‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechnique (volume 2)Chapitre 23 sur 65 · DES MAISONS COMMUNES OU HÔTELS-DE-VILLE · texte numérisé non relu

DES MAISONS COMMUNES OU HÔTELS-DE-VILLE

Ces édifices peuvent être plus ou moins considérables , selon la grandeur des villes dans lesquelles ils sont élevés. Nous avons affecté ici d'offrir pour exemple une maison commune faite pour une ville de peu d'étendue , afin de montrer, ainsi que nous l'avons fait dans le projet précédent, que, bien que la grandeur soit une des qualités qui nous frappent le plus en architecture comme en toute autre chose, un édifice dans lequel elle ne doit pas se rencontrer n'en est pas moins susceptible de beauté, si les convenances y sont remplies comme elles doivent l'être.

Outre une grande salle pour les assemblées municipales , outre différents bureaux , il faut encore dans un édifice de ce genre, quelles quéssoient ses dimensions, des portiques pour recevoir ceux que leurs affaires y appellent. Il faut de plus que de ces portiques on puisse parvenir facilement à chaque partie de l'édifice. IL est facile de voir que le projet représenté planche 7 réunit tous ces divers avantages, et que, malgré sa petitesse, cet édifice offrirait encore dans l'exécution un aspect fort imposant.

Les hôtels-de-ville les plus célebres sont ceux d’Amsterdam, d'Anvers, de Maëstricht, d'Oudenarde et de Bruxelles. Les trois premiers sont décorés d'ordres d’architecture. Les deux autres sont gothiques. Cependant leur aspect annonce bien plus évidemment un édifice public; ce qui confirme ce que nous avons dit et prouvé plus d’une fois, que les formes et les proportions influent bien.moins sur la beauté de la décoration que la disposition.

DES ÉDIFICES PUBLICS. dt On peut voir ces différents édifices planche 17 du Parallèle. On trouve aussi uhe composition dans ce genre dans

le Choix des projets, planche 24. DES COLLÉGES.

Ces édifices, destinés à l'instruction de la jeunesse, se nommaient gymnases chez les Grecs. Les gymnases étaient de vastes édifices entourés de jardins et d’un bois sacré: on entrait d'abord dans une cour, de forme carrée, dont le pourtour était environné de portiques et de bâtiments. Sur trois de ses côtés étaient des salles spacieuses , et garnies de sièges , ou les philosophes, les rhéteurs, etc. , rassemblaient leurs disciples. Sur le quatrième, on trouvait des pièces pour les bains et les autres usages du gymnase. Le portique exposé au midi était double , afin qu’en hiver la pluie ne püt pas être chassée par le vent dans sa partie inférieure.

De cette tour carrée on passait dans d’autres cours bordées de portiques sur leurs plus grands côtés, et ombragées par des platanes. L'un des portiques de ces cours s'appelait æiste. On avait ménagé dans le milieu de sa longueur une espèce de chemin creux, d'environ quatre mètres de largeur sur un peu moins d'un demi-métre de profondeur. C'était là qu'à l'abri des injures de l'air, séparés des spectateurs qui se tenaient sur le bord de ce renfoncement, les jeunes élèves s’exerçaient à la lutte. On trouvait encore dans ces édifices un stade pour les courses. |

S'il est facile de voir que la disposition des gymnases était aussi commode, aussi salubre, etc., que la disposition des colléges de Paris lest peu, il n’est pas plus difficile d’imaginer que l'aspect des premiers était aussi propre pär sa noblesse, sa variété, son agrément, à élever l'ame des jeunes

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gens, à leur inspirer le goût de l'étude, que l'aspect triste et rebutant des autres est propre à faire un effet contraire.

Le même esprit qui dirigea les Grecs dans la composition de leurs gymnases se remarque dans celle des nombreux colléges renfermés dans les villes de Cambridge et d'Oxford. Outre de vastes cours, des salles pour les divers genres d'études , des chapelles, des bibliothèques, des réfectoires, des dortoirs, etc., on y trouve des théâtres. des portiques sous lesquels on peut, à couvert, se livrer à divers exercices, des jardins rafraîchis par des fontaines jaillissantes , enfin tout ce qui peut favoriser la santé et le développement de toutes les facultés. Aussi ces édifices excitent - ils une admiration générale, malgré le style gothique dans lequel la plupart sont construits.

Quoique beaucoup moins considérables , par leur étendue, que ceux d'Angleterre , quoique différents à quelques égards, quant à leur usage , le Collége Romain et cel de la Sapience à Rome, F Université de Turin, le Collége Helvétique de Milan, et quelques autres colléges d'Italie, ne sont pas moins célèbres, et ne méritent pas moins de l'être; traités d’apres les mêmes principes , ils doivent faire éprouver les mêmes sensations : on trouvera les plans de quelques-uns de ces édifices, planche 18 du Parallele.

Dans la composition du projet de collége que l'on trouvera planche 8, on a tâché de se pénétrer de l'esprit des anciens , et de mettre à profit tout ce que les édifices modernes de ce genre peuvent offrir d'intéressant, Nous n'entrerons pas dans de grands détails à l'égard de ce projet. Nous nous contenterons de faire observer que les bâtiments destinés aux exercices de l'esprit, lesquels sont rangés autour de la cour principale, étant éloignés de toute part des rues qui environnent l'édifice, on y jouirait sans cesse de

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DES ÉDIFICES PUBLICS. 53 tout le calme nécessaire à l’étude ; que les cours accessoires étant placées dans les angles de la partie postérieure, le service des cuisines, des réfectoires , etc., se ferait avec la plus grande facilité, et sans causer dans les autres parties le moindre embarras ni le moindre trouble; enfin, que le spectacle des jardins dontson jouirait de la cour des études, à travers les vestibules qui y donneraient entrée, communiquerait à cette cour même un air de vie et de gaîté plus nécessaire qu'on ne l’imagine dans les lieux consacrés aux travaux de l'esprit. Les projets de collège, que l'on trouve planches 25, 26 et 27 du Choix des projets, quoique com-

posés sur un terrain hu moins grand, offrent à-peu-près les mêmes avantages.

DES ÉDIFIGES DESTINÉS À LA RÉUNION DES SAVANTS, DES HOMMES DE LETTRES ET DES ARTISTES.

Dans la Grèce ainsi qu’à Rome, il n’y avait pas en général de lieux spécialement destinés à cet usage. Les savants, les philosophes s'entretenaient, tantôt dans les places nee. tantôt sous les portiques qui les environnaient, tantôt dans les exedres des gymnases, des palestres ou dés thermes. Il paraît cependant qu'à Athenes les diverses classes de savants s’assemblaient plus volontiers dans l’Académie , lieu ainsi appelé du nom d'Æcadémus , citoyen de cette ville, qui l'avait donné aux philosophes pour se rassembler et conférer ensemble. Mais ce lieu n'était point un édifice, c'était un terrain vaste, environné de murs, orné de promenades couvertes d'arbres, embellies par des ruisseaux qui coulaient sous leur ombrage, et sur les bords desquels on rencontrait

tantôt une statue, et tantôt un autel consacré à quelque divinite.

III PART

IIS SEQTION:

iepART. 94 DES ÉDIFICES PUBLICS.

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Dans le beau climat de la Grèce, rien n’était plus propre qu'un semblable lieu pour tenir de telles assemblées. Mais sous le ciel pluvieux de la France, il faut des édifices clos et couverts pour la réunion soit des savants, soit des hommes de lettres, soit des artistes. Ces différentes classes étaient autrefois séparées sous le nom d’Académies. Depuis quelques années, on les a réunies avec avantage sous le nom d’Institut. Cest pour une réunion si intéressante que serait destiné l'édifice dont nous donnons le projet planche 0.

Il ne faut que jeter les yeux sur ce magnifique plan pour voir avec quelle exactitude et quelle simplicité toutes les convenances sont remplies, et pour juger en même temps du superbe effet qui résulterait de son exécution. L'Institut est divisé en trois classes ; un corps de bâtiment est affecté à chacune ; chaque classe est divisée en plusieurs sections ;

chaque corps de bâtiment renferme plusieurs pièces qui ont chacune leur entrée particulière. Les diverses classes et les

diverses sections devant communiquer entre elles, et se réunir toutes dans la pièce centrale Tes jours d’assemblée publique, une galerie intérieure leur en procure les moyens. Enfin , le public doit se rendre à certains jours dans cet édifice; un corps de bâtiment semblable, à l'extérieur, aux trois autres, renferme des vestibules propres à l’introduire avec dignité dans la salle d’assemblée qui est placée au centre.

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