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maigre, en donner à leurs édifices . supprimeraient au contraire les colonnes <lan> ( eux où elles seraient le plus néces- 9i lires. D'autres enfin. a\anl sans resse le mot de génie à la bouche, voulant toujours faire du neuf, seraient au désespoir si leurs productions ressemblaient à quoi que ce soit ; ou, par une contradiction bien étrange, ils ne croiraient rien faire de bien si leurs projets ne ressemblaient plus ou moins à tel ou tel édifice élevé par tel ou tel architecte, quoique cet édifice fût destiné à un tout autre usage que celui dont il s agirait.
A\ant de faire toutes les observations dont il a été ques- i4iKu d ,'i« lion plus haut, il faut donc s'appliquer à bien connaître la JSfS£&. nature de l'édifice qu'on se propose de construire : examiner çw ' quelles sont de toutes les qualités que peuvent avoir les édifiées., celles que celui-ci doit posséder le plus éminemment : - assurer si c'est la salubrité, comme les hôpitaux ; la salubrité et la sûreté tout à la fois, comme les prisons ; la propreté, comme les marchés, les boucheries; la commodité, comme les maisons particulières; le calme et la tranquillité-, comme les édifices destinés à l'étude; l'agrément et la gaîté, comme ceux consacrés au plaisir, etc. : rechercher, en un mot, tout ce qui peut contribuer à remplir le but de l'architecture en général, et celui de chaque édifice en particulier. Faisant usage alors de la méthode que la raison indique, on parviendra à composer tous les édifices avec une égale facilité et un succès égal.
S'agirait-il, par exemple, d'un hôpital? loin de chercher à en rendre l'aspect affligeant par sa pauvreté, son dénûment. H * to * ainsi que les partisans de la décoration ne manqueraient pas de le faire, par la raison que cet édiûce est destiné à recevoir de pauvres malades ; l'architecte vraiment digne de ce titre, considérant qu'un tel édifice a pour objet le soulagement 1 13
Il» PART. 98 COMPOSITION.
de 1 humanité souffrante, objet du plus grand comme du plus noble intérêt, s'attacherait au contraire à le traiter avec toute la dignité et même tout l'agrément dont il serait susceptible, afin que l'amour-proprc blessé, la crainte d'une misère plus grande que celle que l'on éprouverait, n'éloignassent pas de cet asile les infortunés que le besoin de secours y appelle : il ne craindrait pas d'employer des colonnes pour former de vastes portiques, qui faciliteraient et accéléreraient le service des diverses salles isolées, et destinées au traitement des différentes maladies ; il croirait devoir embellir ce séjour par de superbes plantations, embellies elles-mêmes par des eaux jaillissantes, objets dont l'aspect agréable influerait efficacement sur le succès du traitement et la promptitude de la guérison.
S'agirait-il d'une prison, d'un de ces édifices destinés au maintien de la tranquillité publique ? considérant que l'on peut être détenu sans cependant être coupable, que, quand même on le serait, on ne doit être puni qu'après avoir été jugé; la salubrité et la sûreté bien établies d'abord, l'architecte ne s'occuperait plus qu'à rendre un tel lieu supportable par tous les moyens possibles, loin de chercher à le rendre horrible par le spectacle ridicule de colonnes enchaînées, entassées, incarcérées en quelque sorte dans les murs, etc.
Au lieu de tel ou tel édifice, serait-il question de la disposition d'une ville? l'architecte rechercherait tout ce qui pourrait en rendre le séjour salubrc, les communications faciles, sûres et commodes : en conséquence il placerait les rues, les ponts, les places publiques, sur des axes communs, borderait les unes et les autre* de portiques, séparerait les maisons particulières qui formeraient les rues, les édifices publics qui environneraient les places, soit par des jardins, «oit par des cours ou des parvis plantés d'arbres; et la
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