DEUXIEME TABLEAU
Sur 39 observations, les bouchons cérumineux étaient bilatéraux 25 fois.
Il y a eu.
Hommes . ... 23 Femmes.... 16
N’ont pas été revus . 3 cas.
Surdité d’origine cérébrale (méningite) . I —
Ont montré des lésions légères, ou les oreilles ont
été trouvées intactes . 13 —
Ont offert des lésions plus ou moins graves de l’organe auditif. . . . . . . 22 *—
Concluons de tout ceci : qu’avant l’extraction le pronostic devra être réservé; c’est l’avis de Trœltsch, S. Duplay, Toynbee, etc.
Toynbee a vu le bouchon perforer le tympan. Le pronostic sera donc réservé, puisque le bouchon de cérumen accompagne le plus souvent une lésion profonde, et puisqu’il peut la causer aussi (i).
(1) Toynbee, loco citato, p, 65.
CONCRÉTIONS DE CÉRUMEN. 93
Traitement. — On doit commencer par extraire l’amas cérumineux; puis on soignera les affections reconnues des parties profondes et de la paroi du conduit auditif. Et d’abord, dans l’ignorance où l’on est de l’état des parties cachées, il faut procéder avec une grande circonspection. Aussi ne saurait-on trop recommander aux médecins de s’abstenir d’employer des instruments pour cette extraction : pas de pince, pas de curette, pas de levier ; de l’eau tiède en lavages. L’eau dissout en effet le savon de potasse qui forme la base du bouchon cérumineux, d’après Pétrequin. Faites par le méat des injections à grande eau, avec l’irrigateur Éguisier, ou avec une seringue d’enfant armée d’un embout fin, le sujet tenant la tête penchée sur la cuvette, qui recevra les morceaux chassés par l’eau, et qu’il faut toujours montrer à l’opéré.
En France, l’injection à grande eau tiède est de précepte ; de Trœltsch, Toynbee, Kramer, se servaient d’une seringue qui contient 125 à 200 grammes de liquide.
Quelquefois le bouchon résiste; et il faut s’y reprendre à plusieurs fois ; on a conseillé en ce cas de le ramollir en instillant dans le méat quelques gouttes d’huile ou de glycérine fine, qui agissent dans l’intervalle des injections.
D’autres fois, c’est l’étroitesse de l’orifice qui 's’oppose au passage de l’èau et à la sortie des grumeaux; on peut ici utiliser le spéculum plein, le plus large possible, pour redresser la courbure et maintenir l’orifice béant. On peut aussi introduire un petit tube de caoutchouc dans le conduit et faire pénétrer sûrement l’injection par ce moyen. Il m’est arrivé déjà plusieurs fois d’êxtrâire ainsi morceau par morceau le bouchon durci et très lentement. Il en est qui résistent à la douche même forte, même répétée et que la curette ouïe crochet n’entament point aisément. Un bouchon pierreux, noir, logé jusque dans la portion osseuse du conduit, l’avait dilatée largement; et je dus sculpter pour ainsi dire dans la pierre, jusqu’à ce que l’enveloppe ou croûte de squame d’épiderme imbriquée ayant cédé, j’enlevai le tout avec la pince coudée. Le morceau enlevé avait la couleur et la consistance du charbon de terre.
Certains bouchons formés des dépôts fournis par le liquide
9i OREILLE EXTERNE. — CONDUIT AUDITIF, médicamenteux instillé dans le conduit sont comme enclavés. Aussitôt le bouchon enlevé, l’air et les bruits extérieurs arrivent à l’oreille; et le malade qui a perdu l’habitude du milieu sonore ambiant se trouve étourdi par cette sensation trop vive; il est urgent de boucher pendant quelques jours l’orifice du méat avec une forte boulette d’ouate, après l’opération. Mais ce qu’il importe surtout de faire dès que le méat est libre, c’est l’exploration de l’oreille, l’inspection du tympan et du conduit, l’examen de la sensibilité acoustique nouvelle, et par l’air et par la voie osseuse, afin d’arriver au diagnostic de la cause : le bouchon n’est qu’un symptôme.
Article VII. — Maladies inflammatoires du conduit auditif