‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 50 sur 263 · ÉRYSIPÈLE OMBILICAL DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

ÉRYSIPÈLE OMBILICAL DES NOUVEAU-NÉS

Érysipèle ombilical des nouveau-nés. — L'érysipèle des nouveau-nés a une allure clinique très différente de Férysipèle de Tadulte ; l'étude histologique des parties atteintes explique cette différence; chez le nouveau-né, la puUulation du streptocoque ne se limite pas à la couche superficielle du derme et à la région papillaire;elle infiltre de façon diffuse les espaces conjonctifs du tissu graisseux sous-cutané, les vaisseaux lymphatiques qui s'y trouvent et les gaines lymphatiques périvasculaires très développées à cet âge. La phagocytose, très marquée chez l'adulte, fait à peu piès défaut chez le nouveau-né; aussi la maladie est-elle chez ce dernier extensive et souvent compliquée d'infection généralisée.

L'érysipèle débute brusquement, vers la lin de la première ou le début de la seconde semaine, par une élévation brusque de la température; en même temps, on constate un placard rouge diffus qui apparaît d'abord, non pas au pourtour de l'ombilic, mais à distance, à rhypogastre et au triangle pubien ; au début, l'enfant n'est pas abattu et continue à prendre le sein avec appétit. Dans les jours suivanls,la température monte par intervalles à 39 et 40°, mais ne se maintient pas à cette hauteur d'une façon aussi constante que chez l'adulte. La plaque érysipélateuse s'étend rapidement : aux grandes lèvres chez la petite lille, au pénis et au scrotum chez le petit garçon ; ces régions sont rouges, indurées, luisantes; le placard abdominal gagne tout l'abdomen; la peau est rouge, tuméfiée; le bourrelet périphérique est moins marqué que chez l'adulte. Dans les jours suivants, l'érysipèle continue à s'étendre; ce n'est pas toujours uniquement par contiguïté; quelquefois on voit un placard rouge débuter à 1 ou 2 centimètres en dehors de la ligne d'extension. Les cuisses, les jambes, les membres supérieurs sont atteints à leur tour sans que cette progression ait rien de régulier. En même temps la rougeur disparaît dans les régions primitivement atteintes, mais elles restent empâtées; l'épiderme se détache en petites pellicules.

A ce stade de la maladie, la température est très irrégulière ; l'hypothermie alterne avecl'hyperthermie, le pouls est incomptable; l'enfant est constamment en torpeur; il n'a plus la force de téter; il succombe en hypothermie vers le cinquième ou sixième jour après le début. La face est souvent la seule partie du corps qui ait été respectée.

Cette terminaison est malheureusement la règle; toutefois, dans «pielques cas rares, l'érysipèle semble perdre de sa violence à mesure qu'il s'étend; les parties nouvellement atteintes sont moins rouges^ moins tuméfiées, et rinflammation semble venir mourir aux extrémités; parfois de nouvelles plaques reprennent sur les parties anté-

rieurement atteintes et s'effacent après une période extensive; linalement Térysipèle peut guérir. Parfois il se produit des foyers de mortification ; il ne faut pas confondre cet érysipèle nécrotique avec 1 érysipèle gangreneux primitif (V^oy. paragraphe suivant).

L'érysipèle peut guérir encore à la suite de collections purulentes sous-cutanées ; cette formation d'abcès est de bon augure ; le pus collecté est évacué par incision, etparfois Fenfant guérit.

Le traitement est bien peu actif ; le sérum antistreptococcique ne paraît pas avoir une influence heureuse. On se contentera d'appliquer localement des compresses humides d'eau bouillie ou d'eau boriquée, ou si la peau commence à macérer et si des phlyctènes menacent de se former, une poudre antiseptique.

Gangrène de l'ombilic ; phlegmon gazeux ombilical; érysipèle gangreneux des nouveau-nés. — Quand le cordon est atteint de putréfaction, l'infection peut se propager à la paroi et causer la gangrène ombilicale. L'affection peut rester limitée et guérir en laissant une cicatrice, où disparaît la forme habituelle de l'ombilic. D'autres fois, l'infection anaérobie se fait après lachute du cordon. La paroi ombilicale autour de l'ombilic est le siège d'une tuméfaction rouge livide qui s'étend rapidement. Bientôt le doigt appuyé sur la région tuméfiée peut y percevoir une crépitation gazeuse (phlegmon gazeux de la paroi). Rapidement surviennent des phénomènes de péritonite, et l'enfant meurt dans le coUapsus. La mortification peut se faire sans dégagement de gaz, mais avec liquéfaction putride des tissus de la paroi abdominale; le sphacèle peut gagner le péritoine et même une anse intestinale; la mort est la terminaison fatale de ces gangrènes diffuses, et tout traitement (incision, lavages des plaies à leau oxygénée) est vain.

Septicémies et pyohémies d'origine ombilicale. Ictère septicémique des nouveau-nés. — La septicémie d'origine ombilicale se produit parfois comme complication d'une infection locale manifeste ; d'autres fois, elle paraît survenir d'emblée; la lésion locale a été passagère ou demande à être recherchée pour être décelée. Quoi qu'il en soit, l'invasion du sang par les microbes est insidieuse chez les nouveau-nés; elle se manifeste par une altération rapide de l'état général, de l'agitation alternant avec du collapsus, des plaintes; la peau pâlit et assez souvent prend une teinte jaunâtre; la température est des plus variables, tantôt hyperthermique, tantôt hypothermique; on note parfois de grandes variations en de courts espaces de temps; en quelques heures, la température tombe de 39 ou 40° à 36, 35", et remonte quelques heures après; ces variations n'existent pas aussi marquées dans les septicémies des

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