PARTIES DES ÉDIFICES. 9 T° PARTIE
D’après cela, il semble qu’à chaque pas on devrait en ren- 1° Szerron. contrer; cependant, rien n'était si rare en France il n’y a pas encore long-temps. Du moins, dans le petit nombre d’édifices spécialement consacrés à rassembler les eaux et à les distribuer ; était-il permis de s'attendre à y voir ce fluide sortir en abondance. Eh bien, c'était tout le contraire; et dans plusieurs fontaines célebres, au lieu de ces torrents d'eau qu'elles devaient faire jaillir, on ne voyait que des fleuves figurés par le marbre ; mais s'il ne s'échappait de ces édifices que quelques gouttes d’eau par un étroit tuyau , ou même par une borne , en revanche on ÿ trouvait amoncelés des colonnes, des pilastres, accompagnés de tout ce qu'on appelle communément de l'architecture.
Du moins, à cet égard, il n’en est pas de même en Italie, Non-seulement il sy répand des fleuves entiers dans les places publiques, mais il ne s’y trouve pas une maison, si petite qu’elle soit, qui n'ait une fontaine au fond de sa cour et en face de son vestibule. Aussi, n'est-ce pas sans une vive satisfaction que l’on parcourt les rues de Rome. L'Italie est vraiment le pays où il faut aller si l’on veut apprendre à faire des fontaines; nous ajoutons , et de l'architecture en général. Malheureusement , dans ce beau pays, ainsi qu'ailleurs , peut-être même plus qu'ailleurs, les édifices présentent une foule de détails non moins insignifiants qu’inutiles. Ce qu'il y a de pis, c'est que parmi ceux qui vont en Italie y étudier l'architecture, il en est qui, justement épris du charme qui résulte uniquement de la manière dont les édifices sont disposés, enveloppent dans le même sentiment d'admiration et la disposition et les détails. Ils vont plus loin, et d’après les préjugés qui existent relativement à cet art, ils finissent par se persuader que c’est à ces détails seuls que ces édifices doivent toute leur beauté. Qu'arrive-t-il de
IL SEcTIoN.
Berceaux , treilles.
Planche 18.
go COMPOSITION.
cette facon de voir? C'est que, lorsqu'ils composent , ils laissent de côté les beautés réelles , pour n’en adopter que d’imaginaires , dont ils remplissent leurs productions.
Ces treilles couvertes de vignes, ces berceaux sous lesquels on se promène avec tant de volupté, et qui, à si peu de frais, contribuent à la décoration, décorent même de la manière la plu complète et la plus agréable tant de maisons en Italie, sont bien propres à faire naître des réflexions dans le goût de celles que nous avons faites sur les fontaines. En effet, lorsque la raison nous met en quelque sorte sous la main une foule de décorations architectoniques toujours variées , toujours nouvelles ; lorsque les arts s’empressent tous à nous offrir des imitations de la nature ; lorsque enfin la nature elle-même nous présente une multitude d’objets propres à nous captiver sous tous les rapports, n'est-il pas étrange que, négligeant tant d'avantages si grands, si faciles à obtenir , on s’obstine, par des efforts aussi pénibles qu'infructueux, à courir après un vain fantôme de décoration ?
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