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camp prétorien et du camp de Pompéia, édifice que Pirro Ligorio n'a pu connaître, ni par conséquent imiter, que cela suffirait seul pour faire évanouir tous les doutes que l’on pourrait avoir sur l'exactitude de cette restauration.
Cet édifice, aussi considérable par son étendue que le camp de Pompéia l’est peu, est composé d’une double enceinte : la premiere, destinée au logement des soldats ; la seconde, au logement de leurs chefs. Au-devant des cham- Pres sont des galeries servant de communication et de promenade : chaque enceinte offre des étages de chambres et de galeries. De distance en distance, l'enceinte extérieure est flanquée de tours carrées qui s'élèvent plus haut que la muraille, et dans lesquelles sont placés alternativement des escaliers, pour monter aux chambres et aux galeries du premier étage, ainsi que sur les terrasses , et des pièces qui
servaient vraisemblablement de cuisines, de latrines, etc. À l'extérieur de. la seconde enceinte, on trouve des exèdres
ou lieux ouverts et couverts, dans lesquels les vieux soldats se rassemblaient pour s’entretenir de leurs combats et de leurs victoires. Âu centre de cette seconde enceinte, s'élève un magnifique temple consacré à Auguste, et dans lequel le conseil tenait ses assemblées. |
Que cet édifice ait été disposé précisément de cette manière, ou qu'il l'ait été d’une autre, toujours est-il vrai que la connaissance de cette belle restauration ne peut qu'être infiniment avantageuse pour l'étude de l'architecture en général, et qu'elle donne en particulier, d'un édifice destiné au logement des soldats, une idée bien plus exacte et bien plus satisfaisante que celle que l’on pourrait s’en former d’après la plus considérable et la plus célèbre de nos casernes, l'hôtel des Invalides. Si l’on excepte la cour principale, laquelle est environnée de portiques assez convenables, on ne
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trouve dans tout cet édifice, au lieu de ces galeries vastes et aérées du camp prétorien, et même du petit camp de Pompéia, que des corridors étroits et d’une longueur infinie , compris entre deux rangs de chambres , uniquement éclairés par les deux bouts , conséquemment obscurs, infects, incommodes , et même dangereux. Quelle différence entre ces deux dispositions! quelle différence aussi entre l'aspect triste et accablant de l'hôtel des Invalides et celui des camps des anciens , si propres par leur noblesse à élever l'ame, à entretenir le courage des guerriers! Voyez tous ces édifices, planches 26 et 27 du Parallèle.
Le projet de casernes que l’on trouvera, planche 20, composé en l'an VIII, par un adjoint au génie militaire, chargé du casernement pour Paris ( ces casernes étant destinées pour la cavalerie), doit présenter nécessairement une disposition différente de celles des édifices antiques dont nous avons parlé. Ces édifices, destinés pour l'infanterie, doivent offrir un tout autre aspect; mais il est facile de remarquer que ces casernes étant exécutées dans le même esprit, leur aspect, quoique différent, ne serait ni moins imposant , ni moins noble. | ;
Il serait à désirer que les casernes, les prisons et les hôpitaux fussent toujours placés sur le bord d’une rivière dans laquelle déboucherait l’'aquéduc qui recevrait les immondices provenant de leurs différentes parties.
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