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DE LA SURDITÉ DANS SES RAPPORTS AVEC LES PROFESSIONS

Les études sérieuses sur la fréquence de la surdité suivant l’âge sont à peine ébauchées, aussi les recherches faites au point de vue des professions sont-elles très difficiles à apprécier et leurs résultats, discutables.

§ 1er. — Surdité chez les employés de chemins de fer.

On a constaté l’affaiblissement de l’ouïe chez les employés de chemins de fer. L’attention des médecins (L. Gueterbock, Moos, Terrillon, etc.) a été certainement attirée de ce côté par les travaux récents sur la cécité des couleurs, si importante à connaître au point de vue des signaux faits sur la voie ferrée. Mais le travail ayant lieu au milieu du bruit, on ne voit pas bien l’importance qu’il y a à savoir si l’oreille des employés est plus ou moins fine, ni le danger même que cette infirmité peut faire courir, les ordres se donnant tout autrement que de vive voix. La question d’in-

(1) Urbantschitsch, p. 44.

604 RAPPORTS DE LA SURDITÉ AVEC LES MALADIES, térêt général écartée, il reste à savoir si l’oreille des ouvriers de cet ordre a spécialement à souffrir ; s’il y a plus de sourds dans les ateliers de construction du matériel de chemins de fer et dans le service de la voie qu’ailleurs. Ici, les avis sont très partagés et cela s’explique, puisqu’il manque une base d’appréciation, le tableau des sourds des autres industries à tout âge; Schwabach et Pollnow ont trouvé 34 fois l’ouïe affaiblie sur 160 employés; or, Weil a noté 30 affaiblissements de l’ouïe sur cent enfants, et que j’en ai, pour ma part, constaté en moyenne 22 à 25 p. 100; on le voit, l’écart n’est pas grand entre le chiffre des ouvriers des chemins de fer et celui des enfants des écoles qui ont l’ouïe abaissée.

Un meilleur argument se tire de ce fait d’observation que le chiffre des sourds augmente de proportion avec la durée du service sur les chemins de fer ; et cela d’une façon considérable, d’après les tableaux des auteurs que je viens de nommer (80 p. 100 au bout de 25 ans de service). Cependant il nous manque encore ici pour juger sûrement une statistique de la surdité selon l’âge, et si l’on se reporte à nos premiers calculs, cela modifie la conclusion (Terrillon, Burckner).

§ 2. — Surdité dans les métiers bruyants [chaudronniers, forgerons , canonniers , etc.).

On fait mention, dans les livres classiques d’hygiène, de la fréquence et de la gravité de la surdité qu’on observe dans les métiers bruyants, chez les chaudronniers, les forgerons, les maréchaux-ferrants, les ouvriers des usines, les canonniers, les marins, etc. (Lacassagne, Michel Lévy).

Eugène Holt, de Portland, a étudié l’état de l’audition et de l’appareil auditif de nombreux ouvriers chaudronniers. Chez la plupart des ouvriers il a trouvé des signes très nets d’otite moyenne chronique ; le diapason-vertex était entendu presque toujours mieux du côté de l’oreille la plus plus sourde. Il en conclut avec raison que la lésion siégeait le plus souvent dans l’appareil transmetteur, et que le nerf

n’était pas d’abord atteint. Le naso-pharynx était également malade (catarrhe naso-pharyngé). En général la surdité était d'autant plus grande que le séjour dans Tusine datait de plus longtemps. Quant à l’opinion étrange que l’audition s’accroît au milieu du bruit, cet auteur a pu se convaincre que rien n’est plus contraire à l’observation.

Cet auteur recommande comme moyen préventif la boulette d’ouate en permanence dans les conduits auditifs.

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