‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechnique (volume 2)Chapitre 29 sur 65 · DES HALLEÉS ET MARCHÉS · texte numérisé non relu

DES HALLEÉS ET MARCHÉS

Souvent chez:lés anciens’les-marchés n’étarent'autre chose que’les places publiques mêmes, tels‘quele Forum Boarium:, celui d'Auguste , de Trajan, de Nerva;, etc.; quelquefois ils ne composaient qu'une partie de ces places ; mais, dans tous les cas , ils offraient des lieux'vastesy aérés, plantés d'arbres; entourés de portiques, et dans lesquels d'abondantés fontaines entretenaient la’ fraîcheur et la propreté.

Rien ne ressemble moins aux marchés dés anciens que les marchés desmodernes. La plupart se tiennent dans les rues; qu'ils embarrassent'et qu'ils infectent. Les marchands et leurs dénrées y sont exposés à l’injure de l'air; et se trou: vent confondus pêle-mêlé avec lés voitures: Céux même des marchés qui sont'bâtis expres ‘sont simesquins, si malsitués, si peu dégagés, sont traités, en un mot, avec tant de négligence, qu'ils dégradent autant'les villes que les marchés antiques les embellissaient.

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Tous les marchés modernes ne méritent pourtant pas ces reproches: il en est qui, à plusieurs-égards , pourraient servir de modèles , tels que les halles d'Amiens, de Bruxelles, le marché au poisson de Marseille, ouvrage du célèbre Pujet, le marché de Florence, celui de Catane en Sicile; édifices dont on trouvera les plans, planche 14 du Parallèle. On en construit en ce moment à Paris, qui, loin de ressembler en rien à nos anciens marchés, méritent les plus grands éloges, ainsi que la halle au vin et les abattoirs.

Quoique l’on se serve assez indifféremment des mots de halles et de marchés pour exprimer un lieu où l'on vend quelques marchandises, principalement des comestibles, on peut cependant entre ces deux espèces d’édifices remarquer cette différence, c'est que les marchés destinés la plupart à la vente du poisson, des herbes, des fleurs, des animaux de toute espèce, objets qui exhalent plus ou moins d’odeur, ont besoin d’être aérés , et par conséquent découverts. Dans tous les cas, ces marchés doivent être ouverts de tous côtés, ou dumoins en partie. Les halles au contraire, destinées à la vente du blé, du vin, de la toile, des draps, etc., objets qui pourraient S’altérer à l'air, au soleil ou à la pluie, doivent toujours être couvertes et fermées.

La halle la plus célèbre est la halle au blé de Paris: elle mérite cette célébrité à certains égards ; elle la mériterait encore plus, si l’on y avait mis moins de prétention. On peut s'en convaincre en la comparant au projet de halle que nous donnons, planche 13, dans lequel on n’en a mis aucune. En examinant ce projet, on remarquera un escalier qui, de la partie inférieure destinée à la vente journalière , conduit aux étages supérieurs , destinés à emmagasiner les grains et farines pour quelque temps. Cet escalier est disposé de telle manière que quatre personnes: peuvent monter ou descendre

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à-la-fois sans se rencontrer, et par conséquent de manière à empêcher toute espèce de confusion et d’embarras.

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