‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 156 sur 263 · VII. - DYSENTERIE ET COLITE DYSENTÉRIFORME · texte numérisé non relu

VII. - DYSENTERIE ET COLITE DYSENTÉRIFORME

La dysenterie amibienne endémique des pays chauds fiapite dans ces pays l'enfant aussi bien que Fadulte et est grave chez l'enfant tant par elle-même que par ses complications.

Dans les pays tempérés, on n'observe que la dysenterie nostras^ <lont l'agent pathogène est le bacille de Chantemesse-Widal. Celle 'lysenterie bacillaire apparaît pendant les chaleurs de l'été, dans les contrées humides, aux abords des fleuves (1); elle frappe surtout les sujets fatigués, débilités, mal nourris, et les enfants dyspeptiques ou malingres.

Symptoiiiatolog^ie. — Les selles ont dans la dysenterie un caractère spécial. Elles sont glaireuses, et les glaires, au lieu d'être translucides et plus ou moins teintées de jaune ou de vert comme dans les gastro-entérites, sont blanchâtres, opalines, et, dans les cas graves, çà et là teintées par le sang ; chaque selle est peu abondante, mais les selles se répètent fréquemment; en outre, l'enfant a à chaque instant des épreintes, c'est-à-dire des besoins d'aller à la garde-robe, et des contractions plus ou moins douloureuses du rectum, qui n'aboutissent pas à une évacuation.

Dans les premiers jours, la fièvre est la règle, mais elle est irrègulière, variable dans sa durée et sa persistance. Une fois la maladie établie, la fièvre n'apparaît plus que par poussées passagères. Malgré la chute de la hèvre, l'enfant dépérit rapidement. L'amaigrissement est considérable, l'appétit nul, les digestions difficiles, et parfois des vomissements surviennent. Dans les cas intenses, la mort peut survenir chez les petits enfants en une huitaine de jours. Dans les cas d'intensité moyenne, chez des enfants antérieurement bien poitants, on ari'ive en général à juguler le mal au bout de huit à douze jours de traitement. Le signal de la guérison est la réapparition des selles bilieuses, bientôt suivie du rétablissement des fonctions digestives et de l'état général.

Les complications sont rares; les perforations intestinales, les abcès du foie, fréquents dans la dysenterie amibienne, ne s'observent pas dans la dysenterie nostras.

Anatoinie patholog-ique. — Le gros intestin est rouge, congestionné; les follicules clos sont tuméfiés et rouges (entérite folliculaire) ; il y a des ulcérations punctiformes sur ces follicules ; parlVis

(1) Dans la région parisienne, la dysenlei'ie ne s'observe guère que le long de la BasM- Seine, surtout sur la rive gauche, à Grenelle, Javel, les Moulineaux, le Bas-Meudon, au premier coude de la Seine, et à Bougival, Port-Marly, LePecq, au second coude de ce fleuve.

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