IDIOTIE. IMBÉCILLITÉ
manifeste pas cette compréliension progressive du monde extérieur, qu'il est si intéressant de voir se développer à cette période de la vie chez les enfants normaux. Il ne suit pas les objets des yeux; il n'exprime pas sa joie quand on lui offre le sein; il ne tend pas la main vers les objets ; il ne réagit pas aux agaceries; il reste impassible et insensible. A mesure qu'il avance en âge, les différences avec les enfants normaux s'accusent de plus en plus; la physionomie est hébétée, l'attitude indifférente, le regard morne ; certains idiots passent leurs journées engourdis dans une torpeur profonde; d'autres sont en perpétuel mouvement; mais il s'agit de mouvements automatiques, sans but, toujours les mêmes; l'idiot profond est gâteux ; il ne sait pas se nourrir; il faut lui entonner ses aliments.
A des degrés plus atténués, l'idiotie laisse subsister quelques fonctionsintellectuelles inférieures. L'enfant apprend à êlrepropre, à manger et à boire, à proférer quelques mots. Certains idiots manifestent une certaine sensibilité, de la joie, de la colère. Dans des cas moins accentués encore {débilité mentale], l'enfant garde en grandissant l'intellectualité d'un enfant de deux ou trois ans; toutefois, il ne s'agit pas d'un simple retard ; souvent il y a perversion ou inégalité de développement d'une faculté par rapport à une autre ; chez certains idiots, la mémoire visuelle, ou celle des chiffres, ou la faculté musicale sont remarquablement développées; ce qui fait défaut, ce sont le jugement, la faculté de comparaison, la volonté, la décision; les sentiments alFectueux sont anormaux ou absents ; les colères faciles ; certains idiots s'adonnent passionnément à un onanisme automatique.
Quand l'idiotie est congénitale, elle s'accompagne souvent de tares somatiques. Certaines, telles que les anomalies des membres, des organes génitaux, témoignent que la cause qui a entravé le développement cérébral a aussi modifié le développement somatique. D'autres ont une relation plus directe avec la lésion cérébrale : telles sont la microcéphalie, la plagiocéphalie, c'est-à-dire l'aplatissement du crâne du côté des lésions cérébrales, la macrocéphalie quand l'hydrocéphalie complique la lésion cérébrale, les déformations de la voûte palatine. On voit souvent coïncider avec l'idiotie des états de contracture ou de paralysie des membres, avec déformation, qui sont également la conséquence des lésions cérébrales.
Évolution. — L'idiotie dans ses formes profondes n'est pas susceptible de guérison ; elle entraîne une déchéance corporelle qui fait de l'enfant une victime facile des causes morbides diverses. Les idiots profonds meurent en grand nombre avant d'atteindre l'âge adulte.