VI. — ABCÈS INTRACRANIENS
Les abcès intracraniens sont plus fréquents chez l'enfant que chez l'adulte. Tantôt ils sont septicémiques et consécutifs à une affection à pneumocoques (pneumonie ou bronchopneumonie), à staphylocoques (abcès, angine) ou à streptocoques (phlegmon, érysipèle) ; tantôt ils sont dus à la propagation d'une suppuration de voisinag'- ; il s'agit alors, le plus souvent, d'une suppuratioa auriculaire, d'une otite moyenne suppurée, aiguë ou plus souvent chronique, compliquée ou non de ■mastoïdite. Quand le pus a son libre écoulement au dehors par suite de la perforation du tympan, les abcès cérébraux ne sont guère à craindre; au contraire, quand Fotite moyenne n'aboutit pas à la perforation, ou quand des suppurations secondaires se font dans les cellules closes de l'apophyse mastoïde, des propagations à distance sont à craindre soit aux sinus de la duremère, soit aux méninges, soit enfin à l'encéphale.
Presque toujours les abcès d'oi'igine auriculaire siègent dans le lobe latéral du cervelet ou dans le lobe temporal du cerveau; les abcès septicémiques siègent, au contraire, dans les lobes frontopariétaux et parfois dans le ventricule cérébral. Quelquefois il existe plusieurs abcès.
Symploinatologie. — Les symptômes participent à la fois de ceux des méningites suppurées et de ceux des tumeurs intracraniennes; les premiers prédominent au début, puis les seconds se manifestent, la température i estant élevée.
Diaguostic. — Il se fait en rapprochant les symptômes constatés des conditions étiologiques telles ([ue la suppuration auriculaire ou l'état septicémique.
Traitement. — Il consiste à ouvrir le plus tôt possible l'abcès au moyen d'une trépanation. Quand l'abcès est d'origine auriculaire, on est guidé par les lésions osseuses locales soit vers la fosse temporale, soit vers la fosse cérébelleuse. Plus difficile est la détermi-