FORMES ET PROPORTIONS
En nous occupant des matériaux et de leur disposition dans la cons^iction des éléments des édifices',, nous avons dû remarquer que, si la nature nous en offre quelques-uns tout
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prêts à être mis en œuvre, il faut de toute nécessité travailler la plupart des autres, soit pour les rendre propres à bâtir en général, soit pour les approprier à l'usage auquel sont destinés les divers éléments des édifices. C'est ainsi que l'on enlève au bois son aubier, et à la pierre son bousin ; qu'on équarrit la pierre et le moellon pour leur donner du gisement dans la construction des murs, ou qu'on les taille en coin afin de construire des voûtes. Nous avons dû remarquer encore que de l'union de ces matériaux naissaient naturellement des formes et des proportions : ce qui ne peut être autrement, vu que nécessairement la matière a des formes, qui, elles-mêmes, offrent des rapports et des proportions. C'est donc sous ces deux derniers points de vue qu'il faut considérer les éléments des édifices.
On peut ranger les formes et les proportions en trois de 'formel" classes : celles qui naissent de la nature des matériaux et lions. prol>or de l'usage des objets à la construction desquels ils sont employés ; celles dont l'habitude nous a fait en quelque sorte un besoin, telles que les formes et les proportions que l'on remarque dans les édifices antiques; enfin, celles qui, plus simples et plus déterminées que d'autres, doivent obtenir chez nous la préférence, à cause de la facilité que nous avons a les saisir.
Les premières sont les seules essentielles; mais elles ne eum pnsont pas tellement fixées par la nature des choses, que l'on Sf&fw. ne puisse y ajouter, y retrancher, en sorte que rien n'empêche d'y allier les deuxièmes, celles des édifices antiques : et, comme celles-ci varient beaucoup dans les édifices grecs qu'ont imités les Romains, qui à leur tour ont été imités par les peuples modernes de l'Europe, on est libre de choisir entre elles les formes et les proportions qui , étant les plus
«impies, sont les plus propres, en apportant de l'économie dans les édifices, à satisfaire davantage l'œil et l'esprit.
Cest surtout dans les ordres que l'on attache de l'importance aux formes et aux propositions. Nous avons vu , dans la section précédente, que les formes principales y émanent de l'usage de quelques-uns des éléments des édifices; rons que les principales proportions ont
de
du corps humain, qu'il ne l'a été de de la
proportion* En effet, dit us les édifices particuliers de la dernière classe, mût*. dont la dépense est toujours limitée, si la convenance exige des soutiens isolés, on les fera nécessairement avec les matières les moins chères, c'est-à-dire, avec celles qui résistent le moins Pour en diminuer le nombre, on les écartera le plus qu'il sera possible les uns des autres, afin de pou-
II ne faut cependant pas que la solidité tel arrangement. Pour cela, on fera ces soutiens très-courts, afin d'en augmenter la force ; et par la même raison, peutêtre les fera-t-on carrés, au lieu de leur donner une forme ronde.
Ces soutiens ainsi espacés, soit colonnes, soit pilastres, exigeront que l'architrave, qui les relie, ait plus de
et la frise, destinée par sa nature à
l'architrave relie les coune hauteur égale à celle de celte architrave. Quant à la corniche, pour qu'elle soit solide, il faut une saillie égale à sa hauteur, et que l'une et l'an-
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tre soient proportionnées à l'élévation de l'édifice que celte • corniche doit défendre des eaux qui tombent du toit : et comme, dans ce premier cas, l'édifice est peu élevé, on peut donner à la ' corniche unè hauteur moindre que celle de la frise ou de l'architrave.
Au contraire, dans ceux des édifices publics qui sont les plus importants, où, à quelque prix que ce soit, on né doit négliger aucune des . convenances , et où la durée est] une condition dictée non -seulement par la convenance, mais encore par l'économie, vu qu'il n'y a nulle économie à recommencer de pareils édifices, on emploiera les matériaux qui opposent le plus de résistance, et dans un espace donné, on multipliera les soutiens le plus que l'on pourra. Alors, on leur donnera une forme plus élégante; et, pour faciliter le passage entre les soutiens serrés, on les fera cylindriques. Le peu d'espace qui les séparera engagera naturellement à faire les architraves, ainsi que les frises, moins hautes ; et l'édifice, ayant une grande élévation, exigera que la corniche, pour rejeter. les eaux plus loin, ait plus de saillie, et, par conséquent, une hauteur plus considérable que la frise ou l'architrave.
Ainsi l'on peut, on doit même, suivant les cas, faire des onptm. m
r ' doit méat*
colonnes tantôt courtes, et tantôt longues. Mais il est cer- [* c ti dt ^ l taines limites que l'on ne saurait franchir. Trop longues, <««*< les colonnes n'auraient par assez de solidité; les faire trop courtes, serait donner dans un autre excès. L'expérience, c'est-à-dire, l'observation de leurs proportions dans les édifices antiques, qui sont ceux que l'on estime davantage, va servir à les déterminer. Les colonnes les plus courtes que l'on remarque dans ces édifices, sont celles de l'ordre dorique grec; mais, comme nous l'avons déjà dit, leurs proportions
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varient dans tous les édifices. Dans les uns, comme dans un temple dont on voit les ruines à Corinthe, elles n'ont que quatre diamètres. Dans d'autres, elles en ont jusqu'à neuf, comme dans le temple deCoré; mais ce dernier exemple étant le seul où les colonnes soient si élevées, en les fixant à six l« piu» diamètres, nous aurons une espèce de moyenne proportionnent «»oir tu nelle à laquelle nous nous en tiendrons pour la proportion des
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plus courtes colonnes, d autant plus que cette proportion se rapproche davantage de celle de la plupart des colonnes doriques grecques.
Les colonnes les plus longues sont celles de l'ordre corin- Éêfft] mais leur proportion n'est pas toujours la mi^iic. Les unes, comme celles de la Tour des Venls et du Colisée, ont huit diamètres et demi ; d'autres, comme celles de la Lanterne de Démoslhènes et du temple de Vesta à Rome, cûrtC^u en ont près de onze. Cependant, la plupart ont environ
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iitutiedii. dix diamètres; et cette dernière proportion, qui est plus exacte, sera celle que nous assignerons aux colonnes les plus élevées.
n.fcféM Comme entre les édifices particuliers de la dernière classe coionnrt r*- et les édifices publics de la première, il existe une foule de
Julio à cinq. ...
classes intermédiaires, on pourrait, entre ces deux ordres de colonnes, en interposer une foule d'autres. Mais pour en simplifier l'étude, et pour nous éloigner en même temps le moins qu'il se peut des systèmes reçus, nous nous bornerons à trois ordres, que nous interposerons de cette manière : ■d'abord, entre les colonnes de six diamètres et celles de dix, nous en aurons de huit, proportion de l'ordre dorique du théâtre de Marecllus, dorique romain le plus estimé; ensuite, entre le dorique grec et celui-ci, nous aurons des colonnes de sept diamètres, proportion du toscan de Vignole, le plus généralement adopté; enfin, entre le dorique romain et le
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corinthien, il y aura une dernière colonne de neuf diamètres, proportion qui tient À peu près le milieu entre les différents ordres ioniques, romains ou grecs, et qui, d'ailleurs, a été presque généralement adoptée par les modernes. Ainsi , ces ' colonnes augmenteront dans le rapport qui suit : dorique six, toscan sept, dorique romain huit, ionique neuf, et corinthien dix.
Toutes les colonnes doivent diminuer d'un sixième, un cône ^ Diminution étant plus solide sur sa base qu'un cylindre. Quant çux chapiteaux et aux bases, ils devraient augmenter de hauteur en raison des colonnes ; mais ces proportions sont plutôt des effets de l'habitude que des objets de nécessité, elles importent peu à la construction. Ainsi, pour ne point contrarier les habitudes, nous donnerons un module ou demi-diamètre à toutes les bases, ainsi qu'aux chapiteaux des trois premiers ordres, un module et demi au chapiteau ionique, et deux modules au chapiteau corinthien.
Plus les colonnes sont massives, plus elles peuvent être J^SSE! espacées; au contraire, plus elles sont élégantes, plus elles "p*"doivent être serrées. Le moindre espacement que l'on puisse donner aux colonnes, et qu'on leur ait effectivement donné dans l'antiquité, est d'un diamètre et demi. Nous conserverons cette proportion, pour le corinthien ; nous l'augmenterons ensuite d'un démi-dia mètre, à mesure que les colonnes diminueront d'un diamètre, dans le rapport suivant : corinthien 1'/,, ionique 2, dorique 2'/,, toscan 3, dorique grec 3 •/,.
Comme l'architrave et la frise doivent avoir plus ou moins dJ r Kf r "! de hauteur, suivant leur plus ou moins d'étendue, nous ^JÈ" r leur donnerons un module et demi dans l'ordre dorique grec, et un module et un quart dans l'ordre corinthien. A l'égard de la corniche, comme elle doit être plus ou moins I. 8