ENSEMBLE DES ÉDIFICES. 99 "* PA RT
Ili'SUTIO*.
variété qui résulterait de ces divers édifices, destinés à des usages différents, jointe à la symétrie des portiques destinés tous au même usage, ce mélange des objets de la nature et des productions de l'art offrirait le spectacle le plus varié, le plus magnifique, et le plus théâtral, bien qu'on n'eût pas songé à la décoration, ou pour mieux dire, parce qu'on n'y aurait pas songé.
D'après tout ce que nous avons dit, on doit voir combien il importerait de répandre les connaissances relatives à l'architecture ; combien il serait utile de faire entrer dans toute éducation libérale, au moins les premières notions d'un art dont tout le monde veut parler.
PREMIERE SECTION
(1) Les matériaux du premier genre se divisent eu deux espèce* :
Les uns se trouvent en masse dans la carrière, tels que les granits, U*s porphyres, les jaspes, les marbres, quelques gTés ; et les autres se présentent par couches, tels que les pierres.
Quoique la composition des granits, des porphyres et des jaspes soit différente de celle des marbres, on ne laisse pas de comprendre dans la marbrerie tous ces matériaux sous la dénomination de marbre, parce qu'en général ce sont des matières dures et colorées.
Il y a du granit de différentes couleurs : il s'en trouve de rouge, de rose, de vert, de grise! de feuille-morte. Les couleurs du porphyre varient paivil lement : il y en a de rouge, de brun, de vert et de gris. Il en est de même du jaspe, qui est noir ou violet, rouge, ou gris, ou vert.
On distingue deux espèces de marbre : les marbres antiques, et les marbres modernes. On appelle antiques , les marbres dont les carrières sont perdues, et dont nous n'avons connaissance que par quelques ouvrages des Anciens; modtrnct, ceux dont les carrières existent, et dont on fait usage actuellement.
Parmi les différents marbres antiques et modernes, on distingue encore les marbres veinés, qui présentent des veines d'une ou de plusieurs couleurs; et les marbres briehet, qui offrent un assemblage de cailloux ou de coquillages incrustés dans une espèce de pâte.
Les marbres antiques sont : le porphyrt rouge et vert; le lapis, qui est d'un bleu foncé; le strftntin, qui est d'un vert brun; l'albâtrt; le blanc antique;
Premier genre <lr mi
eu deux ftpe-
res.
Marbre en
MM
Granit, itorphtrr, ja«pc.
Marhrr»
proprement dill.
Veines ei brèche».
Marbre»
antiques.
Qualités du mtrbrr.
du mvbrt.
Slue.
Emploi du marbre
A.ivortimenl Ui-s miïtire*.
Gris.
le marbre africain, (acheté de rouge et mêlé de veines blanche» êt verte* ; le noir antique, tacheté de blanc; la brocatelle. nuancée de jaune, de rouge et de gris; h jaspe verdâlre, mêlé de tache» rouges; le vert et le jaune antique, etc.
Les marbres modernes sont : le marbre blanc, que l'on trouve à Carrare et qui est le plus estimé; celui du ci-devant Languedoc, qui Test le moins, il est d'un vermillon sale, mêlé de grandes veines et de taches blanches; le marbre du ci-devant Bourbonnais, d'un rouge sale, mêlé de veines grises et jaunes; le térancolin, qui est gris et jaune, tacheté de sang; la griote, qui est de couleur de chair; le r*rr campan. mêlé de rouge , de blanc et de vert; le vert d'Egypte, d'un veri foncé, tacheté de gris de lin; le tert de mer, plus clair que le campan ; la brèche violette, et les autres brèches ; le Uanc veiné ; le bltu turquin; le rance. etc.
Les marbres en général ont l'avantage d'être durs, de présenter à l'œil le mélange des plus belles couleurs, et de recevoir parfaitement le poli.
Dans les marbres il se rencontre des défauts capables de les faire rebuter, tels que d'être fiers , c 'est-a-dire trop durs et trop difficiles A travailler ; filandreux, ayant des fils qui les traversent, comme le rance, le sérancolin; terratseux, avant des parties tendres que l'on est obligé de remplir avec du mastic, comme la plupart des brèches; camelotés, paraissant ternes après avoir été polis ; poufs, ne pouvant, semblables au grés, conserver de vive arête.
On imite les différents marbres par une composition appelée stuc, laquelle, quoique assez dure, est sujette à l'humidité - } ce qui fait qu'on ne l'emploie guère que dans les intérieur».
Le marbre est cher, et, par cette raison , ne s'emploie d'ordinaire que par revêtement ou par incrustation. On en fait rarement usage en bloc et en parpaing, si ce n'est quand il s'agit de colonnes, de vases, de cuves, de figures, etc.
Les diverses couleurs des marbres exigent quelque attention dans leur assortiment. 11 faut réserver les marbres blancs et sans veines pour la sculpture, se servir des blancs veinés pour les fonds, et réserver ceux qui sont diversement colorés pour les colonnes, pour les frises et pour les panneaux d'incrustation. On doit éviter les assortiments de couleurs qui tranchent trop, et encore plus ceux de couleurs à peu prés semblables.
A Paris, on n'emploie guère le grés que pour paver; il y en a de dur et de lendie. La couleur de ce dernier lire sur le gris. Le grès, pour sa liaison, exige un mortier de ebaux et de ciment Lorsqu'on en fait usage, il faut, dans la bâtisse, former des cavités en zigzag dans ses lits, afin d'empêcher le mortier de sécher trop vite.
Toutes les pierres se trouvqpt par couches; mais les unes sont dures, et Pierre*, le» autres tendres. Nous n'entrerons pas dans le détail des pierres de tous les pays, nous nous bornerons à faire connaître celles dont on fait le plus d'usage à Paris et aux environs.
La plus belle des pierres dures est celle de liait. 11 y en a quelques carrié- viiTre» res vers le faubourg Saint-Jacques, à Sainl-Cloud et à Saint-Leu. Elle porte durc ' depuis 18 centimètres (7 pouces) jusqu'à 27 centimètres (10 pouces) de hauteur de banc. Il y en a do deux sortes : le liais franc ou doux, et le liais Lut*. fêrault. Ce dernier est plus dur, cl s'emploie do préférence dans les dehors. La chapelle de Versailles en est hiitie. Par économie, on se sert souvent de liais en place de marbre; on en pave les vestibules, les antichambres et les salles à manger; on en fait des chambranles de cheminée, des cymaises; enfin, tous les ouvrages qui exigent une pierre dure et fine.
La seconde espèce de pierres dures, celle dont on se sert le plus fréqueni- P | trte ment, vient d'Arcue\l et de Bagneux. Ces pierres se distinguent en haut et ^J^",» bas appareil. Le premier porte depuis 48 ccntimél. (18 pouces) jusqu'à 80 centimét. (2 pieds et demi), le second depuis 32 centimètres ; 1 pied ) jusqu'à 48 centimètres ( 18 pouces ). On en fait des marches , des cymaises , des seuils, des appuis et des tablettes.
La pierre de Tonntrre est trés-estiuiée a cause de son grain fin et serré. W* Tonnerre. Aussi pleine que le liais, elle est plus tendre, plus blanche, et porte environ 48 centimètres (18 pouces). On s'en sert ordinairement pour la sculpture. La fontaine de Grenelle en est entièrement bâtie.
La pierre de Vergetée, qui se tire à Saint-Leu, est rustique et remplie Dr VirçtrWc. de petits trous. Elle est excellente pour les constructions qui se font dans l'eau.
De toutes les pierres tendres, celle de Saint-Leu est la pierre dont l'usage Pie"*» est le plus commun. Elle porte depuis 64 centimètres jusqu'à un mètre 28 centimètres 2 pieds jusqu'à 4). On l'emploie avec avantage dans les parties su- Dt ' périeures; mais on ne doit point s'en servir dans les lieux humides, ni sous des fardeaux considérables.
On emploie encore comme pierre tendre, celle de Conflans-Sainle-Honn- ,), ' , riue. près Saint-Germain; son grain est Irés-fiu. L'entablement flu porche du Panthéon français est de cette pierre.
La craie et la pierre à plâtre ne valent pas grand'chose. La dcriiiért» est si susceptible d'être dissoute par l'eau et de s'écraser sous le fardeau , qu'elle est proscrite par les lois des bâtiments.
L'ardoise est une pierre noire, grise ou verdâtre, et feuilletée. Il v en a r ' 0M *• il« doux sortes : la dure et lu tendre. La dure sert pour faire du pavé, des
S*iat-L*u.
loi
Qualité* e I l [iin re.
FnVauU n»
Crtn mml en 3.Mvn«l on . ..il \, <ï<:r le»
tables; el la leoJrc, qu'on débite de l'épaisseur^u'on veut, sert pour rouvrir les édifices. Il j en a de plusieurs grandeurs ; le plus grand moule a 52 centimètres sur 20 ( 12 pouces sur 8), et le plus petit en a 20 sur 10 (8 sur 4}. Celle qui vient de l'Anjou est la meilleure.
Toutes ces espèces de pierres, et une foule d'autres, ne s'emploient que taillées. Il en est que l'on fait servir telles qu'elles sont au sortir de la carrière , comme des libages et la meulière.
tas libages sont de gros quartiers de pierre trop bruts et trop irréguliers pour être équarris. Le plus souvent, ils proviennent du ciel des carrières , et servent dans les fondations.
La meulière sert aussi dans les fondations, parce que te mortier s'y accroche aisément a cause de ses cavités; on peut encore l'employer avec avantage dans les parties basses des édifices. Sa couleur rougeâtre, qui contraste avec le blanc jaunâtre des autres pierres , peut jeter naturellement de la variété dans l'aspect d'une construction.
En général, pour que la pierre soit bonne, il faut qu'elle soit pleine , c'està-dire sans fils , moies ou coquillages ; tire . c'est-à-dire susceptible de se durcir à l'air; franche, c'est-à-dire qu'elle ne tienne ni de la dureté de celles qui forment le ciel de la carrière, ni de ta mauvaise qualité de celles qui sont adbéi entes à la terre. Il faut, de plus, qu'elle ait un grain lin et uni.
Les fils, les coquillages et les moies sont un défaut dans la pierre ; les fils, parce qu'étant plus durs que le reste, ils rendent la pierre susceptible de se fendre; les coquillages, parce que la pierre étant taillée, son parement n'est pas assez uni; et les moies, parce qu'elles s'écrasent sous le fardeau.
Lorsqu'on tire les pierres de la carrière, leurs lits ou couches sont couverts d'une espèce de mousse que l'on nomme bousin. Il faut avoir soin d'abattre entièrement celle partie-là , qui est tendre, conséquemment sujette à se dissoudre à la pluie cl à l'humidité, et qui, dissoute, se réduit en poussière ainsi que les moies.
On a la liberté de -poser dans le sens que l'on veut, les divers matériaux qui se trouvent en masse ; mais les pierres qui se forment par couches doivent être placées dans te même sens que dans la carrière, c'est-à-dire sur leur lit. L'expérience a fait voir qu'elles ont plus de consistance dans cette situation que dans tout? autre. Car il en est des pierres comme d'un livre : posé à plat, il peut supporter des fardeaux énormes; mais debout, il cède au moindre poids qui écarte les feuillet*.
Ce u'csl pas que souvent fou n'ait employé des pierres en délit. Les-Gotlis
faisaient ordinairement leurs colonnes de cette manière; et c'est ainsi qu'ont été construite* les colonnes de la façade de Versailles, du côté des jardins , et eellesdo la cour du Louvre. La où les colonnes, inutiles d'ailleurs, ne sont que pour la décoration , comme dans les exemples que nous venons de citer, il importe peu de quelle manière la pierre est placée; mais dans un édifice raisonné, où les colonnes doivent servir a porter des fardeaux, il importe beaucoup de placer sur leur lit les pierres qui les composent.
Outre les noms que les pierres prennent des lieux dont on les tire , elles en empruntent encore, soit de la place qu'elles occupent dans les bâtiments, soit de l'état où elles se trouvent avant d'être placées , ou même avant d'arriver au chantier.
On appelle pierre d'échantillon, un bloc assujetti à une mesure envoyée par l'appareilleur au carrier ;
Pierres de grand ou dt bat , appareil , celles qui portent plus ou moins de hauteur de banc après avoir été atteintes au vif;
Pierre brute, celle qui n'a pas encore été ébousinée;
Pierre bien faite, celle où l'on trouve peu de déchet en l'équarrissant ;
Pierre en- chantier, celle qui est calée par le tailleur de pierres avant d'être façonnée ;
Pierre débitée, celle qui est sciée & la scie sans dent, comme la dure, ou à la scie A dent, comme la tendre;
Pierre faite, celle qui est entièrement taillée, et en état d'être posée;
Pierre fichée, celle dont l'intérieur des joints est rempli de mortier ou de plâtre;
Pierre de parpain , celle qui occupe toute l'épaisseur d'un mur, et fait double parement ;
Pierre d'attente, celle qui saille hors de l'extrémité d'un mur;
Pierres perdues, celles que l'on jette dans les fleuves et les rivières lorsque Cou veut y construire quelque ouvrage , et que là profondeur ou la nature du terrain ne permet pas d'y enfoncer des pieax.
Le moellon provient soit de l'éclat de la pierre, soit d'un banc peu épais, et que I on a débité ainsi. Sa qualité principale est d'être bien équarri et bien gissant, parce qu'alors il a plus de lit et consomme moins de mortier.
Le moellon doit être ébousiné ainsi que la pierre ; autrement le bousin empêcherait la liaison : on doit pareillement le poser sur son lit.
Le moellon taillé, équarri et réduit A une hauteur uniforme, se nomme moellon piqué, parce que l'on pique souvent son parement avec la pointe du marteau. C'est ainsi que l'on s'en sert dans les ouvrages soignés. Dans ceux qui le sont moins, on l'emploie A peu près comme il vient de la carrière ;
Noms flut t on «toute •ui pierrt»
llurllon.
alors on le recouvre d'un enduit pour suppléer au défaut du gi$sement. U brique est une espèce de pierre artificielle, faite avec de l'argile. On la pétrit, on la corroie de manière a en faire une pâte ductile, que l'on façonne dan» des moules ; on la fait ainsi sécher sous des hangars, et ensuite dans un four, avec du bois ou du charbon de terre. Oiuiw» et Pour que la brique soit bonne , il faut que la terre employée à sa fabricadrUuu de li , ion jqJ, graue, f or le et sans cailloux ou gravier ; qu'elle soit parfaitement b " q,>f corroyée avec le rabot, et cuite suffisamment d'une manière égale.
Une précaution essentielle, c'est de la laisser refroidir lentement, sans quoi la brique est sujette à se feuilleter, et à se réduire en poudre à la gelée et sous le fardeau.
Manière de U brique est bonne lorsque , exposée * la gelée , elle y résiste ; lorsqu'elle s i »<ur"'rdetâ reo j un Mn clair dés que l'on frappe dessus, et que le grain en est fin et
bonté.
serré.
Les dimensions de la brique sont 20 centimètres (8 pouces) de longueur, 10 centimètres (4 pouces) de largeur, et 5 centimètre. (2 pouces) d'épaisseur. Sa couleur est d'un rouge jaunâtre ou brun.
Etb»n de La meilleure brique vient de la Bourgogne; mais il est peu d'endroits ou U bn " u » l'on ne poisse s'en procurer. Elle peut suppléer parfaitement à la pierre , dans les endroits où celle-ci est rare ; elle résiste beaucoup mieux au feu et à l'humidité. Sa légèreté la rend précieuse pour un grand nombre de constructions, principalement pour celle des voûtes. Peu do matériaux réunissent autant d'avantages. Les tuyaux de cheminée, les foyers, les fours, etc., se font presque toujours en brique.
Tuile. La tuile est de la même matière que la brique, et doit avoir les mêmes
qualités; seulement, la cuisson en est plus forte. On en fait de deux grandeurs : celle de Bourgogne, qui est la meilleure, et que l'on appelle tuile du grand moule, » 3* centimètres sur 2» (13 pouces sur 8 et demi); celle du petit moule, qui vient des environs de Paris, a 27 centimètres sur 16 (10 pouces sur 6).
En Italie , en Hollande, en Flandre et dans une partie de l'Allemagne, les tuiles, au lieu d'être plates, sont creuses, ou faites en S.
Le désavantage de la tuile est dans sa pesanteur, qui force d'élever les combles plus qu'on ne te ferait, si on les couvrait en ardoise. Carreau. Outre la Brique et la tuile , on fait en terre cuite des carreaux pour paver les édifices.
Bai,- Les bois, relativement a leur usage dans les bâtiments, se distinguent en u.U«pe'cc». ^j,^ ckarptnUt de menuùerie et de placage.
Les bois employés le plus ordinairement pour U charpente, sont le chêne
Bols rfa Murpenie.
S»Vin.
Bol» de meauiierie.
et le sapin. On fait également usage de rorme, du hêtre du charme i du nôjer, du tifleul, et*. ; mais aucun 4e ces bois n'est comparable au ebéne ni -même a» sapin. ■'•
Le chêne est celui qui se défend temieux eonlre les intempéries" de l'air ; celui, qui , plongé dans l'eau ou enfonce- dans la.'terre, est susceptible de la plus longue durée; celui enfiaqui petit oftir tes pièces les plus considérables en longueur et en équarrissage. •
Le sapin a l'avantage d'être plu» léger que le chêne, et de se conserver phis longtemps,- lorsqu'il est recouvert de plâtre.
Dans la menuiserie et dans la sculpture, on emploie ordinairement le chêne tendra , le sapin , le tremble, etc.
Les bois de placage sont l'ébéne , l'acajou , les bois de la Ghine, de violette, et autres que l'on débite par feuilles, et qui sont susceptibles de recevoir ùo beau poli.
Les avantages du bois sur la pierre sont d'être moins fragile et plus facile ■ a travailler. Il se transporte plus commodément , sert à tirer comme à porter, et peut se poser en tous sens; mais il a l'inconvénient d'être sujet aux incendies.
Il ne faut pas employer te bois trop vert , car il ploierait trop aisément , et pourrirait trés-vite. •
Si, lorsqu'il est encore un peu vert, on est obligé d'en faire usage, il faut le laisser quelque temps dans l'eau pour en dissoudre toute la séve : c'est te meilleur moyen de le garantir de la pourriture.
11 faut avoir grand soin d'enlever tout l'aubier. Ce sont les couches extérieures qui u'ont point encore acquis beaucoup de consistance. On les enlève si le bois n'a pas été écorcé sur pied; autrement, on peut les laisser.
On doit rejeter le bois blanc, qui se corrompt facilement; le boisai/, c'est-à-dire, qui a des fentes occasionnées par la gelée ; le bois mort , qui faut» dû bol*, n'est bon qu'a brûler; le bois noueux ou filandreux, sujet à casser; le bois qui se tourmente , faute d'être assez sec.
Outre les dénominations qui indiquent les défauts du bois , il en est d'autres qui désignent les façons dont il est susceptible. On nomme bois apparent, celui qui n'est pas recouvert de plâtre ; corroyé, celui qui est passé au rabot dans la charpente, et à la varlope dans la menuiserie; bois de brin, celui dont ou a seulement ôté les quatre dosses Saches pour l'équarrir ; de triage, celui qui est débité à la scie , en chevrons, en membrures et en planches.
Le bois est une des matières dont on fait le plus fréquent usage dans tes bâtiments. 11 en compose, tantôt la totalité, et tantôt une très-grande partie, fresque toujours on l'emploie aux planchers et aux toits.
Avi du bgu
Précaution* à prendre.
Nomi reli-
Nom* relâ- Uf» * son eni-
La force varie dans les bois : le chêne, par exemple, est un de ceux qui
résistent le plus, et le peuplier un de ceux qui résistent te moins.
Dans chaque espèce , la résistance est en raison inverse des longueurs, en
raison directe des largeurs, et eo raison des carré* des épaisseurs. De plus , et
toutes choses égales, celte même résistance varie suivant la position ; car une
pièce de bois posée horizontalement sur deux appuis rompra plus facilement
qu« si elle était inclinée; et dans ce^te dernière situation, elle rompra plus
Anenuem- aisément encore que si elle était debout
io'dl' tn m£ Parmi les agents qui servent â lier entre eux ces divers matériaux , le plâtre
itmui. est un de ceux dont l'usage est le plus fréquent.
Filtre. Le plâtre, pour être bon, doit être bien cuit, gras, blanc, facile â em- S«* qu.tîlfc pfo^ e j prompt à fajre liajgon
Autant qu'il est possible,' on doit l'employer au sortir du four, et ne jamais l'exposer ni au grand air, ni à l'humidité , ni au soleil : celui-ci l'échauffé, la pluie le détrempe et l'air l'éventé.
cm «u Da,w une fou,e de ««'constances, le plâtre est extrêmement avantageux, en ion «Joui cm- ce que son -action est très-prompte, et que, de plus, il se suffit à lui-même; l> '° IfT en quoi il diffère de la chaux, qui a besoin de la présence d'un autre agent
pour acquérir de la dureté.
Mais on ne doit point l'employer indifféremment; car, s'il est vrai qu'il . réussisse parfaitement pour les plafonds , pour les souches de cheminée, pour les enduits extérieurs et intérieurs, il n'est pas moins vrai qu'.il réussit trés-mal dans les lieux humides , dans les fondations des édifices et dans la liaison des murs en pierres de taille. Il se lie très-bien avec le fer, mais il ne se lie nullement avec le bois, à moins que celui-ci n'ait été lardé de clous.
Mamrr* df On emploie le plâtre, 1- tel qu'il sort du four, et après l'avoir pulvérisé i nnitioyr grossièrement avec une balte : c'est ainsi qu'on s'en sert, soit dans la construction des gros murs de moellon ou de Jibage , soit pour hourdir les cloisons de charpente; 2° après l'avoir passé au panier pour les renformi», les crépis, les gobetages; 5° cnGn, après l'avoir passé au sas ou tamis: et c'est la manière dont on le prépare pour les enduits, les moulures et la sculpture.
On appelle hourdir, maçonner grossièrement avec du mortier ou du plâtre ; renformir, c'est réparer de vieux murs; gobeter, c'est jeter du plâtre avec la truelle et le faire entrer avec la main dans les joints d'un mur; crépir, c'est employer le plâtre avec un balai, sans passer la truelle ui la main par-dessus ; et l'on appelle enduit, une couche de plâtre unie, appliquée soit sur un mut ,• soit sur une cloison de charpente ou de i
f.es diverses manières d'employer le pldlrc exigent qu'il soit gâché différemment. On le gâche serré pour les gros ouvrages, les scellements et les enduits; on le gâche un peu clair pour les moulures que l'on traîne avec un calibre; enfin, l'on y met beaucoup d'eau pour couler, caler, ficher et jointoyer les pierres.
Dans tous les cas, il faut avoir l'attention de ne gâcher le plâtre qu'à me- - sure qu'on en a besoin, sans quoi il sécherait et ne pourrait plus servir.
C'est principalement de Montmartre qu'on lo tire; on en trouve aussi a Meudon, à Triel, etc.
Le mortier est un composé de chaux, de sable ou de ciment. Avant d'entrer dans un plus grand détail sur sa composition, il faut dire un mot des ingrédients que l'on y fait entrer.
Tous les marbres et toutes les pierres dont la composition a do l'analogie t hiut arec celle des marbres, sont propres â faire de la chaux; mais les plus pesantes, les plus dures et les plus blanches sont les meilleures : la chaux de* Anciens était toujours faite avec du marbre.
La chaux se cuit dans des fours, avec du bois ou du charbon de terre. . Lorsqu'elle est cuite , elle doit être sonore, et exhaler beaucoup de fumée si on la mouille. Après sa sortie du four, il est essentiel de ne la voiturer que dans des tonneaux bien fermés, afin que l'humidité ne puisse pas la pénétrer. Il n'est pas moins nécessaire de l'éteindre peu de temps après sa cuisson ; car si on la conserve en pierre trop longtemps, même à l'abri de l'air, elle perd sa qualité.
Les eaux de pluie, de source ou de rivière sont les seules bonnes pour éteindre la chaux; encore faut-il avoir soin de l'exposer quelques jours à l'air : l'eau trop froide mettrait Ja chaux en grumeaux.
On éteiut la chaux dans un bassin pratiqué à côté de la fosse où l'on veut la conserver; on la jette dans le bassin après l'avoir concassée; on l'y remue avec des rabots, en versant de l'eau à mesure et avec précaution, car trop d'eau la noie.
Quand elle est délayée, on débouche, dans le bassin, le conduit qui répond à la partie supérieure de la fosse; on laisse écouler la chaux, avec l'attention de mettre une grille dans le conduit , afin d'arrêt ir les corps étrangers. La chaux écoulée, on bouche le conduit, et l'on recommence l'opération autant de fois qu'il est nécessaire.
Lorsque la fosse est pleine, on la laisse â découvert pendant quatre ou cinq jours ; on l'arrose d'un peu d'eau pour faire rejoindre les fentes ; et lorsqu'elle ne se fend plus, on la recouvre de 32 ou 64 centimètres { 1 ou 2 pieds) de m-
ble, pour empêcher le conUct de l'air. On peut la conserver ainsi fort longtemps, uns avoir A craindre qu'elle perde rien de sa propriété. Sable. Il j a deux espèces de sable : celui de rivière, qui est jaune, rouge ou blanc, et celui qu'on tire des gabion ni Ares ou des fouilles de terre.
Le sable est bon, lorsqu'aprés avoir été frotté entre les mains, il n'y laisse aucune partie terreuse, ou lorsque l'eau, après qu'on l'y a remué, reste parfaitement claire.
Ciment. Le ciment n'est autre chose que du tuileau concassé, ou de la brique au défaut de tuileau.
Mortier. Le mortier, ainsi que nous l'avons dit plus bant, est un mélange de chaux , de sable ou de ciment. Pour faire du bon mortier, il faut un tiers de chaux sur deux tiers de sable. Mais si la chaux n'est pas de la première qualité, on en met un peu plus : il en est de même du sable.
Si la chaux est nouvellement éteinte, on n'a pas besoin du secours de l'eau pour opérer le mélange, il suffit de le corroyer avec des rabots; mais, dans tous les cas, il faut y employer le moins d'eau qu'il est possible.
Le mortier dans lequel on substitue le ciment au sable , est particulièrement employé aux ouvrages qui se construisent dans l'eau.
Le plâtre durcit tout de suite; le mortier exige du temps^ pour se consolider, mais aussi il devient infiniment plus dur.
Pour unir entre eux les divers matériaux, on se sert encore de fer, de cuivre el de plomb.
r> f . Le fer, pour être bon , doit être doux , et avoir le grain fin : il ne doit contenir ni gerçure ni paille. Le meilleur vient du ci-devant Berri.
Il est essentiel de n'en employer que la quantité nécessaire ; parce qu'autrement, loin d'opérer la liaison, il y mettrait souvent obstacle.
Les fers qui servent de liaison sont généralement appelés gros fers. Tels sont les tirants, les ancres, les linteaux, les plates-bandes, les boulons, les crampons , les manteaux de cheminée , les bandes de trémie , etc.
Il en est qui servent à la sûreté ; on les nomme fers de menus ouvrage*. Tels sont les serrure», les pentures, les fiches, les loquets, les verroux, etc.
Quelquefois, cependant, il entre de gros fers dans les objets de sûreté, comme dans les barreaux de croisées, les grilles, les fléaux , etc.
On nomme fer cornette celui qui a 13 â 18 centimètres (5 à 7 pouces) de large sur 13 a 18 millimétrés (6 â 8 lignes) d'épaisseur ;fer carré, celui qui a de 2 à 5 centimètres ( 1 ou 2 pouces) de grosseur; fer rond, celui dont on se sert pour les tringles , et qui a 1 A 2 centimètres ( 9 à 10 lignes) ; ftr de caril-
QCALITÉS DES MATIÈRES. 111
ton, celui qui a do 12 à 22 millimétrés (5 à 9 lignes); et côtes de vache, tous les fers qui ne «ont point à vive-arête. On emploie aussi à différents usages du fer en tables minées, qu'on appelle t&let, et dont les feuilles ont jusqu'à 2 métrés (6 pieds) de long.
On fait servir le plomb non-seulement à lier des matériaux , mais encore a M***faire des tuyaux de descente ou de conduite. 11 sert aussi quelquefois à couvrir les édifices.
Pour ce dernier usage, on emploie deux sortes de plomb : l'un qui est coulé, et l'autre qui est laminé. A égale épaisseur, le premier est celui que l'on doit préférer t les défauts n'en sont pas cachés par la compression.
Le meilleur plomb se tire de l'Angleterre et de l'Allemagne.
Le cuivre est un autre métal qui sert ou à cramponner les pierres ou à cou- Cu,ne vrir les édifices. Dans le premier cas, les Anciens le préféraient au fer, a rause de sa plus grande durée.
DEUXIÈME SECTION
(2; Les moyens de s'assurer de la qualité du sol, sont la sonde ou les Qualiu» do puits. 80,1
Si le sol est mauvais, il faut que l'art vienne au secours de la nature.
Les terrains sur lesquels on peut asseoir solidement les édifices sont le roc, le gros sable mêlé de terre, les terrains pierreux, et la terre franche.
Les mauvais terrains sont le sable mouvant, la glaise, les terres remuées, rapportées et marécageuses.
Lorsque le sol n'a pas la consistance nécessaire, et qu'il faut creuser trop p r * faU iioft
avant pour atteindre le bon fond, si le bâtiment n'a pas un grand poids, et * prendre ... ... poor hùta
que le terrain soit susceptible détre également comprimé, on établit un fonder.
grillage de charpente, sur lequel on élève les fondements avec le plus d'uniformité qu'on peut, afin que toute la masse prenne un tassement égal.
Si, dans quelque endroit du terrain, l'on rencontre des trous, des cavités, on les comble lorsqu'ils sont peu considérables ; autrement, on élève des piliers de pierre depuis le bon fond, et sur ces piliers on bande des arcs capables de porter les murs.
Aux endroits où l'on rencontre de IV au, on enfonce des pilotis pour porter le grillage de charpente.
La première assise des fondements doit être en bons libages, sur lesquels on place de gros moellons durs, bien ébousinés, â bain de mortier, ebaux et sable. On élève ainsi le mur jusqu'à 8 centimètres (3 pouces) au-dessous du sol des caves. A cette hauteur, on établit une assise de pierres dures faisant toute l'épaisseur du mur, et, sur celte assise, en laissant de chaque côté 8 centimètres (3 pouces; de retraite, on élève les murs des caves ou souterrains jusqu'à 8 centimètres (3 pouces) au-dessous du niveau de la terre, le tout avec un mortier de chaux et de sable, et non avec du pUlre. Pum de boii (3) La pierre et le moellon, etc., ne sont pas les seuls matériaux qui entrent et clouons. j ang j a construction des murs de face et de refend, on y emploie aussi le bois : alors, les premiers prennent le nom de pans de bois, et les seconds celui de e louons. Les uns et les autres sont composés de poteaux cormiers, de sablières, de poteaux d'huisserie; de décharges, ou pièces inclinées et destinées â soulager les sablières, à' entre-tout* qui forment le bas des croisées, de linteaux qui font la partie supérieure de ces croisées et des portes, de tournuse* ou pièces d'inégales longueurs, enfin de potelets ou poteaux plus courts que les autres, et qui servent de remplissage.
On assemble dans les poteaux cormiers les sablières, et dans les sablières les poteaux d'huisserie.
On appelle cormiers les poteaux des angles, et à'hviuerie ceux qui se trouvent de chaque côté des portes ou des croisées, dr doUow' ^° °^ stm 5 ue lro ' 8 * or ' es de cloisons relativement a la manière de les maçonner : on les nomme simplet, pleines et creuses.
Aux cloisons simples on cloue du rapoint Usage sur le côté des bois, et l'on hovrde les intervalles avec des plâtras et du plâtre : ensuite, on enduit à la fleur des poteaux qui restent apparents.
Aux cloisons pleines, après avoir hourdi, on latte des deux cOlés, de 8 en 8 centimètres (de 3 en 3 pouces), et sur le lattis on fait un enduit qui recouvre le tout.
Enfin, aux cloisons creuses, on met les lattes jointives sans hourdir, et l'on enduit comme aux cloisons pleines.
On maçonne les pans de bois comme les cloisons simples et les cloisons pleines ; mais on ne les maçonne jamais comme les cloisons creuses.
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Construction archilriocs.
Si nous avons recommandé de placer sous les mars en moellons, etc., une «-.sise de pierres, on sent que celle précaution est encore plus nécessaire sous 1rs pans de bois et sous les cloisons, pour les empêcher de pourrir.
On donne ordinairement aux pans de bois et aux cloisons 16 â 18 centimètres ;6 à 7 pouces) d'épaisseur.
Outre les cloisons en charpente, il y en a encore en menuiserie et en plâtre. Les premières ont 8 centimètres (3 pouces; d'épaisseur, et les deuxièmes en ont 3 ou 5 ( 1 { ou 2 pouces).
Il y a deux sortes de cloisons de menuiserie. Les unes se font avec des planches de bateau assemblées à claire-voie, dans des coulisses haut et bas, rt entretenues par des traverses ou entre-toises; elles se lattent tant plein que vide, et s'enduisent au niveau des coulisses et des entre-toiscs. , Les autres sont faites de planches à rainures et à languettes : elles sont assemblées haut et bas dans des coulisses, et n'ont qu'un centimètre (un pouce) d'épaisseur.
Les cloisons en plâtre se font en grands carreaux qui se jettent en moule, et que l'on place ensuite les uns sur les autres.
(4) Lorsque les architraves sont composées de plusieurs claveaux, on place un mandrin de fer dans l'axe des colonnes. Ce mandrin s'élève jusqu'au niveau de la partie supérieure, soit de l'architrave, soit delà corniche. A celle hauteur, les mandrins sont reliés les uns aux autres par des chaines de fer qui vont d'abord do l'axe d'une colonne A l'autre; puis, des axes des colonnes à l'axe du mur, dans lequel elles sont arrêtées par des ancres. Dans le second cas, celui où les mandrins s'élèvent à la hauteur de la corniche, quelquefois, pour plus de sûreté, aux premières chaines, on en ajoute d'autres, mais placées diagonalement. Quand les mandrins d'axe ne pénétrent pas la colonne dans toute sa hauteur, il faut au moins qu'Us y descendent d'un huitième.
Si l'on place deux rangs de colonnes l'un sur l'autre, alors le rang inférieur doit être de pierres dures, et le rang supérieur en pierres tendres.
;5 ) Lee cheminées sont adossées aux murs ou pratiquées dans leur épaisseur. Chwninr**. On les adosse toujours contre les murs mitoyens, et quelquefois on les enfonce dans les murs de refend. Elles sont composées de deux jambages, d'un manteau qui les réunit, et d'un tuyau qui donne passade à la fumée. • v On en fait de grandes, de moyennes et de petites. Les grandes ont d'ordinaire 1,92 centimètres (6 pieds) d'ouverture sur 96 centimètres (3 pieds); et les petites, 80 centimètres sur 80 (2 £ pieds sur 2 *). La profondeur des unes et des autres est d'environ 64 centimètres (2 pieds). Les jambages et le manteau des premières ont 18 à 20 centimètres ( 7 à 8 pouces) de largeur, et ceux des dernières, 8 â 10 centimètres (3 i fc pouces;. Les luyaux ne doivent pa« I. 15
avoir moins de 72 centimètres (2 pieds 5 pouces] de long sur 24- centimètres (9 pouce») de large. Leurs languettes ont 8 à 10 centimètres (3 â i pouces ; d'épaisseur.
Ou construit le tout soit en pierres, soit en briques, ou en plâtre.
On doit avoir grand soin de ne jamais placer l'aire d'une cheminée sur aucune des pièces de bois qui font partie des planchers. 11 faut toujours laisser dans ceux-ci un vide que l'on appelle trémie, lequel, en largeur, a 8ccoli- * mètres (3 pouces) au delà du hors-d'œuvre des jambages, sur 96 centimètres (3 pieds) de long, à partir du fond de la cheminée, ou, ce qui est la même chose, du cvntre-ctrur.
Ces trémies se font avec un hourdis de plâtre et de plâtras supportés par deux bandes de fer recourbées à chaque extrémité. Quelquefois on croise celle-ci par une troisième bande que l'on scelle dans le mur. Sur le hourdis, ou l'on pose un foyer, soit de pierres, soit de marbre, ou l'on continue de carreler jusqu'au contre-cœur.
On met au fond de la cheminée une plaque de fonte ou un coolrc-mur soit de tuileaux , soit de briques. Le manteau est soutenu par une barre de fer recourbée aux deux bouts, laquelle pose sur les jambages, et se scelle dans le mur. Le tout est revêtu d'un chambranle de pierre ou de marbre, et d une tablette. Le tuyau est supporté par une barre de languette qui pose sur les pieds-droits.
Quand il y a plusieurs cheminées l'une au-dessus de l'autre, si elles sont adossées, il faut en dévoyer les tuyaux. Mais on doit se garder de le faire, si elles sont prises dans l'épaisseur du mur, à cause des porte-a-faux que cela occasionnerait. Lors mêmes qu'elles sont adossées, il faut, en dévoyant les tuyaux, leur donner le moins d'inclinaison qu'il est possible , pour ne pas trop fatiguer les murs.
FittichT». (6) Quelquefois, pour diminuer les dimensions des poutres, on place sur leurs côtés des lambourdes ou pièces moindres, sur lesquelles ces solives portent ou dans lesquelles elles s'assemblent ; et l'on met de pareilles lambourdes le long des murs, afin de ne pas altérer la solidité de ceux-ci par le scellement de toutes les solives. Les lambourdes se scellent dans les murs ainsi que les poutres, et sont soutenues de distance â autre par des corbeaux de fer. Lorsqu'elles sont accolées a ces dernières, on les y réunit par des boulons et . par des êtriers.
Les solives d'enchevêtrure ne sont quelquefois destinées qu'à porter les rhevétres placés au-devant des àlres, ainsi que les bandes de trémie , alors elles portent d'un bout dans les murs, et de l'autre sur les poutres oo les lambourdes. Quelquefois on les fait de plus servir à remplacer les poutres, et,
d.ins ce cas , on les scelle dans les murs comme celles-ci ; mais on ne les « harpe ji.is dans loule leur longueur du poids des solives de remplissage , on se contente d'assembler dans leurs extrémités les liusoirs placés le long des murs ou des passages des tu vaux de cheminées, et dans lesquels s'assemblent .1 leur tour ces dernières solives.
Lorsque les murs de fare sout tout en moellon, en les construisant, on place, a La hauteur de chaque étage, un cours de plates-formes assemblées de 13 centimètres [â pouces d'épaisseur, et sur lesquelles on fait porter les solives d'enchevêtrure.
Quand les planchers ont une certaiue étendue, pour les roidir et pour eu augmenter la force, on peut mettre, tant plein que vide, entre les solives, des étrésillons ou bouts de bois que l'on fait entrer de force par-dessous, dans des rainures pratiquées dans les solives.
A l'extrémité de chaque poutre, on doit placer un tirant ou plate-bande de fer avec une ancre d'environ % centimètres 3 pieds.» de long pour empêcher l'rVartemenl.
Tous les bois qui avoisinent les tuyaux de cheminée doivent en être éloignés de 8 centimètres { 3 pouces ).
Outre les différentes pièces dont on a parlé, on en emploie encore d'autres, principalement dans les planchers qui se trouvent immédiatement sous les combles. Nous en dirons un mot en parlant de ceux-ci.
(7) Dés que la charpente d'un plancher est achevée, on latte par-dessus et par-dessous, et l'on a soin que le lattis ne soit pas tout a fait jointif. Sur le lattis supérieur, on fait une aire de plaire de 8 centimètres ( 3 pouces ), sur laquelle on pose les carreaux, et par-dessous on plafonne.
Pour augmenter la solidité de ces plafonds, on fait quelquefois des augels entre les solives , et voici comment cela se pratique. Après avoir latlé pardessous, tant plein que vide, ou garnit de clous les côtés des solives; puis, après avoir appliqué une planche sous le lattis, on fait une espèce de canal demi-cylindrique entre les solives. Le plâtre de ces augels, se joignant à celui du plafond, empêche toute espèce de gerçure. »
Si, au lieu de carreaux, on veut employer du parquet, on assied sur l'aire du plancher des lambourdes scellées à augels. Il y a mieux, c'est que l'on ne. fait point d'augels; on pose des lambourdes sur un lattis jointif, et même, quand les solives sont bien dressées, on place le parquet immédiatement dessus.
Les planchers ordinaires , tout compris, n'ont guère que 32 renliméin » (1 piod,> d'épaisseur lorsqu'ils sout carrelés, et VU centimètres 15 pouces.
quand ils sont parquetés. Pour les entresols, on en fait qui n'ont pas plus dt» 16 centimètres (6 ponces).
PUiuhcr* (8) Pour les exécuter, on commence par faire un bâtis léger de charpente wù^pUim! ou °* menuiserie, de 6 centimètres (2 \ pouces) de large, auquel on donne la courbure que Ton veut donner à la voûte. Sur le bâtis on Gxe des planches joiutivea; ce cintre, on le pose sur des pièces de bois horizontales, scellées dans les murs, cl quand la voûte a une grande étendue, on les soutient par d'autres pièces perpendiculaires : on commence alors la voûte à l'une des extrémités de la pièce. Deux ouvriers postés, l'un à un bout du cintre, l'autre au bout opposé, placent le premier rang de briques a plat, dans la tranchée que l'on a pratiquée dans le mur, et continuent de la sorte jusqu'à ce que, venant à se rencontrer, ils parviennent a fermer la voûte. Ils recommencent la même opération, qui ne cesse que lorsque le cintre se trouve entièrement couvert. Alors, ils doublent cette voûte par un deuxième rang de briques, ayant soin de les placer i recouvrement.
Le cintre ainsi couvert, on le fait glisser sur les pièces de bois horizontales qui le supportent, et l'on répèle la même opération jusqu'à ce que l'on soit arrivé à l'autre extrémité de la pièce.
Ces voûtes forment une espèce de berceau. On en fait aussi en façon d'arc de cloître. Dans celles-ci, le cintre ne peut pas élre mobile, il doit occuper toute l'étendue de la pièce : ces briques se posent de quatre côtés à la fois. Quand on a placé les deux premiers rangs de briques tout autour, on les double tout de suite d'un autre rang à recouvrement, et l'on continue de cette façon jusqu'à ce que la voûte soit fermée.
Toutes ces voûtes se maçonnent avec du plâtre.
On remplit les reins des premières avec de petits moellons, et sur le tout on fait une aire. Dans les reins des deuxièmes voûtes on pratique des contreforts de 1,60 en 1,60 centimètres (5 pieds en 5 pieds), ainsi qu'aux angles de la voûte; le surplus, on le remplit do terre bien sèche, et l'on carré le.
Quelquefois on n'emploie dans les voûtes qu'un seul rang de briques; mais alorsjpn les place de champ. Dans tous les cas, on enduit les voûtes par-dessous. Des murs de 64 centimètres (2 pieds) d'épaisseur suffisent pour une voûte large do 6,48 à 8,10 centimètres (20 â 25 pieds) ; mais il faut avoir l'attention de ne jamais donner A celle-ci moins d'un sixième de montée, et de contenir récartement des murs par des tirants parallèles quand les voûtes font berceau, et en croix lorsqu'elles sont en arc de cloître.
Au droit des tuyaux de cheminée, on doit aussi placer des linteaux de fer pour empêcher l'action de la voûte.
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L'épaisseur de ces voûte* à leur sommet n'est que de 10 A 13 centimètres ( % A 5 pouces).
(9) Dans la construction des voûtes il faut employer le moins de fer que l'on peut; ce métal est un trop faible moyeu d'assurer leur solidité. Le mieux serait de n'en faire aucun usage; mais lorsqu'on ne peut se dispenser d'y recourir, il faut du moins tâcher de le faire servir, non A porter, mais A tirer.
(10) Dans le plancher du comble , plancher auquel l'entrait sert de poutre, il y a le demi-tntrait de croupe, qui par un bout s'assemble dans l'entrait , et par l'autre bout porte sur le mur : de plus, on y place dos youstett assemblés dans les entrait* ; des coyers ou pièces diagonales assemblées dans les goussets, et qui servent de tirants aux demi-fermes d'arêtiers; enfin, des solkeaux <Tempannon, qui s'assemblent dans les coyers.
La charpente du comble achevée, on latte, et sur le lattis on place la tuile ou l'ardoise en recouvrement.
(11) Leur construction est A peu prés la même que celle de la première espèce de voûtes plates. Sur un cintre mobile dont la courbure est celle d'un demi-cercle, on met deux rangs de brique à plat, en liaison ; et sur la voûte formée par les deux rangs de briques, on fait, avec des tuileaux, trois petits massifs triangulaires pour établir la pente du comble : on enduit le tout, et sur l'enduit ou cloue l'ardoise. Quoique ces combles n'aient presque pas de poussée, il est bon cependant de relier par quelques ormatum en fer les murs qui les soutiennent.
La plupart des combles en pierres ressemblent assez à ceux dont on vient de parler, et n'en différent que dans la matière, la voûte étant en pierre au lieu d'être en briqne, et la couverture en dalles au lieu d'être en ardoise. Cependant on en fait quelquefois dont la construction a plus d'analogie avec les combles en charpente qu'avec ceux qui sont en brique. Ces combles se pratiquent par travées formées de dalles posées à recouvrement, et soutenues par des arcs qui font la fonction de fermes : les arcs sont réunis par des platesbandes; les joints verticaux des dalles, lesquels correspondent directement au milieu des arcs, sont recouverts par des demi-cylindres en pierre, qui s'emboîtent les uns dans les autres, et la portée des dalles est soulagée par des barres de fer qui se scellent dans les arcs. Ce que nous allons dire des terrasses achèvera d'écUircir ce que nous avons dit des combles en pierre.
(12) Les terrasses se construisent ou avec des tables de plomb que l'on Tm»*K». soude ensemble, ou avec des dalles de pierre. On peut, A la rigueur, poser les premières sur l'aire d'un plancher, mais les secondes doivent toujours porter
Les joints des dalles doivent être placés vis-a-vi* les uns des autres et » plonib, sur un petit canal ménagé sur la voûte , afin que si l'eau venait à t'y introduire, elle put s écouler dans le caniveau pratiqué au-dessous de la première dalle. Pour plus de sûreté, on doit relever les bords des joints par une espèce de bombement.
Les combles en pierre et les terrasses se maçonnent avec du ciment , et se joignent avec le mastic.
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TABLE RAISONNËE