BILIAIRES
Toynbee parle de l’assourdissement causé par le passage de la bile dans le sang, et ne donne pas d’observations. Ceci est à rapprocher de l’épistaxis symptomatique d’une lésion du foie (1).
Article IV . — Surdité plombique. hémianesthésie saturnine.
Grisolle (2) écrivait : « On dit avoir observé une surdité saturnine, mais la chose est rare, tandis qu’il est assez commun d’observer la paralysie de la rétine. »
Je me bornerai à recommander la lecture des communications de M. Debove à la Société médicale des hôpitaux (3), et du travail de Raymond (4).
Dans le cas de M. Debove, l’application des aimants ramena la sensibilité d’une façon complète.
C’est sur un sujet atteint d’hémianesthésie d’origine plombique comprenant la peau et les sens, les muqueuses nasales et pharyngées, que j’ai fait les meilleures études de rhinoscopie pharyngée ou postérieure; ce sont là de vrais sujets de cours.
Article V. — Surdité par la fulguration et par le tonnerre.
Sapolini a guéri par l’électricité un individu que la foudre avait rendu sourd.
Les effets de la fulguration sont, dans les cas les moins graves, la céphalalgie, les tintements d’oreilles, le saignement par les oreilles et le nez, la rupture du tympan et la surdité à la suite.
(1) Toynbee, loc. cit., p. 371.
(2) Grisolle, Traité de pathologie interne. T. II, p. 35.
(3) Debove, Union médicale, 1879.
(4) Raymond, Thèse sur les hémianesthésies saturnines, 1876.
Gellé. — Mal. de l’oreille. 33
Sur le cobaye et le lapin, la décharge d’une batterie électrique, quand elle intéresse le bulbe, cause des hémorrhagies nasales et auriculaires et la surdité, s’ils survivent.
Toynbee donne l’autopsie des oreilles d’un sourd par fulguration (1); le tympan était perforé; les osselets brisés et en partie disparus ; la lésion avait au reste quinze ans de date, et le malade quatre-vingts ans (2).
L’action violente de la foudre est complexe ; la commotion détruit l’appareil auditif; et le courant, la sensibilité du nerf. Peut-être, dans les cas légers, n’y a-t-il en tout qu’un spasme ou une contracture des muscles de l’accommodation? Ainsi on comprend que le courant fasse cesser la contracture et guérisse la surdité.
Article YI . — Surdité dans le tabès et la sclérose en plaques.
Les rapports intimes qui existent entre les origines du nerf acoustique et la racine interne et profonde du trijumeau dans le bulbe font prévoir que des troubles fonctionnels peuvent se produire dans l’appareil auditif alors que le trijumeau est atteint dans son origine : c’est ce qu’a vu Pierret dans le tabès dorsalis (3) .
On voit en effet, en même temps que se produisent les douleurs fulgurantes dans la cinquième paire, les malades se plaindre de bourdonnements d’oreilles et d’affaiblissement de l’ouïe ; on sait que le vertige de Ménière est observé en ce I cas. Autant qu’il est permis de préjuger d’après un seul cas, le vertige dans le tabès se lierait aux lésions trophiques intraauriculaires causées par l’irritation des racines bulbaires du trijumeau, lesquelles constitueraient la prédisposition au vertige aurai ; car j’ai pu, sur une malade du service de Charcot, provoquer à volonté ce vertige avec tournoiement par les pressions centripètes effectuées au moyen de la poire à air adaptée au conduit auditif externe ; ce qui conduit à admettre
(1) Toynbee, p. 364.
(2) Dechambre, art. Fulguration. Dict. encyclop. des sc. méd.,
4e série, t. VI.
(3) Pierret, Essai sur les symptômes céphaliques du tabès dorsalis. ■