
L'intendant-général aura une correspondance suivie avec l'ordonnateur Joinville qui suivra le quartiergénéral ; avec le sieur Thévenin , le directeur des transports et l'agent en chef des vivres, qui suivront le quartier-général.
Chaque convoi sera escorté par quatre gendarmes d'élite, huit ou dix hommes de dépôts que fournira le gouverneur, un agent des transports, et quand on le pourra , par un commis des vivres.
Il y aura à la suite de l'armée de la viande sur pied pour dix jours ; on fera partir cent bœufs pendant les cinq premiers jours , et cinquante pendant lés autres jours, pour suivre le quartier-général. Jl y aura toujours à Sierock un parc de cent bœufs pour les
DES ÉVFJVEiVÎENS MILITAIRES. 5j5
malades , blessés, et autres hommes qui ne pourront passer la rivière.
II y aura également cent bœufs à Pultush.
Le maréchal Lannes fera ses réquisitions dans la
-, I presqu'île.
Le maréchal Davout tirera constamment de la manutention dé Pultush douze mille rations de pain ; le reste sera expédié à la suite du quartier-général. 11 fera des réquisitions sur la droite de la Narew , et sur une ligne qui va de Pultusk à Mysziniec.
Le maréchal Soûl t - fera ses réquisitions 'entre la ligne; de Villenherg , entre Pultush sur la droite, et la ligne du maréchal Davout.
Le maréchal Augereau entre les lignes que parcourent les maréchaux Soult et Ney.
Le maréchal prince de Ponte-Corvo vivra par sa gauche.
Le maréchal £Jey par sa gauche.
^4u général Cl^RRB.
; Varsovie , le 20 janvier.
L'empereur me charge , général , de vous faire connaître qu'il vous donne tous les pleins-pouvoirs.jpour finir et arranger, comme vous.. l'entendrez, tout ce qui peut accélérer tout le contingent de Saxe<- ïfeimar et de Saxe-Gotha 3 afin de;les diriger le plus tôt possible sur Stcltin, L'empereur désire que vous luif
fassiez connaître le jour où le contingent de ces deux
souverains arrivera à Stettin.
A M. de Thiars , ou en son absence au chargé d'affaires à Dresde.
Varsovie , le 29 janvier.
Demandez avec instance au roi de Saxe , monsieur, qu'il envoie les six mille hommes que doit fournir son contingent, kPosen, où il est important qu'ils arrivent le plus tôt possible. Faites-moi connaître par le retour de l'officier d'état -major le jour où ces troupes seront à Posen : aussitôt qu'elles auront dépassé les frontières de Saxe, elles vivront des magasins de l'armée. /
A M. le maréchal prince de Ponte-Corvo.
Praznitz, le 3o janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , vient d'arriver à Praznitz; le ier février il prend l'offensive par Villenberg. Dans quelque lieu que vous soyez , réunissez vos troupes jusqu'à ce que vous soyez assuré que le maréchal Lefebvre avec les 'ie et i5e d'infanterie légère française soit arrivé à Thorn, et jusque-là n'ayez pas d'autre but que de couvrir cette ville. Lorsque vous saurez que ces deux régimens y sont , soyez sans inquiétude, le maréchal Lefebvre saura la défendre huit jours s'il le faut. D'ailleurs vous y
DES ÉVEJNI'MF.JNS MILITAIRES. 5^5
aurez sûrement envoyé les Hessois qui faisaient le blocus de Graudentz. Prévenez le maréchal Lefebvre quand vous l'abandonnerez à ses forces, et faites-le prévenir de ce que fait l'empereur ; et ensuite , monsieur le maréchal , dans telle position où vous serez , réunissez vos forces. Envoyez un officier intelligent à Villenberg à l'empereur, afin que par son retour vous puissiez vous trouver au point de rendez-vous. Si enfin , par des circonstances quelconques , les ordres ne vous arrivaient pas , vous agiriez d'après votre expérience de la guerre et vous pousseriez l'ennemi, car vraisemblablement le 2 février il sera en retraite devant vous.
Au maréchal Ne y.
Praznitz , le 3o janvier.
L'empereur , monsieur le maréchal , me charge de vous prévenir que, dans le jour de demain , vous recevrez l'ordre de mouvement pour le ier février. Dans quelque lieu que vous vous trouviez , le principal est de réunir toutes vos forces, de manière que du moment où vous recevrez des ordres vous puissiez dans une heure être en bataille , et que vous puissiez vous diriger sur tel lieu qui vous sera indiqué.
Le prince de Ponte-Corvo a toujours du être dans la position de pouvoir couvrir Thorn, où doit se trou-
ver en ce moment le maréchal Lefebvre. Envoyez sur-le-champ urt officier très-intelligent à Villenberg, afin qu'il puisse faire connaître à l'empereur votre véritable situation et vous porter des ordres.
Au général Gudin.
Praznitz , le 3i janvier , deux heures du matin.
Il est ordonné au général Gudin de partir aujourd'hui 3i au jour, pour venir coucher à Praznitz où il attendra de nouveaux ordres.
Au général Savary.
Praznitz, le 3i janvier.
Je vous préviens , général , que la santé de M. le maréchal Lannes ne lui permettant pas de commander son corps d'armée , sa majesté vous donne une marque éclatante de la confiance qu'elle porte dans vos talens militaires, en vous nommant commandant en chef du 5e corps. Vous partirez sur-le-champ pour vous rendre au quartier- général kBrock, où le plus ancien général de division de ce corps d'armée vous fera recevoir. Vous ferez mettre votre nomination à l'ordre du corps d'armée : vous jouirez des honneurs, appointemens et traitemens attachés au grade de général en chef.
Ordres et instructions au général S ava ry*
Le 5e corps de la Grande-Armée , que vous commandez , général, occupe en ce moment Brock ; le corps russe commandé par le général Essen occupe Nur. Si les forces de ce général ne sont pas trop considérables, vous devez l'attaquer et le culbuter dans sa position de Nur ; mais pour peu que les renseignemens que l'on aurait portassent à penser que le corps du général Essen , au lieu de s'être affaibli , se serait augmenté , vous vous bornerez à occuper Brock et Ostrolenka avec votre cavalerie.
Vous consulterez le général Gazan et le général Campana qui , étant depuis long-temps en présence de l'ennemi , connaissent ses mouvemens.
Quoique l'on reste en observation , quoiqu'on attaque l'ennemi et qu'on n'ait point de succès , le principal but du corps d'armée que vous commandez est de couvrir la rive droite de la Narew , depuis la rivière de YOmulew (c'est-à-dire la petite rivière qui se jette près d' Ostrolenka) jusqu'à Sierock; de garder la position de Sierock et la portion de la rive du Bug, depuis Sierock jusqu'à la partie autrichienne.
Il serait très-utile, général, de faire construire un petit pont au confluent de la Narew dans le Bug , c'est-à-dire au-dessus du confluent. C'est un travail peu considérable , et ce pont sur le BUg rendrait
beaucoup plus faciles les subsistances à tirer de Varsovie.
Vous ordonnerez que Ton travaille avec activité à la tête de pont de Pultusk ; car en cas d'événement la plus grande partie de votre corps d'armée devrait se retirer sur Pultusk ou sur Ostrolenka : un régiment et quelques pièces d'artillerie se retireraient aussi sur le Bug pour garder la rive gauche de cette rivière. Vous sentez bien que ce que je vous dis là est hypothétique , mais vous prouve la nécessité de travailler à la tête de pont.
Envoyez dans la Gallicie pour savoir si les nouvelles que l'on donne , et qui font connaître que le général Essen se retire , sont, vraies.
Je dois vous faire observer qu'il faudra mettre quelque infanterie à Ostrolenka avec deux pièces de canon, sans quoi votre cavalerie serait trop inquiétée : jamais cette infanterie ne peut être compromise , puisqu'en passant le pont elle se trouve couverte.
Au maréchal Ney.
ORDRE
N Villenberg, le 3i janvier.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que le grand-duc de Berg et le maréchal Soult se portent demain avec toutes leurs forces à Passcnheim; l'intention de sa majesté est que vous vous portiez avec
votre corps d'armée à mi-chemin de Gilgenburg à Allenstein. Vous avez pour exécuter ce mouvement deux routes ; Tune vous conduirait demain à Hohenstein, l'autre passerait derrière les lacs par Demberghoffen; l'empereur vous laisse le maître de suivre celle des deux routes qui vous conviendra , en consultant pour vous décider les circonstances de ce qui se passera devant vous.
Le prince de Ponte-Corvo reçoit Tordre de manœuvrer dans la nuit du ier au 2 , de manière à pouvoir se joindre avec la Grande - Armée , en abandonnant la route de Thorn et en se jetant sur Gilgenburg , en sorte que sa gauche serait du côté de la Vistule et sa droite du côté ai Allenstein. Dans ce cas, il aurait fait prévenir, à Thorn, de ce qui se passe, et y aurait envoyé quelques escadrons pour faire reployer les petits détachemens ou hommes isolés , et prévenir qu'on ne soit pas étonné de l'apparition de quelques cosaques ou coureurs de l'ennemi. Si des circonstances inattendues faisaient que le prince de Ponte-Corvo ne pût exécuter cet ordre pour joindre la gauche de la Grande- Armée , et s'il se décidait à continuer sa marche pour couvrir Thorn , il le ferait doucement , en attendant le moment de reprendre l'offensive et de suivre l'ennemi du moment qu'il commencerait à battre en retraite. Dans ce dernier cas , le prince de Ponte-Corvo n'aurait plus besoin d'avoir de commu-
nication avec vous; vous vous livreriez entièrement au mouvement qui vous a été prescrit sur Allenstein. Il est à présumer que l'empereur passera encore la journée de demain à Villenberg.
Au prince de Ponte-Corvo.
Villenberg , le 3i janvier.
L'empereur, prince, m'ordonne de vous prévenir que le grand duc de Berg et le maréchal Soult se portent demain avec toutes leurs forces à Passenheim ; le maréchal Ney a ordre de s'approcher d' ' Allenstein , soit en se portant à Hohenstein , soit en passant derrière les lacs par Demberghojfen. L'empereur désirerait , monsieur le maréchal , que vous vinssiez former sa gauche par une marche de nuit qui tromperait l'ennemi • vous tâcheriez donc de gagner Gilgenburg , et vous vous trouveriez en correspondance par votre droite avec le maréchal Ney : mais alors vous auriez abandonné la route de 'Pnom; dans ce cas , le régiment de cavalerie légère qui aurait été chargé d'entretenir le feu de vos bivouacs pendant votre mouvement de nuit, se dirigerait sur Phorri au petit pas , et ferait retourner les convois , les délachemens et les hommes isolés , et arrivé à Phorn il préviendrait le maréchal Lefebvre et le commandant de la place de la manœuvre de l'armée, et vous auriez néanmoins eu soin de les prévenir d'avance.
DES ÉVENEMENS MILITAIRES, 58 T
Si les circonstances dans lesquelles vous vous trouveriez yous, paraissaient rendre cette manœuvre difficile, l'empereur vous laisse le maître de continuer à couvrir Thorn , en vous mettant à cheval sur cette route. Bien entendu , prince , que prévenu comme vous l'êtes du mouvement que fait sa majesté , vous marcherez vigoureusement sur l'ennemi du moment que la nécessité de s'affaiblir devant vous lui fera opérer sa retraite. Dans ce dernier cas, vous enverrez l'ordre à la division de cuirassiers du général Espagne qui est à Thorn, de vous joindre j si celle du général d'Hautpoult est avec vous, dirigez-la sur le corps du maréchal Ney, dont elle suivra le mouvement; dans le premier cas , vous mèneriez avec vous la division d'Hautpoult, si elle est à votre corps d'armée , et vous enverriez l'ordre à la division Espagne de vous joindre par les derrières.
Les deux brigades françaises et les Polonais qui sont actuellement à Thorn suffiront pour garder cette ville.
Je n'ai pas besoin de vous dire , monsieur le maréchal, que sa majesté désirant couper l'ennemi , ellç préférerait que vous vous portiez sur sa gauche; mais elle doit s'en rapporter à votre zèle et à vos connaissances d'après la position où vous vous trouverez-
Le maréchal Davout , avec son corps d'armée , ,s<ç porte sur la droite du maréchal Soult; la garde et it
maréchal Augereau en arrière. Il est vraisemblable , monsieur le maréchal , que sa majesté passera encore la journée de demain à Villenberg,
Au général G un in.
Villenberg, le 3i janvier.
Il est ordonné au général Gudin de partir demain , ier février, avec sa division , pour venir à JTillenberg; et comme il est inutile de fatiguer sa troupe, il pourra coucher à Ohorzel , et arriver après-demain à fil— lenberg. ■
Au maréchal Davout.
Villenberg , le 3i janvier.
Sa majesté vient de recevoir votre lettre du 3i à quatre heures du soir. L'empereur approuve que vous ne fassiez demain aucun mouvement , et que vous en profitiez pour rallier votre corps d'armée. Envoyez une avant -garde avec du canon à Villamoven ) vous dirigerez toute votre cavalerie légère de manière à faire de fortes reconnaissances sur la route de NicolaUen à Johansbitrg ; l'infanterie de votre avant-garde occupera également Friedrichshqjffen; il paraît impossible que dans les villages qui touchent au lac , les habitans n'aient pas de nouvelles de ce qu'a fait l'ennemi; le grand-duc de Berg et le maréchal Soult seront réunis demain à Pàssenheim ;
la cavalerie légère occupe ce soir Ortelsburg ; l'empereur restera vraisemblablement demain à Villenberg ; envoyez-lui des nouvelles trois ou quatre fois par jour sur ce qui viendra à votre connaissance ; faites venir les baillis et les maîtres de poste pour les interroger.
Au grand-duc de Berg.
Villenberg , le i « février.
L'empereur , mon prince , me charge de vous dire qu'il faut tâcher d'avoir sur tout le front les chasseurs et les hussards, que c'est leur me'tier et qu'ils ont plus l'habitude des avant-postes que le» dragons; l'intention de sa majesté est que vous envoyiez de fortes reconnaissances, car sans cela on perd toute sa cavalerie; si au lieu d'avoir envoyé deux à trois cents chevaux sur Passenheim on en avait envoyé douze cents , l'échauffourée qui s'est passée n'aurait pas eu lieu ; mille ou douze cents chevaux auraient fait les cinq lieues et auraient poussé des partis en avant pour avoir des nouvelles. Sa majesté trouve que les événemens que la cavalerie a eus depuis quelque temps viennent de ce même faux principe. L'ennemi ne se montre au contraire partout qu'en très-grand nombre; il faut tâcher aussi de mettre de Tordre dans les reconnaissances afin qu'elles ne se croisent pas , sans Cela , au second jour, tous les
réginiens sont fatigués et se réduisent à rien; la cavalerie légère du maréchal Soult se portera à Mens~ guih où le général GuilJot établira son quartier-général et éclairera les routes de Bischopsberg et de Nicolaïken.
Une des deux brigades de la division du général Lassalle se placera en avant de Passenheim et éclairera la route de Vartenburg et ft Allenstein , et l'autre éclairera la route de Hohenstein. Par ce moyen , l'une de ces brigades formera le centre et l'autre la gauche; l'intention de sa majesté est que votre altesse porte son quartier- général à Passenheim et que vous placiez vos deux divisions de dragons de manière à pouvoir se porter sur les points qui pourraient avoir besoin d'être soutenus.
Le maréchal Soult partira ayant le jour, et portera deux.de ses divisions, à Passenheim. , et une à Qrtels-. burg ; le maréchal Ney a ordre de se porter à michemin, de Gilgenburg $. A liens te in.
En envoyaut des reconnaissances sur Allenslein et sur tous les autres points, vous aurez des.rensejgnemens sur l'ennemi; mais, sa majesté vous recom-r mande de composer de fortes reconnaissances , ;Çt. de faire mettre de côté les mauvais chevaux et, les chevaux fatigués. Il faut ici qu'il y., ait des deux. armés; un certain nombre de cavalerie légère' pour pousser des pointes , et un bon nombre de dragons pour le.s
DES éVÉNEMENS MILITAIRES. 385
appuyer. En asseyant vos cantonneraens , vous pourrez demander au maréchal Soult qu'il vous fournisse quelques compagnies d'infanterie légère, surtout si îe pays est boisé.
Au maréchal Soult,
Villenberg , le ier février.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal est que vous partiez à la pointe du jour pour porter votre quartier-général à Passenheim. Une de vos divisions passera par Ortelsburg et y passera la nuit , si elle est inutile à Passenheim , où se rendront les deux autres divisions ; le général Guyot , avec sa cavalerie légère , portera son quartier-général à Mens^guth; la cavalerie légère du général Lassalle se rend en avant de Passenheim, et couvrira les débouchés de Wartenburg et de Hohenstein. Comme vous avez des troupes en arrière de Villenberg , il n'y a pas de nécessité de leur faire faire une trop grande marche * elles pourraient donc se cantonner en arrière de Passenheim; mais il ne faut cantonner aucune compagnie en avant de cette ville, si ce n'est quelques compagnies d'infanterie légère pour donner de la sûreté et de l'aplomb à la cavalerie , et une avant - garde d'infanterie que vous pourrez porter à une demi- Heue en avant de Passenheim ; si l'ennemi se trou-
386 précis
vait à portée , le maréchal Ney a dû aller à mi-chemin de Hohenstein.
Sa majesté désire que vous laissiez un de vos aidesde-camp ici pour vous faire connaître ce que le maréchal Ney aura mandé sur la position qu'il prendra ce soir.
Le maréchal Davout est à Mjsziniec avec une avant-garde à Villamoven , et sa cavalerie sur le chemin de Nicolaïken et de Johansburg.
Au maréchal Lefebvre.
Villenberg , le Ier février.
Je vous préviens, monsieur le maréchal, qu'il serait possible que l'ennemi débordât la gauche du maréchal Bernadotte; mais dans la position où est l'empereur , l'ennemi ne peut rien entreprendre de sérieux sur Thorn; d'ailleurs, aujourd'hui vous devez avoir les Hessois, deux régimens d'infanterie française, douze pièces d'artillerie française et l'artillerie hessoise. Il n'y aura point d'inconvénient qu'avec ces forces réunies vous suiviez l'ennemi dans saretraite; que vous fassiez reprendre l'investissement de Graudentz, et vous portiez dans la direction entre Marienwerder et Oslerorte pour acculer les partis ennemis sur la mer. L'empereur suppose que l'ennemi doit commencer bientôt à se mettre en retraite, parce qu'il se trouve débordé par sa gauche; mais il serait possiblf
des événemens militaires. 387
aussi que l'ennemi se trouvant entièrement coupé , n'eût d'autre ressource, dans sa situation désespérée, que de se jeter sur Thorn; ce serait à vous à le contenir sans vous exposer; alors vous défendriez Thorn et garniriez la rive gauche de la Vistule ; d'ailleurs, dans cette supposition , la colonne ennemie qui serait coupée serait vivement talonnée.
L'empereur suppose que vous êtes en communication avec le maréchal Bernadotte , auquel vous devez envoyer un officier pour vous faire connaître les mouvemens de l'ennemi , et que vous puissiez diriger vos mouvemens en conséquence.
Je vous préviens que le corps formant le contingent du roi de Saxe , fort de six mille hommes , a l'ordre de se réunir à Posen, et qu'aussitôt qu'il y sera arrivé , il recevra l'ordre de faire partie de votre corps d'armée.
Au maréchal Davqut.
Villenberg , le i«» février.
Si vous ne recevez pas de nouveaux ordres , monsieur le maréchal , vous vous porterez demain , à la pointe du jour , sur Ortelsburg , en laissant une arrière-garde à Mysziniec. Tâchez d'avoir des nouvelles de la force de l'ennemi à Serburg. Le grand-duc de Berg et le maréchal Soult sont aujourd'hui à Passenheim; les maréchaux Ney et Augereau à moitié
chemin de Gilgenburg et de Neidenburg à Alleti^ stein.
Au maréchal Augereau:
Villenberg, le ier février.
Nous n'avons pas de vos nouvelles , monsieur le maréchal , et l'empereur est en doute si vous êtes arrive' à votre destination. L'intention de sa majesté est qu'avec votre corps d'armée vous vous dirigiez sur A liens te in, en passant par Demberghoffen. Tâchez de coucher , demain 2 , à quatre lieues R Allenstein , c'est-à-dire à la tête des lacs de Dziersgunken.
Le maréchal Ney doit être ce soir à Hchenstein ; le grand-duc de Berg et le maréchal Soult sont à Passenheim ; votre cavalerie légère aura sûrement déjà rencontré les postes du maréchal Ney et ceux du grand-duc. L'empereur attend avec intérêt de vos nouvelles.
Je dois vous faire connaître que le but de sa majesté est de tourner le corps qui est vis-à-vis Lobau, et qui est opposé au maréchal Bernadotte : nous avons déjà quelques marches sur lui. <
L'on peut supposer que ce corps cherchera à se retirer sur A liens te in, ou bien sur Guttstadt; il faut donc que dans le premier de ces points votre corps , ceux des maréchaux Soult et Ney se trouvent réunis pour l'attaquer.
DES ÉVÉNliMKNS MILITAIRES. 38$
Au maréchal Davout,
Villenberg , le ieT février.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que vous partiez , demain 2 , avec votre corps d'armée pour vous rendre à Ortelsburg. Je vous ai déjà écrit à quatre heures du soir pour vous dire que si vous ne receviez pas de nouveaux ordres vous deviez vous rendre le 2 à Ortelsburg ; partez donc avant le jour. Sa majesté espère que dans la nuit vous lui enverrez dei nouvelles de ce qui se sera passé , et de ce que vous aurez appris pendant le jour. Envoyez un de vos aides-de-camp à Passenheim pour instruire l'empereur de tout ce que vous aurez appris, et pour m'envoyer l'état de situation de votre corps d'armée.
Le général Gudin reçoit l'ordre de se porter avec sa division à Groscldemnnen , à moitié chemin de Villenberg à Ortelsburg ; ainsi il ne se trouvera pas éloigné de vous.
Laissez à Mjsziniec une arrière- garde composée d'un régiment d'infanterie, environ deux cent cinquante hommes de cavalerie et deux pièces de canon , afin de protéger votre communication contre les incursions des cosaques; car vous sentez que les quarante hommes que vous avez laissés à NipnUi et à Kuspiehewa seraient bientôt culbutés s'il n'y avait point d'infanterie à côté. L'empereur est fâché que
StJO PRÉCIS
vous n'ayez pas laissé à Ostrolenka le bataillon qui y était, jusqu'à ce qu'il ait été relevé par de l'infanterie du 5e corps qui a ordre de s'y rendre.
L'officier-général ou supérieur commandant l'arrière-garde que vous laisserez à Mjsziniec, détachera trois ou quatre cents hommes d'infanterie et de cavalerie dans le point le plus favorable sur les petites rivières , soit de la Slawa , soit de la Rozania , éloignées de quatre lieues au plus d' Ostrolenka ; le corps détaché de l'arrière-garde laissée à Mjsziniec aura de petits postes sur les rivières. Si l'ennemi était trop en force , ce petit corps de trois ou quatre cents hommes se retirerait derrière VOmulew , çt vous ferez donner l'ordre à l'officier qui le commanderait de rendre compte au commandant de l'arrière - garde à Mjsziniec, lequel instruirait directement vous et aaioi , par duplicata, de tout ce qui se passerait sur la droite. Vous donnerez pour instruction à l'officier commandant Tarrière-garde à Mjsziniec , que tous les petits détachemens d'infanterie et de cavalerie laissés sur la ligne ne doivent jamais passer la nuit dans le même endroit où ils ont passé le jour j ils doivent changer à une lieue ou deux , soit sur la droite, soit sur la gauche ; par ce moyen , ils ne seront jamais surpris. Ainsi donc, monsieur le maréchal, la plus forte partie de l'arrière-garde qui serait à Mjsziniec se retirerait sur Villenberg , et le détache-
DES ÊVÉNEMKNS MILITAIRES. 3q1
ment de trois ou quatre cents hommes détaché sur la droite se reploierait derrière VOmulew , et de position en position sur Pultush. L'intention de l'empereur est que désormais vous changiez la communication de vos troupes, et que tout ce qui vient de Pultush. passe par Praznitz et Villenberg; aussi-bien c'est le plus court. Vous préviendrez l'officier qui commande le détachement de droite , que le général Oudinot, avec dix mille hommes, arrive sur Pultush. Si vous aviez encore en arrière quelque détachement près d" ' (htrolenka , vous pourriez le laisser jusqu'à ce que l'infanterie du 5e corps y soit arrivée.
Au maréchal Aubère au.
Villenberg , le ier février.
Nous voilà à près de minuit, monsieur le maréchal , et l'empereur n'a pas encore de vos nouvelles; il sait indirectement que vous êtes arrivé à Neidenburg ; je vous ai écrit à quatre heures de l'après-dînée , et je vous réitère le même ordre. Sa majesté ordonne que vous fassiez, demain 2, une bonne marche de Neidrnburg à Alltmstein en passant par Dernberghoffen. Votre cavalerie légère se réunira avec le corps du grand-duc de Berg. Le maréchal Ney doit être aujourd'hui à Hohenstein : mais sa majesté n'a pas de ses nouvelles; si vous en avez, envoyez-nousen. L'empereur ordonne que vous correspondiez de-
5gi pRÉcik
main avec lui par Villenberg et par duplicata , par les avant-postes.
Au maréchal Ney.
Villenberg, le ier février.
Je vous ai envoyé hier des ordres , monsieur le maréchal , pour que vous vous portiez du côté à'Allenstein , soit en passant par Hohenstein , soit en passant derrière les lacs par Demberghoffen; comme sa majesté est instruite que vous n'avez pas passé par Demberghqffen, elle est fâchée de ne pas avoir reçu de vos nouvelles et de celles de l'ennemi 3 probablement l'officier que vous aurez envoyé au matin aura été pris ', je vous adresse le duplicata de l'ordre d'hier.
Le maréchal Soult, qui a passé la nuit à Passenheim , va marcher sur Allenstein ; vous vous réglerez vous-même selon les nouvelles que vous aurez de l'ennemi. Si vous entendiez la canonnade sur le chemin de Passenheim à Allenstein , vous vous y porteriez; si vous-même vous étiez trop pressé sur Allenstein, vous vous retireriez sur Demberghqffen. Le maréchal Augereau part demain matin 2, pour se rendre à Demberghoffen où il se trouvera derrière vous.
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. Oi)5
Au grand-duc de Berg,
Villenberg , le 2 février.
L'intention de l'empereur, prince, est que vous vous portiez aujourd'hui sur Allenstein , de manière que si l'ennemi est en force inférieure au maréchal Soult , ce maréchal puisse l'attaquer ) si au contraire l'ennemi est en force supérieure ou égale, on prendra position devant lui ; le maréchal Ney devrait être à Hohenstein , et aujourd'hui 1 il devrait attaquer Allenstein j mais il n'a donné aucune nouvelle.
Le maréchal Augereau est arrivé à Neidenburg, et doit être aujourd'hui à Demberghqffen; le maréchal Davout arrive aujourd'hui à Ortelsburg ; l'empereur se rend à Passenheim. \
Au maréchal Soult.
Villenberg , le 1 février.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que je donne des ordres directs à celle de vos divisions qui est à Ortelsburg d'en partir une heure avant le jour pour se rendre à Passenheim, d'où elle se réunira à votre corps d'armée ; je préviens le général qu'on pourrait bien se battre aujourd'hui.
L'intention de l'empereur est que vous partiez avec votre corps d'armée pour vous rendre à Allenstein; sa majesté pense que vous serez à la pointe du jour sous les armes, mais vous ne devez partir que
3g4 piiEcis
quand le jour sera bien fait. Si l'ennemi n'avait à Allenslein que treize ou quatorze mille hommes , il faut l'attaquer, et tâcher d'avoir quelque chose dans sa retraite. Si au contraire l'ennemi avait ses forces réunies, vous prendriez position devant îuï ; il faut donc marcher militairement.
Le maréchal Ney devait être à Hohenstein, et marcher de son côté sur Allenstein , mais on n'a pas de ses nouvelles.
Le maréchal Augereau est arrivé à Neidenburg et sera aujourd'hui à Demberghoffen; le maréchal Davout sera à Ortelsburg.
Le quartier impérial à Passenheim.
La brigade du général Guyot flanquera votre droite, oîi il est convenable que des partis considérables de cavalerie restent pour protéger le passage du lac de Passenheim jusqu'à ce que le maréchal Augereau ait pu occuper Mensgutjj; le général Guyot éclairera aussi Tfrartenburg et Bischopberg.
Si vous pouviez avec de l'argent envoyer quelques paysans à Hohenstein savoir si le maréchal Ney y est , cela serait utile.
Au maréchal BessiÈres.
Villenberg , le i février, quatre heures du matin.
L'empereur ordonne, monsieur le maréchal, que
toute la cavalerie de sa garde soit au jour en bataille
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. 5q$
en avant de Villenberg , l'empereur voulant marcher à sa tête.
Vous donnerez également Tordre à toute l'infanterie qui y est attachée de partir au petit jour pour se rendre à Passenheim,
j4u prince de Ponte-Corvo.
Passenheim, le 3 février.
L'empereur , monsieur le maréchal , est aujourd'hui à Passenheim, d'où on a poussé hier au soir l'avantgarde ennemie ; le grand-duc de Berg et le maréchal Soult sont à Allenstein, où l'ennemi a montré hier au soir environ vingt-cinq mille hommes qui se sont mis en retraite; on n'a pu leur tirer que quelques coups de canon. Il paraît que la retraite se fait sur Guttstadt; l'empereur à la pointe du jour le poursuivra. Les nouvelles qu'on a pu recueillir sont que le général Benningsen est kMohrungen et veut livrer bataille à Liehstadt : mais il est plus probable que , dans ce moment, il est en retraite, et gagne de vitesse pour arriver à Kônigsberg. Il est à croire que vous n'avez plus rien sur votre gauche , et sa majesté désirerait bien vous voir sur Osterode , parce que s'il y avait une bataille, outre que vous y prendriez part , sa majesté voudrait avoir sa communication de Thornhien assurée; appelez à vous , monsieur le maréchal, la division de cuirassiers du général Espagne ; vous
3g6 précis
aurez aussi de votre côté des renseignemens, et vous pourrez agir suivant les circonstances. L'empereur se porte aujourd'hui sur Guttstadt ; faites part de ces nouvelles au maréchal Lefebvre , qu'il ne s'en laisse pas imposer par les Prussiens de Graudentz ; quand les Prussiens seront en retraite, il n'y aurait pas de mai à faire passer la fistule à la levée polonaise , cette cavalerie légère fera beaucoup de mal à l'ennemi.
Au maréchal Augereau.
Passenheim , le 3 février.
Nous sommes arrivés à Allenstein , monsieur le maréchal, l'ennemi a montré vingt -cinq mille hommes qui se sont mis en retraite; on n'a pu leur tirer que quelques coups de canon. Le grand-duc de Berg et le maréchal Soult marcheront sur Guttstadt; les nouvelles de l'ennemi sont que toute son armée est ici; que Benningsen qui la commande en chef était à Mohrungen. Tâchez de gagner aujourd'hui Allenstein avec tout votre corps d'armée ; le maréchal Ney est à Hohenstein, le maréchal Davout à Ortelsburg et Mensguth. .
Au maréchal Ney.
Passenheim , le i3 février.
Vous savez sûrement, monsieur le maréchal, que nous sommes à Allenstein ; l'empereur marche sur
DES ÊVENEMENS MILITAIRES, 5$*]
Guttstadl; le maréchal Augereau se rend ce soir à Allenstein ; l'intention de l'empereur, quant à vous, est que vous marchiez de manière à vous trouver entre Osterode , Allenstein et Guttstadt avec tout votre corps bien réuni. L'ennemi a montré vingtcinq mille hommes ; le reste de son armée est supposé être à Liebstadt. Si vous pouviez parvenir à couper la route de Thorn à Liebstadt, il est possible que vous fassiez quelque prise importante ; si cette route était libre , envoyez un officier en faire part au prince de Ponte-Corvo pour qu'il s'avance. Tout porte à penser que l'ennemi s'en va sur Liebstadt et Guttstadt, et fait un mouvement de retraite sur les autres points. Si vous rencontrez quelques colonnes, ce ne peut être que des colonnes qui protègent des parcs ou des bagages , et dans ce cas il faut tomber dessus avec impétuosité. L'empereur vous recommande d'envoyer deux fois dans la journée à Allenstein, où il établit son quartier-général , de vos nouvelles et de celles de l'ennemi, et que si véritablement l'ennemi voulait livrer bataille on sût où vous trouver pour vous porter promptement des ordres.
Le quartier impérial sera ce soir à allenstein.
Au maréchal Davout.
Passenheim, le 3 février.
Nous sommes arrivés à Allenstein hier au soir y
l'ennemi y a montré vingt-cinq mille hommes qui se sont mis en retraite. Le grand-duc de Berg et le maréchal Soult marchent aujourd'hui sur Guttstadt; les nouvelles de l'ennemi sont que toute son armée est ici j que Benningsen qui la commande en chef était hier à Mohrungen : on dit même qu'ils veulent donner bataille.
L'empereur a ordonné que la division du général Friant partît de Mensguth pour se rendre aujourd'hui h JVartenburg.
L'intention de sa majesté est que vous y portiez1 également la division Morand , ainsi que votre quartier-général. La division Gudin rentre sous vos ordres : elle occupera Mensguth; il faut lui en envoyer Tordre , et vous lui laisserez une centaine de chevaux pour s'éclairer ; vous lui recommanderez d'envoyer un officier à Myssiniec pour savoir ce qui s'y passe ; vous lui recommanderez également de tâcher de savoir ce qui se passe à Bischopsberg et Serburg.
Le quartier impérial sera aujourd'hui à Allenstein.
Passenheim , le 3 février.
Ordre au général Gudin , en conséquence de la lettre ci-dessus au maréchal Davout.
Au maréchal Soult,
Au bivouac de Getkendorff, le 3 février. J'ai donné l'ordre au maréchal Davout de partir de
ïVartenburg avant le jour pour se rendre près de vous avec son corps d'armée 5 envoyez un officier à sa rencontre pour activer sa marche et pour le diriger. La division Saint-Hilaire est en bataille et a passé la nuit en avant du village à'Hottitren, sur notre droite, et assez près de vous. L'intention de l'empereur est que vous attaquiez aujourd'hui la gauche de l'ennemi, afin de soutenir l'attaque que feront le général Saint -HilaiFe et le corps du maréchal Ney. Ne disséminez aucune troupe, afin que toutes agissent contre l'ennemi $ il faudra attaquer dès que vous entendrez l'attaque du centre. Dès que le maréchal Davout sera arrivé , vous le mettrez en entier en ligne, sans en rien perdre, pour tourner l'ennemi ; il faut d'abord s'assurer de vaincre.
Au maréchal Davout.
Getkendorff, le 3 février.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que vous partiez, demain 4 ? avant le jour pour vous diriger sur Guttstadt, Allenstein et Spiegelberg pour vous réunir au maréchal Soult. Vous vous rendrez avec tout votre corps d'armée bien réuni pour agir avec ce maréchal. L'ennemi est en présence; l'empereur, avec le corps du maréchal Ney et celui du grand-duc , a culbuté ses avant-postes en avant de
Geikendorff "; le maréchal Soult a forcé le pont de
Bergfried.
Getkendorff, le 4 février.
Ordre au maréchal Augereau de partir à la pointe
du jour pour se rendre, avec tout son corps , en avant
du village de Geikendorff,
Ordre à M. Denniés de préparer des ambulances à Allenstein et à Gethendorff.
Ordre au quartier-général de se rendre à Allenstein.
Au général Morand.
Getkendorff , le 4 février.
Si vous êtes encore à Passenheim , partez sur-lechamp , général , pour vous rendre à Allenstein , où nous sommes aux prises avec l'ennemi.
Au maréchal Augereau.
Schlitz , le 5 février, six heures du matin.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que vous suiviez le mouvement du centre j c'està-dire la direction que suivra l'empereur; tenez-vous prêt à partir au jour, et rendez -vous auprès de sa .
majesté.
Au grand-duc de Berg,
Schlitz , le 5 février.
L'empereur pense , mon prince, que le but de l'en*-
DES EVÉNEMENS MILITAIRES. fal
nemi doit être d'arriver avant nous à Landsberg, il est donc probable qu'il aura passé entre Liebstadt et Guttstadt} il faut alors envoyer des reconnaissances sur Liebstadt , Elditten et TVolfersdorff, et vous diriger avec la réserve de cavalerie sur le point où l'ennemi serait reconnu en position ; et s'il avait suffisamment marché pour avoir dépassé , il faudrait vous diriger pour couper la route de Liebstadt à Guttstadt au point de Wolfersdorjf, afin de tâcher de manœuvrer sur le flanc gauche de l'ennemi. Le maréchal Davout a l'ordre de se rendre à Guttstadt; le maréchal Soult a celui de manœuvrer toujours sur le flanc gauche de l'ennemi.
L'intention de l'empereur est que vous attachiez provisoirement au corps du maréchal Soult la division du général Grouchy.
L'empereur espère que vous aurez des nouvelles de l'ennemi au village à? Arensdorff, qui est un gros endroit situé à l'intersection des routes de Guttstadt à Landsberg; sa majesté ne serait pas surprise que l'ennemi ait été se rallier là aujourd'hui. L'empereur, dans la journée , sera près de vous ; sa majesté désire que vous lui envoyiez des rapports fréquens , afin qu'elle puisse juger du parti qu'aura pris l'ennemi j s'il est resté en pré.sence avec de l'infanterie, le maréchal Ney vous suivra : mais il est à croire que le mouvement du maréchal Soult sur la gauche de l'ennemi accélérera sa retraite.
Au maréchal Ney»
Schlitz, le 5 février»
Si l'ennemi , monsieur le maréchal , laisse une arrière-garde d'infanterie , l'intention de l'empereur est que vous la suiviez ; et s'il n'en a pas laissé , alors vous vous dirigerez du côté de TVolfersdorff, pour de là gagner Arensdorjf, d'où vous vous dirigerez suivant la connaissance qu'on aura de l'ennemi.
Au maréchal Soult.
Schlitz , le 5 février.
L'empereur , monsieur le maréchal , vient de donner l'ordre au grand-duc de Berg de mettre la division Grouchy à votre disposition ; l'intention de sa majesté est que vous vous portiez sur l'ennemi , qu'elle suppose vouloir prendre une position de bataille entre Liebstadt et Guttstadt pour y passer la journée, afin de donner le temps à ses bagages, à ses hôpitaux, etc., de filer j dans ce cas, vous vous placerez toujours de manière à déborder l'ennemi par sa gauche , et vous serez appuyé par le maréchal Davout qui a l'ordre de se rendre directement à Guttstadt. Si l'ennemi nous a déjà gagné une marche pour se rendre à Landsberg où probablement il veut arriver, ou sur tout autre point, vous le poursuivrez de manière à vous trouver toujours sur son
DÉS éVÉNEMÈNS MILITAIRES. 4°3
flanc gauche. Enfin , si l'ennemi avait passé par Guttstadt, ce que l'empereur a peine à penser, vous vous y dirigeriez sur-le-champ. Ce mouvement ne serait qu'une suite de l'instruction générale qui vous ordonne de former la droite de l'armée et de marcher sur le flanc gauche de l'ennemi. Le mouvement du maréchal Davout sur Guttstadt vous mettra à même de l'avoir pour vous servir d'appui.
Au général O udin o t.
Schlitz , le 5 février.
L'empereur, général, ordonne que vous restiez en face d'Ostroïenka pour y appuyer le général Savary, et garder la communication de l'armée de sa majesté sur VOmulew ; l'empereur espère que vous n'aurez fait aucun mouvement au-delà des premiers ordres que vous avez reçus ; vous sentez qu'à la guerre il y aurait beaucoup d'inconvéniens , si par zèle on outrepassait les ordres qu'on a reçus. Faites-moi connaître par le retour de l'officier oii vous êtes , et envoyezmoi votre état de situation.
Au maréchal Ney.
Au bivouac , le 5 fe'vrier.
Vous vous dirigerez , monsieur le maréchal , sur Liebstadt; le but de votre marche est de rencontrer îa division prussienne qui a été vue cette nuit par le
4o4 1>R^CÏS
général Klein , et de la détruire; si cette division avait déjà passé la rivière de Passarge pour gagner Elditten ou TVolfersdorff , vous la suivriez ; si au contraire cette division avait pris pour s'élever , en s'enfonçant dans les terres pour faire sa jonction , beaucoup plus bas , il ne faut pas la suivre ; l'empereur voulant avoir toute son armée pour combattre les Russes , si on parvient à les déborder. Si vous apprenez que les Russes se soient concentrés entre' Liebstadt et Guttstadt , vous marcherez sur leur flanc droit j si vous acquérez la certitude qu'ils se soient dirigés sur Guttstadt, vous appuierez sur ce côté. Toutefois , vous aurez soin d'ouvrir votre communication avec TVolfersdorff, où va se rendre l'empereur.
Au maréchal Augereau.
Arensdorff , le 5 février.
Si vous n'avez pas dépassé le village de Lauderwal quand vous recevrez cet ordre , vous pourrez y prendre vos cantonnemens ainsi que dans ceux environnans. Si, au contraire, vous avez dépassé Lauderwal, vous prendrez position au village de Sommerfeld et autres. Envoyez-moi un officier pour me faire connaître les cantonnemens que vous occuperez. L'empereur a son quartier-général à Arensdorff.
Au maréclial Davout.
Arensdorff, le 5 février.
L'empereur a son quartier-général à Arensdorff; l'ennemi paraît se retirer sur Heilsberg et de là sur Kônigsberg. Manœuvrez sur son flanc gauche et à notre droite pour lui faire le plus de mal possible.
Envoyez-moi un officier d'état -major pour vous porter des ordres cette nuit.
Au maréchal Ney.
I/empereur a son quartier-général à Arensdorff ;
donnez -moi de vos nouvelles, et envoyez -moi un
officier d'état-major pour vous porter des ordres cette
nuit.
Au prince de Ponte-Corvo.
Arensdorff, le 5 février.
Nous n'avons point de vos nouvelles , monsieur le maréchal , et cela provient denosmouvemens; cependant vous devez ne plus avoir d'ennemis devant vous , la colonne prussienne a débouché sur le maréchal Ney qui l'a attaquée et coupée ; il a fait bon nombre de prisonniers. L'empereur pense qu'en ce moment votre corps d'armée est à Osterode , et que vous poussez l'ennemi conformément à l'instruction générale que je vous ai adressée. Sa majesté attend avec impatience de vos nouvelles, et désire savoir que votre
4o6 PRÉCIS
corps d'armée soit rapproché de l'ennemi par Osterode, Liebstadt ou Guttstadt; c'est là ce que doit faire votre corps d'armée ; faites connaître au maréchal Lefebvre que nous avons repoussé l'ennemi partout, que nous le poursuivons sans relâche; il ne se sauve que par des marches de nuit , à la faveur de leur longueur; nous lui avons pris beaucoup de bagages , une vingtaine de pièces de canon , et cinq à six mille prisonniers.
Le quartier-général du général Benningsen est ce soir à Heilsberg -,
Au maréchal Davout.
Arensdorff , le 6 février, deux heures du matin.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que vous partiez au jour avec votre corps d'armée pour vous rendre à Heilsberg, où vous manœuvrerez selon les circonstances et selon les renseignemens que vous pourrez avoir; c'est-à-dire que si vous jugez l'ennemi en force inférieure à vous, vous l'attaquiez; si au contraire vous le jugez en force supérieure, vous devez le pousser doucement , et tâcher de réunir vos trois divisions avant d'être arrivé à Heilsberg. L'empereur suivra la route de Landsberg, et sera vers neuf heures à FreymarTct, où sa majesté désire rece-
voir un rapport de vous sur ce que vous saurez des mouvemens de l'enneini.
Au grand-duc de Berg.
Arensdorff, le 6 février, deux heures du matin.
L'empereur, prince, ordonne que vous partiez au jour pour marcher sur Landsberg j vous serez soutenu par le maréchal Soult ; le maréchal Davout se rend à Heilsberg. Vous vous arrangerez de manière à être toujours en communication avec lui; l'intention de sa majesté est que vous vous entendiez avec le maréchal Soult pour faire bien battre la forêt , et ramasser ce qui peut s'y trouver. Vous donnerez ordre à la cavalerie du général Durosnel de suivre toujours une direction mitoyenne entre Heilsberg et Landsberg , de manière à vous servir de communication entre vous et le maréchal Davout. L'empereur sera à Frejmarkt vers neuf heures , tâchez qu'il puisse y trouver un rapport de vous qui lui fasse connaître ce qui peut s'être dirigé sur Landsberg ; il est bien essentiel de savoir également ce qui s'est passé cette nuit du côté de JVormditt*
Au maréchal Ney.
Arensdorff, le 6 février, deux heures du matin.
L'empereur, monsieur le maréchal , n'ayant aucun
4o8 PRÉCIS
rapport écrit du résultat de votre journée d'hier, si ce n'est l'espoir que vous aviez vers trois heures de faire un bon nombre de prisonniers , sa majesté ne peut pas vous envoyer d'ordres positifs : mais il paraît que l'ennemi réunit toutes ses forces à Landsberg; le maréchal Davout marche aujourd'hui daus la direction de Heilsberg , le grand-duc de Berg et le maréchal Soult sur Landsberg, l'empereur de sa personne suivra cette direction. Sa majesté suppose que vous avez passé la nuit à Liebstadt ; si cela est ainsi , dirigez-vous en toute diligence sur Freymarlkt, qui est la jonction des routes de Guttstadt à Landsberg et de JVormditt à Heilsberg ; votre direction ultérieure dépendra des circonstances j envoyez un aide-de-camp sur la route de Landsberg pour y prendre les ordres de l'empereur.
Areusdorff, le 6 février, deux heures du matin.
Le grand-duc de Berg a l'ordre de partir au jour avec sa cavalerie pour marcher droit sur Landsberg; l'intention de sa majesté est que vous suiviez ce mouvement pour appuyer le grand-duc. Le maréchal Davout suit la direction de Heilsberg , l'empereur marchera derrière votre corps d'armée. Sa majesté sera vers neuf heures à Freymarkt , tâchez qu'elle y
trouve un rapport sur la position de l'ennemi et sur ce qui se passe.
Au maréchal Beknadotte.
Arensdorff , le 6 février.
Le maréchal Ney a attaqué hier la colonne du général Lestocq sur la route de Schlitz à Liebstadi } il a culbuté son avant-garde et fait trois mille prisonniers; il paraît qu'il l'a poursuivi prenant la route de Mohrungen , tâchez donc de vous diriger sur ce corps tout-à-fait démoralisé , et de le détruire ; le maréchal Ney devant rejoindre la gauche de l'armée qui marche sur Landsberg , où l'ennemi semble vouloir se réunir. Je vous envoie duplicata de l'ordre que je vous ai adressé hier soir.
Au maréchal Ney.
Arensdorff, 6 février.
L'empereur, monsieur le maréchal, a reçu votre lettre écrite de Liebstadt à onze heures du soir j il est nécessaire avant tout d'avoir le reste du corps prussien j vous pouvez donc vous diriger sur JVormditt ; coupez-lui la retraite. L'empereur ne doute pas que le prince de Ponte-Corvo ne soit dans la journée de demain à la queue de l'ennemi ; manœuvrez donc de manière à achever de défaire et de prendre cette armée prussienne ; si elle recule , poussez-la en vous
4lO PRÉCIS
élevant toujours du côte de la mer, jusqu'à ce que vous puissiez la confier au prince de Ponte-Corvo qui s'en chargera ; vous pourrez alors rejoindre l'armée. Sa majesté apprend que vous avez pris beaucoup d'eau-de-vie ; empêchez vos soldats d'en trop boire , par le mal que cela pourrait leur faire.
Au maréchal Ney.
Landsberg , le 7 février.
L'empereur vous ordonne , monsieur le maréchal , de vous diriger avec votre corps sur Kreutzburg. L'empereur marche sur Eylau. Envoyez-moi ce soir un officier d'état-major pour me faire connaître ou vous serez.
Au maréchal Bejrnadotte.
Nous poursuivons l'ennemi l'épée dans les reins; le général Lestocq étant coupé a rebroussé chemin : poursuivez -le sans relâche, ainsi que tout ce que vous avez devant vous.
Au maréchal Davout.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que vous marchiez avec votre corps d'armée entre Eylau et Bartenstein , de manière à avoir la majorité de votre corps à une lieue et demie d'JEylau, sur la route de Bartenstein. Envoyez un détachement
à Bartensteirv et un sur Domnau ; s'il y a du pain à Bartenstein , faites-le transporter sur Eylau.
Au général Nansouty.
Eylau , le 9 février.
Il est ordonné au général Nansouty de se rendre directement du lieu où il se trouve à Eylau,
Au général Espagne,
Eylau, le 9 février.
Il est ordonné au général Espagne de partir de Thorn ou de l'endroit ou il recevra cet ordre, pour se rendre par la route directe à Eylau; il fera connaître son itinéraire et le jour qu'il y arrivera.
Au maréchal Eefebvre,
Eylau , le 9 février.
L'empereur, monsieur le maréchal, désire qu'au lieu de vous diriger sur Elbing, vous vous portiez sur Osterode ; faites-moi connaître le jour où vous pourrez y être; quand vous serez joint par la cavalerie de la levée polonaise , fakes battre les chemins et envoyez quelques patrouilles sur Elbing. Toutes ces dispositions , monsieur le maréchal , seront néanmoins subordonnées à ce qui se passe sur vos derrières, cai votre premier but est toujours de conserver Thorn,
A M. le commissaire-ordonnateur Jo in ville.
Eylau , le 9 février.
Je vous préviens, M. l'ordonnateur Joinville , que désormais la route de l'armée à Varsovie et de Varsovie à l'armée , sera par Thorn et par la rive gauche depuis -cette ville jusqu'à Varsovie , et ensuite de Thorn à Eylau, conformément à l'itinéraire ci-joint. Envoyez sur-le-champ un agent des transports et un des vivres , pour que tous les convois venant de Varsovie, et qui pourront être arrêtés à Villenberg, se dirigent de là sur Osterode.
Nous sommes instruits qu'il y a à Heilsberg cent vingt mille rations de pain ; donnez des ordres pour qu'on les transporte tout de suite au quartier-général. Continuez à activer l'évacuation de tous les blessés sur Thorn.
A M. V intendant-général.
Eylau , le 9 février.
Par suite de la bataille ft Eylau nous allons avoir , monsieur l'intendant-général , beaucoup de blessé à Thorn ; l'intention de l'empereur est qu'il n'en soitç pas évacué un seul sur Varsovie : il faut donc que vous fassiez préparer sur-le-champ des hôpitaux à Thorn, Bromberg et autres lieux environnans; l'iiiten tion de sa majesté est que l'on n'augmente plu
DES ^VJÊNEMENS MILITAIRES. 4J5
les hôpitaux de Varsovie , au contraire il faut évacuer insensiblement et sviv Posen et sur JBreslau; cependant cette mesure n'a rien d'urgent, il faut tâcher qu'ordinairement il n'y ait pas plus de quinze cents blessés ou malades à Varsovie ; la communication de l'armée sera désormais de Varsovie au quartier-général en suivant la rive gauche de la Vistule jusqu'à Thorn , et de Thorn à Ejlau. Il faut donc faire arrêter à Posen les convois d'argent et autres destinés pour l'armée; cette ville, par sa position et par celle de la majeure partie de l'armée , devient une des principales places de dépôt et de point d'appui.
Au maréchal Ney.
Eylau , le 10 février.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que vous preniez vos cantonnemens sur la route à' Eylau à Villenberg; la tête de votre corps d'armée ne dépassera pas Mulhausen, et même s'il est possible ne s'étendra pas aussi loin ; vous aurez vos bagages en arrière.
Au prince de Ponte-Corvo.
Eylau, le 10 fe'vrier.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que vous vous dirigiez avec tout votre corps d'armée sixvLandsberg, pour vous porter ensuite sur la route
4l4 PRÉCIS
à'Eylau à Kreutzburg. Vous vous étendrez depuis Possemahlen jusqu'à Alihoff; il suffit que vous arriviez demain dans cette position, pour ne pas trop fatiguer vos troupes.
Au maréchal Davout.
Eylau , le 10 février.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal ,
est que vous preniez vos cantonnemens sur la route
d' Eylau à Domnau; la tête de vos cantonnemens
sera à Domnau 9 et le reste de votre corps d'armée
cantonné en colonnes sur la route de Domnau à
Eylau.
Au maréchal Soûl t.
Eylau , le 10 fe'vrier.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que vous cantonniez votre corps d'armée à Althojf, Schmoditten et Lampasch.
Au maréchal Bessieb.es.
Eylau , le 10 fe'vrier.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que la garde impériale prenne ses cantonnemens dans la ville & Eylau.
DES ÉVÉNEMEWS MILITAIRES. 4*5
Au grand-duc de JBerg.
Eylau, le io février.
L'intention de l'empereur, prince , est que vous envoyiez la réserve de cavalerie reconnaître la position de l'ennemi , afin d'éclairer la petite rivière de Frisching.
Au maréchal Augereau.
Eylau , le io février.
L'empereur ordonne que le 7e corps d'armée prenne ses cantonnemens en colonne sur la route à'Eylau à Bartenstein. Son arrière-garde devra être à la hauteur de Kisitten.
Au grand-duc de Berg.
Eylau , le 10 février, deux heures du matin.
L'empereur, mon prince, a reçu cette nuit votre rapport; son intention est que vous vous portiez de votre personne à Villenberg ; que là vous fassiez éclairer sur toutes les directions, afin de connaître celle qu'a prise l'ennemi ; en questionnant des gens de Villenberg vous aurez de bons renseignemens. Si les circonstances exigeaient que. vous fussiez soutenu par de l'infanterie , le maréchal Ney a ordre de î* faire avec un régiment ou une brigade.
4i6 PRECIS
Au maréchal Ney.
Eylau, le ii février.
Le grand- duc de Berg se rend de sa personne, monsieur le maréchal , à Villenberg pour y prendre des renseignemens sur la position de l'ennemi. Si le prince le juge nécessaire, l'intention de l'empereur est que vous le souteniez avec un régiment ou avec une brigade de votre corps d'armée.
Au maréchal Ney.
Eylau , le 1 1 fe'vrier.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que l'intention de l'empereur est qu'aussitôt que le maréchal Bernadotte sera arrivé à Possemahlen, vous ayez à en retirer le bataillon et la cavalerie que vous aurez envoyés sur la route de Kreutzburg à Landsberg.
Au prince de Ponte-Cor vo.
Eylau, le i3 fe'vrier.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que de votre position vous ayez à envoyer de fortes reconnaissances sur Kreutzburg et même sur Brandenburg , pour ramasser tous les traînards et les bagages. Vous devez occuper avec de la cavalerie et de l'infanterie -un point sur la route de Kreutzburg à Brandenburg vers le village de Sohuden, de ma-
nière qu'il ne puisse rien passer sur cette route, sans que vous en soyez instruit.
A S. A. I. le grand-duc de Berg.
Eylau , le ia février, deux heures du matin.
L'empereur , mon prince , vient de recevoir votre lettre d'hier; le prince de Ponte-Corvo est arrivé hier et a pris position sur la route à'Eylau à Kreutzburg; la tête de ses cantonnemens est à environ moitié chemin du village de Possemahlen , il pousse des re-*connaissances sur Kreutzburg et même sur Brandenburg; l'intention de l'empereur, prince , est que dans la position des choses il ne soit rien engagé; vous devez avoir votre artillerie assez en arrière pour que dans aucun cas elle ne puisse être compromise; bornez-vous à surveiller les mouyemens de l'ennemi.
Au maréchal Beknadotte.
Eylau , le i3 février.
L'empereur pense que pour donner plus d'étendue à vos cantonnemens, monsieur le maréchal, et pour moins gêner le maréchal Soult, vous devez vous concentrer du côté de Kreutzburg ; vous pourrez faire part à M. le maréchal Soult des cantonnemens que par là vous serez dans le cas de lui céder.
iS. 27
4l8 PRÉCIS
Au maréchal Daf~out*
Eylau, le i3 février*
L'empereur approuve fort , monsieur le maréchal v
que vous vous fassiez éclairer par des reconnaissances
en arrière de votre droite, afin de savoir ce qui
s'y passe.
Ordre de l'empereur.
Eylau, le i3 février.
Ordre au général Chasseloup de faire reconnaître par des officiers du génie la rivière de la Passarge depuis les lacs à'Hohensteia jusqu'à la raerj de reconnaître un emplacement pour jeter un pont du côté de Marienwerder, et de choisir un local où. Ton puisse établir une bonne tête de pont. Si la pointe de la presqu'île de Montau pouvait servir pour cet objet, cela pourrait être de quelque utilité. Il faut que le commandant du génie fasse reconnaître le pays de Marienwerder jusqu'à la mer. Vous lui ferez con naître également que mon intention est de pousser vigoureusement le siège de Dantzick, et qu'il est surtout bien important d'achever les fortifications de Thorn y de Sierock, de Praga et de Modlin. Ordre aux marins de la garde de se rendre à Thorn, ainsi qu'aux pontonniers de la garde y ces pontonniers sont toujours du côté de Varsovie. Ordre au général d'artillerie de diriger tous les pontons de l'armée sur
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. 4j9
Osterode , et de reconnaître de concert avec le génie un point du coté de Marienwerder du côté de la fistule. Donnez également Tordre au général de l'artillerie de préparer tous les moyens en matériel et en personnel pour pousser vigoureusement le siège de Dantzick , mon intention étant de placer mon armée de manière à protéger le siège de cette place qu'il est instant de prendre avant tout.
Au prince de Ponte-Cor vo,
Eylau , le 1 3 février.
Je vous envoie , monsieur le maréchal , l'extrait des rapports des avant -postes du général Guyot par lesquels vous verrez qu'il croit que l'ennemi fait un mouvement sur notre gauche ( ayant vu dans la direction de Brandenburg pendant toute la nuit des feux de bivouac ) , et qu'il occupe Mansfeld pour protéger ce mouvement. L'empereur pense que vous serez déjà instruit de cette marche de l'ennemi par les reconnaissances que vous aurez envoyées sur Brandenburg et sur Mansfeld. L'intention de sa majesté est que vous fassiez appuyer votre cavalerie par quelques compagnies d'infanterie légère , et par la division de dragons à vos ordres.
L'ennemi peut avoir pour but ou d'infester nos derrières sur votre gauche , ou de favoriser la rentrée de quelques détachemens qui seraient restés du
l\10 PRÉCIS
côté d'Elbz'ng , et qui naturellement doivent tomber entre vos mains. Je donne Tordre au général Lahoussaye de se rendre à votre corps d'armée pour y commander votre cavalerie légère. Quant au général Tilly, l'empereur pense que vous pouvez le laisser à une division d'infanterie.
jeu maréchal Lefebvre.
Eylau , le i3 février.
L'empereur, monsieur le maréchal , pense que vous êtes rendu à Osterode; il est nécessaire que vous protégiez efficacement la route à' Osterode à Thorn contre les excursions des cosaques ; sa majesté suppose que vous avez fait passer sur la rive droite de la Fistule un certain nombre de cavaliers polonais j l'évacuation des blessés se fait par Hohenstein, et de là sur Thorn; d'autres sont évacués par Heilsberg, Gultstadt et Osterode; faites donc tout ce que vous pourrez pour que ces blessés soient le moins mal possible. L'intention de l'empereur est de prendre sous peu de jours ses quartiers le long de la Passarge.
Je dois vous prévenir, monsieur le maréchal , que d'après le rapport de quelques espions, il paraîtrait qu'une colonne de quatre à cinq mille hommes, tant cavalerie qu'infanterie , s'est portée sur Ortelsburg, et des cosaques sur Villenberg / que cette colonne était une de celles opposées au corps du général Sa-
DES ÉVÉNEMENTS MILITAIRES. l\1 1
vary, lequel devrait être le n, au matin ,rk Ostrolenka , où , d'après les instructions générales, il doit défendre et protéger les communications de l'armée, ce qui fait supposer à l'empereur qu'il est déjà à Villenberg pour attaquer et chasser cette colonne ; différens ordres lui ont été adressés dans ce sens ; mais comme les courriers ont été interceptés , vous devez vous mettre en correspondance avec le général Savary et lui faire connaître ce qui se passe sur les derrières , afin que ce général puisse agir de manière à les trouver libres; le général Oudinot, qui devait être le 12 à Pullusk , a les mêmes instructions générales que le général Savary; il se sera sans doute aussi porté sur Villenberg , quand il aura appris que les cosaques y étaient; vous devez communiquer avec lui pour lui donner les directions convenables.
L'empereur, monsieur le maréchal, vous recommande particulièrement d'avoir l'œil sur Thorn, de faire travailler aux fortifications , et d'avoir à faire mettre tous les fours en état pour faire le plus possible de pain.
Pressez l'arrivée du général Ménard, dont les troupes ne pourront que vous être très-utiles.
Vous savez que l'ennemi a été complètement battu le 8 à la bataille iïEylau; il nous a laissé une vingtaine de pièces de canon , bon nombre de prisonniers ; enfin , il a perdu dans celte journée vingt à trente
l\11 PRÉCIS
mille hommes, dont dix généraux; il est allé se rallier
sous les murs de Kônigsberg et derrière la PregcL
Au général Savary.
Eylau , le i3 février.
L'empereur , général , est fâché que vous n'ayez pas tenu en échec le corps du général Essen, et que vous lui ayez laissé gagner plusieurs marches sur nous; la première chose à faire est de fusiller l'espion qui paraît vous avoir si évidemment trompé; si le général Essen, qui paraît s'être mis en marche le 5 ou le 6 pour se joindre à l'armée du général Benningsen, s'est dirigé à droite sur Kônigsberg, il n'aura envoyé sur vous que des cosaques et de la cavalerie; il est donc indispensable que vous envoyiez la division de dragons du général Becker pour balayer et couper tous ces cosaques , et que vous vous mettiez en marche pour appuyer la droite de l'empereur ; si au contraire le détachement du corps d'Essen s'est mis en position sur notre flanc , à Ortelsburg ou autre part , vous devez marcher droit à lui et l'attaquer ; comme le général Oudinot avait été informé dès le 6 du mouvement de l'ennemi , et que son instruction générale lui ordonne de veiller sur les communications de l'armée , il se sera mis en marche sur Villenberg ; il est nécessaire que vous laissiez quatre bataiï\ Jons, un régiment de cavalerie et quatre pièces de
canon à Ostrolenka, qui se retireront sur Pultusk, et de là , si les circonstances l'exigeaient , sur Sierock et Varsovie ; et alors, avec le reste de votre corps d'armée , vous vous re'uniriez au général Oudinot sur Villenberg, pour culbuter tout ce qui se présenterait à vingt lieues à la ronde, ayant soin de vous mettre en communication avec l'empereur, afin qu'on puisse vous appeler à une autre bataille qui aura sûrement lieu. Vous devez également vous tenir en communication avec le corps que vous aurez laissé à Ostrolenka en passant par Pultusk , et vous reporter rapidement sur Varsovie si les circonstances l'exigeaient; vous devez être certain que vous n'avez pas devant vous de force qui puisse vous résister , vous ne pouvez remplir votre but de corps d'observation , destiné à garantir Varsovie et à couvrir le flanc droit de l'armée, et ivous trouver en opposition avec le corps du général Essen , que par cette méthode : l'empereur pense que si à Ostrow vous aviez vigoureusement attaqué l'ennemi qui n'avait que quinze mille hommes, au lieu de vous laisser séduire par de faux rapports , vous eussiez évité bien des embarras.
Le maréchal Lefebvre est à Osterode; il doit communiquer avec vous, et vous devez vous concerter et agir d'accord pour remplir le but de votre mission.
Au général O udino t.
Eyïau , le 1 3 février.
L'intention de l'empereur, général, est que vous. vous portiez sur Villenberg > que vous laissiez un bataillon à Pultusk et cinq pièces de canon, jusqu'à ce que ces forces soient remplacées par celles du général Savary qui se retirerait à'Oslrolenka; le maréchal Lefebvre est à Osterode , vous devez communiquer avec lui et vous concerter ensemble pour remplir le but de votre mission.
Au commandant de Posen.
Eyîau , le t3 février.
Je vous adresse , général , un officier polonais qui se rend j)rès de l'admiuistration de Posen, pour y démentir le faux rapport fait par les Prussiens et par les Russes sur la bataille du 8 à Ejlau, ou en convenant d'avoir perdu vingt mille hommes et dix généraux , ils disent avoir enlevé Eylau à la baïonnette ; le fait est que les Russes ont été complètement battus, que nous n'avons pas quitté, Eylau où nous sommes encore , qu'ils ont été repoussés trois fois de la ville , qu'on leur a pris trente pièces de canon , fait un bon nombre de prisonniers , et que dès trois heures après midi ils effectuaient leur retraite sous les murs de ^.onigsberg après avoir perdu vingt miWe hommes;
DES ÉVENEMKNS MILITAIRES. I\l5
mais nous manquons de vivres , il est essentiel que l'administration de Posen en fasse filer une grande quantité sur Thorn; l'officier polonais porteur de cette lettre, après avoir fait connaître à l'administration de Posen la vérité de ce qui s'est passé , viendra en rendre compte à l'empereur.
Au grand-duc de Berg.
Eylau, le i3 février.
L'intention de l'empereur, prince , est que vous donniez Tordre à la division Grouchy d'envoyer une brigade à Domnau où, est le maréchal Davout; et l'autre brigade , que commande le général Grouchy, se rendra demain matin à Heilsberg en passant par Ejlau , où le général Grouchy à son passage prendra les ordres de l'empereur.
Au maréchal Davout.
Eylau, le i3 février.
Depuis le 7 février, monsieur le maréchal , vous n'avez envoyé aucune nouvelle du général Grandeau que vous avez laissé à Mysziniec , ni du bataillon de la division Gudin qui est resté à Orlelsburg. L'empereur désire être instruit dans la nuit si on a directement ou indirectement des nouvelles de ces deux corps, et d'après vos instructions où ils doivent se
trouver; on attend également les rapports que vous
devez recevoir de Friedland
L'ennemi paraît sur notre gauche et les cosaques vers Villenberg.
Une brigade de la division de dragons du général Grouchy se rendra à votre quartier-général.
L'autre brigade est à Heilsberg.
Au prince de PoNTE-CoB.ro.
Eylau, le i4 février.
L'empereur, monsieur le maréchal, trouve que le village de Mansfeld est nécessaire à occuper pour éclairer notre gauche , et en même temps contenir l'ennemi qui est à Vernensdorff, et l'attaquer s'il attaque notre position de Villenberg ; en même temps il faut charger une reconnaissance , menée par un officier qui parle allemand , de se porter à un ou deux villages au-delà de la rivière de Frisching , et enlever un bailli à deux ou trois lieues de Konigsberg, que vous ferez interroger. L'empereur désire que votre cavalerie se remonte , afin d'en imposer à l'ennemi qui a montré aujourd'hui cinq cents chevaux sur Mansfeld ; si on lui montre deux mille chevaux, on pourra aller jusqu'à Lactenhagen, y enlever le bailli et faire quelques prisonniers, sauf à abandonner ce poste et à se retirer sur Mansfeld. Le reste de votre cavalerie se cantonnerait le long de
la Frisching ; elle monterait à cheval et attaquerait l'ennemi toutes les fois que celui-ci attaquerait Villenberg. Tout ce qui montre des forces de ce côte convient à l'empereur. Vous tiendrez en arrière quelques compagnies de voltigeurs , pour aider dans tout événement votre cavalerie.
Au général Grouchy .
Eylau , le t4 février.
L'empereur , général , est instruit qu'un parti de cavalerie assez considérable s'était présenté à Villenherg dans la journée du 12; en conséquence , sa majesté trouve à propos que vous vous rendiez avec toute votre division de dragons à Heilsberg. Je donne l'ordre au maréchal Davout de vous rendre la brigade que vous avez envoyée à Domnau. Arrivé à Heilsberg , vous enverrez dès demain des officiers à Guttstadt , Serburg , A liens te in , afin d'avoir des nouvelles de la cavalerie ennemie qui a passé le 12 à Villenberg. Votre objet est de protéger et de maintenir libres les routes par Liebstadt et Osterode , et par Heilsberg , Guttstadt et Osterode , de manière à ce qu'elles soient à l'abri de toute excursion des cosaques. Vous protégerez Allenstein , et vous ferez promptement évacuer tous nos blessés sur Osterode et Thorn; vous vous mettrez en communication avec îe maréchal Lefebvre qui doit être à Osterode ayee
de l'infanterie et de la cavalerie , et avec le général Savary, commandant le 5e corps qui était le 11 à Ostrolenka , et qui a dû se porter à Villenberg au premier bruit de l'apparition de l'ennemi. Le général Oudinot, qui était à Pullusk , a du également se porter sur Villenberg le 1 3 j enfin tâchez d'avoir des nouvelles du général Grandeau qui avait ordre de se tenir à Mysziniec avec deux bataillons du 111e régiment et deux cents chevaux, pour protéger YOmulew ; vous aurez soin de correspondre fréquemment avec moi par des officiers que vous m'enverrez en poste ; car il est bien essentiel que l'empereur sache ce qui se passe sur nos derrières.
Au maréchal Lefebvre.
Eylau, le 14 février.
Je vous envoie par votre aide-de-camp , monsieur le maréchal , le duplicata des ordres que je vous ai adressés les g et i3 , par lesquels vous verrez que vous devez diriger votre marche sur Osterode , et vous connaîtrez les excursions que les cosaques ont faites sur Villenberg ; nous n'avons point d'autres nouvelles de cette ville que celle que je vous transmets par ma lettre du i3 : nous n'en avons également aucun autre ni du général Savary, ni du général Oudinot. Le général Grouchy se rend ce soir , avec sa division à Heilsberg , et il est très -nécessaire que
DES ÉVENEMElNS MILITAIRES. 4^9
vous vous mettiez en communication avec les généraux Savary et Oudinot, et surtout avec Thorn et avec\ moi. Votre objet principal est de maintenir libres et de protéger nos communications sur nos derrières, de Thorn, Osterode, etc., et de donner autant de secours qu'il sera possible à nos blessés qui sont évacués de Landsberg et R Heilsberg sur Osterode et Thorn. Le général Ménard doit être arrivé à Thorn, ce qui nous sera d'une grande utilité.
Au général Grouchy.,
Eylau , le i5 février.
L'empereur me cliarge de vous renouveler, général, qu'il est bien nécessaire que vous portiez de la cavalerie sur Guttstadt et A liens te in, où nous avons douze à quinze cents blessés qui sont menacés par les cosaques. Les ordres ont déjà été donnés de les évacuer sur Osterode et Thorn; protégez donc de tous vos moyens ces évacuations qui doivent se faire le plus promptement possible.
4u général Do M browski.
Eylau , le i5 février.
L'intention de l'empereur, général , n'est point que l'on diminue le nombre de la cavalerie de la levée polonaise. Cette mesure ne convient nullement à sa majesté qui croit cette cavalerie très-utile; elle dési-
43o PRÉCIS
rerait en voir porter le nombre à trois ou quatre mille, afin de pouvoir les opposer aux cosaques : l'empereur voudrait avoir votre opinion à cet égard. Sa majesté désire que vous fassiez passer de suite le plus possible de cavalerie polonaise sur Osterode , où il serait très - utile à sa majesté d'en avoir quinze cents ou deux mille hommes pour servir à couvrir l'armée.
Au grand-duc de Berg.
Eylau, le i5 février.
L'empereur , mon prince , a décidé de changer la position de son armée ; son intention est que , demain 16 , tous ses avant-postes restent comme à l'ordinaire , de manière que l'ennemi ne puisse se douter d'aucun mouvement. Avant de vous faire connaître les dispositions générales , les seules dispositions qui exigent que les ordres soient donnés ce soir sont les suivantes :
Donnez l'ordre aux cuirassiers du général d'Hautpoult de commencer dès cette nuit les mouyemens nécessaires pour quitter leurs positions sans que cela paraisse, et que, demain 16, ils marcheut sur Heilsbergy où ils cantonneront le plus près qu'ils pourront de cette ville.
Donnez l'ordre à la cavalerie légère du général Durosnel de quitter cette nuit les avant-postes sans que l'ennemi sans aperçoive ; elle viendra cantonner
DES EVENEMENS MILITAIRES. /p I
auprès de la division Nausouty, étant destinée a marcher sous les ordres de ce général , qui , d'après ceux que je donnerai vraisemblablement demain matin , devra partir, demain 16 à midi, pour se rendre à Eylau.
Telles sont , mon prince, les dispositions du moment *j demain avant le jour je vous ferai connaître toutes les autres.
Dispositions générales relatives au changement de position de l'armée.
Eylau, le 16 février, quatre heures du matin.
Aujourd'hui 16, les parcs de réserve, les bagages, les hommes mal portans et tout ce qui peut retarder la marche de l'armée , sera mis en mouvement pour aller à deux ou trois lieues sur la direction que doit prendre chaque corps d'armée ; les blessés qui sont à Heilsberg, à Eylau et à Landsberg seront entièrement évacués j toutes les voitures quelconques qui se trouvent dans les difFérens corps d'armée seront employées à cette évacuation.
Demain 17, l'armée se mettra en marche pour prendre sa nouvelle position ; le maréchal Ney formera l'arrière-garde , le maréchal Davout la droite, le maréchal Soult le centre , le prince de Ponte-Corvo la gauche.
43a PRJ&GIS
Le maréchal Davout aura avec lui la division de dragons du général Milhaud.
Le maréchal Ney aura à ses ordres le général Lassalle avec sa division de cavalerie légère , la brigade de même arme du général Guyot , et la division de dragons du général Klein.
Le prince de Ponte - Corvo continuera à avoir sous ses ordres la division de dragons du général Sahuc.
La réserve de son altesse le grand-duc de Berg et le 75 corps marcheront particulièrement.
j4u grand-duc de Berg.
Eylau , le 16 février.
Je vous envoie, mon prince, les dispositions générales relativement au changement de position de l'armée } l'intention de l'empereur est que de votre personne vous suiviez le quartier impérial. ( Voyez ci-dessus page 54 à 60.)
Vous avez donné cette nuit des ordres relatifs à la division d'Hautpôult et à la brigade de cavalerie légère du général Durosnel ; il vous reste à prévenir le général Lassalle , le général Milhaud et le général Klein qu'ils sont aux ordres du maréchal Ney.
Vous donnerez les ordres pour que les équipages, les hommes mal portans et les chevaux blessés se mettent en marche dès aujourd'hui.
DES ÊVÉNEMENS MILITAIRES. 4^3
Vous avez également donné l'ordre à la division Nansouty et à la brigade Durosnel de cantonner ce soir aux environs d' Eylau; aux cuirassiers d'Espagne de se rendre à Landsberg, et de cantonner entre cette ville et Liebstadt.
Quant aux mouvemens du 17, les généraux Nansouty et Durosnel doivent partir à'Eylau à midi pour cantonner à une lieue de Landsberg sur le chemin d? Eylau.
Lorsque la division Espagne aura pris position ce soir à Landsberg sur la route de Liebstadt , le général Espagne vous enverra cette nuit un officier à Eylau pour avoir les ordres de mouvement du 17.
Pour le 19, vous donnerez l'ordre à la division Nansouty de se rendre à Liebstadt ; la division d'Hautpoult et celle du général Grouchy seront à Guttstadt; quant à la division Espagne vous prendrez successivement les ordres de l'empereur pour sa destination.
Au reste, mon prince, en lisant les dispositions générales, vous verrez celles qui vous concernent.
Au maréclial Ney.
Eylau , le 16 février.
J'ai cru devoir vous envoyer, monsieur le maréchal , les dispositions générales relatives au changement de position de l'armée ; vous verrez que sa 18. 28
majesté vous confie le commandement de l'arrièregarde ; vous aurez à vos ordres la division de cavalerie légère du général Lassalle , la brigade du général Guyot, et la division de dragons du général Klein. Vous y verrez que le 17 vous devez prendre position à Eylau, le 18 à Landsberg , et le 19 à Freymarkt où vous séjournerez jusqu'à nouvel ordre; vous verrez que le prince de Ponte-Corvo a l'ordre , quand il quittera Schlautienen pour se rendre à Saalfeld, d'envoyer un parti prendre position à Onchen avec ordre de vous prévenir de ce qu'il apprendrait; au surplus , vous vous conformerez en tout ce qui vous concerne aux dispositions générales ; vous aurez soin de correspondre avec moi sur ce que vous apprendrez des mouvemens de l'ennemi.
Au général Comfans , commandant le 7e corps.
Eylau , le 16 février.
J'ai cru devoir vous envoyer, général , les dispositions générales concernant le changement de position de l'armée; vous verrez qu'aujourd'hui 16 votre corps d'armée doit partir au jour pour se rendre à Heilsberg, et que deux bataillons doivent aller ce soir le plus loin qu'ils pourront au-delà de cette ville sur la route de Guttstadt, et que le 17 vous devez être rendu à Gultstadt où vous attendrez de nouveaux ordres.
DES ÉVÉNETMENS MILITAIRES. /+55
Au maréchal Davout*
Eylau, le 16 février.
J'ai cru devoir vous envoyer, monsieur le maréchal , les dispositions générales concernant le changement de position de l'armée; vous verrez que votre corps d'armée doit être le 17 à Bartenstein, le 18 à Ueilsberg, et le 19 a Guttstadt.
Le bataillon du 85e que vous aviez laissé à Ortelsburg est à Heilsberg, où il a ordre d'attendre votre passage pour suivre votre mouvement ; vous vous conformerez au surplus à tout ce qui peut vous concerner dans les dispositions générales de mouvement.
Au prince de P0NTE-C0B.ro.
Eylau , le 16 fe'vrier.
Je vous envoie , monsieur le maréchal , les dispositions relatives au changement de position de l'armée ) vous y verrez que votre corps suit la route de Wormdit par Schlautienen , Gallilgen, Lauditlen, Saalfeld et Lichtenau.
Le 17 votre corps d'armée couchera à Schlautienen.
L'intention de l'empereur est que vous fassiez passer un fort parti de votre cavalerie légère par Zinten sur Mohlsack; son intention est e'galement,
436 précis
quand vous quitterez S chlautienen le 18 pour aller couchera Saalfeld, que vous ayez à envoyer un parti prendre position à Onchen, d'où le commandant fera prévenir le maréchal Ne y de ce qui se passerait.
Le 18 vous coucherez à Saalfeld, le ig à IVormditt ; recommandez bien à l'officier qui commandera le parti qui passera par Zinten et Môhlsack, de vous prévenir de ce qu'il apprendra, et vous aurez soin de nous instruire. Vous vous conformerez au surplus en tout ce qui vous concerne aux dispositions générales de mouvement.
Au maréchal Soûl t.
Eylau , le 16 février.
Je vous envoie, monsieur le maréchal , les dispositions générales relatives au changement de position de l'armée ; vous y verrez que votre corps doit partir le 17 à sept heures du matin pour se rendre kLandsberg, le 18 à Frauendorff, et le 19 prendre ses cantonnemens dans les villages aux environs de Liebstadt.
Vous vous conformerez au surplus en ce qui peut vous convenir dans les dispositions générales , et notamment pour le départ des bagages et l'évacuation des blessés.
Le général Guyot et sa brigade de cavalerie légère
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. ifi*]
restent aux ordres du maréchal Ney qui forme l'arrière-garde.
Au jnarèchal Bessteres,
Eylau , le 16 février.
Je vous envoie, monsieur le maréchal, les dispositions générales relatives au changement de position de l'armée ; vous y verrez que votre artillerie, vos caissons et enfin les bagages in u tiles , doivent partir au jourd'h ui à deux heures de l'après-midi pour se rendre à Landsberg ; que la garde à pied et à cheval doit partir demain 17 au jour pour se rendre à Landsberg, le 18 à Frejmarkt , et le 19 à Liebstadt; conformez-vous aux dispositions relatives aux blessés, et à toutes les autres qui peuvent vous concerner.
Vous sentez , monsieur le maréchal , que les dispositions générales sont pour vous seul.
Au prince de Ponte-Corvo.
Eylau, le 16 février.
Je viens de communiquer à l'empereur , monsieur ïe maréchal , les observations que vous me faites sur la difficulté que votre artillerie aura à suivre la route par Saalfeld; sa majesté vous autorise à ne suivre la route qui vous est tracée qu'autant que vous le pourrez, et à vous jeter sur celle de Môhlsach si vous jugiez que vous ne pussiez suivre l'autre sans
trop d'inconvénient pour votre artillerie : mais vous
devez avoir le plus grand soin d'avoir pour but de
couvrir la route de Landsberg , et de prévenir à
temps du changement que vous pourriez faire à
votre route , afin que je sache toujours où vous
trouver.
Au général Grouchy.
Eylau , le 17 février.
L'empereur ordonne , général , que vous preniez une position entre Guttstadt, A liens te in et Ortelsburg , de manière à battre toute la plaine , afin de chasser entièrement les cosaques et de garantir tout notre flanc droit de leurs incursions. Instruisez-moi des dispositions que vous aurez faites à cet égard.
Au maréchal Davout.
Eylau , le. 1 7 février.
L'empereur suppose , monsieur le maréchal , que Bartenstein est actuellement évacué des blessés qui s'y trouvaient; sa majesté désire savoir aujourd'hui de bonne heure si Heilsberg pourra l'être demain , son intention expresse étant de ne laisser aucun blessé ; il faudrait même retarder le mouvement si un jour de plus était jugé nécessaire pour l'évacuation de cette ville.
Je vous préviens que l'empereur a mis sous vos
DES ÉVEJNEMENS MILITAIRES. 4^9
ordres la 2e division de cuirassiers que commandait le général d'Hautpoult; mais je vous observe que l'intention de sa majesté est que vous ne l'employiez que dans le cas où cela serait indispensable. Cette division reste aujourd'hui à Heilsberg , et j'ai ordonné au général Saint-Sulpice qui la commande de prendre vos ordres.
Le 7e corps est entre Guttstadt et Heilsberg ; vous vous en ferez appuyer si des mouvemens imprévus le rendaient nécessaire.
La division de dragons du général Grouchy est du côté d } Allenstein et bat la plaine ; le mouvement qu'a fait le général Savary a balayé nos derrières des partis de cosaques qui ont disparu.
Au maréchal Lefebvre.
Laudsberg , le 17 février.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que vous laissiez le bataillon d'infanterie légère français et le régiment de cuirassiers à Osterode , sous le commandement d'un général de brigade , et que de votre personne vous vous rendiez à Thorn. Envoyez des ordres aux Saxons qui sont arrivés de Posen depuis plusieurs jours ; envoyez des ordres au général Ménard, et, avec ces deux divisions réunies qui doivent faire environ dix à douze mille hommes , portez-vous devant Danlzick et commencez l'investissement de la
44o PRÉCIS
place. Aussitôt que nos affaires ici seront éclaircies, je vous enverrai la brigade que vous devez laisser à Osterode et Marienburg , où elle fera jeter un pont sur la Vistule pour communiquer avec vous. Donnez à cet effet, des ordres aussitôt que vous serez arrive' devant Dantzick. On peut jeter le pont vers Dirschau sur un des bras de la Vistule. Vous aurez soin de placer des forces dans la presqu'île qui va du côté de Pillau, afin de bloquer entièrement cette ville. Faites-moi connaître ce qui compose la garnison de Thorn. Quand le général Zayoncheck sera arrivé, vous pourrez prendre les troupes de Hesse-Darmstadt; mais cependant vous me préviendrez de leur arrivée , et vous n'en disposerez point avant que j'aie pris les ordres de l'empereur.
Les cosaques nous inquiètent toujours , et sa majesté aurait désiré avoir la cavalerie de la levée noble polonaise , accoutumée à faire la guerre de cosaques.
Au général Jordy, à Thorn.
Landsberg, le 17 février.
Rendez-moi compte tous les jours, général, de ce qui se passe; faites partir chaque jour le plus de pain que vous pourrez pour l'armée à Osterode} faites préparer des hôpitaux considérables pour tous nos blessés^ répondez-moi par le retour de l'officier d'é-^ tat-major aux questions ci-après.
DES ÉVÉJNEMENS MILITAIRES. L\l±\
1°. Combien pouvez -vous faire de pain chaque jour pour l'armée , et en envoyer à Osterode ?
2°. Envoyez -moi l'état des petits dépôts de l'armée ;
3°. L'état des magasins de vivres ;
4°. Celui de l'artillerie m?
5°. Celui des hôpitaux ;
Faites-moi connaître où sont les compagnies de fusiliers de la garde et celles d'ordonnance.
Je vous envoie l'ordre du jour d« l'armée ; faites-le passer au commandant de Ppsen , au commandant des Polonais j faites-le imprimer et répandre.
Au général Savaky.
Landsberg, le 17 février.
J'ai reçu la lettre que vous m'avez adressée par le retour de mon officier d'état-major. L'empereur pense que vous êtes en ce moment à Villenberg ; faites arrêter le bailli; faites faire une sévère enquête sur la conduite des habitans qui paraissent s'être mal conduits. L'empereur ne trouve pas votre correspondance claire; après avoir lu toutes vos lettres f on ne sait où sont les corps de votre armée, ni ce que vous avez fait. Vous ne faites pas connaître non plus la position de l'ennemi , sa force , ni ce qu'il a fait.
Le général Essen avait moins de vingt mille hommes ; ce que vous aviez à faire était de couvrir Var-
sovie , d'assurer les communications, et de couvrir l'aile droite de la Grande - Armée ; de tenir le corps d'Essen en échec , de manière que s'il faisait un détachement pour aller en Prusse , vous deviez en former un pareil pour le suivre l'épée dans les reins, marcher à lui et le culbuter sur Lomza, ce qui l'aurait nécessairement retenu. Au lieu de cela, l'empereur voit que vous n'avez fait que marches et contremarches. Si vous aviez attaqué l'ennemi à Ostrow , il est certain que vous l'auriez battu ; l'empereur trouve que la marche que vous avez faite par la rive droite de la Narew est contre les règles de la guerre, et vous a mis dans le cas de perdre l'ennemi de vue ; il valait mieux marcher sur la rive gauche, car si vous le supposiez plus fort que vous , vos manœuvres devaient avoir pour but de couvrir Varsovie contre des forces supérieures. L'empereur désire avoir des détails sur l'affaire à'Ostrow; il désire connaître où le général Becker a été blessé , car il est , dit-on , à Varsovie ; l'empereur , après avoir lu votre lettre du 14, ne sait pas encore où sont vos régimens , et par conséquent ne peut pas vous donner d'ordres ; quaud on est détaché de l'armée, rien n'est plus important que de bien faire connaître sa position, et particulièrement celle de l'ennemi.
Dans la situation des choses , ce que vous avez à faire c'est de chasser l'ennemi de Villenbcrg , d'Or-
DES ÉVÉJVËMENS MrLITAIRES. 44^
lelsburg et des environs ; si les colonnes ennemies sont près de vous, réunissez votre corps et marchez à elles.
Remettez l'ordre ci-joint au général Oudinot pour qu'il se rende avec son corps à Neidenburg , vous lui donnerez le 9e régiment de hussards , d'autant plus qu'il est nécessaire de le déplacer.
Gomme cependant des ordres peuvent être interceptés, il faut que vous ne perdiez pas de vue, je vous le répète , l'objet important de couvrir Varsovie, et dès-lors d'avoir des forces à Pultush ; si l'ennemi s'était renforcé à Brock pour se porter sur Sierock, vous devez le prendre en flanc; l'empereur vous donnerait des ordres positifs s'il connaissait l'emplacement des troupes de votre armée. Faites que , par votre première dépêche , je puisse rendre compte à l'empereur de tout ce qui s'est passé à votre corps d'armée depuis que nous vous avons quitté. Il y a des manutentions à Praznitz , Pultusk , Chicanow , qui pourront vous fournir du pain. Donnez l'ordre au générai Grandeau , au 111e régiment et au détachement qui est avec lui de se rendre à Allenstein , où ils rejoindront le corps du maréchal Davout. Vous trouverez ci-jointe la proclamation de l'empereur , vous la ferez lire à votre armée.
L'ennemi est-il en force à Kollno et à Biala?
J'ai donné l'ordre à tous les hommes des dépots des
444 PKÉCIS
différens corps qui étaient à Pultusk , Nieporent et Sierock, de rejoindre leurs corps; ainsi il n'y a plus que vous seul qui couvrez Varsovie f et les Polonais qui sont sur le Bug ; mais lorsque vous aurez répondu à cette dépêche , et que vous me ferez connaître votre position et celle de l'ennemi , ainsi que sa force , je vous enverrai des ordres positifs ; je vous ferai connaître la position que vous devrez prendre dans Tordre des quartiers d'hiver que l'armée va prendre.
Le général Grouchy, avec sa division de dragons, est parti diHeilsberg pour courir après les partis de cosaques , les prendre par-derrière , et par là faire de fortes diversions en votre faveur.
uéu prince Jérôme.
Eylau, le 17 février.
L'empereur ordonne , mon prince , que vous fassiez partir, vingt-quatre heures après la réception de cet ordre , pour Varsovie , la moitié de l'infanterie , de la cavalerie et de l'artillerie bavaroise qui sont sous vos ordres. Ces troupes , sous le commandement du général Deroi , se rendront à Varsovie pour y être sous les ordres du prince de Bavière , et feront partie de l'aile droite de l'armée. L'empereur suppose qu'elles forment à peu près dix mille hommes. L'intention
de sa majesté est que votre allesse impériale envoie les meilleures troupes.
11 a été écrit en conséquence au prince de Bavière. Au général Songis,
Landsberg, le 18 février, deux heures du matin.
L'empereur , général , me charge de vous réitérer l'ordre de faire évacuer toute l'artillerie prise à la bataille d'Ej-lau et à tous les autres combats qui l'ont précédée. Nous avons pris à Ejlau vingt-quatre pièces de canon, à Hoff quatorze, à Lichtenfeld trois, à Deppen seize , dans la retraite d1 } Allstettin cinq ; en-* viron soixante -deux en tout. L'empereur désire que vous lui fassiez connaître où sont toutes ces pièces qu'il faut diriger sur Thorn; l'empereur y tient, non seulement pour leur valeur, mais comme trophée de nos victoires. Vous avez la journée du 18 pour l'évacuation de ce qui est à Landsberg, et celle du 19 pour les autres.
Au général Savary.
Freymarkt , le 18 fe'vrier.
J'ai reçu, général, votre lettre du 16 ; l'empereur a vu avec plaisir l'affaire à'Ostrolenka : il regrette le général Campana. Pourquoi le général Becker n'est-it
pas à son corps? Cette affaire ne paraît pas être une affaire générale ; il est donc possible que l'ennemi veuille avoir sa revanche. S'il a tenu devant vous , vous l'aurez attaqué le 17, et tout aura bien été; mais s'il a reculé d'un jour, et que vous ayez évacué Ostrolenka, l'ennemi pourra revenir dans cette ville, s'en emparer, et tout devient obscur, même la réputation des armes , ce qui ne doit pas être considéré comme rien. Quand je vous ai écrit de vous rendre sur Ortelsburg ou Villenberg, c'est que le général Essen y était. Il paraît à l'empereur que vous n'êtes pas assez pénétré de la position de votre corps d'armée j quand il tient Essen en échec , son rôle est en partie fait, puisqu'alors Varsovie est couvert, et que la communication de l'armée se trouve libre. Sa majesté espère que vous aurez poussé l'ennemi , ramassé les prisonniers et couj)é le corps que l'ennemi avait enfoncé du côté de Sierock. Il me reste donc à vous répéter que le principal est de tenir en échec le général Essen et de l'empêcher de se porter ailleurs , le battre , et par là le rôle de votre corps d'armée se trouve rempli. Il a donc paru à sa majesté qu'il ne faut rien faire qui nous expose à ce qu'Essen s'empare diOstrolenka : le résultat de votre victoire sera de balayer et de tenir l'ennemi éloigné.
Les récompenses que vous avez demandées seront accordées. Ne souffrez pa^s qu'aucun détachement
ennemi prenne position à plus de quinze lieues Nde
vous.
Liebstadt, le 19 février.
Ordre pour qu'il y ait une route directe d'Os/erode à Varsovie, qui passera par ZaJcroczyn, Plozk, Racionz, Trench, Soldan, Gilgenburg et Osier ode; à cet effet , il sera nécessaire de rétablir le pont de Zakroczyri : jusqu'à ce qu'il soit rétabli, on passera le pont de Zerbst pour regagner la route à Syrenk.
Ordre au commandant de Modlin de parcourir le cours de la Warta, afin de reconnaître les lieux où il devrait placer des ponts pour les mettre à l'abri des incursions des cosaques dans le moment d'expédition. La nouvelle route à établir devra passer derrière la TVarta.
Liebstadt, le 19 fe'vrier.
Ordre pour que tous les constructeurs de fours de Farmée se rendent à Osterode pour y construire des fours. On choisira des emplacemens pour des magasins capables de contenir de la farine pour un million de rations de pain et cinq cent mille rations de biscuit.
Ordre au général Songis et au général Chasseloup de faire construire sans délai deux ponts sur la fistule, l'un près de Marienburg , l'autre près de Ma-
rien.'werder.
Ordre au général Kirgener de se rendre à Thorn , pour y déterminer les travaux à faire pour fortifier cette ville et la tête de pont sur la rive gauche de la Vistule , et donner à ces travaux la direction et l'activité nécessaire.
A MM. Daru et Joinville.
Dispositions générales pour les hôpitaux.
Thorn devant être le point central de Farinée , il sera établi des hôpitaux d'évacuation le long de la route depuis Oslerode jusqu'à T/iorn; savoir, Lobau, Neumarck , Strasbourg, Golup.
Il sera établi de forts hôpitaux à Thôrn , Bromberg , Schwedt et autres points de la rive gauche de la Vistule.
Dispositions ordonnées le 20 février 1807, relatives à la position de V armée.
Le Ier, le 3e, le 4e et le 6e corps de la Grande- Armée seront cantonnés de manière à pouvoir se réunir en deux marches à Oslerode , où doit être le point de rassemblement général en cas de mouvement offensif de l'ennemi. Ces corps d'armée seront placés sur des lignes à peu près parallèles , présentant la tête des lignes du côté de l'ennemi.
Le ier corps, aux ordres du prince de Ponte-Corvo,
DiîS ÉVÉJVEMIiNS MILITAIRES. /|/(9
occupera Braunsberg } Holland et Saalfeld; tous les bagages et le parc seront dans cette dernière ville , ou il y aura également, une ambulance et un magasin. Le quartier-général du prince de Ponte.-Corvo sera à Holland ; son avant-garde ou corps d'observation à Braunsberg ; toutes les troupes du corps d'armée seront cantonnées en colonne, depuis Braunsberg jusqu'à Saalfeld. Le prince de Ponte-Corvo placera des postes d'infanterie et de cavalerie le long de la Passarge depuis son embouchure jusqu'au village de Spanden, de manière que tous les ponts et les gue's soient gardés et que la cavalerie légère ennemie ne puisse les forcer.
Le 4e corps , aux ordres de M. le maréchal Soult , occupera la ligne de JVormdilt, Liebstadt, Mohrun* gen, Liebemùhl; le parc, l'ambulance et tous les bagages seront à LiebemùhL
Le corps d'observation ou d'avant- garde sera à TJ^ormditt ; le quartier-général du maréchal Soult sera à Mohrungen; il aura soin de faire occuper tous les ponts et les gués de la Passarge depuis le village de Spanden jusqu'à Deppen ; il occupera aussi une position à Elditten, afin de maintenir ses communications avec Guttstadt. Ses troupes cantonneront en colonne depuis Wormdiit jusqu'à Liebemùhl.
Le 6e corps, commandé par le maréchal Ney, occupera Guttstadt et Allenstein. Il aura des postes de V 18. 29
4&0 Piuicis
cavalerie et d'infan terie entre Gultstadt et Eldklens route de Ldebstadt , pour garder la tête des cantonnemens et les mettre à l'abri des incursions de la cavalerie légère ennemie; il fera également garder les ponts de X Aile depuis Outtstadt jusqu'à AUenstein. Il placera son parc , ses magasins , son ambulance dans un point intermédiaire qu'il déterminera entre Allenslein et Os ter ode.
Le 3e corps, aux ordres de M. le maréchal Davout , occupera Hohenstein et Gilgenburg ; il aura dans cette dernière ville son parc , son ambulance , «es magasins. Il cantonnera ses troupes depuis Hohenstein jusqu'à Gilgenburg. Le maréchal Davout aura 3oin d'envoyer des reconnaissances sur Passenheim et sur Villenberg.
Le quartier- général impérial sera à Osterode. MM. les maréchaux commandant les ier, 4e? 6e et 3e corps de la Grande-Armée renforceront, augmenteront ou diminueront leurs corps d'avant-garde ou d'observation suivant les circonstances. Aucune affaire sérieuse ne sera engagée , et du moment que l'ennemi se présenterait en force , chaque maréchal , de son propre mouvement , pourra réunir son corps d'armée rur sa réserve, pour de là se tenir prêt à marcher an premier ordre sur tout autre point.
Réserve de cavalerie.
Le quartier-général du grand-duc de Berg sera à Osterode ; la division de dragons aux ordres du général Sahuc sera détachée au corps du prince de Ponte-Corvo ; la division de dragons sera détachée près le maréchal Ney ; la division de dragons du général Milhaud sera également détachée au corps du maréchal Davout; la division de dragons du général Klein sera cantonnée à Elbing et sur la route de Holland.
La brigade de cavalerie légère du général Durosnel sera également cantonnée à Elbing pour s'y refaire , elle y restera jusqu'à nouvel ordre. La division de cavalerie légère aux ordres du général Lassalle sera cantonnée à Neidenburg, où sera le quartier - général ; elle étendra ses cantonnemens dans les environs , de manière à pouvoir s'y refaire. Quant aux trois divisions de cuirassiers, le grand-duc leur assignera des cantonnemens sur les derrières , depuis Riezenburg , Frejsladt , Bischopswerder $ Neudorff, Krusin et Strasbourg. Ces cantonnemens seront choisis et établis dans les lieux les plus propres pour la cavalerie , mais de manière qu'en deux marches elles puissent se réunir a Osterode.
La garde impériale et les grenadiers d'Oudinot occuperont Osterode , Lobait , Rosenthal , Nen—
l\5'2 PRECIS
marck , etc. Le maréchal Bessières désignera les
cantonnemens les plus propres pour ces différens
corps.
Le parc mobile de l'armée sera à Strasbourg ; les cantonnemens des chevaux du parc s'étendront sur la droite , et non sur la gauche destinée pour la grosse cavalerie ; les dépôts de l'artillerie seront à T1horn.
Le prince de Ponte-Corvo commencera demain 21 son mouvement pour occuper sa nouvelle position j il dirigera ses marches de manière à ne point passer à Liebstadt.
M. le maréchal Soult commencera demain son mouvement par occuper de même sa nouvelle ligne de cantonnemens.
M. le maréchal Ney occupera encore dans la journée de demain Arensdorjj ; mais la tête de son corps d'armée arrivera demain à Guttstadt, afin de prendre ses positions dans la journée du 22.
M. le maréchal Davout occupera encore demain , par quelques troupes, Guttstadt ; mais le 22 et le 23 il sera établi dans ses nouvelles positions de Hoheristein et Gilgenburg.
MM. les maréchaux connaîtront incessamment la distribution des différens bailliages où. ils pourront faire leurs réquisitions ; on leur fera également connaître la partie du pays compris entre la V istule et
DES réVENEMENS MILITAIRES. $5&
la Passarge sur laquelle ils pourront faire des réquisitions.
Au maréchal Bernadotte.
Liebstadt, le 20 février.
Vous trouverez ci-incluses, monsieur le maréchal , les dispositions ordonnées aujourd'hui par sa majesté, sur la position qu'elle est dans l'intention de donner à une partie de son armée. Vous verrez que dans la journée de demain 11 vous devez commencer votre mouvement pour occuper vos cantonnemens de Braunsberg , Holland et Saalfeld. Vous vous conformerez au surplus aux dispositions de l'instruction générale en tout ce qui peut vous concerner.
En attendant que les bailliages soient assignés, et que je vous aie fait connaître la partie du pays sur laquelle devront porter vos réquisitions, ne demandez rien sur votre droite, tirez tout de votre gauche , afin que le maréchal Soult ait tout le pays entre vous et lui. Lorsque vous aurez assis vos cantonnemens , vous voudrez bien ordonner à votre chef d'étatmajor de m'en envoyer l'état exact à Osterode.
Quant aux ateliers des corps , il faut les établir en arrière de votre réserve
A M. Daru , in tendant- général.
Liebstadt , le 20 février, li vous envoie, monsieur l'intendant -général , la
454 PR ÉCIS
position que l'empereur a cru devoir faire prendre à son armée, etc. La suite des opérations de sa majesté exige que vous fassiez construire sur-le-champ dix fours a Osterode; qu'il y soit établi des manutentions, des magasins sulnsans pour nourrir l'armée pendant di* jours.
L'empereur ordonne également qu'il soit désigné deux points intermédiaires entre Osterode et Thorn, dans chacun desquels on formerait des magasins qui contiendraient cinq jours de vivres pour l'armée, ce qui ferait pour vingt jours. Sa majesté ordonne qu'indépendamment de ces vingt jours de vivres , il soit formé à Thorn des approvisionnemens pour vingt autres jours ,. tant en biscuit qu'en farines.
Donnez vos ordres pour qu'il y ait un hôpital par corps d'armée. Cet hôpital , qui ne devra pas contenir plus de trois cents malades, sera placé en arrière de la réserve de chaque corps ; celui du icr corps serait placé derrière Saalfeld , celui du 4e corps derrière Liebemiihl, celui du 6e corps entre A liens te in et Osterode, celui du 3e corps, en arrière de Gilgenburg. Indépendamment de cert hôpital , chaque corps d'armée devra en avoir un plus grand sur la rive gauche de la Fistule, dans la position que vous ferez déterminer selon les localités.
L'empereur ordonne que quatre grands autres hôpitaux soient établis depuis Osterode jusqu'à Thorn,
DKS tévÉNEMENS MILITAI R FS .^55
et appartenant à l'administration générale. On doit en outre en établir à Thorn , à Brornberg et dans tout autre point sur la rive gauche, sur les directions de Posen et de Kustrin.
L'empereur a ordonné , monsieur Fintendanl-général , que je nommasse un général pour commander à Elbing. Son intention est que vous y nommiez un intendant et un commissaire des guerres , et que vous preniez des mesures pour y faire faire trente mille rations de paio par jour, qui seront distribuées aux diifférens corps d'armée qui en auraient le plus besoin, d'après la répartition qu'en ferait l'ordonnateur Joinville attacbé au grand quartier-général. Il est à désirer qu'on puisse faire une répartition entre les corps d'armée des bailliages et des pays situés entre la Vistule et la Passarge , où ils pourront faire des ré quisitions pour leurs vivres etMeurs fourrages. Je désirerais avoir un projet à cet égard. II est instant,, monsieur l'intendant-genéral , que vous fassiez toutes les dispositions , et que vous donniez tous vos ordres , conformément au contenu de cette lettre.
Au maréchal Ney»
Liebstadt, le n fërrier, deux heures du matin.
L'empereur a vu avec peine , par votre dernière lettre, que quelques cosaques avaient eu' l'air de
prendre l'offensive ; il ne faut pas laisser pousser votre arrière-garde par quatre à cinq cents cosaques. Sa majesté de'sire donc que dans la journée d'aujourd'hui vous arrangiez votre cavalerie de manière à les attaquer vigoureusement et à les poursuivre plusieurs lieues, jusqu'à ce qu'on les trouve appuyés soit par de l'infanterie, soit par de la cavalerie. L'empereur met de l'importance à cette opération qui mettra un frein à l'audace de ces cosaques. Sa majesté désire que vous encouragiez sa cavalerie, que vous lui fassiez penser que vous avez grande opinion de ce qu'elle peut faire; enfin, monsieur le maréchal, sa majesté désire que vous calculiez votre opération de manière à ce qu'elle puisse faire quelque mal aux partis de cosaques que vous poursuivrez. La poussée que vous leur donnerez servira d'ailleurs de reconnaissance pour connaître les mouvemens de l'ennemi. L'empereur me charge de vous dire qu'il vous a confié le point de Gultstadt comme le plus important; il est nécessaire que vous ayez une correspondance très -suivie pour m'instruire de ce qui se passe. Vous devez porter une grande surveillance pour faire bien servir ; vous savez assez que dans nos armées rien ne se fait bien que par celui qui les commande. Une fois que vous avez bien établi votre système de défense , vous devez opposer des postes de voltigeurs pour couvrir les principales comtnunica-i
tions. Veillez aussi à ce que les grandes gardes ou postes de cavalerie , se trouvent non-seulement soutenus par de l'infanterie, mais aussi prescrivez qu'ils changent de place , de manière à ce que l'ennemi ne puisse les trouver de nuit où ils se sont montrés la veille. Après les précautions défensives , reste à combiner quelque opération d'avant-garde ) si l'ennemi s'aventurait, lui enlever des postes, faire par là des prisonniers , et être instruit de ses mouvemens. Il faut, pour ces opérations , prudence , audace, et surtout votre extrême vigilance.
Au général Savary.
Liebstadt, le 21 février.
Vous recevrez demain , général , les avancemens que vous avez demandés à l'empereur pour votre corps d'armée. Je reçois votre lettre du 17 , trois heures après midi, que par erreur on avait datée du 28. Je vous dirai de confiance , mon cher Savary, que l'empereur trouve vos dépêches obscures , parce qu'il n'y a pas de division j il faut d'abord raconter les faits, présenter la position respective des deux armées au moment où vous écrivez : vous pouvez alors expliquer quelle est votre position ; mais en raisonnant il faut, avoir soin de distinguer les différentes hypothèses. Songez que la lettre à laquelle vous répondez est déjà loin de la mémoire de l'empereur, et
4^8 pRÉcrs
qu'en discutant ces lettres il faut poser les questions. Vous sentez que ce que je vous dis tient à mon ancienne amitié pour vous et à ma vieille expérience.
L'empereur est fâché que le général Oudinot vous ait quitté, parce qu'ayant trouvé l'ennemi il aurait fallu faire une demi-marche sur lui. Il serait fâcheux pour vous qu'instruit du départ du général Oudinot il se reportât en avant pour se rapprocher de vous, et fasse en quelque sorte disparaître le fruit de votre victoire. Puisque vous avez envoyé le général Suchet à Willenbe-g , et que les communications étaient libres, vous deviez sentir que le départ du général Oudinot n'était plus d'une pressante utilité.
La saison , la leçon qu'a reçue le général Essen , le détermineront vraisemblablement à se tenir tranquille; mais soyez bien persuadé qu'il n'a que vingt mille hommes.
Si vous pouvez vivre à Ostrolenka , l'intention de l'empereur est que vous y réunissiez votre corps d'armée , d'abord parce qu'il faut évacuer tous vos blessés. Faites quelques détachemens de cavalerie et quelques détachemens d'infanterie pour soutenir les hommes à cheval, et qu'ils ne puissent être compromis. Ces détachemens appuieront et soutiendront la ligne "le VOmulew et même celle de la* TVhrn.
Si vous ne pouvez pas vivre à Ostrolenka , l'intention de sa majesté est que voivs portiez votre quar-
DES ÉVÊNEMENS MILITAIRES. 4^9
tier-général à Pultush , occupant toujours Ostrolenka par un corps composé d'infanterie , de cavalerie et d'artillerie; vous garderez la ligne de YOmulew par des piquets d'infanterie et de cavalerie détachés du corps d'observation d' Ostrolenka.
Au premier mouvement offensif que l'ennemi ferait sur Ostrolenka, le corps d'observation se jetterait sur la rive droite de la Narew et derrière VOmulew , et s'il était forcé dans cette position il se retirerait derrière la petite rivière à? Orezyc. Dans cette circonstance vous manœuvreriez de manière à soutenir vos postes de YOrezjc, puisque vos postes sur cette rivière couvriraient îa communication de l'armée ; mais enfin si les forces de l'ennemi étaient considérables, et que vous ne crussiez devoir avec avantage le combattre à Pultush ? vous repasseriez la Narew, en gardant en force Sierock dont les fortifications doivent déjà avoir acquis un caractère de force imposant.
Telle est votre instruction générale; vos opérations ne doivent jamais être liées avec celles de îa Grande- Armée; voire rôle est de défendre Varsovie , en défendant autant que possible Sieroch et îa Nareu> , et si vous étiez forcé dans ces positions vous défendriez Praga et îa Vistule. Vous sentez assez , général, que ceci n'est pas dans le cas où f ennemi tenterait une grande opération sur vous , ce qui n'est pas probable ,
car la position qu'une partie de la Grande - Armée
occupe à Osterode et à Guttsladt lui en imposerait
trop.
Si l'ennemi , de son côté , se tient en observation , vous devez, comme je vous ai déjà dit, agir de manière à lç tenir éloigné de nos communications , et garder par un corps d'observation de cavalerie, d'infanterie et d'artillerie , Oslrolenha et VOmulew. Un seul régiment que le maréchal Davout a laissé avec le général Grandeau à Mjsziniec , en a tellement imposé à l'ennemi , qu'il a maintenu les communications pendant quinze jours , et cependant ce régiment se trouvait éloigné de vingt lieues, et n'avait aucune ligne pour le couvrir.
L'empereur, général , désire que vous cantonniez vos troupes, afin qu'elles se reposent des fatigues qu'elles ont éprouvées; vous pouvez même les étendre 'jusqu'à Praznitz , où il y a une manutention : il y en a aussi à Makow. La petite ville de Pultusk , Nasielzk y et tous les pays environnans , sont à votre disposition ; vous pouvez donc en retirer ce qui est nécessaire pour bien faire vivre votre armée , etc.
Une division de dix mille Bavarois est en marche pour se rendre de la Silésie à Varsovie; elle sera réunie à votre corps d'armée , et concourra au même but. L'empereur regarderait comme une chose nécessaire que vous pussiez occuper ffîskowo. La légion
J)JiS ÉVïmiiMOS MILITAIRES. /^Gl
polonaise qui se réunit à Varsovie pourrait être chargée d'occuper ce point.
Vous voyez , général , par le système d'opération qui vous est prescrit , que vous ne devez avoir aucun embarras d'équipages, bagages, etc. , etc. , même à Pultush ; il suffit que vous y ayez seulement en magasin des farines, du pain et de l'eau-de-vie pour votre armée pendant quinze jours. Occupez-vous essentiellement de l'administration , afin que votre armée soit bien nourrie; faites reposer la division de dragons du général Becker : enfin ayez de bons espions j tendez quelques embuscades, et ordonnez quelques surprises, afin de faire quelques prisonniers; par là vous obtiendrez des nouvelles. Ecrivez-moi tous les jours, et envoyez-moi l'état de vos cantonnemens.
Je crois devoir vous observer, général , qu'en vou9 disant que vos opérations n'ont rien de commun avec la Grande- Armée , cela n'a rapport qu'aux grandes opérations militaires , car vous devez toujours avoir l'œil et porter un grand soin pour couvrir les communications de Varsovie à Osterode, et par conséquent vous devez correspondre avec le maréchal Davout , qui aura des postes à Neidenburg. Vous voyez que cette instruction se divise en deux, en grande opération de guerre en cas que l'ennemi prenne l'offensive, et en opération ordinaire pour rester en observation, et couvrir les communications de Varsovie.
462 piviicis
Dans la première supposition vous agissez seul ;
Dans la deuxième il faut que vous ayefc soin de couvrir les communications de Varsovie.
Vous trouverez ci-jointe la route de l'armée qui se trouve défendue par YOmulew et la TVhra.
Au général Chasseloup.
Osterode , le 24 février.
L'empereur, général, nie charge de vous donner l'ordre de faire démolir sans le moindre délai les places de Breslau , Brieg et Sch.weidnitz; tous les objets appartenais à l'arme du génie comme tous ceux d'artillerie seront évacués sur Glogaw.
Sa majesté ordonne que vous fassiez toutes tes dispositions nécessaires pour mettre la place de Gloga-w dans le meilleur état de défense possible, son intention étant de la conserver.
Je donne l'ordre au général Songis d'employer six pièces de 34 °tu^ sont â Vavsovie , en batterie de manière abattre de la rive gauche de la Vistule dans les emplacemens qui seront choisis comme les plus convenables; le but de cette batterie sera de flanquer la tête de pont de Praga et de battre dans cette tête de pont si l'ennemi parvient à s'en emparer, et enfin de battre le pont et en défendre le passage s'il y avait Heu ; l'intention de l'empereur est qu'on arme également les trois saillans de la tête de pont de Praga
DES JÉVÉJNEMENS MILITAIRES. l[C)0
qui sont terminés , avec les pièces d'artillerie prises aux Russes , qui sont à Farsovie; l'intention de l'empereur étant que toutes les pièces russes soient évacuées <de la rive droite de la fistule et placées à J^arsovie et à Thorn.
J'ordonne au général Songis d'armer la place de Thorn de soixante pièces de canon, de celles prises dans les derniers événemens,
Donnes-moi des nouvelles sur les moyens qu'on peut avoir de jeter un pont soit à Marienwerder , soit aux environs.
Le 2/J février, à midi.
Je vous ai prévenu, monsieur le maréchal , que le général Boivïn se rendait à Marienburg avec le 2e régiment d'infanterie légère, avec l'ordre de se mettre en communication avec vous. Sa majesté me charge de vous faire connaître que le premier objet dont vous devez vous occuper est de vous emparer de Dirschau et de Me-we , et de chasser l'ennemi de l'île de Nogat; par ce moyen vous vous trouverez en contact immédiat avec la ville d'Elbing que nous occupons.
464 i> ii iî c i s
jeu général GouriON.
Le 24 février.
L'intention de l'empereur , général , est que la partie du grand quartier- général qui est restée à Varsovie y en parte pour se rendre à Thorn. Si l'adjudant commandant Chevallier est parti pour me rejoindre, je vous prierais de donner les ordres nécessaires aux officiers d'état-major et à ceux de mes commis qui pourraient encore se trouver à Varsovie. Si au contraire ce commandant est encore en cette ville , vous lui communiquerez directement mon ordre. J'écris à M. Daru qu'il doit se rendre à Thorn, ainsi que le trésor de l'armée et les administrations qui font partie du quartier-général; mais on laissera à Varsovie le payeur du 5e corps d'armée et tout ce qui tient à ce corps. Vous donnerez l'escorte suffisante pour que le trésor de l'armée se rende avec sûreté à Thorn.
Je donne l'ordre à l'intendant-général de faire évacuer sur Breslau tous les vénériens et les hommes légèrement blessés, afin de faire place aux autres blessés qui vont y arriver. Ce qui tient au parc d'artillerie a également ordre de se rendre à Thorn. J'ai déjà ordonné aux petits dépôts de cavalerie qui se trouvent aLenczicz de se rendre à Culm. Toutes les dispositions tenant à de grandes combinaisons mili-
taires , ne doivent avoir que la publication nécessaire à leur exécution.-
A M. V intendant- général.
Le 24 février.
Je vous envoie, monsieur l'intendant-général, le duplicata d'une lettre que je vous ai écrite le 9. J'ai lieu de craindre qu'elle ne vous soit pas parvenue.
L'intention de l'empereur, monsieur l'intendantgénéral, est que la partie du grand quartier-général impérial qui est restée à Varsovie , en parte pour se rendre à Thorn, où vous devez également vous rendre avec le trésor -de l'armée et les administrations ; mais vous laisserez à Varsovie le payeur-général du 5e corps et toutes les administrations qui lui appartiennent. Quant à l'escorte du trésor, le général Gouvion vous donnera ce qui sera nécessaire.
L'intention de l'empereur, monsieur l'intendant-* général , est que vous fassiez évacuer sur Breslau tous les vénériens et les hommes légèrement blessés , sous prétexte de faire de la place aux blessés qui doivent y arriver.
Sa majesté ordonne aussi que vous réitériez l'exécution des mesures que vous devez déjà avoir prises pour qu'il n'y ait plus aucun dépôt, ni hôpitaux sur la rive droite de la Vislule. Tout ce qui était à Plozk, Zakroczyn, TViszogrody doit passer à la rive.
gauche de la Vistule, se diriger sur Kowald dans la direction de Thorn. L'hôpital de Pultusk doit également être évacué j enfin il ne doit rester dans cette ville , à Sierock et sur la rive droite de la Vistule , que les magasins nécessaires à la subsistance du 5e corps pour quelques jours , quitte à remplacer les consommations selon les circonstances.
Écrivez aux commissaires des guerres et aux commandans qui seraient encore à Praznitz et autres parties de la ligne, que tous les petits dépôts, bagages, qui seraient sur la rive droite de la Vistule , passent sur la rive gauche sans suivre la direction de Varsovie, mais en passant soit à Zahroczyn, soit à Plozkou Thorh.
L'intention de l'empereur est de n'occuper la rive droite de la Vistule que comme manœuvre de guerre. Sa majesté veut donc n'y avoir aucune espèce d'embarras qui puisse la gêner dans les mouvemens offensifs, ou pour évacuer le pays si telle était son intention.
J'ordonne au commissaire-ordonnateur Duprat de se rendre à Thorn et de là à Bromberg. Il sera attaché au quartier - général et correspondra avec M. Joinville et l'ordonnateur qui est à Posen. 11 est chargé de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire verser des magasins à trente lieues à la ronde autant de farine qu'il pourra sur Thorn et Bromberg >
BES ÉVÉJNEMENS MILITAIRES. 4^7
ou l'on cuira pour alimenter l'armée dans les opérations ultérieures.
Au maréchal Mas séna.
Le 24 février.
L'empereur , monsieur le maréchal , me charge de vous prévenir que son intention est de vous donner le commandement du 5e corps d'armée, que commandait M. le maréchal Lannes avant sa maladie.
Sa majesté ajoute à ce commandement douze mille hommes du contingent du roi de Bavière, qui seront commandés par le prince héréditaire. Le gouver* neur de Varsovie sera sous vos ordres, ainsi que la légion polonaise forte de cinq à six mille hommes.
Le général Savary, qui dans ce moment commande le 5e corps et se trouve à Pultusk , vous remettra les ordres qu'il a reçus. Le général Gouvion vous remettra également ses instructions j au surplus , monsieur le maréchal, vous prendrez directement les ordres de l'empereur.
Instruction pour M. le maréchal Masséna , commandant /e 5e corps d'armée.
Osterode, s5 février, quatre heures du matin.
Le 5e corps , qui forme la droite de l'armée , doit remplir trois buts : i°. couvrir Varsovie ; 2°. tenir
4^8 PRÈCÎS
en échec la gauche de l'ennemi , composée dç deux divisions du corps du général Essen ; 3°. protéger le pays contre les incursions des cosaques et maintenir la communication de l'armée.
Tant que le quartier-général impérial restera à Osterode et que l'on sera de part et d'autre sur la défensive , il paraît convenable d'occuper Ostrolenha par une avant-garde , et la ligne de YOmulew par des postes de cavalerie et d'infanterie, en tenant les forces réunies à Pultusk , Mahow et Praznitz .
Si les mouvemens de l'ennemi ou toute autre raison forçaient à évacuer la ligne de YOmulew, les pays seraient encore garantis en occupant la ligne de YOrezyc.
Les communications avec l'armée tant qu'elle sera à Osterode , se feront derrière la Whra. Ainsi quand même on serait obligé d'évacuer YOmulew et YOrezyc , quelques postes sur la TVJcra protégeraient la communication de l'armée de la rive droite au quartier-général j enfin , reste à tout événement la communication par la rive gauche de la Vistule.
Si l'armée française prend l'offensive , l'empereur étant maître du mouvement fera passer ses ordres au maréchal Masséna sur le rôle qu'il doit jouer. Mais si l'ennemi prend lui-même l'offensive , le maréchal devra lui-même prendre l'offensive sur un point de la gauche de l'armée ennemie , de manière
DES ÉVÉNKMENS MILITAIRES. /^9
à remplir les trois buis ci-dessus désignés; empêcher l'ennemi de retirer une portion du corps d'Essen , pour l'empêcher de l'opposer aux autres corps de l'armée , et s'il l'avait fait , le suivre dans ce mouvement pour renforcer de son côté le gros de l'armée; car tfn suppose que , dans ce cas , ce que l'ennemi aurait laissé devant le 5e corps reculerait à mesure que le 5e corps avancerait , ce qui rendrait inutile ce corps pendant qu'il se passerait des événemens importans.
Si au contraire l'ennemi prenait l'offensive sur le 5e corps, et qu'il s'y trouvât avec une grande force , le maréchal Masséna trouverait encore dans les trois buts qu'il doit remplir les principes de sa conduite ; obligé de se mettre sur la défensive, s'il n'était plus dans le cas de garder Pultusk , il garderait Sierock et la rive gauche de la Narew. En conservant le pont de Sierock, il se trouverait à même de reprendre l'offensive, si l'ennemi après avoir poussé le 5e corps se portait sur le reste de l'armée.
Enfin si la force de l'ennemi était tellement supérieure qu'il s'emparât de la Narew et qu'il la passât de vive force , il ne resterait plus qu'à défendre les ouvrages de Praga, la rive gauche de la Vistule depuis vis-à-vis Plozk jusqu'à la frontière autrichienne.
Le maréchal Masséna aura sous ses ordres une division bavaroise qui a été détachée de Silésie, et que commandera le prince royal ;
470 précis
La ire légion polonaise qui s'organise à Varsovie.
Le maréchal Masséna recevra des comptes du gouverneur de Varsovie et de tous les commandans d'armes du département de Varsovie ; il aura l'inspection sur tous les travaux de Pullusk , Sierock , Praga et Modlin.
Pendant le mois de mars , si l'ennemi reste tranquille , l'intention de l'empereur est de reposer son armée , et le 5e corps doit prendre ses cantonnemens comme il a été dit ci-dessus.
Quand la division bavaroise sera arrivée , il sera bon d'occuper jusqu'à Brock le long du Bug , afin d'éloigner l'ennemi de Varsovie, On fera cantonner cette division en seconde ligne du côté de Noviemasto et Chicanow ; mais de sorte que toutes les troupes sur la rive droite de la Narew soient placées de manière qu'en cas de dégel , si les ponts étaient rompus , cela ne portât aucun obstacle à la réunion du corps.
Il y a à Pultusk , à Praznitz et à Chicanow , des manutentions.
Il faut que les magasins de ces différens lieux ne soient Jamais approvisionnés que de quoi nourrir l'armée pendant quinze jours. Ces magasins seront approvisionnés par le district de Plozh et par les magasins de Varsovie , si cela est nécessaire.
Le quartier-général du 5e corps paraîtrait dans ce
DES EVENEMEJNS M IL1TA1KLS. ^ I
moment devoir être à Pultusk, et les communications se faire par Chicanoiv.
Au maréchal Be r n^ dot te.
Qsterode , le 25 février.
L'empereur , monsieur le maréchal , après avoir relu votre lettre du 24, pense qu'il n'y a à Brornberg que des Prussiens qui croient que nous l'avions évacuée , parce que la brigade Durosnel a quitté ces lieux avant que vos troupes l'eussent relevée.
Quoi qu'il en soit , monsieur le maréchal, l'empereur ordonne que vous attaquiez l'ennemi , que vous le chassiez de Bromberg et de Frauenburg. J'écris au maréchal Soult pour qu'il se tienne en mesure pour défendre le pont d'Alken.
Au maréchal Ney.
Osterode , le 26 février.
J'ai mis votre lettre du 26 à une heure du matin sous les yeux de l'empereur; il paraîtrait, par les nouvelles que nous avons , que l'ennemi envoie tous les Prussiens du côté de Bromberg, et que c'est la cause des mouvemens que vous voyez; quant à la lettre interceptée, elle a l'air d'avoir été répandue à dessein ; mais pour fixer les idées il faudrait connaître la manière dont elle a été interceptée. Il n'y a pas de doute que l'ennemi ne désire nous voir, repasser la
/j72 PBÉC1S
Vis Iule, mais il est probable aussi qu'il ne voudra pas encore courir les chances d'une bataille. On n'a pas vu d'infanterie du côté de TPormditt, on n'a point tiré de canon du côté de Liebstadl; le maréchal Soult dit au contraire qu'il en a entendu tirer du côté de Heilsberg. L'empereur au surplus est en mesure de réunir quatre-vingt-dix mille hommes sur le plateau à'Osterode.
Le maréchal Bernadotte a dû attaquer aujourd'hui ou attaquera demain quelques Prussiens qui avaient pris possession de Bromberg ; il faudrait de votre côté faire quelques prisonniers pour avoir des nouvelles de ce qui se passe. Les colonnes des cosaques paraissent recevoir volontiers les parlementaires , et aiment à jaser ; il faut en profiter.
L'empereur pense que vous ne devez pas laisser l'ennemi s'introduire entre vous et Liebstadt sur Deppen, puisque c'est par là que votre corps doit à tout événement se retirer sur Osterode. La division du général Grouchy doit vous avoir rejoint ; faites connaître où est votre parc et où sont vos bagages. L'empereur croit que vous avez évacué vos blessés. Faites faire quelques patrouilles sur les derrières pour ramasser des blessés traînards qui se cachent dans les maisons»
Au maréchal Soult.
Osterode , 26 février , six heures du soir.
Je m'empresse de vous instruire , monsieur le maréchal , que le maréchal Ney a fait attaquer , ce matin 26 , à la pointe du jour, le village de Peterswalden par le 6e régiment d'infanterie légère. Ce régiment y a trouvé trois bataillons commandés par le général-major baron de Plock qui a été fait prisonnier avec ses aides-de-camp et quelques centaines d'hommes de son corps. Lorsque l'aide-de-camp du maréchal INey est parti il était dix heures du matin , et l'on se tiraillait toujours. Le général-major a dit que le 24 il était passé par Landsberg avec quatre régimens d'infanterie et un régiment de hussards, et qu'il formait la gauche de l' avant-garde de l'armée.
La lettre que vous avez écrite à l'empereur, au moment même où. le maréchal Ney attaquait , disait qu'il n'y avait rien de nouveau à vos postes , si ce n'est la légère canonnade qui a eu lieu ; j'ai cru ne pas devoir perdre un moment pour vous instruire de ce qui s'est passé , afin que vous vous teniez sur vos gardes; il serait avantageux que vous pussiez faire quelques prisonniers afin de connaître ce que l'ennemi fait devant vous; occupez-vous, avant tout, de faire évacuer vos blessés, et tenez-vous à la pointe du
474 précis
jour en position pour repousser l'ennemi, pour manœuvrer suivant les circonstances et conformément à vos instructions générales.
Quoique la ville de Saalfeïd ait été par une disposition ultérieure mise à "votre disposition, vous devez toujours, si vous êtes dans le cas de vous retirer, te faire conformément aux instructions générales sur Liebemùhl; il est probable que le maréchal Ney quittera Guttstadt si l'ennemi s'avance en force sur lui, et qu'il prendra position entre Guttstadt et Allensteirt; il devient donc très-important que vous fassiez occuper le pont de Deppen.
L'intention de sa majesté est que vous fassiez porter au maréchal Bernadotte la copie de cette lettre , et que vous lui donniez connaissance de tout ce qui se sera passé dans la journée vis-à-vis de vous. Ne vous retirez pas sans avoir une connaissance réelle de l"ennemi et être assuré de sa force.
Le général Klein a du partir ce matin à'Elbing pour vous rejoindre ; il passe par Holland cil vous devez lui envoyer des ordres.
Au maréchal Bernadottm.
Os te rode , le 26 février.
Je crois devoir vous envoyer, monsieur le maréchal , la copie d'une lettre que j'écris au maréchal Soult. Sa majesté me charge de vous dire que votre
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. ^j5
point de réunion est toujours à Saalfeld ; vous devez instruire le maréchal Soult de tout ce qui s'est passé et de tout ce qui se passerait demain devant vous ; si l'ennemi se présentait assez en force pour que vous jugiez ne pas pouvoir l'attaquer avec succès , vous prendriez la position de Saalfeld et vous en instruiriez aussitôt le maréchal Soult , le général Arney commandant à Elbing, et le général Boivin qui est à Marienburg , et vous lui enverriez l'ordre de se rendre avec le 2e d'infanterie légère à Deutsch- Eylau ; ce régiment de plus ne pourrait être que d'une grande utilité à une bataille, si elle a lieu. Tous ordonnerez au général Boivin d'instruire le maréchal Lefebvre de ce qui se passerait, afin qu'il borde la rive gauche de la Vistule.
Comme Marienburg et Elbing fournissent des subsistances , il est convenable de ne pas les évacuer légèrement ; on doit le faire quand la présence de l'ennemi en force sera certaine et qu'il annoncera décidément des intentions offensives. L'empereur est décidé à attendre l'ennemi à Osterode où il peut lui présenter des forces plus considérables que les siennes; mais sa majesté doute que l'ennemi veuille encore courir les chances d'une bataille.
Nous n'avons point reçu de vos nouvelles depuis le 24 } correspondez fréquemment avec nous. Je n'ai point d'adjoint à vous envoyer; présentez- moi quatre
lieutenans des corps qui aient au moins trois ans de grade, je les proposerai pour être capitaines-adjoints; il faut que ces officiers aient un peu de fortune.
Au maréchal Ney.
Osterode, le 26 février, à minuit.
Votre aide-de-camp , monsieur le maréchal , est arrivé à sept heures du soir; les renseignemens que vous aurez eus et les événemens qui se seront passés depuis dix heures du matin régleront votre conduite 'y il est tout simple que l'ennemi avance sur tous les points de la ligne des avant-gardes de cavalerie et d'infanterie, sans que cela puisse prouver qu'il est décidé à continuer la campagne , et quand il aurait ce projet , le dégel retarderait l'exécution ou la lui ferait ajourner; l'empereur désire donc qu'à moins de renseignemens ou d'événemens dont il n'a pas connaissance , vous ne quittiez pas Guttstadt de la journée de demain, car l'ennemi, dans votre position , ne peut vous forcer qu'avec un corps de troupes considérable , et qu'avec des mouvemens préparatoires qui vous donneraient toujours le temps d'éviter un engagement et de vous porter sur la route d' ' Allenstein ; l'ennemi en se rendant maître de Guttstadt se trouverait en possession d'un point important , et qui , dans la mauvaise saison , devient bien utile à vos troupes. Guttstadi évacué , nos can-
DFS ÉVEJVEMENS MILITAIRES. 477
tonnemens seraient à découvert; si cependant les événemens qui se sont passés dans la journée vous portaient à quitter cette ville , il est nécessaire que vous teniez une position imposante en arrière le plus près qu'il vous sera possible , afin que craignant de vous voir marcher pour reprendre la ville, il soit obligé de s'y tenir en force , et ne puisse se porter brusquement sur Liebstadt. Si vous aviez déjà évacué Guttstadt , et que l'ennemi ne l'occupât que faiblement , vous pourriez le réattaquer au moment où il s'y attendrait le moins ; dans tous les cas , l'intention de l'empereur est que vous envoyiez à Deppen, pour flanquer nos cantonnemens , toute la cavalerie légère du général Lassalle et un régiment d'infanterie.
Hier au soir l'ennemi s'est porté vis-à-vis Liebstadt, sur la rive droite de la JPassarge; il a montré plusieurs détachemens d'infanterie appuyés d'une assez nombreuse cavalerie^ il a mis plusieurs pièces de canon en batterie vis-à-vis nos postes , mais lorsqu'il a vu qu'on lui résistait , il s'est désisté de son entreprise.
Il paraît que l'ennemi a cherché à savoir si nous voulions oui ou non tenir en position ; rien ne prouve qu'il soit résolu à courir les chances de venir nous déposter de nos positions.
Au surplus, monsieur le maréchal , l'intention de l'empereur est de livrer bataille à l'ennemi en concentrant toutes ses forces sur le plateau A'Osterode t
où il doit réunir quatre-vingt-dix mille hommes. Sa majesté regarderait comme une chose heureuse que l'ennemi s'aveuglât assez pour nous attaquer dans cette position ; mais il nous serait désavantageux que ne voulant pas courir cette chance , nous fussions trompés sur le j projets de l'ennemi , et qu'en éprouvant une faible résistance , il s'emparât de la bonne position de Guttstadt. Après vous avoir fait connaître, monsieur le maréchal , les intentions de l'empereur, sa majesté s'en rapporte parfaitement à votre expérience et à votre zèle pour son service. Vous ne devez pas considérer votre corps comme isolé , mais bien comme lié à l'ensemble du système ; enfin, soit que vous restiez à Guttstadt , soit que vous l'ayez évacué , vous devez garder le pont de Guttstadt.
s4u maréchal Bjsrnajdotte.
Osterocle , le 27 février.
M. Bontems , officier de mon état-major, parti hier soir de Braunsberg , arrive et nous instruit du beau résultât du combat du général Dupont. L'empereur attend votre relation avec impatience, et surtout les renseignemens que vous aurez recueillis des prisonniers j ces renseignemens vous auront servi de règle , et vous aurez disposé en conséquence votre corps d'armée. Tout porte à penser que le maréchal Ney a quitté Guttstadt; si cela est, il se portera demain du
DES ÉVENEMENS MILITAIRES. 479
côté de Mohrungen , bordant le haut de la Passarge jusqu'à Deppen. Le maréchal Davout, les grenadiers d'Oudinot, et les cuirassiers, seront réunis demain sur Osterode, pour agir ensuite selon les circonstances, si l'ennemi se jetait du côté de Guttstadt; il est possible que l'empereur se décide à tourner son flanc droit par Braunsbérg et Môhlsach. Ce mouvement, qui menacerait Kônigsberg , devra't le rappeler en arrière, nous maintenir maîtres à'Elbing, de la Basse-Vistule, et donner le temps au maréchal Lefebvre de cerner Dantzick.
Si l'ennemi continue à rester sur la défensive > et se borne à n'entreprendre que par des corps détachés, alors l'intention de l'empereur est de s'enfoncer davantage sur sa gauche , et sa majesté pense qu'alors vous pourriez vous concentrer sur Muhlhausen , le maréchal Soult sur Holland , et le maréchal Ney sur Liebstadt ; par Ce moyen on se trouverait plus réuni et plus à portée de prendre l'offensive sur le flanc droit de l'ennemi , et de profiter de tout autre mouvement qu'il ferait.
Savez-vous si l'ennemi est en grande force à Môh^ sack? Les prisonniers et les habitans dé Braunsbérg doivent avoir donné beaucoup de renseignerriens au général Dupont. Faites-moi connaître ce que vous saurez.
48o PRÉCIS
Au maréchal Ney.
Osterode , le 27 février , trois heures après midi.
J'ai mis sous les yeux de l'empereur , monsieur le maréchal , votre lettre d'hier, à huit heures du soir. Nous attendons toujours le général russe qui n'est pas encore arrivé. Iî eût été utile que vous nous eussiez adressé les interrogatoires des prisonniers de guerre , afin qu'on eût pu les combiner avec ceux des autres corps. A l'instant le général russe arrive.
Le prince dé Ponte - Corvo a fait attaquer hier Braunsberg par le général Dupont , à quatre heures après midi , a mis en déroute un corps d'environ quinze mille hommes prussiens et russes, a pris toute l'artillerie et fait un grand nombre de prisonniers.
L'ennemi , dans la journée d'hier , a fait toute espèce de tentative; il a fait faire des chevalets., des rampes j il a canonné, on lui a rendu coup pour coup. Il a montré de l'infanterie; mais quand il a vu qu'on lui tenait tête , il est resté tranquille. Ce matin à dix heures il n'y avait rien de nouveau. Si vous êtes à portée de Guttstadt , et que l'ennemi n'y soit point en grande force , sa majesté pense qu'une attaque brusque et inattendue de tout votre corps réuni, vous mettrait à même de reprendre cette position , et de faire beaucoup de mal à l'ennemi.
DES ÉVENEMENS MILITAIRES. 4$*
L'empereur croit que les nouvelles que vous donnez du général Essen sont controuvées ; car le général Essen a été battu par le 5e corps. Il parafl que ses troupes ne sont composées que de recrues , et que ce corps est toujours sur le Bug ; mais il y a un général Essen qui commande une division , et qu'il ne faut pas confondre avec l'autre : l'ennemi, comme vous le jugez bien , répand toute espèce de faux bruits , et emploie des subterfuges pour accroître l'opinion en sa faveur.
Si les renseignemens que vous avez ne vous font pas penser que vous puissiez réattaquer avec avantage Guttstadt, vous vous bornerez à poursuivre vivement l'arrière-garde ennemie qui vous aura suivi. L'intention de sa majesté serait que vous occupassiez demain Peterswalden et Alb-Rupten ; par ce moyen, vous couvririez Osterode 9 et seriez à même de vous porter sur Liebstadt ou sur Mohrungen , suivant les circonstances; vous laisseriez un corps d'observation à Allenstein.
Le corps du maréchal Davout et la division Oudinot se réunissent demain sur Osterode.
Communiquez demain de bonne heure h. Liebstadt avec le maréchal Soult , et à Deppen avec le général Saint-Hilaire.
48a PRECIS
Au maréchal Davout,
Osterode, le 27 février.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est que vous mettiez demain en mouvement votre corps d'armée pour se rapprocher à9 Osterode.
Au grand-duc de Berg.
Osterode, 27 février, huit heures du soir.
L'intention de l'empereur, monseigneur, est que vous donniez vos ordres pour que la division Espagne aille demain prendre ses cantonnemens à Saalfeld , et que la division du général Nansouty les prenne à Deutsch-Eylau ; quant à la division Beaumont, il suffit que vous lui disiez de se tenir prêle à partir. Vous prescrirez aux généraux Espagne et Nansouty de laisser à leurs anciens cantonnemens environ cent cinquante chevaux qui ne bougeront point sans nouveaux ordres.
Au maréchal L efeb m e.
Osterode , 28 février.
L'empereur me charge de vous prévenir, monsieur ie maréchal , que le général Boivin est à Marienburg avec le 2e régiment d'infanterie légère; l'intention de sa majesté est que ce régiment reste là
DES ÉVÉ^VEMEJNS MILITAIRES. /[S5
pour maintenir la communication avec vous , et pouvoir, à tout e've'nement , se porter soit sur Holland , soit sur vous si cela est nécessaire. Ce régiment formera donc à Marienburg une espèce de re'serve qui va être augmentée des troupes de Hesse-Darmstadl , lesquelles seront dirigées sur Marienburg pour v être aux ordres du général Boivin , aussitôt que sa majesté aura les rapports des troupes qui sont à Graudentz. Nous avons la nouvelle que les six mille Saxons sont arrivés à Posen ; ils doivent donc en ce moment être près de vous. Envoyez -moi l'état de situation des troupes polonaises.
Vous avez avec vous le général Meynard, le général Drouet , le général Déprés , deux régimens de cavalerie française , environ dix mille Allemands , et avec les dix ou douze mille Polonais , l'empereur pense que c'est plus qu'il ne vous en faut pour investir Dantzick; indépendamment de l'artillerie des troupes allemandes , vous avez douze pièces françaises. Je vous répète , monsieur le maréchal , que l'intention de l'empereur est que le ie régiment d'infanterie légère et les Hessois forment une réserve qui reste à Marienburg.
Toute l'armée s'appuye sur Elbing, ayant les premiers postes à Braunsberg, et par là il devient bien nécessaire que vous soyez maître de l'île de Nogat , que nos communications avec vous soient bien éta-
4S4 PRECtS
blies par des ponts. Le 44e régiment est destiné à tenir garnison à Thornj ce corps a besoin d'une garnison permanente pour se reposer et se rétablir. Le 17, le général Teulié, avec les régimens italiens, les fusiliers de la garde , et une compagnie des dragons d'ordonnance , a attaqué l'ennemi sur Colherg, lui a pris six pièces de canon et fait trois cents prisonniers. Le général Teulié sera devant Colberg le 20 ou le 22. Correspondez avec lui pour avoir de ses nouvelles et nous en donner. L'empereur vient de nommer le général Rapp gouverneur de Thorn,
Envoyez le régiment polonais à cheval sur la rive droite de la Fistule, afin qu'il puisse servir contre les cosaques.
Je donne l'ordre au payeur de l'armée à Thorn de verser 100,000 francs dans la caisse du payeur de la légion du Nord , pour être employés à payer la solde de ce corps.
Vous trouverez ci-joint l'état des officiers nommés par l'empereur dans la légion; s'il y en a quelques-uns qui n'aient pas rejoint , vous pouvez les remplacer provisoirement en nommant quelques Polonais.
Le général Dombrowski a avec lui des généraux de brigade qui ont fait la guerre en France; nommez le principal d'entre eux pour le remplacer pendant la guérison de sa blessure.
DES ÉVÉNEMKNS MILITAIRES. 4^5
Au maréchal Beknadotte.
Osterode , le 28 février.
L'empereur , monsieur le maréchal , me charge de vous dire qu'il trouve le général Boivin très-nécessaire à Marienburg , parce que dans cette position il garde nos derrières, le pont, et qu'il garantit les communications entre nous et le maréchal Lefebvre.
Vous ne devez donc ni l'ôter ni l'appeler, que dans les circonstances urgentes et très-pressées.
Le maréchal Lefebvre a battu la garnison de Dantzich à Dirschau j il lui a pris six pièces de canon et fait six cents prisonniers.
Le général Teulié, avec le régiment italien, les fusiliers de la garde et les dragons d'ordonnance , a également battu la garnison de Colberg,
Le maréchal Ney a quitté Guttstadtf mais il prend la position de Deppen, et par là se trouve flanquer le maréchal Soult.
Le maréchal Davout se portera demain dans votre voisinage , de manière que l'armée sera toute réunie.
Des renseignemens disent que l'ennemi fait des mouvemens éloignés sur notre gauche, ce qui serait contraire à ceux annoncés de votre côté; si l'ennemi s'étendait pendant que nous nous concentrons , cela nous donnerait de belles chances,
Au général Boivin.
Osterode , le a8 février , deux heures après midi.
Depuis ma dernière lettre , l'empereur me charge de vous écrire de nouveau pour que vous ayez à écrire à M. le maréchal Lefebvre , que l'intention positive de l'empereur est que l'ennemi soit chassé de File de Nogat , qu'il doit vous faire passer ses ordres pour cette opération , à laquelle vous devez concourir avec ses autres troupes. Cette opération finie , l'empereur ordonne que vous restiez dans l'île pour empêcher l'ennemi d'y faire des débarquemensj la possession de cette île nous étant de la plus grande importance, puisqu'elle assure nos subsistances. C'est le premier point des opérations de M. le maréchal Lefebvre , que de bien assurer nos communications. Si vous-même vous vous croyez assez fort pour chasser l'ennemi de l'île , l'empereur attache une grande importance à cette opération.
Envoyez à M. le maréchal Lefebvre la copie de cette lettre; je lui ai fait connaître ce matin , par une dépêche que je lui ai fait parvenir par la rive gauche de la fistule, toute l'irmoortance que l'empereur mettait à voir l'ennemi chassé de l'île de Nogat.
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. fâj
jà M. I* adjudant- commandant Guilleminot.
Osterode, le 28 février.
Je viens de remettre à l'empereur la reconnaissance que vous m'avez envoyée de Marienburg ; je donne Tordre au général Boivin de passer dans l'île de Noçat pour en chasser l'ennemi. L'intention de l'empereur est que vous suiviez le ge'néral Boivin dans cette expédition ; vous en profiterez pour reconnaître l'île , de là vous rejoindrez le maréchal Lefebvre à Dirschau , ou à tout autre endroit où il serait. Vous prendrez connaissance de la bouche de la fistule qui se jette dans le Frisch-Haff, et de celle qui se jette dans Dantzick ; vous reconnaîtrez aussi le terrain de la rive gauche de la fistule , autant que vous le pourrez par vous-même, et enfin parles renseignerions que vous prendrez des gens du pays.
Avant de revenir au quartier-général, vous prendrez la note de la position de toutes les troupes du maréchal Lefebvre, et de ses postes devant Dantzick. Vous ferez toutes ces reconnaissances seul; renvoyez avec voire première reconnaissance au quartier-général le chef de bataillon Gressot. L'empereur est satisfait des reconnaissances que vous m'avez adressées, continuez à employer votre zèle et votre activité ordinaire.
Note au général Songjs.
Osterode , le 28 février.
L'empereur me charge de vous dire que le principal est d'avoir des ponts sur la Basse- T^istule , un à Marien-werder et un à Marienburg ; militairement parlant le pont de Marienburg donne autant de sûreté que si le pont sur l'autre part à Dirschau était fait, puisqu'une fois derrière la Nogat, on aurait le temps de protéger le passage de l'autre côté. Il n'y a donc pas un instant à perdre pour faire un pont à Marienburg dans un lieu où l'on puisse faire une tête de pont ; il faut également s'occuper d'en faire un à Dirschau ; mais il est inutile qu'il soit fait en même temps que celui de Marienburg. Quant au pont de Marien-werder, il est bien important de s'occuper sur-le-champ des moyens de pouvoir le jeter.
Au maréchal Ne y.
Osterode , le 28 fe'vrier.
L'empereur, monsieur le maréchal, m'ordonne de vous faire connaître que la position de Guttstadt est nécessaire comme tête de nos cantonnemens j il faut donc le reprendre , mais ne l'occupant que comme avant-garde , en choisissant s'il est possible une bonne position sur la rive gauche de Y Aile dominant la ville et empêchant de s'en approcher 5 c'est là ou doit
DES ÉVÉ^EMENS MILITAIRES. 4^9
être appuyée votre droite, votre gauche doit l'être à la Passarge du côté à'Elditten; vous devez occuper par des postes d'infanterie toute la rive gauche de
Y Aile jusqu'à Allenstein, vous devez placer votre quartier-général entre Deppen et Guttstadt.
Tous les débouchés depuis Elditten jusqu'à Guttstadt doivent être occupés par de l'infanterie et de la cavalerie j vous devez reconnaître les points les plus importans en arrière , pour y placer du canon et des réserves; le point de ralliement de votre corps doit être à Deppen ; par ce moyen vous abandonnerez toute la rive droite de V Aile , en vous contentant de la faire reconnaître tous les jours par de fortes reconnaissances -, vos avant-postes seront couverts par
Y Aile et vos troupes se trouveront plus serrées.
L'ennemi cherchera-t-il à pénétrer en force entre Guttstadt et Liebstadt , il se trouvera entre votre corps et celui du maréchal Soult.
Attaquera- t-il votre position de Guttstadt, vous la soutiendrez avec tout votre corps ; et si l'ennemi au lieu d'attaquer Guttstadt avec douze à quinze mille hommes , l'attaquait avec îe corps d'une armée , vous auriez le temps de la voir se déployer, se former, et celui de vous replier sur la Passarge et sur l'armée.
Voilà, monsieur le maréchal, les dispositions de l'empereur pour tous ces cantonnemens. Vous voyez que vous formez l'extrême droite de l'armée; et si
l'ennemi manœuvre sur la droite de Y Aile avec de fortes colonnes d'infanterie, il se disséminera quand nous nous concentrerons j mais tout porte à penser qu'il désire ainsi que nous du repos.
L'empereur suppose que la colonne qui était à Bischopstein le 26, n'était qu'un corps d'observation, car il serait à souhaiter que l'ennemi jetât beaucoup de forces sur sa gauche où il ne peut nous faire aucun mal. Le système de Varsovie n'étant nullement lié à celui-ci qui en fait un à part, l'empereur ne manquerait pas de saisir cette occasion pour marcher sur l'ennemi.
Guttstadt nous est donc nécessaire , car il ne faut pas que l'ennemi se serve de l' A lie comme d'un rideau pour nous masquer ses mouvemens.
L'intention de l'empereur est donc que vous manœuvriez dès demain pour prendre les positions que je viens de vous indiquer.
L'idée d'attaquer Guttstadt par le chemin de Deppcn et Liebstadt , est conforme à notre position actuelle • une fois que cette position sera prise, faites construire des redoutes entre Y Aile et la Passarge , faites faire quelques retranchemens le long de VAlle jusqu'à Allenstein. Votre communication avec Thorn doit se faire par Osterode ; quant à votre parc , il doit être placé un peu plus sur la gauche que Dêterval qui est trop près à' Allenstein.
l>i:S ÉVENKMENS MILITAIRES. 49*
Dans la journée d'aujourd'hui l'ennemi paraissait être affaibli devant nos postes, et s'est tenu plus tranquille ) il a fait à deux heures une attaque de nuit qui n'a eu aucun résultat.
Le maréchal Davout s'est approché aujourd'hui à'Osterode; et aussitôt que le pont de Marienburg sera terminé , l'intention de l'empereur est de le placer à Holland , ayant sa tête sur la Passarge.
Le système actuel de l'empereur est de conserver Braunsberg et Osterode pour couvrir le siège de Dantzick , et tirer toutes les ressources du beau et bon pays de la Basse-Vistule.
Sa majesté s'en rapporte entièrement à vous pour faire les dispositions convenables relatives à l'exécution du plan ci-d*essus ; tout porte à penser qu'une attaque brusque avec toutes vos forces réunies conduites avec votre intelligence ordinaire, aura des résultats pareils à ceux de Braunsberg où. le général Dupont avec sa division a fait deux mille prisonniers , pris des drapeaux et toute l'artillerie de l'ennemi.
En marchant à l'ennemi vous ferez des prisonniers, qui , interrogés avec soin , vous feront connaître la force véritable de l'ennemi à Gultstadt.
Au maréchal Du* rour.
Osterode , le 28 fe'vrier.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne qu'il
vous soit distribué des magasins d'Oslerode , pour votre corps d'armée , douze mille rations de parti , huit mille rations de riz , seize mille rations d'eaude-vie , et mille bouteilles de vin que vous ferez distribuer aux officiers de votre corps d'armée. Dites à votre ordonnateur de se rendre sur-le-champ auprès de l'ordonnateur Joinville pour cet objet. L'empereur ordonne que vous portiez demain votre quartier-général a. Liebemùhl , et que vous cantonniez votre corps d'armée à deux lieues autour de cette ville. L'empereur approuve que vous ayez laissé la division Milhaud à Soldan ; sa majesté approuve également que vous ayez laissé un régiment à Hohenstein, mais ce ne devait pas être le iiiej ce régiment doit désirer de se battre comme les autres , sans cela il se trouverait avili.
L'empereur, dans la journée de demain , donnera des ordres au général Milhaud pour former un corps d'observation sur nos derrières et soutenir le général Marulaz* donnez l'ordre au général Milhaud d'envoyer de ses aides-de-camp au quartier- général à Osterode pour y prendre des ordres. L'empereur désire que vous ne fatiguiez point vos troupes , et si la marche est trop forte demain pour les troupes qui ont des cantonnemens éloignés , ne leur faites faire qu'une petite marche. Dites au général Grandeau de faire connaître pourquoi, quand ses instructions lui
DES ÉVJÉNEMENS MILITAIRES. 4Ç)3
prescrivaient de se retirer sur J^illenberg , il y a laissé délivrer deux mille prisonniers.
Envoyez - moi l'état de situation de votre corps d'armée. Faites rejoindre les hommes que vous avez laissés en arrière. Il faut que le régiment qui reste en arrière empêche les hommes de prendre une fausse direction.
J'écris à Strasbourg pour que tous les hommes de votre corps d'armée se dirigent sur Osterode.
Je donne l'ordre à l'ordonnateur Favier qui est à Elbing de préparer un convoi de quinze mille rations de pain et de dix mille rations d'eau-de-vie qui vous seront destinées. Ce convoi se dirigera sur Holland.
Au général Chasselovf.
Osterode, le i*r mars.
L'empereur , général , me charge de vous faire connaître qu'il porte le plus grand intérêt à la prompte construction du pont de Marienburg , et secondement à celui de Dirschau. Sa majesté veut qu'on profite des secours qu'offre Elbing pour vaincre les obstacles de la saison. Elle a ordonné qu'il fut tracé une route de Marienburg à Dirschau et à Neusteltin , et une autre de Dirschau à Varsovie » passant par Bromberg. L'intention de l'empereur est d'occuper l'île de Nogat. Suivant les rapports du pays, et d'après
4g4 précis
les localités , tout le pays de la Basse-Fistule et de l'île Nogat paraissent être sujets aux inondations. Sa majesté désire donc que v©us fassiez reconnaître et prendre des renseignemens sur l'époque et la nature des inondations; s'il y a des digues pour communiquer dans ces temps; enfin si en faisant des ponts à chevalet sur les parties sujettes aux inondations , on peut assurer en tout temps les communications.
Enfin faites prendre des renseignemens sur les inondations de la Basse- fistule et sur les moyens de s'en garantir. *.
Au maréchal S oui, t.
, Osterode, le i«r mars.
L'empereur, monsieur le maréchal , m'a demandé plusieurs fois la communication de votre correspondance , et comme depuis quelques jours je n'ai pas reçu un seul rapport de vous sur les mouvemens militaires, sa majesté me charge de vous dire que son intention est qu'indépendamment du rapport que vous lui faites directement , d'après les lettres qu'elle vous adresse elle-même, vous n'en devez pas moins continuer à me faire les mêmes rapports , avec la seule différence que dans ceux que vous m'adressez vous devez entrer dans beaucoup de détails. Ces rapports , comme vous le sentez , monsieur le maréchal , ne «ont point personnels , car je ne suis rien dans
J)IS ÉV1<NEMENS MILITAIRES. ^g5
l'armée; je reçois au nom de l'empereur les rapports de messieurs les maréchaux , et je signe ses ordres pour lui, ainsi je suis nul pour ce qui m'est personnel ; mais sa majesté exige que les rapports plus détaillés de tout ce qui se passe me soient adressés : soit avantage, soit désavantage, rien ne doit être caché à l'empereur.
Je vous engage donc à vouloir bien me tenir au courant de tout ce qui se passe dans votre corps d'armée, ainsi que le font tous les autres maréchaux.
j4u général Zayoncheck.
Osterode, le ier mars.
L'intention de l'empereur , général Zayoncheck , est qu'il soit formé une division de troupes polonaises qui sera sous vos ordres. Cette division sera composée des régimens polonais qui forment la division que vous commandez actuellement et des deux iers régimens de la ire légion qui est à Varsovie , et qui se trouvait ci-devant à Sierock et à NieporenL
Cette nouvelle division se réunira à ISeidenburg et formera un corps d'observation qui liera Osterode avec Varsovie; à cet effet, l'empereur ordonne que vous partiez demain 2 mars de Graudentz avec un de vos régimens, et que vous vous dirigiez sur Neidenburg. J'adresse l'ordre au maréchal Masséna et
au général Lemarois , de faire partir de Sierock , de Nieporent et de Varsovie 9 le régiment de la iTe légion qui est le plus en état, pour se rendre également à Neidenburg ; je préviens le prince Poniatowski que , si deux autres bataillons sont également armés et habillés , il les fasse partir aussi pour Neidenburg.
Tout ce qu'il y a de troupes de Hesse-D armstadt à Thorn reçoit l'ordre de se rendre à Graudentz, et aussitôt après leur arrivée tout ce qui restera de troupes polonaises devant Graudentz se rendra à Neidenburg. L'intention de l'empereur est que vous pressiez l'arrivée de toute votre légion à Neidenburg, où sa majesté désire réunir la légion qui se trouve à Varsovie et celle du district de Kalitsch, que vous commanderez au fur et à mesure qu'elles seront habillées et en état de faire campagne.
J'écris aussi au général Poniatowski de faire partir toute la cavalerie polonaise qui se trouverait à Varsovie et sur les derrières par Neidenburg. Je lui fais connaître en même temps qu'il faut faire lever toute la cavalerie du district de Plozk , pour se réunir au corps que vous commanderez et contenir les cosaques.
Vous correspondrez avec moi, général, et vous correspondrez avec le maréchal Masséna pour l'instruire de tous les mouvemens de l'ennemi sur le
centre , et maintenir la communication entre les deux corps.
Vous nourrirez votre corps de troupes au moyen de réquisitions que vous ferez dans le district de Plozh à Janowa, Mlawa et les environs.
Je vous préviens au reste , général , que l'intention de sa majesté est qu'avec votre ier régiment vous soyez arrivé à Neidenburg dans six jours au plus tard j en vous y rendant vous passerez de votre personne à Oslerode pour prendre vos instructions.
Dispositions et mouvemens pour les journées du 2 et du 3.
Osterode, le ier mars, dix heures du soir.
Le prince de Ponte-Corvo se portera demain 2 au pont de Spanden , mais de manière que l'ennemi ne s'aperçoive pas de son mouvement j il y réunira le plus de cavalerie qu'il pourra.
Le maréchal Soult réunira lout son corps d'armée à Liebstadt.
Le maréchal Ney fera également demain toutes les dispositions préparatoires pour attaquer Gullstadt, mais il cachera autant que possible son mouvement à l'ennemi.
Le maréchal Davout se portera avec deux divisions de son corps d'armée à Mohrungen.
qgo précis
Le maréchal Soult placera les généraux Klein et d'Espagne de manière qu'ils soient à portée de déboucher; après-demain 3, avant le jour, le maréchal Bernadotte et le maréchal Soult calculeront leurs mouvemens offensifs, de manière à entourer les avant-postes ennemis et à rendre impossible la retraite de leur artillerie qu'ils ont vis-à-vis des quatre ponts de Spanden, Sparlinen, Alhen etPitthenen. La colonne du maréchal Soult qui débouchera par Alhen se portera sur TVormditt; la colonne qui débouchera par Spartinen se portera sur Schwedt et culbutera tout ce qui se trouvera sur les routes de Wolfersdorjf 'et ROlbersdorff.
Le même jour 3 , le maréchal Ney attaquera Guttstadt , culbutera tout ce qui se trouvera dans cette position et poursuivra l'ennemi de manière à lui faire un grand nombre de prisonniers , afin de connaître ce qu'il y a de force à Guttstadt.
Le prince de Ponte-Corvo se portera le 3 de Spanden sur Môhlsack ; après avoir culbuté tous les avant-postes de l'ennemi, et avoir dépassé le village à'ZJhsen, il agira suivant les circonstances j il se portera sur Môhlsack , poursuivra l'ennemi l'épée dans les reins , à moins qu'il ne s'aperçoive que l'armée est en niasse dans cette ville, ce qu'on est loin de penser. Le prince de Ponte-Corvo' fera concourir le général Dupont pour cette opération.
Le maréchal Davout, le 3, prendra position entre
Mohrungen et Liebstadt, avec le général Nansouty.
Il servira de réserve et portera des secours partout
où il le faudra.
La division Morand du corps du maréchal Davout, qui est restée en arrière, se mettra demain matin en marche pour se rendre à Allenstein , où il est nécessaire qu'un de ses régimens arrive le soir, et le reste dans la journée d'après-demain 3 j par ce moyen la brigade du général Belair pourra se trouver réunie pour l'attaque de Guttstadt.
Le résumé de la journée du 3 a donc pour but de reprendre le poste de Guttstadt , d'enlever les canons de l'ennemi et de lui inspirer de l'épouvante, de culbuter son infanterie et de lui porter conseil de ne plus approcher si près son artillerie et de se contenter de nous observer avec de la cavalerie.
On enlèvera à MôhlsacJs et à Wormditt, si le maréchal Soult juge devoir s'en emparer , tous les magasttis ; et selon les nouvelles que les maréchaux apprendraient, ils régleraient leur conduite ultérieure. L'intention de l'empereur est cependant que les maréchaux rentrent dans leurs cantonnemens le 4> avec la masse de leurs corps d'armée; mais ils pourront laisser une avant-garde pour laisser le temps d'évacuer ce qu'ils auront pris de magasins à l'ennemi.
5oO PRÉCIS
Cette expédition, doit être considérée sous le même rapport que le serait la sortie d'une place forte.
Au général Morand.
Osterode, le 2 mars.
Vous avez reçu cette nuit Tordre de marcher sur Allenstein ; l'intention de l'empereur est que vous formiez un corps d'observation ayant pour but d'observer ce que l'ennemi fait sur la droite de Y Aile, d'assurer Allenstein , en même temps que vous formerez une réserve pour le maréchal Ney, qui reprend, demain 3 , Guttstadt. Vous ne devez pas vous étendre sur la rive droite de Y Aile , mais plutôt sur la rive gauche j vous devez vous mettre en correspondance avec le général Marulaz , et m'instruire de tout ce qui viendra à votre connaissance.
Au maréchal Soûl t.
Osterode , le 3 mars.
Tous les renseignemens qu'a l'empereur, monsieur le maréchal , portent à penser que le quartier-général russe était avant-hier à Kreutzburg, qu'on y avait été très-alarmé de l'affaire de Braunsberg, et qu'on croyait à un mouvement offensif pour déborder la droite et nous porter de nouveau sur Kànigsberg , et qu'on n'avait été rassuré que lorsque l'on avait appris que le général Dupont avait pris posi-
DES E\'ÉNEMENS MILITAIRES. 5o ï
tfon derrière la Pdssarge. Le maréchal Davout porte aujourd'hui la tête de son corps d'armée sur Moh~ rungen.
Immédiatement après que les affaires de demain seront finies, il est probable que l'empereur donnera l'ordre d'évacuer Saalfeld pour le donner au maréchal Davout.
Sa majesté espère , monsieur le maréchal , que vous combinerez cette petite affaire de manière à faire le plus de mal à l'ennemi. Attachez-vous surtout à lui prendre ses pièces et à lui faire une centaine de prisonniers.
Quoique je vous aie écrit cette nuit que l'empereur ait dit que vous pouviez aller jusqu'à TJ^ormditt , sa majesté pense qu'il n'y aurait que beaucoup d'avantage d'y entrer, s'il n'y a pas de grands obstacles , tant pour y avoir des renseignemens des habitans que pour y enlever les magasins ennemis. Je ne doute point que vous n'ayez reçu les dispositions du ï et du 3 que je vous ai envoyées par un officier -d'état- major.
Au maréchal JSey.
Osterode, le \ mars, neuf heures du matin.
L'empereur , monsieur le maréchal , a vu avec plaisir la reprise de Guttstadt; mais sa majesté trouve que vous ne lui avez point donné assez de renseigne-
5o2 PRÉCIS
mens : qui commandait à Guttstadt? quels étaient les noms des régimens ? quels rapports ont faits les prisonniers? touc cela devient de la dernière importance pour l'empereur, puisque par là on peut démasquer les mouvemens de l'ennemi. Je vous prie donc de me donner ces renseignemens le plus tôt que vous pourrez. L'ennemi reste -t- il en force sur la rive droite de Y Aile? la cavalerie qui était à Guttstadt est-elle la même que celle de la colonne qui était à Bischopstein ? Du reste , monsieur le maréchal , je n'ai rien de particulier à vous mander.
Au maréchal Lefebvre.
Osterode , le 4 mars.
L'empereur, monsieur le maréchal , a lu votre correspondance ) je lui ai donné aussi à lire la lettre que vous m'avez écrite.
Le 2e régiment d'infanterie légère n'en est pas moins sous vos ordres et y reste toujours. Quand les Saxons seront arrivés , l'empereur pense que vous aurez dix-huit mille hommes ; il est important que dès que les Saxons auront rejoint, vous vous approchiez de Dantzick et que vous fassiez couper la communication par la langue de terre qui va sur Pillait; je vous envoie trois ingénieurs , faites faire des redoutes ; avec des troupes de nouvelle levée , il faut remuer beaucoup de terre pour leur donner de l'as-
DES ÈTÉNEMENS MILITAIRES. 5(>3
surance. L'empereur attache beaucoup d'importance à ce que la correspondance de Dantzîck à Pillau soit coupée ; donnez fréquemment des nouvelles de ce qui se passe devant Colberg.
L'empereur ne conçoit pas comment la cavalerie polonaise n'a ni sabres ni pistolets, puisqu'il y en a à Posen.
L'empereur vous autorise à garder un de ces régimens polonais que vous emploierez en partie dans l'île de Nogat.
Au maréchal Soûl t.
Osterode , le 4 mars.
M. le maréchal Ney , comme vous le savez sûrement , monsieur le maréchal , a repris Guttstadt; il y a eu cinq à six mille hommes de cavalerie , mais pas plus de deux mille d'infanterie , qui se sont retirés : il a fait une centaine de prisonniers. L'empereur a lu votre rapport à dix heures du soir; il a celui que vous m'avez adressé. Sa majesté attend de savoir si on est rentré à Wormditt , et les renseignemens qu'on aura pu s'y procurer; il paraît que la force de l'ennemi , sur toute la ligne , est plus forte en cavalerie qu'en infanterie, et que cette infanterie est en partie composée de Prussiens.
Aussitôt que vous croirez ne pouvoir plus faire de mal à l'ennemi , l'intention de sa majesté est que
5o4 PRECIS
dès ce jour là on reprenne ses positions ; mais il trouve qu'il serait peut-être convenable de conserver une petite tête de pont sur la Passarge , pour être maître de la passer quand on voudra.
Au maréchal Bern^dotte.
Osterode, le 4 mars.
Prince, je viens de communiquer à l'empereur la dernière lettre que vous m'avez écrite, et par laquelle vous me prévenez que vous n'avez pas pu passer hier la Passarge. Sa majesté me charge de vous faire connaître qu'il est nécessaire que vous ayez quatre ponts sur cette rivière , un du côté de Spanden, un du coté de Eraunsberg, et deux du côté de M. le maréchal Soûl t. Sa majesté désire que vous choisissiez pour l'emplacement de ces ponts les lieux les plus favora-^ blés pour établir de bonnes têtes de pont 5 on peut prendre Braunsberg même , si cette ville est facile à défendre : sans quoi , on jettera le pont dans un lieu favorable près de la ville. Au moment même où vous ferez jeter ces ponts , il faudra avoir des ingénieurs avec des outils prêts pour faire travailler aux têtes de pont, de manière qu'en vingt-quatre heures on puisse y être à l'abri , et que dans quatre ou cinq jours on y soit inexpugnable. L'effet de ces têtes de pont sera tel que l'ennemi s'éloignera sûrement de la Passarge t qu'il se contentera de l'éclairer par de la ca-
DES ÉVENEMENS MILITAIRES. 5o5
valerie , puisqu'à chaque instant l'infanterie qu'il placerait sur la rive droite de celte rivière pourrait être enlevée par des forces dont il ne pourrait pas calculer le nombre. Iî est indispensable que ces dispositions soient faites le 5 ou le 6 ; alors seulement sa majesté pense que nos quartiers d'hiver seront sûrs et formidables.
jeu maréchal Bernadotte.
Osterode, le 4 mars , neuf heures du soir.
L'empereur , prince , me charge de vous dire que son intention est que vous passiez la Passarge , que vous culbutiez ce qui 'se trouve devant vous. L'ennemi paraît avoir fait un mouvement vers notre droite sur Bischopsiein j il paraît qu'il n'y aurait du côté de Braunsberg que des Prussiens. Le maréchal Soult s'est porté sur Frejmarht , d'où l'ennemi s'est mis en retraite.
Le maréchal Ney a réoccupé Ouitstadt , et il a ses postes à Peterswalden; beaucoup de rapports disent que le quartier- général de l'ennemi était hier à Heilsberg ; quoiqu'il en soit, vous sentez qu'il est nécessaire de savoir ce qu'il y a à Môhlsach.
Si le mouvement de l'ennemi sur notre droite se confirme , et qu'il continue , l'intention de l'empereur serait de marcher sur la droite de l'ennemi-
5o6 PRÉCIS
Tout porte à croire que vous n'avez pas de grandes forces devant vous , et qu'une attaque brusque sera couronnée du succès.
La Passarge passée , si l'ennemi n'est pas en force à Môhlsack , et qu'il se mette en retraite devant vous , portez-vous du côté de TVormditt, afin de vous trouver tous réunis dans le cas où l'ennemi reprendrait l'offensive sur notre centre. Ayez un officier près le maréchal Soult, pour savoir ce qui se passe, et pouvoir manœuvrer en conséquence. Tout paraît confirmer aujourd'hui que l'ennemi a des projets et fait quelque chose $ on ne peut pas tarder à être éclairé : le mouvement que vous allez faire est bon dans tous les cas.
Dans l'instant je reçois votre lettre d'aujourd'hui; l'empereur, après en avoir pris lecture , trouve qu'il n'y a rien à changer que ce que je viens de vous dire : raison de plus pour s'éclairer sur ce que fait l'ennemi.
Au maréchal Soult.
Osterode , le 5 mars , six heures du matin.
L'empereur, monsieur le maréchal, a lu vos deux lettres de deux heures après midi et de six heures du soir. Sa majesté aurait désiré que vous n'eussiez fait aucun mouvement en arrière , surtout par votre avant-garde , parce que plus l'ennemi fera de mar-
DES ÉVÉNEMEJNS MILITAIRES. 5c>7
ches rétrogrades, et mieux cela vaudra; d'abord, parce que cela le fatigue et que cela l'éloigné de nous ; car nous devons souhaiter de n'avoir aucun engagement sérieux, parce que nos vivres ne sont point organisés et que nos ponts ne sont point faits , et que dans huit à dix jours nous aurons beaucoup gagné.
J'ai ordonné hier au prince de Ponte -Corvo de pousser sur Môhlsack , et de tâcher d'entamer le corps prussien , s'il ne se retire pas; il doit également pousser sur Heiligenb^il. Ces mouvemens ont pour but de bien connaître ce que l'ennemi avait de ce côté, et le porter à accélérer son mouvement de retraite. Vous sentez , monsieur le maréchal , qu'il nous serait avantageux que l'ennemi évacuât son quartier -général d'Heilsberg pour le porter sur Eylau. L'empereur pense qu'avec un peu de cavalerie légère vous y avez laissé un peu d'infanterie.
A u prince de Ponte-Corvo.
Osterode , le 5 mars , six heures du matin.
Par tous les rapports, monsieur le maréchal, il paraît que l'ennemi se retire sur Landsberg etHeilsberg; le quartier-général prussien , qui était au village de Passevalck, ne doit plus y être à l'heure qu'il est. L'empereur trouve qu'il est nécessaire que vous fassiez une marche sur Môhlsack et sur Heiligen-
5o8 PRÉCIS
heil, pour entamer les Prussiens s'ils ne se retirent pas assez vite, et enfin pour donner de l'inquiétude à l'ennemi sur la pointe que vous pourriez faire sur Kônigsberg. La marche que vous ferez sur Môhlsack et Heiligenbeil acculera sûrement la retraite de l'ennemi du côté de Kônigsberg , parce qu'il doit craindre que vous ne le préveniez, ce qui, le forçant à s'élqigner, nous donnera quelques jours de plus avant qu'il ne se porte sur nous. Faites travailler à vos deux têtes de pont; si le point de Spanden est un mauvais point, choisissez-en un autre.
Au maréchal Ney.
Osterode, le 5 mars, six heures du matin.
L'empereur , monsieur le maréchal, n'a pas de nouvelles de vous , et dans la position où nous sommes , il désirerait en avoir trois fois par jour. L'empereur en reçoit plus fréquemment des autres maréchaux ; vous sentez que sa majesté est impatiente d'apprendre ce qui se passe à Heîlsberg , et quel effet a produit sur le corps qui était à Serburg , notre mouvement en avant; cherchez aussi à découvrir, par les renseignemens que vous pourrez obtenir , quelles sont les forces que l'ennemi avait sur la rive droite de Y Aile
Au maréchal Davout.
Osterode , xle 5 mars, six heures du matin.
J'ai reçu cette nuit votre lettre , monsieur le maréchal ; l'empereur en a pris lecture.
Vous devez avoir reçu deux courriers de Paris ; sa majesté vient de m'ordonner d'écrire au maréchal Soult de ne faire aucun mouvement aujourd'hui , et s'il en a fait , de ne pas dépasser Liebstadt dans la journée } si les ordres de l'empereur arrivent à temps, et que le maréchal Soult reste sur la rive droite de la Passarge , alors vous conserveriez aujourd'hui votre position. L'intention de l'empereur est de cantonner votre corps d'armée à Saalfeld et aux environs, et une division à Christburg ; par ce moyen vous serez à portée de vivre et de vous reposer. Quant à la division Morand , elle continuera de rester à Allenslein ; envoyez reconnaître Saalfeld et Christburg.
Vous recevrez tous les jours six mille rations de pain à'Elbing; vous en recevrez six mille de Marienburg, et vous vous en ferez fournir six mille de vos cantonnemens.
Moins vous ferez de mouvemens aujourd'hui , mieux cela vaudra , car le parti que prend l'ennemi n'est pas encore bien clair.
5lO -PR^CTS
Au maréchal Mortier.
Osterode , le 5 mars.
Je viens de recevoir les dépêches que vous m'avez adressées par votre officier d'état-major , et qui contiennent les duplicata de plusieurs lettres que vous m'avez adressées. L'empereur a aussi reçu celles qui lui étaient destinées ) sa majesté me charge de vous faire connaître qu'après avoir examiné les reconnaissances de vos officiers du génie sur Stralsund , elle juge que pour prendre cette ville il faut un équipage de siège en règle , ce que l'on ne peut vous procurer, parce que cela n'existe point. Il paraît que vous-même , monsieur le maréchal , n'avez pas cru devoir cerner entièrement la ville , vos forces ne vous paraissant pas assez considérables ; nouveau motif pour ne pas vous engager clans une opération qui pourrait échouer, et qui fatiguerait inutilement votre corps d'armée.
L'entreprise sur l'île de Rugen, bonne s'il avait gelé, serait aujourd'hui inutile, et sa majesté trouve que ce serait exposer douze cents hommes à essuyer un échec.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que vous preniez une position telle , que vous puissiez surveiller la garnison de Stralsund, vivre en
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES. 5i l
Poméranie, défendre les bouches de Y Oder, et , ce qui est très-important , reposer vos troupes.
Sa majesté , en se privant du secours de votre corps à l'armée , n'a point eu pour but d'envahir la Poméranie ni de prendre Stralsund , mais bien la précaution et la nécessité de laisser un corps d'observation qui observe Berlin, Hambourg , Stettin et Y Oder ; ce sont là les véritables motifs pour lesquels l'empereur vous a autorisé à entrer en Poméranie.
Vous vous conformerez donc , monsieur le maréchal , au sens de votre mission j c'est-à-dire avoir des correspondances avec le gouverneur de Stettin, lui fournir les secours dont il pourrait avoir besoin s'il était inquiété ; défendre les bouches de Y Oder si elles étaient menacées d'un débarquement , car la saison va arriver où il sera possible d'en effectuer sur les côtes de la Baltique. Il faut donc , monsieur le maréchal , que vous soyez en mesure de vous opposer à tout débarquement.
Vous avez deux régimens hollandais; écrivez au ministre du roi de Hollande pour qu'on leur envoie des recrues : de votre coté procurez-leur des chevaux ; écrivez en France aux dépôts des régimens pour qu'on vous envoie des recrues.
Vous êtes autorisé , monsieur le maréchal , à condure, si vous le voulez, une espèce de trêve avec le commandant de Stralsund ; dites-lui que vous n'avez
5î2 PRJÉCÎS
pas d'intérêt à brûler la ville , ni à faire tort au roi de Suède , en lui prenant une place pour en de'molir les ouvrages , vu que malgré la situation des affaires nous ne sommes pas naturellement ennemis de la Suède, et que si nous avions détruit Stralsund, nous en aurions sûrement un jour des regrets. Dans cet état de choses, vous jugez bien que vous ne devez pas vous faire tuer un seul homme par la garnison de Stralsimd. Reposez bien vos troupes , protégez le blocus de Colberg ; l'empereur considérant que cette place est très-près des bouches de l'Oder, donne Tordre que la division du général Teulié , qui est devant cette place , soit sous vos ordres , et fasse partie de votre corps d'armée. Donnez Tordre au général Granjan de se rendre devant Colberg pour en commander le siège.
Si , après la reconnaissance qui sera faite de la place de Colberg, on juge pouvoir s'en emparer, cela sera plus utile que de prendre Stralsund.
Si le gouverneur de Stralsund est un homme en crédit , vous pouvez lui parler en ce sens , que nous nous voyons avec peine en guerre avec la nation suédoise que nous estimons; que si on voulait conclure une trêve , vous êtes persuadé que vous obtiendriez l'autorisation d'évacuer le pays; parlez dans ce sens aux états de Poméranie , cela peut avoir de l'influence sur le roi , • quoiqu'on n'ait pas lieu de l'espérer; mais au moins
DES ÉVENEMENS MILITAIRES. 5l3
lés habitans de la Poméranie et les Suédois verront <jue c'est lui qui prolonge les maux de la guerre que nous faisons à regret contre les Suédois, nation que nous aimons.
L'empereur vous recommande de bien étudier le territoire , afin de juger les événemens qui pourraient arriver.
Pour me résumer, monsieur le maréchal , le véritable but de votre corps est d'être opposé aux débarquemens que les Anglais pourraient faire dans le Nord; car ils peuvent en opérer à Dantzich , h Colberg , Rostau, Stralsund , et à l'embouchure de Y Elbe; vous êtes destiné à vous opposer à chacun de ces débarquemens , c'est-à-dire à coopérer avec les troupes qui s'y opposeraient sur les difFérens points.
S'il eût été possible de prendre la ville de StraU sund, cela aurait été un point de sûreté : mais il n'y faut plus penser ; c^r le plus grand malheur qui puisse vous arriver , ce serait que votre corps épuisé et fatigué par un service de tranchée , eût ensuite à lutter contre des troupes fraîches qui débarqueraient. Sa majesté approuve les mesures que vous avez prises pour organiser la Poméranie suédoise.
P. S. Recommandez au général Granjan , qui commandera le siège de Colberg , de me rendre compte tous les jours, indépendamment du compte qu'il vous rendra.
5 f 4 P'R^CIS
À la place du 26e régiment de chasseurs que l'empereur vous ôte , vous recevrez le 3e de même arme, qui vient d'Italie, et qui vous arrivera avant que vous ne soyez dans le cas de l'employer sérieusement.
Vous pourrez dire , relativement au siège de Stralsund, qu'on n'a eu le projet de le prendre que par les grandes glaces, ce que l'hiver n'a pas permis j mais vous n'aviez point l'intention de détruire la forteresse , vu que ce ne serait point de notre intérêt envers un prince avec lequel nous sommes momentanément allies.
Nous voyons dans votre dépêche que vous avez des magasins à Anclam , à Demmin et sur la Peene ; l'empereur pense que le bon moyen est de n'avoir pas de magasins hjénclam, à Demmin ni sur la Peene y mais de les avoir à Sêettin.
Au maréchal Bernadotte.
Osterode , le 5 mars , cinq heures — t du soir.
Je viens de recevoir à l'instant et communiquer aussitôt à l'empereur , monsieur le maréchal , vos deux lettres du 5 mars , et je ne perds pas un instant à vous faire connaître la réponse de sa majesté.
Si l'ennemi marche sur Braunsberg , nous n'avons pas besoin de marcher à lui; -le but de votre reconnaissance sur Môhlsach était d'avoir de ses nouvelles;
DES £vÉNEMEN.S MILITAIRES. 5l5
s'il veut nous eu apporter lui-même, il nous épargnera le chemin.
L'empereur trouve que rien ne prouve encore que l'ennemi marche en force sur Braunsberg ; la réunion de deux de vos divisions à Spanden est convenable : le principal est de se tenir maître du pont et de la tête du pont , afin de déboucher si cela devenait nécessaire. Jusqu'à cette heure sa majesté trouve que tout porte à penser que l'ennemi est en force du côté de Heilsberg ; on lui a rendu compte y avoir vu ces jours passés plus de trente mille Russes, et sept à huit mille du côté de Serburg et de Bischopsleîn. L'évacuation de Guttstadt paraît avoir fait penser à l'ennemi que nous étions toujours en mouvement rétrograde , et la suppression du pont de Braunsberg lui a ôté toute inquiétude d'un mouvement offensif de ce côté. Dans cet état de choses, si l'ennemi se porte en force sur Braunsberg il se portera aussi sur Spanden, puisqu'il sait que nous y avons un pont; enfin tout cela doit s'éclaircir dans la journée. Votre position de Spanden, celle du maréchal Soult, celle du maréchal Davout à Mohrungen concentrant toutes les forces , l'empereur me charge de vous dire que sans aucun doute il nous convient de rester tranquilles ; mais si l'ennemi attaque Braunsberg, il faut le défendre avec toutes les forces possibles.
On peut défendre Braunsberg en passant la Pas-
5 I 6 ÎMiÉCIS
sarge et tombant sur le flanc de l'ennemi , ou en
marchant sur la rive gauche au secours du général
Dupont.
Ceci sera long-temps un combat d'artillerie, il faudrait donc lui envoyer quinze à seize pièces de canon. Placez une de vos divisions entre Spanden et Braunsberg, de manière à pouvoir les trouver sur l'un ou l'autre point; mais surtout tâchez de garder le pont de Spanden, ou la position que vous avez choisie , pour nous donner passage sur la rive droite ; l'existence seule de ce pont fait une grande diversion pour le général Dupont et la défense de Braunsberg.
Tout porte à penser, si l'ennemi attaque sérieusement Braunsberg , que ce sera un nouveau sujet de triomphe pour votre armée. L'empereur désire que vous correspondiez avec le maréchal Soult et avec le maréchal Davout qui est à Mohrungen.
Au marêcJial Berna^otte.
Osterode , le 6 mars , six heures du malin.
Je reçois, monsieur le maréchal, votre lettre de quatre heures après midi ; l'ennemi, qui était du côté du maréchal Soult, a battu en retraite par Heilsberg et Landsberg; nos avant-postes étaient sur la route de Landsberg à Frauendorff ; les Prussiens
DES ^VJÉNEMENS M1LITAJRES. 5 I rj
seuls paraissaient s'être retirés sur notre gauche à Launau.
Il est donc probable, et tout porte à penser- que c'est une division ennemie qui vient prendre position à Braunsberg , afin d'être certain qu'on ne fait aucun mouvement sur K ônigsberg par notre gauche. Toutefois, si elle tentait de vous pousser, sa majesté s'en rapporte à vous pour la culbuter. Correspondez avec les maréchaux Davout et Soult.
Les officiers que vous expédiez arrivent lentement , il est fâcheux qu'on n'ait pas pu garder une tête de pont à Landsberg.
Au maréchal Masséna.
Osterode, le 6 mars.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal , est de réunir à Neidenburg un corps de Polonais composé d'infanterie , de cavalerie et d'artillerie , sous les ordres du général de division Zayoncheck , et de quelques généraux de brigade polonais; en conséquence, deux régiraens polonais de Kalitsch ont reçu l'ordre de partir du côté de Graudentz où ils étaient, pour se rendre à Neidenburg où ils arrivent aujourd'hui 6. Ces deux régimens sont forts d'environ quatre mille hommes. L'intention de sa majesté est que vous donniez l'ordre au commandant de la légion polonaise qui est à Varsovie , de faire partir sur-ïe-
champ pour Neidenburg deux régimens de la ire légion polonaise, choisis parmi ceux habillés et armés; vous veillerez à ce que ces deux régimens forment un complet de quatre m? Ile hommes , ce qui portera l'infanterie de la division du général Zayoncheck à huit mille hommes , indépendamment d'un régiment de cavalerie de la levée polonaise qui se rend à Neidenburg ; vous donnerez également l'ordre pour que la i'e légion polonaise fasse marcher, avec ses deux régimens , une compagnie d'artillerie avec six pièces approvisionnées. J'envoie des ordres à Kalitsch pour que tout ce qu'il y a de disponible appartenant aux deux régimens de cette province, se rende à Posen , où il sera donné des fusils , des gibernes et des cartouches; de là, ils recevront des ordres pour rejoindre leurs régimens.
Je donne l'ordre au général qui est devant Graudentz de faire partir quatre pièces d'artillerie hessoise approvisionnées pour rejoindre la division Zayoncheck à Neidenburg. Un officier d'artillerie et un officier du génie polonais commanderont l'artillerie et le génie de la division Zayoncheck. Donnez vos ordres pour que les deux régimens de la ire légion polonaise emmènent avec eux trois cent mille cartouches, des balles du calibre de leurs fusils, ce qai complétera l'approvisionnement de cinq cent mille cartouches que doit avoir la division Zayoncheck. Il
DES ÉVJËJNEMEJNS MILITAIRES. 5 1 ()
sera également attaché à cette division un commissaire des guerres polonais et un adjudant-commandant. Le régiment de cavalerie de la levée polonaise qui était devant Graudentz passera aux ordres du général Zayoncheck , et son altesse le grand -duc de Berg donne à ce régiment l'ordre de se rendre à Neidenburg y il donne également les ordres pour que les détachemens de ce corps qui sont à Elbing ou détachés dans tout autre lieu , même aux postes de correspondance , se rendent à Neidenburg. J'ai prescrit au général Zayoncheck de me présenter aujourd'hui les généraux, colonels, et autres officiers dont il a besoin pour l'organisation de l'état-major de la division à ses ordres; je vous en enverrai l'état. Sa majesté donne également au général Zayoncheck le gouvernement et le commandement de toute la partie polonaise sur la rive droite de la fistule; il est aussi investi de toute l'autorité nécessaire pour requérir la noblesse polonaise de la rive droite de monter à cheval et de s'armer pour marcher sur les cosaques et repousser leurs incursions. Je prescris au général Zayoncheck de tirer ses vivres du district de Plozh ; ce général recevra des ordres directs de l'état-major général impérial ; mais il vous rendra compte et communiquera journellement avec vous. Il communiquera également avec le maréchal commandant le corps d'armée qui sera à sa gauche. J'écris au prince
020 Pll^CIS
Poniatowski de diriger sur Neidenburg toutes les compagnies à cheval polonaises qu<i se forment , d'y diriger également tous les officiers qui ont servi dans la légion polonaise italienne et qui arrivent d'Italie ; le général Zayoncheck les placera. Le maréchal Soult a à son corps d'armée , trois cents hommes de cavalerie polonaise auxquels je donne l'ordre de se rendre à Neidenburg pour se réunir à leur régiment. Je donne l'ordre au général Songis de faire partir pour Neidenburg , pour être attachées à la division du général Zayoncheck , les six pièces d'artillerie françaises qui étaient sous les ordres du général Lemarois , et qui doivent être à Sierock ou à Varsovie ; vous les ferez partir avec leur personnel et leur approvisionnement sous l'escorte des deux régimens de la ire légion polonaise. Je donne l'ordre au général Zayoncheck de se faire rendre compte de l'état dans lequel se trouve le régiment du district de Plozk, afin que lorsqu'il sera formé et habillé on puisse le faire partir pour Neidenburg.
Le corps du général Zayoncheck sera porté sur l'état de situation des autres corps de l'armée sous la dénomination de corps d'observation polonais. L'empereur a autorisé le prince Sukolski à lever un régiment de mille chevaux; ce régiment se formera à Neidenburg sous les yeux du général Zayoncheck; et quand il sera formé et qu'il en aura passé la revue,
DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES, 5l I
ce régiment , qui aura la même formation qu'un régiment de chasseurs , en touchera la solde et les masses sur la caisse de l'armée française.
Au maréchal Masséna.
Osterode , le 7 mars.
L'empereur est instruit que l'ennemi occupe VUlenberg ; l'intention de sa majesté est que vous ordonniez au général Gazan de s'y porter, d'en chasser l'encemi , et de prendre position dans cette ville qui est la tête de la ligne de V Omulew.
Au maréchal Soult.
Osterode , le 7 mars.
L'empereur, monsieur le maréchal, ordonne que vous partiez demain à la pointe du jour avec une forte avant-garde d'infanterie que vous ferez appuyer par la division de dragons du général Klein et par la division de cuirassiers du général Espagne. Le but est de reconnaître la droite de l'ennemi qui paraît faire des abatis et qui paraît être en force sur la position de Launau. Vous menacerez ainsi l'ennemi de le tourner par sa droite , et on verra ce qu'il veut faire. Sa majesté désire que vous tâchiez de bien découvrir sa droite afin de savoir si l'armée est là en position , ou si elle a continué sa retraite, comme vous le dites par votre lettre de ce soir.
Si le maréchal Ney était attaqué demain , vous vous trouveriez, parla, en mesure de soutenir sa gauche dans le mouvement qu'il ferait pour prendre sa seconde position.
Si toute l'armée ennemie £st en position à Launau , l'empereur vous recommande la plus grande attention à ce qu'en culbutant quelques postes on n'engage rien avec le corps de l'armée ennemie. Sa majesté s'en rapporte à vos talens militaires.
Au maréchal Sqult.
Osterode, le 7 mars, à minuit.
L'empereur , monsieur le maréchal , m'ordonne de vous prévenir que vous devez regarder comme nul et non -avenu l'ordre que je vous ai expédié il y a une heure 5 l'intention de sa majesté est que vous ne fassiez aucun mouvement en avant.
Donnez vos ordres pour que vos malades , vos blessés et votre parc , se mettent sur-le-champ en route pour Osterode.
Je vous préviens que je donne l'ordre au maréchal Davout de se mettre en marche pour Osterode.
Au grand-duc de Berg.
Osterode , le 7 mars.
Donnez, mon prince, l'ordre à la division Nansouty de partir demain à la pointe du jour pour se
DES ÉVÊ1VEMENS MILITAIRES. 5^5
rendre sur Osterode ; les brigades se mettront en marche au fur et à mesure qu'elles seront rassemblées. Vous donnerez Tordre au cojumandant de chaque brigade de prendre vos ordres , en passant à Osterode , sur la continuité de leur direction.
jeu maréchal Davoxtt.
Osterode , le 7 mars.
L'empereur, monsieur le maréchal, ordonne que vous vous mettiez demain en mouvement avec votre corps d'armée pour vous rendre à Osterode , où vous recevrez de nouveaux ordres. Je ne parle point de la division Morand qui est restée à Allenstein , et qui recevra des ordres de moi.
Au maréchal Bernadotte.
Osterode , le 7 mars.
L'empereur , monsieur le maréchal , ordonne que vous mettiez en mouvement demain matin vos blessés , vos malades, vos bagages et votre parc , pour se rendre sur Saalfeld. Sans évacuer Braunsberg , vous concentrerez vos troupes sur Holland , de manière à pouvoir , au premier ordre , continuer votre mouvement sur Saalfeld. Votre cavalerie et votre infanterie légère occuperont les ponts sur la Passarge , afin que l'ennemi ne s'aperçoive de rien.
L'empereur a décidé son mouvement , parce que
l'ennemi s'est présenté avec des forces assez considérables de cavalerie et d'infanterie à Janowo et Villenberg.
Au maréchal Ne y.
Osterode, le 7 mars.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que* je viens de donner l'ordre au maréchal Soult de ne point faire la reconnaissance qui lui avait été ordonnée sur la droite de l'ennemi ; vous ne ferez également demain aucun mouvement qui puisse vous compromettre, l'intention de l'empereur étant de concentrer son armée à Osterode.
Donnez l'ordre que tous vos malades , vos blessés , vos bagages et votre parc se mettent en mouvement sur Osterode.
Au général Rapp, à Thorn.
Osterode, le 7 mars.
L'empereur me charge de vous prévenir , général , qu'un grand parti de cosaques fait un mouvement par Neidenburg et Soldan. Il est probable que ce parti sera arrêté par notre cavalerie ; cependant , comme il serait possible que quelques patrouilles interceptassent la route de Thorn, tenez-vous sur vos gardes; mais n'ayez aucune inquiétude.
DES EVENEMENS MILITAIRES. 5'l5
Au maréchal Lefebvre.
Osterode, le 8 mars.
L'empereur me charge de vous prévenir, monsieur le maréchal , qu'il serait possible que , par suite des manœuvres qui vont avoir lieu , Elbing se trouvât évacué , et qu'il fut occupé par l'ennemi , ainsi que Marienburg ; il faut donc prendre vos précautions pour défendre le Nogat s'il est défendable, c'est-àdire s'il n'est pas gelé ; s'il est gelé , il faut vous borner à défendre la rive gauche de la fistule ; vous devez mettre des postes aux bacs, bateaux et autres points de passage , établir quelques piquets , afin que l'ennemi ne puisse jeter aucun parti sur la rive gauche j pour cela , il faut établir une grande surveillance. L'empereur s'en rapporte à votre expérience et à vos talens pour faire ce qui sera nécessaire en pareille circonstance; portez un soin particulier pour veiller à la forteresse de Graudentz.
Il est possible , monsieur le maréchal , que l'empereur donne bataille ici , comme il est possible qu'il juge convenable de passer sur la rive gauche de la J^istule; dans tous les cas , les mesures indiquées cidessus sont nécessaires. Croyez que je vous tiendrai exactement informé de ce qui se passera ; si les combinaisons de l'empereur le portent à passer sur la rive gauche de la Vistuley c'est une raison de pousser
5i6 précis
avec plus de vigueur le siège de Dantzich , et d'en resserrer le blocus ; dans cette position , on sera à même de vous donner un bon corps français.
Au maréchal Davout.
Osterode, le 8 mars.
En vous mandant hier soir, monsieur le maréchal , que vous deviez vous mettre en marche sur Osterode, vous avez sans doute compris que les troupes qui sont à Liiebstadt auraient une trop grande marche , et que rien ne nécessite qu'on les fatigue; ainsi celles qui étaient à Liebstadt resteront à Mohrungen.
Par ce moyen, le maréchal Soult aura Liebstadt, et la division de votre corps d'armée qui est la plus près è? Osterode pourra arriver sans fatigue pour prendre ses cantonnemens entre Osterode et Allen-
stein.
Au maréchal Soult.
Osterode , le 8 mars.
L'empereur , monsieuf le maréchal , vient de prendre lecture de la lettre que vous m'avez écrite en réponse à celle que je vous écrivis hier à onze heures du soir. Vous aurez reçu peu d'instans après la lettre du même jour, datée de minuit, qui annulait la première et qui vous prescrivait de ne faire aucun mouvement.
DES ÉVÉNEMEINS MILITAIRES. 5^
Je vous ai mandé d'évacuer votre parc, etc., sur Osterode ; sa majesté a voulu dire sur Liebemùhl. L'empereur a lu avec attention tout le contenu de votre lettre. Pour le moment, je n'ai rien de particulier à vous mander $ il attend différens rapports.
j4u prince de Ponte-Cor vo.
Osterode , le 8 mars.
Je vous ai écrit hier , monsieur le maréchal , que vous dirigiez vos blessés , vos malades sur Saalfeld; Sa majesté vient d'ordonner au grand-duc de Berg de passer Y Aile avec un corps de six mille chevaux pour balayer tout ce qui inquiète notre droite et nos derrières. J'ai envoyé l'ordre .au maréchal Masséna de faire occuper en force yillenberg ; ces mesures paraissent suffisantes à l'empereur.
Sa majesté , dans l'état des choses , attache la plus grande importance à conserver Braunsberg , ainsi que le pont et la tête de pont ; il craint que le faubourg ne soit difficile à arranger.
D'après les rapports il paraît que toute l'armée ennemie est groupée du côté de Saalfeld. Nous avons eu pendant plusieurs jours à Guttstadl des affaires de trois et quatre bataillons, dans lesquelles nous avons constamment eu l'avantage ; il paraît que l'ennemi se croyait tous les jours sur le point d'être attaqué.
Le maréchal Ney a pris sa position , ainsi qu'elle
S28 précis
lui est indiquée dans l'instruction générale; c'est-àdire qu'il occupe Gultstadt comme tête de pont ; on croit que cela rendra l'ennemi plus tranquille , car il est aussi très - fatigué , et on dit qu'il manque de pain.
Si l'ennemi agissait autrement, il faudrait, de notre côté, nous tenir prêts à soutenir les fatigues pour continuer les opérations militaires.
Quelles sont vos idées , monsieur le maréchal , sur le projet de faire baraquer toute l'armée? l'empereur désire connaître votre opinion ; il ne manque point de bois : l'instruction , la discipline et la santé y gagneraient; on réglerait les manières d'aller dans les villages chercher des subsistances. La saison , à la vérité , n'est pas encore assez avancée , mais cela nous éviterait des marches et contre-marches. Comment placeriez-vous vos camps? l'empereur tient à avoir votre opinion.
Au grand-duc de Berg.
Osterode, le 8 mars.
S'il n'y a rien d'extraordinaire, le grand-duc se portera à'Hohenstein à Passenheim; de là il sera en position de couper le poste qui est à J^illenberg. Il faut savoir ce que l'ennemi, fait à Ortelsburg et à Mensguth ; il est nécessaire d'abord de savoir s'il y a eu de l'infanterie à Villcnbcrg , si cette infanterie
DES EVÉNEMENS MILITAIRES. 5 2g
était une des divisions du corps d'Essen , ou si elle venait du corps de Benningsen.
Le prince correspondra avec le maréchal Masséna et le général Gazan , auquel on a donné Tordre de réunir sa division à Villcnberg , ayant des postes, la gauche appuyée à l'étang de Molda le long de YOmulew; par cette position , Neidenburg se trouvera couvert. La division du général Gazan communiquera avec la division du général Zayoncheck qui se réunit k Neidenburg.
L'empereur dirige une division du maréchal Davout sur Hohenstein , que le grand-duc pourra faire marcher en cas de nécessité absolue , c'est-à-dire en cas qu'il fût; nécessaire d'empêcher l'ennemi de se porter sur Soldan et sur la ligne de communication qui passe derrière la TVkra.
C'est là l'objet principal qui intéresse l'empereur ; aussi , sa majesté ne se fie pas entièrement à la division Gazan, d'autant que son intention est de la faire venir pour donner à la bataille ; mais le général Zayoncheck doit occuper Neidenburg et Janowo avec de l'infanterie et du canon , quand son corps sera formé. Janowo est la tête de la seconde ligne , c'està-dire la rivière à'Qrezyck; et par ce moyen la ligne de communication avec Varsovie , qui se fait derrière la TVkra, aura lieu.
Si Villenberg est évacuée par l'ennemi, soit de
53o , PRÉCIS
gré , soit par les opérations du maréchal Masséna , il est convenable que votre altesse monte plutôt que de descendre , afin de se rapprocher du théâtre des événemens , qui paraît être Heilsberg et Guttstadt.
Au maréchal Davout.
Osterode , le 9 mars.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que vous placiez votre corps d'armée de manière que la droite soit appuyée à Allenstein , comme elle Test déjà par le général Morand ; vous placerez la division Frîant entre Ditrichswald et Alt-Rupten, de manière que les cantonnemens les plus éloignés puissent se réunir par une marche sur Guttstadt.
La division Gudin sera placée entre Hohenstezn , Ditrichswald, Allenstein; votre quartier- général sera établi entre Osterode et Allenstein.
Je donne l'ordre à l'ordonnateur Joinville de vous faire délivrer quatorze mille rations de pain et autant d'eau-de-vie.
Au maréchal Ney.
Osterode, le 10 mars.
L'empereur , monsieur le maréchal , trouve que la position que vous occupez est trop offensive ; elle engage par là l'ennemi à vous occuper de trop près ; il peut croire, s'il veut prendre ses quartiers,' avoir
des éviSnemens MILITAIRES. 53 1
droit d'occuper , avec sa gauche , jusqu'à Y Aile , et sa droite à la nier. Dans la position inquiète où se trouve l'ennemi , il oblige votre corps d'arme'e et celui du maréchal Soult à être constamment sous les armes, ce qui vous fatigue trop; il faut donc sortir de là. Sa majesté vous laisse le maître d'envoyer un , parlementaire pour proposer de se cantonner de part et d'autre , donnant sa parole d'honneur de ne s'attaquer que vingt-quatre heures ou quarante -huit heures après s'être prévenus. Si cela réussit, vous en préviendrez M. le maréchal Soult ; mais vous exerceriez toujours une grande surveillance en cantonnant vos troupes , et vous feriez faire des ouvrages sur les hauteurs de Guttstadt, mais beaucoup en arrière de votre position actuelle, afin que ces ouvrages se trouvent en ligne avec Liebstadt et JVormsdorff.
Si cette démarche près l'ennemi , quoique conforme à l'usage et à ce que nous avons pratiqué dans nos guerres ne vous paraît pas convenable , et que vous supposiez que l'ennemi ne consente point à y accéder, il faut toujours que vous choisissiez une nouvelle position qui appuie sur les hauteurs de Guttstadt, et alors insensiblement vous rentrerez dans la position indiquée par l'instruction générale, ou dispositions générales qui vous ont été primitivement indiquées.
L'empereur a placé le maréchal Davout en seconde ligne, la droite en arrière à ' Allenstein , la gauche
53a précis
entre Ditrichswald et Hohenstein. Sa majesté n'a pu le faire mettre à votre hauteur, à cause de la difficulté des vivres , et parce qu'il faut que nous ayons aussi un corps à portée de se jeter sur les derrières et sur la droite.
Le grand-duc de Berg attaquera aujourd'hui Villenberg , où il y a quelques bataillons d'infanterie et beaucoup de cavalerie.
Au prince de Ponte-Corvo.
Osterode, le 10 mars.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que le grand -duc de Berg tourne et attaque Villenberg occupé par quelques bataillons et beaucoup de cavalerie ennemie , corps que le grand-duc battra complètement.
L'ennemi nous tourmente beaucoup sur notre droite, parce que le maréchal Ney a pris position trop en avant; sa majesté a ordonné que lui et le maréchal Soult1 soient du n au 12 rentrés dans la ligne prescrite par l'instruction ou dispositions générales dont vous avez copie.
Au lieu de quinze cents prisonniers que vous avez annoncé faits par le général Dupont , il n'en est arrivé que sept cents à Thorn, ce qui est bien différent.
ï)ÎIS EVÊNEMF.NS MILITAIRES. 533
Au maréchal Masséna.
Osterode, le ïo mars.
Dans l'instruction que je vous ai donnée le 25 février, monsieur le maréchal , un des objets de votre corps d'armée était de tenir en échec le corps du général Essen et de maintenir les communications avec l'armée , et à cet effet vous deviez tenir les lignes de X Omulew , et même avoir une avant-garde à Ostrolenka ; il est dit également dans cette instruction , que si une des divisions du général Essen , qui vous est opposé, prenait l'offensive , vous deviez également la prendre. L'empere-ur ne trouve pas son intention remplie ; depuis que vous avez appris que l'ennemi était occupé à réparer le pont d'Ostrolenka, et que la division du général Essen , commandée par le général Wolkoscoff, s'était portée sur J^illenberg , ce qui est des mouvemens offensifs, pour inquiéter la droite de l'armée , vous auriez dû reprendre l'offensive ; car sa majesté ne trouve rien d'offensif dans les trois bataillons que vous avez envoyés sur Chorzel ; sa majesté aurait pensé qu'en même temps que ces trois bataillons auraient marché vous vous seriez porté sur Pullusû; de sorte que les trois bataillons se trouvant isolés peuvent être dans le cas d'éprouver un <échec.
Sa majesté, dans cette circonstance, a cru devoir
envoyer le grand-duc de Berg avec sept à huit mille hommes sur Villenberg , et par là elle s'est affaiblie au moment où étant en présence de l'ennemi, il peut d'un moment à l'autre y avoir une bataille. Sa majesté pense que si ses intentions n'ont pas été remplies , c'est que vous ne connaissez pas bien encore le pays. Faites avancer les Bavarois sur Pultusk , ayant des postes sur 1'Omw/ew; faites avancer la division Suchet sur Praznitz, et la division Gazan sur Villenberg, afin que l'empereur puisse rappeler le grandduc de Berg et le corps qui est avec lui sur Villenberg, et que sa majesté puisse même vous rappeler, avec la division Gazan , sur Passenheim, et à la Grande- Armée pour concourir aux opérations. Nos troupes souffrent , sans doute , mais celles de l'ennemi souffrent davantage; tout est relatif, et la plupart des régimens ennemis sont de six cents hommes. Sa majesté ne suppose pas que vous soyez rentré à Varsovie au moment que vous aurez appris que l'ennemi a raccommodé le pont d' ' Ostrolenka ; dans le cas oii vous y seriez , il est urgent que vous retourniez â voÇre corps d'armée , et même à votre avant- garde. L'empereur, du reste , s'en rapporte à vous pour remplir le but de vos instructions avec votre zèle , vos talens et votre bonheur ordinaires.
D£S JiVÉJNEMENS M JLITAIRIÙS. 535
Au maréchal Masséna.
Osterode^ le 1 1 mars.
L'empereur , monsieur le maréchal , apprend que vous avez passé la revue de la division bavaroise forte dé huit mille cinq cents hommes; envoyez-* moi la situation de ce corps. Un régiment de chevau-légers de trois cents hommes, un bataillon d'artillerie légère, arriveront le 14 k T^arsovie , venant de Breslau ; Sa majesté pense que vous aurez fait partir ces trou-pes pour Pullush. Quant aux Polonais, vous avez reçu l'ordre de les Concentrer à Neidenburg à mesure qu'ils seraient habillés et armés; il y aurait beaucoup d'inconvéniens à placer ces Polonais sur le Bug près de la Gallicie.
Vous avez reçu la lettre que je vous ai écrite hier pour vous porter sûr Villetibèrg et y réunir la division Gàzân à tous vos dragons. Il est bien important que vous soyez sur le qui-vive, afin d'observer le* trois divisions du général Essen , afin qu'il ne puisse pal impunément se joindre au général Benningsen et inquiéter les autres corps de l'armée. Sa majesté désire que voïtt reconnaissiez vous-même YOmulew et sôil coiira jusqu'à Ostrolënka ; si vous ne pouvez paré faire occuper cette ville , faites quelques dispositions pour détruire le pont , car cela donne trop
536 précis
d'avantages à l'ennemi. Donnez-nous souvent de vos nouvelles.
A S. A. I. le prince Jérôme Napoléon.
Ostci'ode , le 1 1 mars.
L'empereur , mon prince , a vu avec peine que vous avez fait lever les sièges de Kosel et de Neiss , parce que vous prétendez que les troupes qui étaient employées à ces deux sie'ges sont nécessaires pour conserver la Silésie ; alors sa majesté pense qu'il valait autant continuer lés deux sièges qui offraient un jour ou l'autre l'espoir de se débarrasser de ces garnisons. Vous dites qu'il faut cinq mille hommes pour la gar-^ nison de Glogaw; l'empereur pense qu'un millier d'hommes suffit ; après cela , reste à savcir ce qu'il faudrait en infanterie, cavalerie, artillerie ; pour former un corps d'observation qui se porterait par^ tout contre les partisans et contre les incursions de la garnison de Glatz , etc. Si un corps de sept à huit mille hommes suffisait , il vous resterait encore une division de huit mille hommes dont vous pourriez disposer , et avec laquelle vous viendriez. Le général Dumuy suffirait pour garder la Silésie ; cependant , votre altesse ne doit ordonner aucun mouvement $ elle doit préalablement répondre à toutes les questions ci -dessus. L'intention de sa majesté n'est point
d'évacuer Breslau , et par là de se priver des ressources de la Silésie.
L'intention de l'empereur , mon prince , est que vous fassiez choisir une centaine de pièces , canons , mortiers , propres à un siège. Ordonnez qu'on les embarque à Glogaw, et qu'on les dirige sur Kuslrin, où elles pourront devenir utiles pour le siège de Dantzick.
Au général Sojvgis.
Osterode , le n mars.
Je vous ai mande' , général , que la démolition de Breslau et de Schweidnitz avait été ordonnée , et que l'intention de l'empereur était que l'artillerie et les munitions fussent transférées à Glogaw, et qu'une centaine de pièces , soit canons , soit mortiers propres à faire un siège, fussent envoyées h. Kuslrin, d'où on pourrait les faire servir au siège de Dantzick; de Kuslrin, elles seraient dirigées sur Sletlin pour y être employées; il faut d'abord qu'elles soient dirigées sur Kuslrin, et qu'elles n'en partent que dans des circonstances où elles puissent arriver sûrement à Stettin.
Au maréchal Ney.
Osterode , le n mars, huit heures du soir.
Je viens de communiquer à l'empereur, monsieur
538 précis
le maréchal , le projet de vos cantonnemens qui était joint à votre lettre de ce jour.
Je vous préviens que le grand-duc de Berg s'est porté sur Villenberg , comme je vous l'ai dit par ma lettre d'hier; il n'y a trouvé que quelques escadrons de cavalerie qui ont voulu défendre le pont de YOmulew. Le prince Borghèse, à la tête de son régiment, les a chargés et a fait une centaine de prisonniers , dont deux capitaines. D'après le rapport du grand-duc de Berg , il n'y a point eu d'infanterie à Villenberg, et cependant à deux lieues de cette ville on assurait qu'il y avait treize mille hommes et du canon ; il n'y a sorte de mensonges que les Russes né répandent pour donner le change. Le grand -duc de Berg cîoit être ce soir à Passenheirn avec six mille hommes de cavalerie et la division Oudinot ; il doit faire battre la rive droite de Y Aile. S'il vous arrivait dans la journée de demain quelque chose d'extraordinaire vous le feriez prévenir. Le grand-duc doit, au reste, avec son corps d'observation, revenir du côté d' Osterode prendre sa position de cantonnement.
Villenberg sera occupé par la division Gazan et les dragons de Becker ; Neidenburg est occupé par le corps d'observation du général Zayoncheck fort de six mille hommes.
Le quartier-général du maréchal Davout se trouve à Ditrichswald.
DES ÉVÉNEMENTS MILITAIRES. SSg
La division du général Friant s'appuie du côté de Kokersdorff.
Si vous étiez attaqué, vous pourriez le faire prévenir, et en attendant les ordres que l'empereur donnerait, il pourrait vous soutenir.
L'empereur observe que la saison arrive où Ton pourrait camper. Ne croyez- vous pas qu'il serait avantageux de faire baraquer vos troupes, en formant deux camps en carré , l'un sous Guttstadt , l'autre entre Guttstadt et Wolfersdorff.
Les distributions régulières commencent à s'organiser j d'ailleurs, cela n'empêcherait pas qu'on allât fourrager en règle dans les villages pour chercher des vivres.
Comme l'ennemi se plaît à répandre de faux bruits, il faut lui répondre avec les mêmes armes; répandez donc qu'il vient d'arriver trente mille Bavarois et dix régîmens complets venant de France. La vérité est que le maréchal Masséna a reçu un renfort de huit mille Bavarois, et que la tête de cinq régimens venant de France est arrivée à Thorn, et que l'empereur est dans l'intention de disposer de quatre de ces régimens pour former une division qu'il mettra sous vos ordres, pour rendre votre corps d'armée de même force que les autres.
54o PRÉCIS
Jtu général Rapp.
Osterode, le 12 mars.
Il arrive à Thorn, le J9, le 1" régiment provisoire 5 vous le passerez en revue , lui donnerez un jour de repos , vous pourvoirez aux effets qui lui manqueront , notamment de souliers $ vous ferez donner des armes et compléterez cinquante cartouches par homme ; vous ferez diriger sur Liebstadt les compagnies des 4e? 18e, 57e, 10e légère, 24e et 26e qui appartiennent au corps du maréchal Soult; vous dirigerez la compagnie du io3e régiment, qui appartient au corps du maréchal Masséna , sur Mlawa. Quant à la compagnie du 3e régiment de ligne , elle attendra à Thorn que son régiment y passe. Vous donnerez l'ordre au major et aux deux chefs de bataillon de partir de Thorn en poste pour se rendre à Majence, où ils prendront le commandement d'un autre régiment provisoire pour le ramener à l'armée.
Le 22e régiment et le 65e de ligne arrivent à Thorn du 19 au 20 ) vous les passerez en revue, vous leur ferez donner des souliers et des cartouches , et vous leur ferez donner séjour jusqu'à nouvel ordre.
Le 26e de chasseurs arrive le 20 à Thorn; vous le passerez en revue et le cantonnerez aux environs de Thorn jusqu'à ce que je lui donne des ordres.
Le i5c régiment de chasseurs arrive le 14 j vous le
passerez en revue ; vous enverrez tous les chevaux fatigués à Culm , et vous ordonnerez au i5e de continuer sa route pour Osterode.
Au grand-duc de Berg.
Osterode, le 12 mars.
L'empereur a reçu la lettre que votre altesse lui a écrite , datée de Passenheim le 1 1 à huit heures du soir ; sa majesté pense que vous vous êtes porté aujourd'hui 12 à TVartemburg.
Ayant ainsi dégagé J^illenberg et mis l'empereur à même d'avoir des notions exactes sur ce qui se trouvait à la rive droite de Y 'Aile , votre mouvement se trouve avoir rempli son but , et l'intention de sa majesté est que vous vous reportiez avec votre colonne sur la rive gauche de Y Aile.
Comme vous avez fait des marches assez fortes , telles que celles de J^illenberg à Passenheim, sa majesté craint qu'il ne reste des traînards; en conséquence , son intention est que vous restiez demain à Wartemburg avec votre cavalerie ; vous repasserez Y Aile , soit à A liens te in , soit entre Allenstein et Guttstadt. Sa majesté trouve que deux cents hommes de cavalerie légère sont très-peu de chose et que vous avez poussé le ge de hussards trop loin de vous ; avec la supériorité de cavalerie de l'ennemi , il faut toujours faire coucher mille chevaux ensemble : sa ma-
jesté se rappelle ce qui est arrivé au 9e de dragons; jelle trouve qu'un parti de cavalerie légère , lorsqu'il est de cinq à six cents chevaux et qu'il est bien mené, n'a rien à craindre ; mais qu'un détachement de deux cents chevaux , qui couche à quatre ou cinq lieues de tout secours, est nécessairement en l'air.
Le maréchal Ney et le maréchal Soult sont rentrés dans leurs cantonnemens conformément aux dispositions générales.
Si , pendant la journée de demain que vous serez à JVartemburg , il arrivait des événemens inattendus à Guttstadt , vous manœuvreriez pour soutenir nos troupes, et toujours de préférence sur la rive gauche de Y Aile.
L'intention de l'empereur est que la division Oudinot rentre à Oslerode et y reprenne ses quartiers, que la division de dragons du général Milhaud se -concentre entre Y Aile et la Passarge , de manière k pouvoir promptement se rallier à Allenstein et jéclairer la rive droite de X Aile si cela était nécessaire.
Quant aux deux divisions de cuirassiers , l'intention de l'empereur est aussi qu'elles se rendent à Osterode à très-petites journées ; son intention étant de leur faire prendre des cantonnemens de manière à pouvoir tirer des secours ÏÏElbing.
Prenez toutes vos mesures pour ne pas perdre un
DES ÊTENEMENS MILITAIRES. 545
seul homme , et à cet effet , reployez dès demain tous vos postes sur Wartemburg.
Envoyez le 12e de chasseurs tout réuni, sur la route de Passenheim pour reployer les hommes isolés qui suivraient votre corps; vous aurez d'ailleurs des nouvelles de l'ennemi à TVartemburg et vous saurez si le général Lanskoi est kBischopstein; tâchez d'échanger votre aide-de-camp contre le capitaine que vous avez pris.
Aussitôt que vos troupes auront passé Y Aile , et que vous aurez donné à chacune d'elles sa direction, vous retournerez de votre personne au quartier- gé-t néral impérial à Osterode.
Au général Zayoncheck.
Osterode, le 12 mars.
L'intention de l'empereur, général, est que vous fassiez partir demain matin un bataillon d'infanterie , deux pièces de canon et la moitié de votre cavalerie commandés par un général de brigade pour se rendre à WalUndorff; il fera occuper Molda , Dembowitz et Omulew-Hoffen par des piquets d'infanterie et de cavalerie ; il fera également occuper Omulew de manière que tous les ponts et passages de la petite rivière à'Omulew soient gardés et à l'abri des incursions des cosaques. Vous enverrez une autre avantgarde à Persing derrière la rivière de l'Allé, oc-
cupant les ponts et débouches depuis le lac de Landskerlang jusqu'à celui de YOmulew; deux ou trois compagnies suffisent pour occuper ces postes s'ils sont commandés par un officier actif et intelligent. Écrivez au général Gazan qui est à Villenberg pour qu'il appuie ses postes de cavalerie et d'infanterie par sa gauche à Molda; enfin à mesure que votre corps s'augmentera vous renforcerez vos postes ; vous aurez soin d'envoyer des partis sur Passenheim et sur Ortelsburg , mais veus ne les enverrez pas de moins de deux cent cinquante chevaux , ayant un peu d'infanterie pour les soutenir, en s'ernbusquant soit derrière un bois , soit dans un défilé.
Au maréchal Massent.
Osterode, le 12 mars.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que j'adresse des ordres au prince Jérôme pour qu'il fasse partir sur-le-champ et diriger sur Varsovie le 4e et le 14e régiment de ligne bavarois, le bataillon de chasseurs de Braum et six pièces d'artillerie.
L'intention de sa majesté , monsieur le maréchal , est que la division de troupes bavaroises soit formée en trois brigades commandées chacune par un général de brigade.
La ire brigade sera composée des 2e et 3e régimens
DES éVeNEMENS MlUTAIBES. 545
de ligne , et du 4e bataillon d'infanterie légère avec six pièces de canon.
La 2.e brigade sera composée des 7e et i3c régimens de ligne , et du 3e régiment d'infanterie légère aussi avec six pièces d'artillerie.
La 3e brigade sera composée des 4e et 14e régimens de ligne et du bataillon de chasseurs de Braum , également avec six pièces d'artillerie. L'intention de sa majesté est que chacune de ces brigades ait au moins six pièces d'artillerie, et que , indépendamment de cela , il y ait trois pièces d'artillerie bavaroise attachées à la division.
Donnez vos ordres , monsieur le maréchal , pour la formation de la division bavaroise de la manière ci*dessus prescrite, et adressez - m'en ensuite l'état de situation.
Prévenez le prince royal de Bavière.
Au maréchal Brune.
Osterode, le 12 mars.
L'empereur, monsieur le maréchal, vous ordonne de faire partir sur-le-champ trois mille Hollandais pour se rendre devant Stralsund aux ordres du maréchal Mortier. J'écris au roi de Hollande pour qu'il ait à vous remplacer ces trois mille hommes ; mais quand il ne vous les remplacerait pas, sa majesté ordonne que douze heures après la réception de cet or- 18. 35
dre , les trois mille hommes que je vous demande soient en route pour se rendre devant Stralsund. Ce n'est pas à vous , monsieur le maréchal , qui êtes accoutumé aux manœuvres de l'empereur, que je dois dire que c'est un mouvement inopiné de sa gauche sur sa droite, sauf à en faire un contraire quand les4 grands coups médités seront portés.
Au général commandant à Hameln.
Osterode., le 12 mars.
L'empereur , général , ordonne que vous gardiez douze cents hommes pour la défense de la place, et que vous fassiez partir douze heures après la réception de cet ordre , le surplus des troupes qui sont à votre disposition , pour se rendre devant Stralsund aux ordres du maréchal Mortier. Vous m'informerez, ainsi que le maréchal Mortier, du jour de l'arrivée de ces troupes.
Au maréchal Mortier.
Je vous préviens , monsieur le maréchal , que je donne l'ordre au maréchal Brune de faire partir surle-champ trois mille hommes de troupes hollandaises pour se rendre sous vos ordres devant Stralsund. Je charge le général commandant à Hameln de garder douze cents hommes pour la défense de la place , et de vous envoyer tout le siurplus de ses troupes.
DES ÉVENEMENS MILITAIRES. 5/f7
L'empereur, monsieur le mare'chal , vous ordonne de faire partir, douze heures après la réception du présent ordre, le 12e régiment d'infanterie légère pour se rendre sur Marienwerder, où il est indispensable que ce régiment arrive dans le moindre délai. Tout ceci, monsieur le maréchal, doit vous faire comprendre que l'empereur fait un grand mouvement de sa gauche sur sa droite pour porter un coup inattendu.
A S. M. le roi de Hollande.
Osterode, le 12 mars.
Sire, L'empereur me charge d'écrire à votre majesté qu'il désire qu'elle fasse partir sur-le-champ quatre mille hommes de ses troupes pour Hambourg. Je dirai â votre majesté, pour elle seule, que cette disposition tient à un grand mouvement que l'empereur fait faire de sa gauche sur sa droite , et à une de ses manœuvres inattendues.
Au maréchal M'asséna.
Osterode, le i3 mars.
Je vous ai fait connaître , monsieur le maréchal , que la division bavaroise devait être partagée en trois brigades ; le 14e et le 4e de ligne bavarois doivent arriver incessamment à Varsovie. Ordonnez au gé-
néral Gazan de m'instruîre chaque jour de ce qui viendra à sa connaissance ; de garnir YOmulew depuis Molda; de se cantonner sur la rive droite de cette rivière, depuis Janowo jusqu'à Chorzel; de ne point «oufFrir que ses troupes aillent fourrager sur la rive gauche, parce qu'elles seraient prises par les cosaques. Il faut qu'il fasse faire du pain à Villenberg , qui lui en fournira quatre à cinq mille rations; qu'il fasse faire des perquisitions dans la ville , il y trouvera de l'eau-de-vie et de la farine que les paysans ont volées en pillant différens convois; enfin envoyezlui une brigade de dragons.
Le général Zayoncheck , avec une brigade, est chargé de garder la tête de YOmulew, depuis VAlle jusqu'à Molda.
Si l'ennemi a jeté des ponts à Ostrolenka, ce ne doit être que pour sa cavalerie; il ne doit pas avoir d'infanterie si près de là.
Vous devez avoir toutefois des renseignemens trèsprécis si vos postes sont toujours sur YOmulew ; il est très^important que vous preniez des mesures pour pousser l'ennemi et brûler ses ponts à Ostrolenka , où il ne faut pas souffrir qu'il en établisse.
Le régiment polonais de Plozk pourra fournir un bataillon pour les travaux de M.odlin et pour ceux de Sierock.
Je vous ferai connaître, dans la journée, les dis-
DES ÉVÉNEMENT MILITAIRES. 5/jQ
positions de l'empereur, ses projets et le rôle que vous devez y jouer.
Tâchez de vous procurer à Praznitz soixante mille rations de pain biscuité j il y avait à Chicanow une manutention, remettez-la en activité'.
A S. M. le roi de Hollande.
Osterode, le i3 mars.
J'ai expédié cette nuit un courrier à votre majesté pour lui demander d'envoyer quatre mille hommes à Hambourg ; ce mouvement de troupes est nécessaire parce que le maréchal Brune envoie du côté de Slralsund et de Stettin quatre mille Hollandais de ceux qui sont à Hambourg. L'empereur me charge d'écrire à votre majesté qu'il désirerait qu'elle lui envoyât à Berlin un millier d'hommes de cavalerie. Je la prie de vouloir bien donner ses ordres pour qu'on me prévienne de ceux qu'elle aura donnés à cet égard , et de l'itinéraire que suivront les troupes qu'elle voudra bien mettre en marche.
A S. A. I. le prince Eugène Napoléon*
I Osterode, le i3 mars.
L'empereur ordonne, monseigneur, que votre altesse impériale fasse des dispositions telles que, indépendamment des 3e et 24e régimens de chasseurs français qui viennent à la Grande -Armée, vous y
55o PRÉCIS
envoyiez également deux régimens italiens à cheval au complet de sept cents hommes chacun ; outre la très-grande utilité dont sera pour l'empereur cette cavalerie à la Grande-Armée , cette mesure aura un grand avantage pour le royaume d'Italie, en ce que ces régimens s'accoutumeront à la grande guerre.
Sa majesté ordonne également que vous fassiez partir pour la Grande-Armée le 4e régiment de ligne italien, c'est-à-dire ses deux premiers bataillons au complet de cent quarante hommes par compagnie , formant le complet de deux mille quatre cents hommes pour les deux bataillons. Donnez aussi vos ordres , monseigneur, pour faire partir "neuf cents hommes , dont trois cents tirés de chaque dépôt des régirnens italiens qui sont à la Grande-Armée , afin de remplacer les pertes que ces régimens ont faites. L'empereur désire qu'en faisant partir le 4e régiment d'infanterie italienne et les deux régimens de cavalerie italienne , vous y joigniez une compagnie d'artillerie à pied de cent viugt hommes , et une compagnie d'artillerie à cheval de cent hommes j par ce moyen les troupes du royaume d'Italie auront des hommes de toutes les
armes qui s'accoutumeront à la guerre.
Je prie votre altesse de me faire prévenir des ordres
qu'elle aura donnés pour l'exécution de ces mouve-
mens, et de l'itinéraire que suivront les troupes qu'elle
voudra bien faire mettre en marche.
DES réVENEMENS MILITAIRES. 55 1
j4u maréchal Bessjeres*
Osterode, le 14 mars.
Proposez-moi, monsieur le maréchal, un capitaine de frégate et deux enseignes de la marine de la garde qui se rendront à Elbing ; le capitaine de frégate y fera les fonctions de commandant du port; vous lui remettrez l'instruction ci-jointe.
ORDRE
Pour M , capitaine de frégate de la marine
de la garde.
L'intention de l'empereur, monsieur, est que vous vous rendiez sur-le-champ à Elbing avec deux enseignes, et que vous y preniez le commandement du port d'Elbing ; vous établirez une surveillance telle qu'aucun bâtiment ne puisse en sortir sans votre ordre ; l'intention de sa majesté est que vous fassiez armer deux bateaux pour naviguer sur le Hajfy afin de nous en rendre maîtres.
Le maréchal Mortier donne l'ordre à la moitié des marins de la garde de se rendre à Elbing ; ils serviront à former la moitié de ces équipages; vous trouverez sûrement dans le port quelques pièces de canon de marine j faites-les placer de manière à éloigner toute embarcation qui pourrait venir de Kônigsberg.
Vous me rendrez compte tous les jours de ce qu'il y aura de nouveau, afin que j'en instruise l'empereur.
552 PRÉCJS
Au général Gazan.
Osterode, le 16 mars-
J'ai reçu votre lettre du i5 , général , sa majesté eu a pris connaissance ; elle ne veut point de reconnaissance de cavalerie de vingt-cinq hommes, cela procure de mauvaises échauffourées , il ne faut point fatiguer la cavalerie qui a tant besoin de repos ; un ou deux mauvais cosaques tués ne mènent à rien , tandis que la perte d'un dragon est beaucoup , parce que les premiers ne donnent jamais dans une bataille et que les seconds nous y sont fort utiles ; gardez-vous donc avec des avant-postes d'infanterie : mais tous les deux ou trois jours , faites sortir une bonne reconnaissance de deux cents chevaux et un bataillon pour suivre une direction quelconque et avoir des nouvelles de l'ennemi ; faites reposer infanterie et cavalerie et ne faites que le service absolument nécessaire ) que personne ne bivouaque, nous avons besoin de repos.
Au maréchal JLefebvke.
Osterode , le 16 mars.
L'intention de l'empereur , monsieur le maréchal , est que vous protégiez la route de Stettin à Dantzick, afin que vos convois marchent avec sûreté et que votre correspondance avec le général qui commande devant Colberg soit prompte $ c?est à l'avenir par
vous que je correspondrai avec lui , et par vous qu'il correspondra avec moi} vous avez envoyé cent cinquante chevau-légers saxons; faites partir une autre colonne de trois cents chevaux polonais, et enfin une autre de cent quarante chevaux de cavalerie de Bade; joignez à chacune de ces colonnes un petit détachement d'infanterie ; ces trois colonnes partageront l'espace entre Dantzick et Colberg; donnez-en le commandement à un de vos aides-de-camp ou officier supérieur de votre état-major, qui puisse manœuvrer cette cavalerie, c'est-à-dire la réunir ou la partager suivant les circonstances.
Envoyez-moi un état de situation des 23e et 10e de chasseurs ; sa majesté est étonnée que ces régimens ne forment que quatre cent soixante chevaux ; sur l'état de situation mettez où sont les détachés ; ces deux régimens devaient avoir huit cents chevaux.
Vous avez un régiment de cavalerie polonais fort d'environ six cents chevaux ; vous pouvez le garder : mais vous avez deux autres régimens , un de deux cent vingt-six chevaux , et l'autre de cent quatrevingt-six, que vous devez envoyer de suite à Osterode.
Au maréchal jLefebvre.
Osterode, le 16 mars.
L'empereur après avoir lu la lettre que vous lui avez adressée , monsieur le maréchal , me charge de
vous écrire qu'il voit que vous avez un corps d'environ vingt mille hommes, et que ces troupes, que v,ous regardez comme en partie mauvaises , le sont bien moins encore que celles qui vous sont opposées et qui sont dans la place de Dantzick.
L'équipage de pont doit vous être arrivé; le général Chasseloup doit être aussi devant Dantzick, ainsi que le général Kirgener, officier du génie propre à tout et qui doit vous rester; faites jeter un pont à une portée et demie de canon de Dantzick; par ce moyen la J^istule sera passée , et vous vous trouverez à même de bloquer Dantzick de tous côtés; tant que vous n'aurez pas de pont , soit au-dessus soit audessous de Dantzick y vous ne serez pas maître de la langue de terre , et par conséquent la ville ne sera pas bloquée ; cependant cette opération est de la dernière importance : il est impossible que l'ennemi puisse vous empêcher de jeter un pont à quatre-vingts ou cent toises de la place, car cela peut se faire dans une nuit.
Au maréchal Masséna.
Osterode, le r 6 mars.
L'empereur , monsieur le maréchal , après avoir pris connaissance de votre lettre du 14» me charge d'y répondre ; sa majesté voit avec plaisir que vous vous êtes assuré que l'ennemi n'a plus d'infanterie
DES ÉVENEMENS MILITAIRES. 555
sur la rive droite de la Narew, et que la cavalerie qui était sur Villenberg a également repassé la Narew.
II faut ou occuper Oslrolenka avec un détachement d'infanterie qui se reploierait s'il était attaqué en force supérieure , ou au moins ne pas souffrir que l'ennemi y ait des ponts : mais sa majesté pense que le plus utile serait d'y avoir un peu d'infanterie.,
Tâchez de réunir à Praznitz quatre -vingt mille rations de pain et autant de rations de biscuit, afin que quand vous recevrez l'ordre d'agir avec la Grande - Armée , vous puissiez avoir pour quatre jours de pain dans le sac, et pour quatre jours dans les caissons.
Sa majesté désire que les divisions ne soient point confondues ; que la division Gazan soit réunie , et les troupes de la division Suchet de même.
L'empereur, monsieur le maréchal, désire appeler, au moment où il sera dans le cas de faire une expédition , les quatre régimens de la division Gazan , le 17e d'infanterie légère , le 4°e et le 34e d'infanterie de ligne de la division Suchet , et laissera le 64e et le 88e pour d'abord couvrir VOmulew et défendre Pultusk, de même Varsovie.
Quant aux Bavarois , je vous ai déjà fait connaître qu'ils devaient être formés en trois brigades ; l'intention de l'empereur est que deux de ces brigades soient en position de manière à pouvoir marcher à l'expédi-
556 PRECTS
tion avec nous , et que la 3e brigade soit destinée à rester pour défendre YOmulew et Pultusk, et en dernier lieu Varsovie.
Ainsi donc , monsieur le maréchal , les quatre régimens de la division Gazan formeront environ 6,000 hom.
Les trois régimens du général Suchet 4>5°°
Les deux brigades bavaroises 6,000
i6,5oo inf.
Les dragons du général Becker. ... 1 ,5ao La cavalerie bavaroise 600
2,100 cavaî.
Quant à votre artillerie , il faut la placer de manière à ce que vous puissiez avoir disponible pour l'expédition toute l'artillerie du général Gazan , la moitié de celle du général Suchet , les deux tiers de celle bavaroise , et enfin toute votre réserve , en sorte que cela vous fasse quarante ou cinquante pièces d'artillerie , car dans cette guerre c'est avec le canon principalement que l'on entame les affaires.
Il restera donc pour défendre VOmulew , Pultusk , Sierock et en dernier lieu Varsovie, le 64e régiment et le 88e, le 10e régiment de hussards et le 21e de chasseurs , la 3e brigade bavaroise formée de cinq
des événemens militaires. 55y
bataillons Ces forces seront augmentées de sept mille Bavarois qui se rendront de Breslau sur Varsovie, et dont la marche sera combine'e de manière qu'ils arrivent au plus tard à Varsovie deux ou, trois jours après que vous aurez commencé votre mouvement; le général Suchet pourrait être laissé pour commander toutes les troupes destinées à couvrir Varsovie et qui ne marcheraient point avec vous : mais pour que le mouvement puisse se faire de manière à ce que l'ennemi ne s'en aperçoive pas, il faut que dès ce moment Y Omulew soit garni par les voltigeurs du 64e et du 88e, par le 10e de hussards et le 21e de chasseurs , et le bataillon d'infanterie légère de la 3e brigade bavaroise ; le reste de la brigade resterait à Pullush , Rozan et Sierocfi.
Par ce moyen , l'ennemi ne peut point s'apercevoir lorsque vous mettrez en mouvement les troupes qui devront marcher sous vos ordres , puisque ce sera un mouvement intérieur, et que cela ne dérange rien à la ligne de YOmulew; ce qui ne sera pas utile sur YOmulew de la 3e brigade bavaroise que vous laisserez au général Suchet, restera à Varsovie.
En tenant toutes les troupes qui devront marcher avec vous, monsieur le maréchal, à Praznitz , Villenberg, CJwrzel, Malzow, même à Mlawa, votre colonne se trouve avoir deux jours de marche pour rejoindre la droite de l'armée , avant que l'ennemi
558 précis
puisse s'apercevoir de son mouvement. Vous avez le temps de vous préparer à cette opération , l'empereur ne comptant faire son mouvement offensif que dans la première quinzaine d'avril , tant pour laisser arriver la bonne saison que pour organiser les vivres.
D'ici à ce temps, arrangez -vous pour avoir vos subsistances prêtes à Praznitz, et disposez votre artillerie et vos bataillons , de manière à les mettre en mouvement facilement.
Vous ferez donc occuper YOmulew et même Os~ trolenha par un bataillon de la 3e brigade bavaroise, ou par un du 64e.
Si l'ennemi vous attaquait avant que vous n'ayez reçu l'ordre de marcher, ou qu'il vous approchât de trop près, vous seriez en position de marcher à lui et de le repousser.
Si l'ennemi attaquait la Grande-Armée , vous seriez encore, par la disposition prescrite, en mesure d'arriver à Ostcrode où l'empereur réunirait son armée pour donner bataille ; si au contraire , comme tout laisse à penser, l'ennemi reste tranquille et nous laisse l'initiative , nous nous trouverons en mesure de marcher à lui avec deux cent cinquante mille hommes réunis, du ier au i5 avril.
Le ier et le 3e régiment d'infanterie polonais sont partis de Sierock et de Varsovie pour se rendre à Neidenburg; mais les 2e et 4e doivent rester où ils
DES ÉVÉtfEMEJSS MILITAIRES. 55(J
sont, c'est-à-dire à Sierock et à Praga où ils achèveront leur organisation ; ce sera encore environ trois mille hommes qu'on pourra faire marcher sur Y Omitlew et Oslrolenka pour masquer le mouvement.
J'écris à Varsovie pour donner l'ordre qu'on mette à votre disposition dix mille paires de souliers. Je vous préviens encore, monsieur le maréchal, qu'au moment de l'opération , l'intention de l'empereur est de joindre à vos dix-huit mille hommes un autre corps de son armée.
Tout ce que je viens de vous dire dans cette lettre une fois bien entendu, je ne vous en parlerai plus, parce qu'il est possible que. la correspondance se trouve interceptée, et cela est tellement important, que nous devons nous en tenir à cette lettre , à moins que nous ne nous entendions d'une manière vague et ambiguë. Préparez -vous sans retard pour les dispositions ci-dessus , et pour cela ayez l'air de menacer l'ennemi sur Byalistok. Faites-moi connaître, monsieur le maréchal , le nombre de pièces d'artillerie que vous pourrez emmener avec vous, et le nombre de celles qui resteront pour la défense de Varsovie.
A M. Mathieu Faviers.
Osterode, le 17 mars.
J'ai mis sous les yeux de l'empereur , M. Faviers , votre lettre d'hier 16 , ainsi que l'état des expéditions
56o PRÉCIS
de la place d'Elbîng sur les différens points de Farinée. Sa majesté a vu que du 24 février au i5 mars, ce qui fait vingt jours , les envois que vous avez faits ne sont pas considérables -, elle voit que deux cent mille rations de pain envoyées ne font qu'environ dix mille rations par jour , et dans chaque envoi il manquait environ un tiers, ce qui provient d'erreurs dans les charrettes ou de vol en route ; les farines envoyées sont en raison, à peu près, de cent cinquante quintaux par jour. Vous n'avez envoyé que trente-huit mille bouteilles de vin et vingt-sept mille jointes d'eau-de-vie , ce qui ferait environ quinze cents bouteilles par jour , et vous avez pourtant annoncé qu'il y avait à Elbing plus de deux cent mille bouteilles.
Sa majesté ordonne que vous expédiiez sans délai sur le quartier -général cent mille bouteilles de vin; que vous fournissiez aux icr, 4e et 6e corps d'armée assez d'eau-de-vie pour faire une distribution tous les jours '? c'est-à-dire mille pintes par jour à chacun de ces corps. Envoyez aussi à Mohrungen , pour faire partie des approvisionnemens du quartier*- général , cinq mille pintes d'eau-de-vie my par l'état du 11, dont copie est ci -jointe, vous deviez envoyer six mille rations de pain au 4e corps, six mille au 3° corps , et six mille au 6e, en les envoyant directement sans passer par Osterode.
Je vous ai également prescrit la proportion d'eaude-vie que vous deviez envoyer à ces corps d'armée ; d'après ces dispositions , il faut donc trouver hElbing les moyens de faire par jour dix-huit mille rations de pain , plus six mille rations pour les six régimens de cavalerie qui vont cantonner aux environs tfElbing; total , vingt-quatre mille rations de pain.
Il faut faire , en outre , par jour dix mille rations de pain biscuité pour former la réserve de deux cent mille rations demandée pour les premiers jours d'avril , ce qui fait en tout trente-quatre mille rations à faire chaque jour. Vous avez expédié trois mille quintaux de farine sur Osterode; l'intention de l'empereur est que vous en expédiiez trois mille autres pendant l'espace de quinze jours , à raison de deux cents quintaux par jour. Il faut aussi expédier journellement une certaine quantité de farine sur Liebsladt et de grains sur Guttstadt , où il y a des moyens de moudre; le blé n'est point utile à Osterode, parce qu'on ne peut y moudre qu'une quarantaine de quintaux par jour} ainsi, une cinquantaine de quintaux par jour nous suffira : mais la chose à laquelle l'empereur attache une grande importance , c'est que vous envoyiez une grande quantité d'eau-de-vie aux corps d'armée et au quartier-général , ce qui conservera la santé du soldat; faites de nouvelles recherches pour trouver du riz , ce qui sera également bien
56i pitEcis
utile à la santé des troupes. Par le retour de mon courrier , répondez par un mémoire à tout ce que je vous demande dans cette lettre , afin que l'empereur sache sur quoi compter. Croyez, au surplus, que sa majesté sait apprécier votre zèle.
Au général Liger Belair, à Bromberg.
Osterode, le i£ mars.
Je vous préviens, général, que l'empereur vient de vous nommer pour être chargé de la défense du canal de Bromberg.
Ce canal , depuis Y Oder jusqu'à Bromberg , étant le principal moyen de communication de l'armée , l'intention expresse de sa majesté est qu'il soit pris des mesures pour en assurer la navigation contre les partisans , et qu'il en soit pris aussi pour travailler aux réparations qui seraient nécessaires, de manière qu'il y ait le moins d'interruption possible dans la navigation.
Pour maintenir la sûreté de la navigation , le commandant d'armes de Landsberg aura cent hommes d'infanterie ; il y aura à Driesen cent hommes d'infanterie , à Silehne cent hommes d'infanterie , autant à Czarnikow sous les ordres d'un officier supérieur , cent hommes d'infanterie à Usez, cent hommes à Biatostiwe , et cent à Nakel sous les ordres d'un officier supérieur.
DES ÉVÉNEMENS MILITAIKES. 565
Vous vous tiendrez de votre personne , général , partout où vous jugerez votre présence nécessaire, tantôt à Bromberg , tantôt à Nakel, tantôt à Driesen , et vous êtes autorisé à réunir ces troupes, selon les circonstances. Je charge le général commandant le génie de vous envoyer un officier de cette arme, qui sera chargé de l'inspection du canal , de faire faire aux écluses et sur tout autre point tous les travaux nécessaires.
Les commandans d'armes, depuis Landsberg jusqu'à Bromberg , seront sous vos ordres , et vous aurez en outre à votre disposition deux cents hommes de cavalerie.
Vous correspondrez tous les jours avec moi , ainsi qu'avec le gouverneur de Tliorn et le général commandant à Kustrin. Vous aurez soin de me faire connaître les nouvelles que vous aurez des partisans , et vous prendrez tous les moyens pour rendre la navigation sûre , facile et rapide.
Les commandans d'artillerie de Kustrin et Bromberg vous instruiront du départ des convois, et vous feront connaître les noms des commandans de ces convois.
Les hommes d'infanterie désignés ci -dessus seront fournis par les corps polonais de Posen , ainsi que les deux cents hommes de cavalerie. Je donne l'ordre au général Legendre , commandant à Posen , de faire
564 précis, etc.
diriger le plus tôt possible ces troupes sur Bromberg , où elles seront à votre disposition, et d'où vous les répartirez de la manière ci- dessus indiquée. Correspondez à cet égard avec le général Legendre.
Prenez de suite , général , puisque vous vous trouvez à Bromberg , l'exercice du commandement qui vous est confié, et instruisez-moi de l'état des choses, ainsi que de vos dispositions.
TABLE RAISONNEE