‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechniqueChapitre 22 sur 33 · ENSEMBLE DES ÉDIFICES · texte numérisé non relu

ENSEMBLE DES ÉDIFICES

Disa toutes les parties qui entrent dans la composition des édifices nous sont connues , et nous avons vu de quelle manière devaient se combiner les éléments des édifices qui forment ces diverses parties. Maintenant il s’agit de réunir ces mêmes parties pour en former un ensemble,

ENSEMBLE DES ÉDIFICES. at pdd it

En nous occupant des combinaisons primitives , nous I Sxerion. avons vu que, d'après les principes généraux de l’architec- | ture, les murs, les colonnes, les portes et les croisées placés | dans la longueur ou dans la largeur d’un édifice, devaient l'être sur des axes communs. Il s'ensuit naturellement que les pièces formées par ces murs et par ces colonnes, ouvertes par ces portes et ces croisées, sont de même nécessairement placées sur des axes communs. Ces nouveaux axes peuvent se combiner de mille facons différentes, et donner naissance par leurs combinaisons à un nombre infini de dispositions générales différentes.

Quatre axes peuvent être disposés de manière à former un Pidérentes carré. De ces quatre axes, on peut en supprimer un ou deux, du carré. et l’on aura deux dispositions nouvelles.

Rien n’empèche de diviser en deux un carré par un nouvel axe, et cela, dans un sens ou dans l'autre, et quelquefois dans lun et dans l’autre sens.

De ces divisions ducarré naissent de nouveaux plans; et si l'on supprime quelques-uns des axes, cette suppression donnera de nouveau naissance à des plans différents.

Si la seule division du carré en deux produit tant de dispositions simples , on voit clairement combien il doit résulter de nouvelles dispositions par la division du carré en. Nombre trois, en quatre, etc., par les divisions du parallélogramme done de et du cercle, enfin par les combinaisons de ce dernier avec ri nn a les deux autres. |

La première chose à faire pour acquérir de la facilité à Trois choses composer, c'est de s'exercer beaucoup sur les différentes À fre Pots

apprendre à

divisions du carré, ainsi que sur les principales combinai- M fa- AT | è cilement.

sons des axes des édifices, dont on a représenté quelques-

unes , planche 20.

La seconde est d’effectuer les différents plans dont ces

COMPOSITION

HT Srcriox. combinaisons indiquent la disposition générale, en combi-

nant sur leurs axes les différentes parties des édifices; combinaisons dont la planche 19 offre plusieurs exemples.

Le troisième enfin est de combiner avec chacune de ces dispositions horizontales, diverses dispositions verticales,

ainsi qu'on l'a supposé planche 20.

S'étant ainsi suffisament exercé sur la composition en général , s'étant bien convaincu par le nombre, la variété , la magnificence des résultats que l’on aura obtenus par cette méthode, de l'inutilité de toute recherche, relativement à la décoration ; on pourra s'occuper de la composition d'une maniere plus particuliere.

Marche à Combiner entre eux les divers éléments, passer ensuite

suivre dans la composition aux différentes parties des édifices, et de ces parties à l’en-

Lu semble, telle est la marche que l’on doit suivre, lorsqu'on veut apprendre à composer; lorsque l’on compose , au contraire, on doit commencer par l’ensemble, continuer par les parties , et finir par les détails.

Le programme d'un édifice étant donné,

Il faut examiner d’abord ,

Si, d'après l'usage auquel est destiné cet édifice, toutes les parties qui le composent doivent être réunies ou séparées , et si, en conséquence, il doit offrir dans son plan une seule masse ou plusieurs ;

Si cette masse, ou ces masses, doivent être pleines, ou évidées par des cours;

Si l'édifice, quelle que soit d'ailleurs sa disposition, peut donner sur la voie publique, ou s’il doit en être éloigné par une enceinte ;

Si toutes ses parties sont destinées à des usages semblables ou différents , et si, conséquemment, elles doivent être traitées d'une maniere semblable ou différente :

V4 “ ENSEMRLE DES ÉDIFICES. 3 D ne PARTIE.

Examiner, dans le second cas, quelles sont les parties I Srerron. principales , et quelles sont celles qui leur sont subordonnées;

Établir quel doit être le nombre des unes et des autres, et quelles doivent être leur grandeur et leur situation respectives ;

Reconnaître enfin si l'édifice doit avoir un seul étage ou plusieurs, ou un seul dans certaines parties, et plusieurs dans d’autres.

Lorsque ces conditions sont bien remplies, on sent qu'un projet est bien avancé, mais on doit sentir en même temps que pour l’achever, il reste encore bien d’autres observations à faire; et que celles-ci seraient bien inutiles, si les premieres étaient fautives : avant d'aller plus loin, il faut donc s'assurer de leur justesse. Si cet examen est satisfaisant , on devra fixer les idées que l’on a conçues, au moyen d’un croquis rapide, qui, en soulageant la mémoire, puisse mettre à portée de les examiner de nouveau, avec plus de loisir et d’exactitude, et de passer ensuite avec confiance à d’autres observations.

Nous allons donner un exemple de la manière dont on doit fixer ses idées en architecture, au moyen d’un croquis.

Supposons qu'il s'agisse de faire le projet d’un édifice destiné à la réunion des savants, des hommes de lettres, et des manière artistes; qu'outre les salles d’assemblées particulières pour FÉUE dos

fixer ses les sections de chacune de ces classes , que le programme idées, au

suppose devoir être au nombre de trois, on demande une dt salle pour les séances publiques , un vestibules commun, des planche 2r. vestibules particuliers, une galerie qui établisse une communication facile entre toutes les parties de l'édifice, des cabinets , un logement de concierge, etc.; voici la maniere

dont il faudra s’ÿ prendre.

If PARTIE.

III* SecTroN.

VA

94 COMPOSITION

Ayant reconnu qu'un tel édifice ne doit comporter qu'une seule masse, que cette masse doit être pleine; qu'il peut être convenablement situé au milieu d'une place publique ; que plusieurs de ses parties doivent être semblables, et quelques autres différentes; que parmi celles-ci la salle d’assemblée publique est la principale, que les parties destinées aux trois classes et le vestibule commun sont celles qui prédominent ensuite ; que chaque classe exige trois salles d’assemblées semblables: par un signe quelconque ,on fixera le centre de la salle d'assemblée publique quelque part , comme en A, (fig. 1°) et l’on tracera à la main les deux axes principaux

de l'édifice BB et BB ; sur quatre points de ces axes, tels que

B. B.B. B., et à des distances supposées égales, par d'autres signes, on indiquera le milieu de la place destinée à chaque classe et au vestibule commun, et l’on tracera les axes de chacune de ces parties ; enfin , sur ces axes secondaires , on marquera le milieu des salles destinées pour chaque section vers les points .b.b.b.b.b., supposés également distants des points B.B. B.B.

Ayant indiqué ainsi le nombre et la situation des parties principales de cet édifice, on s'occupera de la disposition des parties accessoires.

Ayant observé que toutes les salles d’assemblées particulières doivent communiquer les unes avec les autres, et avec la salle d’assemblée générale, au moyen des nouveaux axes ce, etc. (fig. 2), on indiquera la situation de la galerie de communication, et en même temps celle des vestibules particuliers , des cabinets , etc.

La disposition générale étant exprimée ainsi par des signes et par des axes, on tracera les différents murs qui doivent enclore l'édifice et Le diviser; et le croquis présentera à l'esprit une idée assez nette, pour que l’on en puisse juger

ENSEMBLE DES ÉDIFICES. 99 ARTE sainement, et passer ensuite à des observations plus détail- HE Srerox. lées. (Fig. 3).

Le croquis étant parvenu à ce point, l'on examinera d’abord si l'édifice sera couvert par des planchers ou par des voûtes, quelle espèce de voûte on devra préférer. Tei ce sera la voûte d’arête. Ensuite, si l'étendue de ces voûtes n’exige pas que l’on introduise des colonnes dans l'intérieur de plusieurs pièces, pour les diminuer ; cela étant reconnu, on les indiquera dans quelques endroits par des signes, dans d’autres par des espèces de lignes ponctuées, ne pouvant encore en connaître le nombre. (Fig. 4).

Cela étant fait, il n’y aura plus qu’à déterminer les rapports de grandeur qui doivent exister entre les différentes parties de l'édifice ; ce qui se fera en fixant le nombre des entreaxes de chaque partie, et en le chiffrant sur le croquis; on additionnera ensuite tous les entre-axes, et avec la somme qui résultera de cette addition, on divisera la quantité de toises ou de mètres que contient le terrain, le quotient sera la largeur des entre-axes; ils seront d'une largeur raisonnable, ou bien ils seront trop larges ou trop étroits ; il faudra alors augmenter ou diminuer le nombre des entre-axes, tantôt de toutes les parties du plan, quelquefois seulement de quelques-unes, On pourra mettre ce plan au net sans rencontrer aucun obstacle, les: dernieres convenances de détails venant se placer, comme d’elles-mêmes , dans des plans composés de cette manière, tandis que dans ceux où l’on s’occuperait de convenances minutieuses, ni celles-ci ni les autres ne seraient jamais bien remplies (fig. 5). Ce beau plan , que nous avons pris pour exemple, est de M. Percier.

A l'égard de la coupe, la plus grande partie en est donnée par le plan; et quant à la composition du reste, on y parviendra de même par une suite non interrompue d'observa-

LE 00 COMPOSITION

IL" SEcrtox. tions .et de raisonnements. Pour l'élévation, elle se trouve toute composée dès que le plan et la coupe le sont; on peut passer tout de suite au dessin rendu, les observations auxquelles elle peut donner lieu ne pouvant guère avoir pour objet que quelques ornements de sculpture dont on peut

juger à propos de l’enrichir.

Cette Tellé est la marche qu'il nous paraît le plus naturel de ne ste Suivre dans la composition d’un projet, quel qu’il puisseêtre,

rait nuisible

si l'on n'était Join de penser, comme le feraient peut-être quelques archi-

pénétré du

véritable es- tectes, qu'elle puisse donner des entraves au génie, nous la

prit de l’ar-

Fuel croyons au contraire infiniment propre à en Li cilaeee le” developpement ; mais c'est en supposant que l'on est bien pénétré d'avance du véritable esprit de l'architecture, et qu'avant d'appliquer cette méthode, on s’est bien pénétré en outre de celui dans lequel le projet dont on s'occupe doit être conçu ; autrement , loin d'aider à composer d’une

manière satisfaisante, elle produirait un effet tout contraire.

On peut raisonner d’après un faux principe , mais dans ce cas, plus les raisonnements sont exacts, et plus les consé-

quences sont absurdes.

Écarts dans Dans quels écarts ne donneraient pas ceux qui, loin de Aie ag. Voir dans l'architecture un es efficace de contribuer au ner. bonheur public et particulier, n’y verraient que celui de se

faire une réputation , d'acquérir une sorte de gloire, en amusant les yeux par de vaines images ! Les uns, tout préoccupés d'ordres et de colonnes, réduisant le domaine immense de l'architecture aux seuls édifices susceptibles de ces ornements, négligeraient tous les autres; ou bien daignant s’en occuper, mais d'une manière capable de satisfaire leur amourpropre, ils transformeraient en palais ou en temples tous les édifices, ceux même destinés aux usages les plus vils. D'autres, ne cherchant que le caractere, ne voulant, bon gré

ENSEMBLE DES ÉDIFICES. dose malgré, en donner à leurs édifices, supprimeraient au con- IF SECTION . traire les colonnes dans ceux où elles seraient le plus nécessaires. D’autres enfin, ayant sans cesse le mot de génie à la bouche, voulant toujours faire du neuf, seraient au désespoir si leurs productions ressemblaient à quoi que ce soit ; ou, par une contradiction bien étrange, ils ne croiraient rien faire de bien si leurs projets ne ressemblaient plus ou moins à tel ou tel édifice élevé par tel ou tel architecte, quoique cet édifice fût destiné à un tout autre usage que celui dont il s'agirait.

Avant de faire toutes les observations dont il a été ques- Espritdans tion plus haut, il faut donc s'appliquer à bien connaître la pa à nature de l'édifice qu'on se propose de construire : examiner nb être quelles sont de toutes les qualités que peuvent avoir les édifices, celles que celui-ci doit posséder le plus éminemment : s'assurer si c'est la salubrité, comme les hôpitaux ; la salubrité et la sûreté tout-à-la-fois, comme les prisons; la propreté, comme les marchés, les boucheries ; la commodité, comme les maisons particulières; le calme et la tranquillité , comme.les édifices destinés à l'étude; l'agrément et la gaîté, comme ceux consacrés au plaisir, etc. : rechercher, en un mot, tout ce qui peut contribuer à remplir le but de l’architecture en général, et celui de chaque édifice en particulier.

Faisant usage alors de la méthode que la raison indique , on parviendra à composer tous les édifices avec une égale facilité et un succes égal.

S'agirait-il, par exemple, d’un hôpital ? loin de chercher à Exemples. en rendre l'aspect affligeant par sa pauvreté, son dénüement, Hôpitaux. ainsi que les partisans de la décoration ne manqueraient pas de le faire, par la raison que cet édifice est destiné à recevoir de pauvres malades; l'architecte vraiment digne de ce titre, considérant qu’un tel édifice a pour objet le soulage-

II Srcrrow

Prisons.

Disposition des villes.

90 COMPOSITION

ment de l'humanité souffrante, objet du plus grand comme du plus noble intérêt, s’attacherait au contraire à le traiter avec toute la dignité et même tout l'agrément dont il serait susceptible, afin que l’'amour-propre blessé, la crainte d’une misère plus grande que celle que l’on éprouverait, n’éloignassent pas de cet asyle les infortunés que le besoin de secours y appelle : il ne craindrait pas d'employer des colonnes pour former de vastes portiques, qui faciliteraient et accéléreraient le service des diverses salles isolées , et destinées au traitement des différentes maladies ; il croirait devoir embellir ce séjour par de superbes plantations, embellies ellesmèêmes par des eaux Jaillissantes, objets dont l'aspect agréable influerait efficacement sur le succes du traitement et la promptitude de la guérison.

S'agirait-il d’une prison, d'un de ces édifices destinés au maintien de la tranquillité publique? considérant que l’on peut être détenu sans cependant être coupable, que, quand même on le serait , on ne doit être puni qu'après avoir été jugé; la salubrité et la sûreté bien établies d’abord, l'architecte ne s’occuperait plus qu'a rendre un tel lieu supportable par tous les moyens possibles, loin de chercher à le rendre horrible par le spectacle ridicule de colonnes enchaïînées, entassées, incarcérées en quelque sorte dans les murs, etc.

Au lieu de tel ou tel édifice, serait-il question de la disposition d’une ville ? l’architecte rechercherait tout ce qui pourrait en rendre le séjour salubre , les communications faciles, sûres et commodes : en conséquence il placerait les rues, les ponts, les places publiques, sur des axes communs, borderait les unes et les autres de portiques, séparerait les maisons particulières qui formeraient les rues, les édifices

publics qui environneraient les places, soit par des jardins, soit par des cours ou des parvis plantés d'arbres ; et la

ENSEMBLE DES ÉDIFICES. D PANNES variété qui résulterait de ces divers édifices, destinés à des Ml Srerrex. usages différents, jointe à la symétrie des portiques destinés tous au même usage, ce mélange des objets de la nature et des productions de l’art offrirait le spectacle le plus varié, le plus magnifique , et le plus théâtral , bien qu'on n’eüt pas songé à la décoration ,ou, pour mieux dire, parce qu’on n’y aurait pas songe.

D’après tout ce que nous avons dit, on doit voir combien il importerait de répandre les connaissances relatives à l’architecture; combien il serait utile de faire entrer dans toute éducation libérale, au moins les premières notions d’un art dont tout le monde veut parler.

Vs

AVI VIE LIL LULU VE LUE LUR LES VUE LVULULE VUE ULELULUUE LULU LAVELUEULVE LUE Y LD VAR LUE VURL LVL LUR LA R LUS

Page 1