CHAPITRE PREMIER
ANATOMIE
Cette partie extérieure, évasée, baigne dans l’air ; détachée du crâne, elle se dresse comme un écran au-dessus et en arrière du trou auditif externe (fig. 1).
Description. — Le pavillon a la forme d’un plat à barbe. Gelas. — Mal. de l’oreille. 1
La partie centrale, creuse, confine au trou de l'oreille et se nomme la conque. Cette concavité rigide est bien faite pour colliger les ondes sonores et les diriger vers le conduit.
Autour de la conque le bord du pavillon est contourné et ondulé, comme si le cornet était aplati; cette bordure .est souple et molle.
Au centre du pavillon, le trou auditif; autour de lui , la conque , véritable entonnoir ; en avant de lui, une saillie angu-
Fig. 1. — Pavillon de l’oreille (*).
laire garnie d’une houppe'de poils rigides en dedans, le traque; tout autour delà conque un repli cutané surtout, l’hélix; entre ce repli et la conque, une surface inégale, l’antitragus et la fossette naviculaire; au-dessous, le lobule, repli cutané arrondi et mobile où s’attachent les boucles d’oreilles.
Le pavillon, élastique et mobile, membraneux et rigide, est très solidement attaché au crâne. Il se détache du plan latéral de la tête sous un angle variable de 30° à 40°.
Sa rigidité et son relief sont la source de douleurs sous l’influence du décubitus prolongé,' des froissements chez les
(*) 1, hélix; 2, fossette naviculaire ; 3, tragus ; 4, antitragus, lobule au-dessous ; 5, conque. • ‘ -
ANATOMIE
aliénés, les lutteurs ; cliez les blessés, par la compression des bandages circulaires de la tête. On conçoit que cette portion saillante puisse être détachée de la tête par un coup de sabre, par une eschare, par une ulcération, etc., etc.
Dans la manœuvre de l’exploration de l’oreille avec le spéculum plein, l’opérateur saisit cet organe membraneux entre le médius et l’annulaire, tandis que le spéculum est tenu entre le pouce et l’indicateur de la même main.
Les affections de l’oreille amènent fréquemment des défor- . mations du pavillon et de ses attaches (oreilles de Menesclou). A. Joux a publié une étude originale sur la physiognomonie de l’oreille. Le pavillon offre en effet de grandes variétés de formes suivant la race, l’âge, le sexe, etc.
Tillaux signale un rapport entre la saillie anguleuse du bord postérieur de l’hélix et la sclérose de la caisse. L’atrophie du pavillon coïnciderait donc avec celle de l’oreille profonde.
Structure. — Le pavillon est constitué par un squelette cartilagineux, revêtu d’une enveloppe cutanée, avec ses poils, ses glandes, des nerfs, des vaisseaux et des muscles ; car le pavillon est mobile sur le plan du crâne.
Le cartilage donne à l’organe sa forme inégale et contournée: il offre au niveau de la région parotidienne une large incisure, dans la portion tubulée du cartilage, ce qui rend possible l’élargissement de l’entrée du conduit dans les manœuvres d’exploration, et favorise l’issue du pus d’une région dans l’autre.
Le cartilage de la conque, solide, épais, ossifié en crête en arrière, reçoit l’insertion de l’aponévrose épicrânienne et des muscles auriculaires supérieur et postérieur.
Le lobule n’a pas de cartilage, ni le repli de l’hélix dans tout son bord libre et dans sa moitié inférieure.
Histologie . — Le tissu cartilagineux est réticulé; il contient des cellules abondantes et des fibres élastiques ; c’est un fibro-cartilage à périchondre très dense et serré. En arrière, sur la voussure de la conque, le tissu est infiltré de carbonate de chaux (t).
(1) M. Duval, Précis de technique microscopique et histologique. Paris, 1878.
Ligaments. — Des ligaments rayonnés très puissants unissent la conque et l’apophyse mastoïde. Il en est de même de l’apophyse de l’hélix en avant, ainsi que du tragus au voisinage de l’apophyse zygomatique.
Les pliures du cartilage sont fixées par des trousseaux de fibres solides sur la face postérieure du pavillon.
Muscles. — Les muscles auriculaires ont peu d’importance physiologique chez l’homme. Chez lui, c’est la tête qui tourne sur l’axe vertébral dans l’orientation ; le cornet auriculaire en cône allongé est une nécessité de la station quadrupède.
Les muscles intrinsèques sont des vestiges ; les extrinsèques, au nombre de trois, disposés en éventail autour de la conque et du méat, peu développés chez l’homme, servent cependant à mouvoir le pavillon ; l’antérieur attire en haut la partie antérieure du conduit (voy. 6, fig. 8), et les muscles supérieur et postérieur relèvent l’hélix, la conque, redressent la courbure évasant ainsi l’orifice du méat ; c’est le geste de l’attention auditive.
L’atrophie de ces muscles chez le vieillard s’ajoute à l’amaigrissement pour causer l’affaissement du pavillon et l’exagération de la courbure normale du conduit.
La peau est plus ou moins fine, duvetée, transparente, suivant l’âge et les individus. Elle adhère intimement au périchondre ; de là, la possibilité de décollements très limités, circonscrits (othématomes) .
Le lobule est un repli de peau qui ne contient que de la graisse et du tissu cellulaire ; aussi y trouve-t-on le phlegmon, l’abcès, l’engelure, etc.
Les glandes sébacées sont très développées dans le creux de la conque et vers l’orifice du conduit (acné, furoncle). , Les glandes sudorales, au contraire, n’existent qu’à la face postérieure du pavillon.
Artères. — Les vaisseaux artériels viennent :
1° Des artères auriculaires antérieures, de la carotide externe et de la temporale (tragus, hélix, face externe ou antérieure);
2° De l’artère auriculaire postérieure (face mastoïdienne). Un
PHYSIOLOGIE
de ses rameaux, dit perforant, passe sur la paroi antérieure et s’anastomose avec les rameaux précédents.
Veines. — Les veines se jettent en avant dans la jugulaire externe et en arrière dans la veine mastoïdienne qui communique avec le sinus latéral (communications vasculaires très développées chez les enfants) ; de là, la possibilité de la pyoémie, de la phlébite des sinus dans les affections superficielles de la région mastoïde.
Lymphatiques. — Ils sont très serrés et très fins ; leurs réseaux couvrent toute la surface de l’organe ; ils se jettent en avant dans le ganglion prétragien, en arrière dans les ganglions mastoïdiens (adénites, engorgements, scrofulides ganglionnaires, consécutifs aux affections de la peau du pavillon) .
Nerfs. — A. Nerfs sensitifs: 1° branches multiples, nées du nerf auriculo-temporal, branche de la cinquième paire, en avant ; 2° en arrière, branche auriculaire du plexus cervical superficiel, dont un rameau perforant pour la face antérieure de la conque.
B. Nerfs moteurs : Le facial fournit le rameau auriculaire postérieur, qui anime les peauciers auriculaires et s’anastomose avec le rameau auriculaire interne.