‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechniqueChapitre 2 sur 33 · SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION

Lacets favorable que depuis quinze ans le public n'a pas cessé de faire à cet ouvrage; les suffrages dont l'ont honoré des savants du premier ordre ; les succès obtenus én architecture par la plupart des élèves qui ont suivi ces lecons (1), le désir de répondre au zèle d’une jeunesse intéressante toujours avide des connaissances qui lui seront nécessaires un Jour ;

celui de mériter par ce moyen la confiance des personnes

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(1) On en pourra juger par l'Ouvrage qui paraît en ce moment, sous le titre de Choëx des projets d’Édifices publics et particuliers, composés par des élèves de l'École Royale Polytechnique, dans les concours qui ont lieu chaque année.

Non-seulement ce recueil peut être très-utile aux personnes qui se livrent à l'étude de lArchitecture, mais il peut encore être d’un grand secours dans tous les départements et dans tous les pays où l’architecture est peu cultivée, tous les projets qu'il renferme étant d’une exécution on ne peut pas plus facile et on ne peut pas moins dispendieuse. Nous y renverrons souvent dans le second volume.

Ce recueil se compose actuellement de cinq cahiers. Prix de chacun, six francs.

Il setrouve aux mêmes adresses que le Précis et le Parallèle des édifices de tout genre.

également distinguées par leur rang et par leur mérite, que l'École Royale Polytechnique a le bonheur d'avoir à sa tête ; tous ces motifs, dont un seul aurait suffi, mont détermine à

revoir mon travail. Les principes sont rigoureusement les

mêmes; mais jai tâché de les présenter avec plus d'ordre et de clarté: j'ai donné des développements assez étendus à tout > J P ce qu'il est essentiel de bien entendre. Je me suis attaché surtout à la partie de la composition, qui, chose étonnante, n'avait jamais été traitée dans aucun ouvrage, ni dans aucun cours; tous les détails de construction, rejetés dans des notes à la fin de ce volume, ne couperont plus le fil des idées ’ / À e ° \ 7 générales : quant à la partie sraphique, près de la moitié des planches a été entièrement refaite; et les changements ap-

portés dans cette partiesont tels, que seuls ils pourraient faire

considérer l'ouvrage comme absolument nouveau.

DAS LS ELA VAL VUE LATE LUS LUS LUE LUS LUE LLS LERLUR AR ALLER S LVULULLLLEVLULULVELVULULELVULIVE LUS

Importance de l'Architecture ; but de cet art ; moyens qu'il doit naturellement employer pour latteindre ; principes généraux ; avantages que l'espèce humaine et la soctété retireraient de leur application ; funestes effets qui peuvent résulter de l'ignorance ou de l’énobservation de ces principes ; nécessité de l'étude de l'Architecture.

L'ancurrecrune est l’art de composer et d'exécuter tous les édifices publics et particuliers.

De tous les arts l'architecture est celui dont les productions sont les plus dispendieuses ; il en coûte beaucoup pour élever les édifices particuliers les moins considérables; il en coûte énormément pour ériger des édifices publics, lors même que les uns et les autres ont été conçus avec le plus de sagesse ; et si dans leur composition l’on n’a suivi d’autres guides que le préjugé, le caprice ou la routine, les dépenses dans lesquelles ils entraînent deviennent incalculables.

Le château de Versailles, cet édifice dans lequel on trouve des pièces sans nombre et pas une entrée; des milliers de colonnes et pas une colonnade; une étendue immense sans grandeur; une richesse extrême sans magnificence, est un exemple frappant de cette vérité.

Relativement à la dépense de cet édifice, voici ce que dit Mirabeau, page 33 de sa dix-neuvieme lettre à ses commettants:: « Le maréchal de Belle-[sle s'arrêta d’effroi quand

«il eut compté jusqu'a douze cents millions de dépenses « faites pour Versailles, et il n’osa sonder jusqu'au fond de « cet abyme. »

Cependant l'architecture, cet art dont l'emploi est si dispendieux , est en même temps celui dont l'usage est le plus constant et le plus général ; dans tous les lieux et dans tous les temps on a construit une multitude de demeures particulières pour les individus , et d’édifices publics pour les différentes sociétés: la terre en est couverte; et malgré la multiplicité de ces édifices, malgré mille exemples plus ou moins effrayants que celui que nous venons de donner, exemples bien faits pour dégoûter de l'architecture , chaque jour voit élever de nouveaux monuments de cet art : il faut donc qu'il soit d’une bien grande nécessité pour l'espèce humaine, et même qu'il soit pour elle une source de bien douces jouissances.

En effet, l'architecture est de tous les arts celui qui procure à l’homme les avantages les plus immédiats, les plus grands et les plus nombreux ; l’homme lui doit sa conservation ; la société son existence; tous les arts leur naissance et leurs développements : sans elle l'espèce humaine , en proie à toutes les rigueurs de la nature, uniquement occupée à se défendre contre le besoin , les dangers et la douleur, loin de parvenir à la jouissance de tous les avantages de la société, eût peut-être disparu presque entièrement de la surface du globe.

Faut-il s'étonner d’après cela de l'usage prodigieux que l’on fait de cet art? Si quelque chose était capable de causer de l’étonnement, relativement à l'architecture, ne serait-ce pas plutôt l'indifférence où l’on serait pour un art dont les résultats sont si importants ? Ne serait-ce pas du moins la négligence que l’on mettrait à s’instruire des premiers prin-

cipes d'un art qui, vu les avantages immenses qu'il nous procure, et les terribles inconvénients dans lesquels peuvent entraîner l'ignorance ou la fausse application de ses principes, mérite si bien qu’on l'étudie ? C’est en effet par une étude approfondie que l'artiste parviendra à éviter les inconvénients et à multiplier les avantages.

L'architecture étant d’un intérêt si grand , si général, il faudrait donc que cet art füt généralement connu ; mais puisque cela n’est pas, au moins faut-il que ceux qui doivent l'exercer en aient une parfaite connaissance.

Les architectes ne sont pas les seuls qui aient à construire des édifices ; les ingénieurs de toute classe., les officiers d’artillérie, etc. éprouvent fréquemment cette obligation; on pourrait même ajouter qu'au temps présent les ingénieurs ont plus d'occasions d'exécuter de grandes:entreprises que les architectes proprement dits : en effet, ceux-ci , dans le cours de leur vie, n’ont souvent que des maisons particulières à bâtir, tandis que les autres, outre les mêmes édifices dont ils peuvent être également chargés dans les départements éloignés, où les architectes sont très-rares , se trouvent par état appelés à élever des hôpitaux, des prisons, des casernes, des arsenaux, des magasins , des ponts, des ports , des phares, enfin une foule d’édifices de la première importance; ainsi les connaissances et les talents en architecture leur sont pour le moins aussi nécessaires qu'aux architectes de profession.

Pour obtenir des succès prompts et certains dans l'étude d’un art quelconque, il est indispensable de connaître d’abord la nature de cet art; de savoir pourquoi l'on s’en occupe, et comment en général on doit s’en occuper;en d’autres termes, de s'assurer du but qu’il se propose, ainsi que des moyens

qu'il doit employer pour y parvenir.

But de l’architecture.

Moyens qu’elle doit employer.

Convenance et économie.

Principes généraux relatifs à la convenance.

Solidité.

Il ne sera pas difficile de découvrir le but de l’architecture. D'après ce que nous avous vu plus haut, il est évident qu’elle n’en a*d’autre que l'utilité publique et particulière, la conservation, le bonheur des individus, des familles et de la société.

Les moyens qu’elle doit employer pour atteindre un but aussi intéressant et aussi noble, ne seront pas plus difficiles à reconnaître; l'architecture étant faite pour l’homme et par l’homme, ces moyens ne peuvent se rencontrer que dans sa manière d'être : quelques observations biens simples suftront pour les y faire découvrir.

Pour peu que nous observions la marche et le développement de l'intelligence et de lasensibilité, nous reconnaîtrons que dans tous les temps et dans tous les lieux, toutes les pensées de l’homme et toutes ses actions ont eu pour origine ces deux principes : l'amour du bien-être et l’aversion pour toute espèce de peine. C'est pourquoi les hommes soit lorsque isolés ils se construisirent des demeures particulières , soit lorsque réunis en société ils élevèrent des édifices publics , durent chercher, 1° à tirer des édifices qu'ils construisaient le plus grand avantage, et par conséquent à les faire de la maniere la plus convenable à leur destination; 50 à les bâtir de la manière la moins péuible dans l’origine, ct la moins dispendieuse par la suite, lorsque l'argent fut devenu le prix du travail.

Ainsi, la convenance et l'économie, voilà les moyens que doit naturellement employer l'architecture , et les sources où elle doit puiser ses principes, les seuls qui puissent nous guider dans l'étude et dans l'exercice de cet art.

D'abord , pour qu’un édifice soit convenable, il faut quil soit solide, salubre et commode.

IL sera solide , si les matériaux que l'on y emploie sont de

mnamiies

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bonne qualité, et répartis avecintelligence; si l'édifice repose sur de bons fondements; si ses principaux soutiens sont en nombre suffisant, posés perpendiculairement pour avoir plus de force, et placés à des distances égales, afin que chaeun d'eux soutienne une égale portion du fardeau; enfin, sl existe entre toutes ses parties, tant horizontalement que verticalement, la liaison la plus intime.

Il sera salubre, s’il est placé dans un lieu sain , si l'aire ou le pavé en est élevé au-dessus du sol, et garanti de l’humidité; si des murs remplissant l'intervalle des soutiens qui en composent l'ossature, en défendent de la chaleur et du froid la partie intérieure; si ces murs sont percés d'ouvertures capables de laisser pénétrer l'air et la lumière; si toutes les ouvertures pratiquées dans les murs intérieurs, en se correspondant , correspondent aux ouvertures extérieures , pour faciliter à l'air le moyen de se renouveler ; si une couverture le met à l'abri de la pluie et du soleil, de manière que l'extrémité de cette couverture s'avançant au-delà des murs, en éloigne les eaux ; et s’il se trouve exposé soit au midi dans les pays froids, soit au nord dans les pays chauds.

Enfin il sera commode, si le nombre et la grandeur de toutes ses parties, si leur forme, leur situation et leur arrangement sont dans le rapport le plus exact avec sa destimation.

Voilà ce qui regarde la convenance, et voici ce qui concerne l’économie.

Une superficie étant donnée, si l’on observe que lorsqu'elle

Salubrité.

Commodité.

Principes

est terminée par les quatre côtés d'un carré, elle exige généraux remoins de contour que lorsqu'elle l'est par ceux d’un paral- peus ne lélogramme , et moins encore quand elle est terminée par la circonférence d’un cercle; qu’en fait de symétrie, de régu- symétrie.

Régularité. larité et de simplicité, la forme du carré, supérieure à celle

Mn parallélogramme, est inférieure à celle du cercle, il sera aisé de conclure qu'un édifice sera d'autant moins dispendieux qu'il sera plus symétrique, plus régulier et plus simple. Il n'est pas besoin d'ajouter que si l’économie prescrit la plus grande simplicité dans toutes les choses nécessaires, elle proscrit absolument tout ce qui est inutile.

Tels sont les principes généraux qui, partout et dans tous les temps, quand il a fallu élever des édifices, ont dû guider les hommes raisonnables : et tels sont en effet les principes d’après lesquels les édifices antiques le plus généralement et le plus justement admirés ont été conçus, comme on s'en convaincra par la suite.

Ces principes, comme on le voit, sont simples comme la nature; ils ne sont pas moins féconds , comme on ne tardera pas à le voir. |

Idées Cependant ce n'est pas ainsi que l’on considère généraleque, Content ment l'architecture; l'idée que nous en donnons n’est rien

de l’architec-

ture la plu- moins que celle que l’on s'en forme vulgairement. part des au-

teurs qui en Selon la plupart des architectes, l'architecture est moins ont traité. 4

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