‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 51 sur 263 · TÉTANOS DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

TÉTANOS DES NOUVEAU-NÉS

adultes; on note parfois la production de pétéchies sous-cutanées, surtout à la paroi abdominale, plus rarement d'ecchymoses; exceptionnellement, on note des abcès sous-cutanés ou des suppurations séreuses. La mort arrive habituellement en l'espace de quelques jours.

A VautopHe, on constate le plus souvent que l'une ou l'autre des artères ombilicales forme, sous le revêtement postérieur séreux de la paroi abdominale, un cordon dur, alternativement noirâtre et jaunâtre; elle contient, en effet, dans son intérieur, du sang coagulé et du pus. La veine ombilicale peut être atteinte de même. Le foie est en général pâle, volumineux, en dégénérescence graisseuse totale. Les poumons sont congestionnés, les reins sont gros et pâles; on trouve parfois des traînées purulentes sous-péritonéales le long des artères ombilicales ou de la veine ombilicale, plus rarement de la péritonite suppurée, exceptionnellement des collections purulentes dans les autres séreuses ou dans les parenchymes. On trouve généralement dans ces foyers le streptocoque, seul ou associé à des microcoques ou à des bâtonnets. On a trouvé aussi le Proteus (Baiet Piénon) et le colibacille (Bai').

Maladie bronzée hématurique des nouveau-nés. — Dans cette forme, les lésions ombilicales sont minimales ou même absentes, et les symptômes généraux dominent d'emblée la scène. Dès le deuxième ou le troisième jour, l'enfant vomit, a de la diarrhée, maigrit, s'agite, puis apparaît une teinte subictérique de la peau qui fonce progressivement et arrive à la coloration bronzée avec des tons de vieux cuivre jaune et des reflets olivâtres; les extrémités sont violacées, les muqueuses sont souvent noirâtres; l'hématurie survient peu après l'apparition de lictère bronzé; l'urine est noirâtre et se sépare par le repos en une partie liquide couleur acajou et un sédiment noir constitué par des globules sanguins et <les cellules épithéliales du rein. Bientôt le pouls et la respiration deviennent irréguliers, la température s'abaisse, et l'enfant meurt en collapsus en trois ou quatre jours.

A Vaiitopsie, les viscères ne sont que peu altérés dans leur parenchyme. La lésion primordiale est celle du sang, qui est poisseux, noirâtre et ne rougit pas au contact de Fair.

Tétanos des nouveau-nés. — Il est dû à l'infection de la plaie ombilicale par le bacille de Nicolaïer. il survient vers la fin de la première semaine de. vie. Il s'annonce par des grincements de mâchoire, des crampes du masséterau moment de la tétée; la mère sent son mamelon pincé entre les mâchoires de l'enfant ; la déglutition du lait se fait mal à cause du spasme pharyngé; les contractures s'étendent rapidement au reste du visage; les joues se plissent

(le rides verticales ; la bouche se tire aux commissures, le front se j)lisse, les sourcils se contractent ; puis le spasme gagne les muscles

Fig. 22. — Nouveaii-iié létaiiique.

vertébraux; la tète se renverse en airière; le tronc se courbe; les membres enfin se raidissent, (fig. 22) ; la température monte rapidement et atteint 39 et 40^ ; la plaie ombilicale est suintante, grisâtre, atone.

TÉTANOS DES NOUVEAU-NÉS. i7l

Si on touche l'enfant, les contractures augmentent; i} est comme en bois et peut être soulevé tout d'une pièce; il geint faiblement ; au bout de deux ou trois jours, il meurt en hyperthermie pour arrêt des mouvements respiratoires. Toutefois il y a des cas à évolution lalentie, qui passent à l'état chronique et finissent par guérir.

Diagnostic — Il est facile à la période d'état; à la période de début, il faut s'assurer que le trismus n'est pas dû à une lésion locale du cou, de la gorge ou de la bouche; il faut en particulier s'assurer qu'il n'existe pas d'abcès péripharyngien. On observe parfois, dans les septicémies généralisées du nouveau-né, un état de contractures ([ui pourrait en imposer pour le tétanos si elles n'étaient plus intermittentes, moins marquées, prononcées phis aux membres qu'aux mâchoires (Voy. art. Tétanie et ÎVlÉNI^^,^Es aiguës).

Traitement. — Le sérum antitétanique a un pouvoir prophylactique merveilleux; dans les pays où le tétanos du nouveau-né est fréquent, il faut faire systématiquement aux nouveau-nés l'injection préventive de 2 ou 3 centimètres cubes de sérum antitétanique. Cette pratique a fait disparaître le tétanos des nouveau-nés dans les villages de Madagascar, où la plupart succombaient au mal.

En France, le tétanos est rare, et l'injection préventive n'esta faire que dans les cas très particuliers, où l'on aurait des raisons spéciales de craindre l'infection.

Une fois les contractures installées, le sérum est beaucoup moins puissant; il neutralise complètement la toxine au fur et à mesure de sa formation, mais il ne remédie pas aux ravages qu'elle a déjà produits et dont les conti'actures sont Feffet. 11 faut agir énergiquement si l'on veut avoir quelque espoir d'obtenir un résultat. Il faut faire une première injection de 20 centimètres cubes de sérum antitétanique; il faut panser le cordon ou la plaie ombilicale avec une compresse imbibée de sérum; on peut encore employer pour ce pansement la poudre de sérum desséché, que prépare l'Institut Pasteur. On a renoncé avec raison, chez l'adulte, aux injections intracérébrales nécessitant la trépanation. Chez le nouveau-né, il est possible de les faire beaucoup plus simplement en introduisant l'aiguille dans chaque hémisphère cérébral par l'angle latéral de la grande fontanelle, et en injectant doucement dans chaque hémisphère 3 ou 4 centimètres cubes de sérum.

Il faut joindre à l'action du sérum celle des hypnotiques et des antispasmodiques, bromure de sodium, 1 gramme par jour, lavements avec 50 grammes de lait et 50 centigrammes de chloral deux fois par jour, inhalations de chloroforme sans aller jusqu'à la narcose.

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