V. - HÉMATURIE ESSENTIELLE DE L'ENFANCE
En dehors de la phase hématurique du début des néphrites, en dehors de la tuberculose rénale et du sarcome rénal, on observe peu souvent fhématurie chez l'enfant. Elle peut relevei* de la lithiase rénale, avec ou sans coliques néphritiques, mais la lithiase est rare dans l'enfance. Elle se voit aussi dans les maladies hémorragipares, purpura, scorbut, fièvres éruptives à forme hémorragique, hémophilie. Ces hématuries symptomatiques étant mises à part, il reste encore un groupe mal défini d'hématuries dont la cause échappe et auquel on a donné pour cela le nom d'hématurie essentielle de l'enfance. Certains enfants, paraissant en pleine santé, urinent un jour une quantité variable de sang, soit en une seule miction, soit léparti en plusieurs mictions successives; l'hématurie se répète à intervalles plus ou moins éloignés.
La nature du mal reste inconnue; on suppose qu'il s'agit soit de minuscules angiomes rénaux, soit de tubercules miliaires rénaux isolés provoquant des poussées congestives et guérissant ultérieurement par transformation fibreuse.
Traitement. — Quand l'enfant n'est pas trop anémié, le seul traitement consiste en l'administration d'hémostatiques généraux (chlorure de calcium, adrénaline, ergotine). Dans des cas où les hémorragies se répétaient au point d'afTaiblir l'enfant, on a eu recours à la néphrotomie ; dans la plupart des cas, le chirurgien s'est contenté d'inciser le rein selon son plan principal, du bord externe au bassinet, et, ne trouvant rien d'anormal, s'est contenté de remettre les choses en leur position primitive. Chose curieuse, la guérison suit en général cette simple incision, si bien qu'elle est aujourd'hui érigée en traitement systématique.
388 MICTIONS NOCTURNES INVOLONTAIRES.