II. - VOMISSEMENTS DU NOURRISSON
11 faut distinguer des vomissements vrais les simples régurgitations, qui sont très fréquentes chez l'enfant, pour peu qu'il prenne des tétées un peu abondantes, et qui s'expliquent par l'absence de sphincter cardiaque et la contrac'ion en masse de l'estomac au cours des digestions. Les réguigitations de petites gorgées de lait caillé en fins grumeaux se faisant d'un coup sans effort dans le premier quart d'heure qui suit le repas ne sont pas pathologiques ; si toutefois elles deviennent habituelles, il faudra surveiller l'alimentation de l'enfant et soit diminuer la quantité de lait des tétées, soit espacer les tétées, s'il s'agit d'un enfant au sein, soit en outre modifier la teneur en eau s'il s'agit d'un enfant au biberon. Il faut, en outre, coucher l'enfant sitôt le repas et, si possible, obtenir qu'il s'endorme en terminant la tétée.
Dans des cas plus graves, c'est une grande partie de la tétée qui est rejetée. Il faut distinguer les cas oii la tétée est rejetée peu de temps après le repas ; il sagit parfois alors d'aérophagie, l'enfant avale à chaque succion une gorgée d'air qui s'accumule dans l'estomac; l'enfant est alors inquiet, agité, légèrerrent dyspnéique jusqu'au moment où il rejette bruyamment des gaï et en même temps
STÉNOSE HYPERTROPniQUE DU PYLORE. 331
du lait. Contrairement au cas précédent, il faut alors promener l'enfant après la tétée en le tenant en position verticale, ou en position couchée sur le ventre ; de légers chocs sur le dos facilitent l'expulsion de l'air sans qu'il soit accompagné de vomissement.
Les vomissements plus tardifs indiquent un état dyspeptique (Voy. Dyspepsie).
Les vomissements se voient, en outre, comme symptomatiqufs d'états aigus, en particulier dans les gastro-entérites (Voy. cet article), mais aussi au début des fièvres éruptives, de la grippe, el au cours des rhumes et des bronchites; le vomissement, dans ce dernier cas, débarrasse l'estomac des crachats que l'enfant, qui ne sait pas cracher, déglutit constamment ; il est salutaire, car il évite à l'enfant des troubles dyspeptiques et intestinaux susceptibles de résulter du passage de ces produits indigestes et septiques tout le long du tube digestif.
Enfin il est deux variétés de vomissements qui méritent d'être étudiées dans des paragraphes spéciaux, ce sont : 1° les vomissements INCOERCIBLES PU NOURRISSON, à propos dcsqucls se pose la question de la STÉNOSE du pylore; 2" Jes vomissements cycliques ou acétoné- MiQUES (Voy. plus loin).
Traitement. — Le traitement variera avec la cause de la maladie. Les vomissements dyspeptiques, en particulier, relèvent des prescriptions alimentaires que nous avons longuement étudiées à l'article Dyspepsie. Nous nous contenions ici de parler de la médication, qui s'adresse plus spécialement au symptôme vomissement. Le citrate de soude, à la dose d'une cuillerée à café de solution au centième avant chaque tétée, le laudanum de Sydenham à la dose d'une goutte le matin dans un peu de lait, l'eau bicarbonatée (Vichy, Vais) pour couper le lait, sont les meilleurs moyens antiémétiques applicables au jeune enfant.