‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 96 sur 263 · I. — CORNAGE DES NOUVEAU-NÉS. - STRIDOR CONGÉNITAL · texte numérisé non relu

I. — CORNAGE DES NOUVEAU-NÉS. - STRIDOR CONGÉNITAL

On donne le nom de cornage au bruit respiratoire s'entendant à distance, qui résulte d'un rétrécissement des voies respiratoires sur le passage de Tair inspiré ou expiré. Ce bruit a le même rythme que la respiration ; il est le plus souvent uniquement inspiratoire, parfois à la fois inspiratoire et expiratoire, très rarement uniquement expiratoire.

Tout rétrécissement des voies aériennes par un obstacle pariétal solide peut donner lieu au cornage. Chez les nouveau-nés, les causes de rétrécissement de la trachée se réduisent presque uniquement à la compression par des ganglions trachéo-bronchiques hypertrophiés ou par un thymus trop volumineux. Ces cornages trachéaux seront étudiés dans leurs causes aux paragraphes Adénopathie TRACHÉo-BRONCHiQUE et HYPERTROPHIE DU THYMUS. Nous n'en parlcrous ici qu'au point de vue du diagnostic avec une variété de cornage particulière au nouveau-né, le cornage laryngien vestibulaire, ou stridor congénital.

Le stridor congénital est un cornage uniquement inspiratoire, qui reconnaît pour cause une conformation vicieuse particulière du vestibule laryngé. L'épiglotte est pour ainsi dire pliée sur elle-même, selon la ligne médiane, de telle sorte que les replis aryténo-épiglottiques, très rapprochés l'un de l'autre, laissent entre eux seulement une fente étroite dont les bords sont susceptibles d'entrer en vibration à chaque inspiration, surtout dans les inspirations brusques et intenses. A l'expiration, les replis sont écartés l'un de l'autre par la colonne d'air, et le phénomène ne se produit plus. \'oilà pourquoi le stridor est uniquement inspiratoire.

// existe dès la naissance, dès les premières inspirations. Telle est du moins la règle ; chez les nouveau-nés très débiles, il arrive toutefois qu'on ne le remarque que quand la respiration est devenue assez forte, vers la deuxième ou même la troisième semaine.

Dans les cas atténués, le bruit est doux, peu perceptible ou fait même défaut dans la respiration calme ; si Tenfant s'agile, s'il fait effort, s'il ci'ie, le bruit devient strident, aigu, croassant. Le début de Finspiralion est alors accompagné de la production d'une dépression sternoépigastrique et sus-sternale. Ce tirage toutefois n'est pas persistant-

Les bruits glottiques, cris, toux ne sont nullement modifiés ; si on obture les narines ou la bouche de l'enfant, si on abaisse la langue avec un abaisse-langue, le stridor persiste avec les mêmes caractères. Ln abaissant fortement la langue, on peut parfois apercevoir l'épiglotte et constater de visu la malformation spéciale. Quant au miroir laryngoscopique, son emploi est trop difficile chez le jeune enfant pour qu'on puisse, grâce à lui, voir le vestibule laryngé.

Uélat général n'est nullement modifié; les nuits sont bonnes; le bruit s'atténue pendant le sommeil ; l'enfant tète bien, mais bruyamment ; même quand le bruit est intense et s'accompagne de tirage inspiratoire, il ne semble pas en être gêné en quoi que ce soit. Aussi toute intervention par le tubage ou la trachéotomie est inutile, donc nuisible. On a toutefois employé le tubage momentané pour assurer le diagnostic ; le bruit cesse dès que le tube est dans le larynx.

Le pronostic est bénin. Les symptômes décroissent spontanément quand le larynx augmente en dimensions. Dès le sixième mois, l'intensité diminue; dans la seconde année, il ne se produit plus que dans les moment de colère, puis disparaît définitivement.

Les auteurs ne nous apprennent rien de précis sur rorîj»ine de la malformation. Il semble bien néanmoins qu'elle ne soit pas d'origine pathologique (il ne pourrait s'agir que de pathologie fœtale). Est-ce donc une mal for rnu lion par variation (au sens qu'avec les zootechnistes nous attachons à ce mot) susceptible d'être hérédofamiliale ; peu de documents probants ont été publiés à ce point de vue. Seul Refslund a constaté la coexistence chez plusieurs enfants d'une même mère. Dans un cas de Tollemer (1), l'enfant avait un souffle systolique indiquant une malformation cardiaque (rétrécissement pulmonaire ou perforation interventriculaire).

Dia^iiof^tic. — Le stridor congénital se distingue des autres cornages par son caractère exclusivement inspiratoire et son existence dès la naissance.

Le cornage par adénopathie trachéo-bronchique est au contraire prédominant à l'expiration, sans doute parce que l'ampliation inspiratoire du thorax diminue l'intimité des connexions entre le ganglion et les voies respiratoires; il est rarement constaté avant

(1) Société de pédiatrie, 1904.

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