‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechniqueChapitre 5 sur 33 · PREMIÈRE SECTION. QUALITÉS DES MATERIAUX · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION. QUALITÉS DES MATERIAUX

Le divers éléments des édifices se construisent avec différents matériaux, dont conséquemment les formes et les proportions sont différentes. Il faut donc les considérer sous ces divers aspects.

D'abord , occupons-nous des matériaux qui sont en quelque sorte la substance de ces objets.

Le nombre de ces matériaux est assez considérable ; mais Trois : $ . genres de maon peut les ranger en trois classes : ru

Ceux qui , étant durs, d’un travail long et pénible, sont fort chers par cette raison;

Ceux qui, plus tendres , d’un travail plus facile, sont à meilleur marché ;

Enfin, ceux qui ne servent guère qu'à lier ensemble les

autre matériaux. :

Les matériaux du premier genre sont les granits, Les por- Durset chers.

phyres, les marbres et les pierres dures.

Le] , , 170 PARTIE. 38 EL EM IL IN 2 S.

€ rs CA .

1° Sxcrrox. Ceux du deuxième sont les pierres tendres , les moellons, Tendres et à bon marché.

Servantde Ceux du troisième sont le plâtre, la chaux, le sable, le ci-

liaison. ment. les divers mortiers qui résultent de leur union, le fer,

la brique , la tuile, l’ardoise et le bois.

le cuivre et le plomb.

Tels sont les principaux matériaux employés dans les édifices. Ce que nous en dirons dans les notes suflira, nonseulement pour donner une idée de leurs bonnes , de leurs mauvaises qualités, et de leur emploi en général, mais encore pour faire remarquer la variété que leurs dimensions, leurs couleurs différentes, leurs régularités ou leurs irrégularités doivent naturellement apporter dans l'aspect des édifices lorsque les matériaux sont combinés et disposés avec intel-

ligence (1).

LR VAR VAR LLL LL LUE LUS LVILLUVEL LUS LVL LEE LES BARS LAS LAS LIT LULU VE LE L LARRR LR LUS L'URL LE LE

DEUXIÈME SECTION

EMPLOI DES MATÉRIAUX DANS LA CONSTRUCTION DES DIVERS ÉLÉMENTS DES ÉDIFICES.

Fondements. Pour que les divers éléments des édifices soient solides, il faut que les matériaux qui servent à leur construction soient de bonne qualité; de plus, qu'ils soient employés avec intelligence, et qu'ils soient assis sur de bons fondements ; or, les fondements seront bons , s'ils ont été construits comme il convient, et sur un bon sol (2).

Quatre On distingue plusieurs espèces de murs : Les murs de face,

espèces de ÿ 1 $ at murs. qui enferment l'espace quoccupe un édifice ; les murs de

EMPLOI DES MATÉRIAUX. bn :

refend, qui le divisent; enfin les murs de clôture et de° Sxerrox. terrasse.

Les murs des édifices très-ordinaires seront construits avec matériaux des matériaux peu résistants, pour plus d'économie; pour 2 les édifices les plus considérables, on emploiera les plus ré: les plus con-

à a de . sidérables , à sistants, pour plus de solidité. Enfin, dans les édifices qui ceux dit tiennent en quelque sorte le milieu entre les uns et les autres, Fr Fe et qui composent le plus gränd nombre, pour satisfaire et qui tiennent la convenance et l'économie, on fera usage des deux genres cu de matériaux tout-à-la-fois, c'est-à-dire, des matériaux plus chers et de ceux qui sont moins chers.

Quels que soient l'usage et la matière d’un mur, il faut que manière de tous les lits du mur soient horizontaux, et tous les joints per- Sr pra pendiculaires; qu’ils ne se rencontrent ni sur la face, ni dans néral. l'épaisseur; qu'ils tombent au milieu dela pierre qui est au- Planche 3. dessus etau-dessous. Il serait bon que toutes les assises eussent une hauteur égale. Elles doivent être élevées en retraite, sur une assise de pierre, posée elle-même en retraite sur le mur des souterrains, ou sur les fondations.

Les murs de face peuvent être élevés perpendiculairement Ou en retraite à chaque étage , ou avec un léger fruit à l’extérieur. De ces trois manières, les deux dernières sont plus propres à contenir l'effort des planchers ou des voûtes.

Les murs de clôture et de refend peuvent s'élever perpendiculairement. ;

Les murs de terrasse doivent avoir en dehors un talus proportionné, età leur hauteur, et à la nature des terres qu'ils soutiennent ; on leur donne un sixième lorsqu'ils ont une

hauteur ordinaire.

Il ne faut pas croire que toutes les parties d’un mur fati- Soutiens ; ; engagés dans guent également : il en est sur lesquelles se reporte toute la les murs ou

ñ : chaînes verticharge des planchers , des voûtes et des combles, et qui sont cales.

1'e PARTIE.

il° Seciox. susceptibles d’être ébranlées par différentes percussions ; d’autres ne sont que de remplissage. Il est naturel par conséquent de donner à celles-là plus de force, soit par une plus grande épaisseur, soit par une plus grande dureté de la matière, quelquefois même par ces deux moyens réunis ;

Planche 3.

ainsi, les murs de face qui sont tout en pierres ou tout en moellons , devront avoir une plus grande épaisseur à leurs ex-

Endroits ou 4, / :

ilconvient de trémités, aux angles formés par leur rencontre , aux endroits

les placer. Gi les murs de refend viennent se relier avec eux, aux piédroits des portes et des -croisées, sous la portée des principales pièces des combles, des planchers, et sous la retombée

des voûtes. Les chaînes de pierres descendront jusque dans

la partie la plus basse des fondements, et se continueront

dans les voûtes, en formant des arcs.

Dans les murs qui sont partie en pierres et partie en moellons, ou en d’autres matériaux de cette espèce, les mêmes parties seront en pierres, et les intervalles en moellons , en briques ou en meulières. Alors les chaînes pourront être plus épaisses que le mur, ou simplement de la même épaisseur.

Manière de Dans tous les cas , les chaînes doivent être composées de ‘he pierres alternativement longues et courtes, afin qu'elles Fee puissent se relier parfaitement avec les matériaux qui for-

ment les remplissages. Lorsque les chaînes seront saillantes, elles pourront quelquefois l'être entierement ; quelquefois aussi leur saillie ne s’étendra pas au-delà de la longueur de la pierre la plus courte : dans ce dernier cas, elles prennent le nom de prilastres.

Ordinairement, ces différentes espèces de chaînes n'ont que quelques pouces de saillie ; mais lorsque les dernieres doivent s'opposer à de grands efforts, on leur donne une saillie égale à leur largeur, et au lieu de faire leur face per-

ÉMPLOI DES MATÉRIAUX. A Je PARTIE.

pendiculaire, on la fait quelquefois en talus : alors on les 11° Secrrow. nomme contreforts.

Les chaînes verticales ne sont pas les seules dont on fasse Chaines usage pour consolider un mur : on en place encore d’hori- ee: zontales , à l'endroit des murs où les principales pièces des Planche 3. planchers viennent se loger, à la naissance des voûtes , aux endroits où les murs cessent d’être continus, comme au bas des croisées, et enfin sur la partie supérieure des murs. On nomme plinthes les premières , et lon donne le nom de corniches aux autres, c’est-à-dire, à celles qui se placent sur le haut des murs de face.

Ces chaînes étant des assises composées de pierres plus Usage de ces longues , plus dures que les autres, et de plus, étant reliées ass par des crampons, fixent dans leur place, par leur pesanteur, les matériaux moins pesants sur lesquels elles reposent, les empêchent de se désunir, retiennent entre elles les chaînes verticales , et préviennent toute espèce d'écartement.

L'épaisseur des murs est relative à leur longueur et à leur Épaisseur à donner aux

hauteur ; dans les édifices ordinaires, dans lesquels des murs purs.

de refend et différents planchers relient ces murs avec d’autres, tant horizontalement que verticalement , on donne 64 centimètres ( 2 pieds )aux murs deface, et 48 centimètres ( 18 pouces) aux murs de refend et aux murs mitoyens ; à longueur et à hauteur égales, il faudrait leur donner davantage, si l'édifice ne formant qu'une seule pièce, comme une église , etc., la liaison dont nous venons de parler n'avait pas lieu (3 ).

Outre les soutiens engagés, ou chaînes de pierres placées soutiens dans lesendroits du mur qui doivent soutenir quelque poids, 15°: ou résister à quelque effort, 1l en est d’isolés, lesquels sont planche 3. déstinés à porter des planchers, des plafonds, et quelquefois

l'° PARTIE.

+ PA | si I Srertox. des voutes. On les nommes poteaux ou piliers, suivant qu'ils

sont en bois ou en pierres. Lorsqu'ils sont astreints à certaines proportions ; on les nomme pilastres, s'ils sont carrés par leur plan , et colonnes, sils sont circulaires. Quand ils reçoivent la retombée d'un arc, qu'ils sont carrés et d’une proportion plus courte que les pilastres, on les nomme

piédroits.

Les piliers, les pilastres, les colonnes et les piédroits se construisent par assises où tambours, lorsqu'ils sont en pierres. On ne les fait tout d'une pièce que lorsqu'on y emploie le bois et le marbre. On a soin que les tambours soient tous d'une égale hauteur, afin que le tassement soit égal; on doit tâcher aussi de faire que chaque tambour soit tout d’une pièce.

Sur quoi is Les colonnes et les pilastres reposent ordinairement sur FPS un mur continu , et dont la hauteur est celle de l'élévation du ui sol de l'édifice au-dessus du sol naturel. Ce mur, que l'on

de ei nomme dé, se construit comme tous les autres murs, en

d'une comni- retraite, sur une assise de pierres dures appelée base, et des-

ind tinée à le garantir de l'humidité. Il se recouvre d’une assise

de pierres en saillie, laquelle en éloigne les eaux qui peuvent

tomber sur le pavé des portiques formés par les colonnes :

on appelle corniche cette pierre saillante, et piédestal V'assemblage de cette base, de ce dé et de cette corniche.

Colonnes Quelquefois, pour réunir d’une manieré plus solide,

M me dit-on, la colonne avec le piédestal ; on place la colonne sur

“his pr et une espèce d'empattement , que l'on nomme aussi base; et

tau. afin de diminuer la portée des pièces qui doivent réunir les

colonnes, on ne manque jamais de placer sur la colonne une où plusieurs pierres saillantes, connues sous le nom de chapiteau.

Ces objets sont considérés comme appartenant à la co-

lonne, ils en font partie; ainsi, l’on peut dire que la colonne 1° Secrioxs est composée de trois parties : la base, la colonne propre-

ment dite, appelée jät, et le chapiteau. Mais cela n'arrive pas

toujours ; car la colonne quelquefois n'est composée que de

deux parties, d'un fût et d’un chapiteau.

Les colonnes se relient les unes aux autres, ou par des parties qu'il. pièces de bois, ou par des morceaux de marbre, ou enfin S°utiennent par des plates-bandes composées de plusieurs pierres tendantes vers un centre. De quelques matériaux que l’on fasse Does, usage , on nomme ærchitrave la partie qui pose immédia- che formant tement sur le chapiteau. Sur cette pièce , afin de réunir les lentablement colonnes avec le mur, on place une deuxième architrave, que d'ordinaire on désigne du nom de frise. On couvre, soit par un plancher , soit par une pierre plate, soit par une voûte en plate-bande , l’espace vide qui reste entre les architraves et le mur; et, dans tous les cas, on a soin de faire saillir cette dernière partie au-delà de la frise, afin de rejeter loin du pied de l'édifice les eaux du toit dont l'extrémité porte sur cette saillie, que l’on nomme corniche.

L'architrave, la frise et la corniche, par leur réunion , Ordre d'arcomposent l’entablement ; et l'assemblage du piédestal , de ie la colonne et de l'entablement, lorsque’ cet assemblage est à A LU soumis à certaines proportions , forme ce qu’on appelle, et de l'entaquoique assez improprement, un ordre d'architecture. Au Pt reste, on voit que quand il ne serait pas absurde de se modeler sur la cabane pour faire un ordre d'architecture , cela serait au moins très-inutile, puisque la seule nature des choses et le simple bon sens indiquent toutes les parties qu'on attribue à ces:ordres (4).

Les piédroits des portes et des croisées sont réunis par Ouvertures.

À en Portes, croides plates-bandes, étc., de la même manière que les colonnes LE St

Planche 3.

le sont par des architraves.

Ie PARTIE.

II° SEcrTro.

Chambranles

Arcades.

Impostes et archivoltes.

Niches.

Planchers.

Planche 4.

Bois apparents.

Lorsque les piédroits et les plates-bandes ont une saillie continue , celle-ci prend le nom de bandeau ou de chambranle.

Pour empêcher que l’eau chassée par le vent contre la partie du mur qui se trouve au-dessus des portes et. des croisées, ne tombe sur le seuil ou sur l'appui, on met quelquefois une corniche au-dessus du chambranle.

Lorsque les colonnes ou les piédroiïts sont tres-éloignés les uns des autres, et que les plates-bandes ont trop de portée, on réunit ces soutiens par des arcs.

On nomme impostes les pierres saillantes qui terminent les piédroits, et qui reçoivent la retombée des arcs; et l'on donne le nom d’archivoltes aux bandeaux saillants qui règnent autour des arcs.

Outre les portes et les croisées, on pratique encore, sous le nom de niches, dans les murs, des renfoncements destinés à recevoir des statues, etc. Comme ces niches ne pénètrent

pas le mur dans toute son épaisseur , leurs piédroits n'ont pas besoin d'être consolidés par des chaînes ; ainsi on ne doit jamais y trouver de chambranle (5).

Les planchers se construisent par travées, afin d'éviter la trop grande portée de la plupart des pièces de bois dont ils se composent. Ces travées sont formées d’un certain nombre de solives de remplissage , posées de champ, espacées tant plein que vide, lesquelles portent sur des poutres ou principales pièces , scellées d’un pied dans les murs, et assises sur les chaînes de pierre ou soutiens engagés dont on a parlé (6). |

On faisait autrefois tous les planchers à bois apparents, et l’on n'enduisait que les entrevous. On n’en fait plus guëre de cette espèce que dans des édifices auxquels on n’attache aucune importance. Depuis que les idées de décoration ar-

chitectonique se sont répandues, on regarde comme ignoble 1°, Secrion. l'apparence des pièces qui constituent un plancher ; et qui en attestent. la solidité, on aime mieux les masquer par des plafonds de plâtre, qui, en augmentant la dépense , font pourrir les planchers, et obligent souvent à les refaire peu de temps après leur construction, pour éviter de plus grands inconvénients. Quelle différence cependant entre le spectacle monotone, froid , effrayant, qu’offrent ces plafonds en plâtre, et le spectacle si propre à rassurer, si piquant, si varié de ces plafonds antiques et majestueux, dont les solives et les poutres qui en formaient les travées étaient dressées avec le plus grand soin, et garanties de l'humidité et des insectes par l'application des plus belles couleurs! Il suffit de comparer avec nos plafonds modernes les planchers qui subsistent encore dans quelques anciens châteaux, pour reconnaître combien dans cette partie, en courant après la beauté, on s’en est réellement éloigné (7).

Dans la construction des planchers, outre le bois, on em- planchers en ploie encore la brique et la poterie. Ce sont alors des espèces RE EN de voûtes plates, dont la flèche n’a guère que le sixième de pianche 4. la corde, et qui ont sur les planchers proprement dits l'avantage de coûter moins, de durer plus long-temps , et de n'être point sujettes aux incendies (8).

Outre les voûtes plates dont on vient de parler, il en est Voñtes. d’autres dont la montée est plus considérable, et que l’on Planche 4. substitue aux voûtes plates et aux planchers lorsqu'ils ont : Berceau trop d’eétendue; de même que l’on substitue des arcs aux REA ALES

descente plates-bandes, lorsque celles-ci ont trop de portée. droite, voûtes y À À $ d’arête et en Ces voûtes sont le berceau plein cintre, dont la forme arcde cloître,

; , , $ L cul-de- four , est celle d’un demi-cylindre creux; la descente droite, qui ne viches, pen-

diffère du berceau qu'en ce qu'elle est en pente: les voûtes Anti et ; 4 à ETC LU ; votes annud'aréte et en arc de cloître, qui résultent de la pénétration laires.

II° Secriow.

Construction des voûtes en général, analogue à celle des murs.

Poussée, action commune à toutes les voûtes.

de deux demi-cylindres ; le cul-de-four, dont la forme est demi-sphérique; la riche ou la moitié du cul-de-four; les voûtes en pendentifs , produits de la pénétration de deux demi-cylindres dans une demi-sphère; et la voûte annulaire, engendrée par le mouvement du demi-cercle autour d’un

point.

Entre la voûte d’arête et celle en arc de cloître , il y a cette différence , que les angles sont saillants dans la premiere, et rentrants dans la deuxieme; que celle-ci est supportée dans tout son pourtour , au lieu que celle-là ne porte que sur quatre points.

Il est encore d'autres voûtes, telles que les #rompes, les arrière-voussures, les voütes biaises, surbaissées, etc., mais nous n'en parlerons pas , ces pièces de trait ne devant être employées tout au plus que dans des restaurations.

Ce que l’on a dit de la construction des murs peut s’appliquer à celle des voûtes ; seulement, dans les murs, les pierres ont la forme d'un parallélipipède , et dans les voûtes elles ont la forme d’un coin, Dans les uns, les lits sont horizontaux, et dans les autres ils tendent vers un centre. À cela près , on peut considérer une voûte comme la prolongation de deux murs qui se rejoignent ; en s'appliquant sur un demi-cylindre.

De la forme et de la disposition de ces pierres appelées voussoirs , il résulte une action ou poussée qui tend à écarter les supports des voûtes, et par conséquent à les rompre. Ainsi, il faut donner à ces supports une épaisseur capable de résister à l’action qui agit sur eux; et comme les voûtes en plein cintre ,les seules que nous adoptons, se rompent entre l’imposte et le voussoir du milieu appelé c/ef, il convient que le corps qui s’oppose à la poussée s'élève jusqu'à cette hauteur. Il doit même s'élever encore davantage , lors-

qu'on ne peut lui donner l'épaisseur nécessaire , afin que ce I Sscrtox. qu'il aura acquis en force perpendiculaire , supplée à ce qui lui manque en force horizontale.

La résistance que lon doit opposer à la poussée d’une Résistance Fute ; Ep qu'on doit lui voûte, doit être d'autant plus grande que la flèche de la * opposer. voûte a moins de hauteur, que son diamètre et son épaisseur sont plus considérables , et que ses supports sont plus élevés. | Outre ces considérations relatives à la poussée qu’occa- Action parti. sionne la forme des voussoirs, et qui sont communes ie Ee toutes les voûtes, il en est d’autres qui ont rapport à la nature et à l'appareil particulier de chaque voûte. Le berceau exerce son action latéralement, c’est-à-dire, contre les murs qui reçoivent sa retombée ; la voûte en arc de cloître le fait uniformément contre ses murs pourtours : la voûte d’arête a une poussée diagonale, qui est résultante des poussées latérales de chacun des berceaux qui la composent; le culde-four n’a qu’une légère poussée du centre à la circonférence, et le pendentif agit presque entièrement comme la voûte d’arête, etc. : c'est donc vers ces endroits qu'il faut opposer la résistance.

Quoique naturellement le berceau exerce une action continue sur les murs qui le soutiennent, on peut au moyen de lunettes ou d'arcs en décharge, détourner cette action vers certains points que l’on sera maître de déterminer. Alors, on fortifiera ces points, et l’on fera le reste des murs aussi peu épais que l’on voudra, ce mur n'étant plus que de remplissage.

Quand on a une suite d’arcades ou de voûtes en berceau, on peut donner à chaque piédroit, ou une force qui puisse contenir la voûte qu’il supporte , ou une force qui ne soit propre qu'à résister à la pression. Dans ce dernier cas, la

11° SEcTIoN.

Matériaux que l’on doit préférer dans leur construction.

Nouveau genre de voûte.

Combles.

Planche 4.

Plus ou moins élevés, suivant les circonstances.

poussée de toutes les voûtes étant rejetée vers les derniers supports, il faudra donner à ceux-ci une force capable de s'opposer à toutes les poussées particulières.

Si les voûtes sont destinées à soutenir de grandes charges, comme les arches d’un pont, et qu'ainsi elles exigent une grande épaisseur, la pierre est la matière qu'on doit préférer ; mais lorsqu'elles doivent n'être chargées que de leur propre poids, on peut les construire en moellons, en briques ou même en poterie, comme l'ont souvent fait les Anciens avec avantage , d'autant que dans les deux derniers cas, elles n’ont presque pas de poussée.

Quand les voûtes sont fort épaisses ; il n’est pas nécessaire que cette épaisseur soit la même par-tout; on pourrait se borner à faire des ares séparés entre eux par certaines distances , et à relier ces ares par des chaînes de voussoirs horizontales , en mettantentre elles la même distance qu'entre les arcs. On remplirait ensuite avec une pierre plate et fort mince le vide qui resterait. Ces renfoncements carrés formeraient naturellement ce qu’on nomme caissons (9).

Dans les contrées méridionales, les voûtes n’ont pas besoin d'être recouvertes d’un comble; mais dans les autres pays, cette précaution est essentielle à leur conservation.

Les combles ont ordinairement deux égouts, et quelquefois quatre : lorsqu'ils n'en ont qu'un, on les nomme appentis. Leurs extrémités s'appellent croupes si elles ont la même inclinaison que leur côté, et pignons si elles sont terminées par la continuation du mur. Enfin, lorsque la corniche de l'édifice se continue en rampant le long des deux côtés inclinés du pignon, on nomme celui-ci fronton.

Les combles doivent être plus ou moins élevés, suivant le climat où l'on bâtit, et suivant la matière que l'on emploie à les couvrir.

EMPLOI DES MATÉRIAUX AO du Hbee

Dans le Nord , où la neige tombe en abondance et séjourne M Sserror. long-temps sur les toits, on doit tenir ceux-ci plus élevés que dans les pays qui ne sont point sujets à ces inconvénients.

Les combles couverts en tuile doivent aussi être moins plats que ceux qui sont couverts en ardoise, à moins que ce ne soit des tuiles creuses. Quoi qu'il en soit, on ne peut donner aux combles ni plus d’un tiers, ni moins d’un sixième d’élévation.

C'est aux fausses idées de beauté et de décoration quise Motifs ridisont introduites dans l'architecture , à ces idées-là seules que du " . l'on doit les combles énormes, à la construction desquels di re on n’a sacrifié de si grosses sommes que pour hâter la ruine des édifices qu'ils couvrent, et pour affliger l'œil qui les considère. C’est encore à ces mêmes idées que l’on doit cette ridicule espèce de combles dont la partie supérieure est presque aussi plate qu'une terrasse, et la partie inférieure presque aussi roide qu'un mur; espèce qui, toute désagréable qu'elle est, n’en a pas moins contribué à immortaliser Mansard.

Lorsqu'un édifice est très-large, et que le comble en deviendrait trop haut , on divise celui-ci en deux, en trois et même en un plus grand nombre de combles qui n’ont plus alors que la moitié, le tiers de la hauteur qu'aurait eue le premier, etc.

Les combles se font, soit en charpente ou en menuiserie, soit en briques ou en pierres.

Les combles en charpente s’exécutent par travées ainsi que Combles en les planchers. Ces travées sont portées par des fermes com- ae

À HAS à fs À S’exécutent posées chacune de deux arbalétriers disposés suivant le ram- par travées pant du comble; d’un entrait, dans lequel ils s’assemblent ne par le bas , et qui prévient leur écartement; d’un entrait re- duo

troussé , assemblé dans les arbalétriers, et qui, placé dans ‘lles-ci sont j composées.

l'° PARTIE.

II SECTION

Combles en menuiserie.

Leurs avantages.

5o ÉLÉMENTS.

un sens parallèle au premier, les empêche de ployer ; d’un poincon assemblé de même dans les arbalétriers , et qui s’op-

pose à ce que l’entrait retroussé fléchisse ; d’arsseliers , qui fortifient l'entrait retroussé ; enfin, de contre-fiches asse mblées dansles poinçons pour roïdir les arbalétriers. Ces fermes sont réunies par un faîte assemblé dans le haut des poinçons, et par un sous-faîte, qui entre par assemblage dans les entraits retroussés.

Les fermes ainsi disposées et placées comme les poutres ou principales pièces des planchers, sur les chaînes verticales ou soutiens engagés, on met sur les arbalétriers un ou plusieurs cours de pannes soutenues par des tasseaux et par des chantignoles ; et sur ces pannes, on place les chevrons qui , à leur extrémité inférieure , s’assemblent dans une plate-forme posée sur le haut du mur, et à leur extrémité supérieure portent sur le faîte.

Quand les combles forment des croupes, on met aux angles et au milieu de ces croupes, des demi -fermes : celles des anglés se nomment demi-fermes d’arétier (10).

Les combles en menuiserie, inventés par Philibert de Lorme, ont de grands avantages sur les combles en charpente; et si l'usage n’en est pas devenu universel, on ne doit s'en prendre qu’à la routine. Ils chargent bien moins les édifices, n'ayant besoin ni d’entrait, ni de toutes les pièces qui embarrassent l'intérieur d'un comble, ce qui est un grand objet d'économie. Ils procurent aux greniers ou aux étages supérieurs des édifices le plus grand espace qui soit possible, espace dont on peut profiter, soit pour donner plus de hauteur à l'étage inférieur, soit pour faire des logements que l'on ne pourrait pratiquer dans un comble en charpente. Ces combles , qui intérieurement ont la forme d’une

voûte, mais qui n'ont point de poussée, offrent un autre

EMPLOI DES MATÉRIAUX. Fil

l'* PARTIE.

mérite, celui d’embrasser, par leur étendue , des espaces 1° Sscrrox. considérables.

Cette espèce de comble est formée par des fermes espacées d'environ un mètre. Chaque ferme est composée de deux rangs de planches de 97 à 129 cent. (3 à 4 pieds) de long, appliquées l’une contre l’autre , en liaison, C'est-à-dire de maniere que l'extrémité de l’une se trouve au milieu de l'autre.

Ces fermes sont reliées ensemble par des liernes dans lesquelles on met des chevilles quiserrentexactementles planches entre elles.

Les combles en brique, outre les avantages qui leur sont Combles communs avec les combles en menuiserie, ont celui de n'être ne pas sujets aux incendies (11).

Au lieu de combles, on termine quelquefois les édifices Terrasses. par des terrasses : l’objet des terrasses est de procurer la Fee fe facilité de se promener sur les édifices, d'y jouir de la vue des environs et d’y respirer la fraîcheur.

Les terrasses ainsi que les combles ont une inclinaison propre à faire écouler les eaux; mais cette inclinaison est bien moindre : et par cette raison, la construction des terrasses exige plus de soin que celle des combles en brique ou en pierre, sur-tout dans les pays septentrionaux (12).

Nous ne nous étendrons pas davantage sur la maniere d'employer les divers matériaux à la construction des éléments des édifices ; ce que nous avons dit sur cette matière, non-seulement suffit pour en donner une idée générale à ceux qui étudient l'architecture, pour leur faire voir la liaison intime qui doit naturellement avoir lieu entre tous les éléments des édifices , depuis la partie la plus basse des fondations jusqu'au sommet des combles, et pour prévenir de leur part ces fautes grossières que l’on ne remarque que trop dans les projets où l’on s'occupe exclusivement de déco-

II° SecrTion.

ration, mais encore fait assez voir que l'application, si, par ce mot, on entend autre chose que l'application de la peinture et de la sculpture aux édifices , est produite en grande partie par l'évidence de la construction.

Pour achever de s'en convaincre, il ne faut que jeter les yeux sur les restes importants des édifices antiques, sur Les belles fabriques répandues dans toute l'Italie, morceaux où la pierre, la brique, le marbre, etc., se montrent pour ce qu'ils sont, à la place qui leur convient, et même sur les figures de la planche 3, quoiqu'il ne s’y agisse que de la disposition des matériaux relativement à leur nature, et à l'usage des objets à la construction desquels ils sont employés. L’on ne sera plus alors tenté d'abandonner cette décoration naturelle, satisfaisante, pour y substituer, par un surcroît de dépenses , tantôt l'apparence d’une construction imaginaire qui, n'étant pas la construction réelle de l'édifice, donne de celle-ci une idée fausse , lui ôte de son caractère au lieu d’y ajouter, et tantôt une décoration arbitraire qui résulte uniquement d’un assemblage d'objets inutiles, et qui, par-là, loin de procurer du plaisir, ne peut que fatiguer la vue, choquer le bon sens, et déplaire souverainement.

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