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III. — Bronchopneumonie tuberculeuse

C'est la forme que l'on observe le plus fréquemment chez le jeune enfant entre un an et cinq ans. A un an, deux ans, elle survient surtout d'emblée ; vers quatre ou cinq ans, elle éclate surfout dans les convalescences de rougeole, de coqueluche ou de diphtérie, et chez les enfants déjà atteints de tuberculose ganglionnaire, de tuberculose osseuse ou de tuberculose disséminée discrète plus ou moins latente.

Le début est celui de la bronchopneumonie simple : élévation dé température, dyspnée progressive, bouffées de râles disséminés dans les poumons, avec ou sans zones de souffle et de submatita! l'aspect est celui d'une bronchopneumonie quelconque ; on signale pourtant quelques nuances comme propres à la bronchopneumonie tuberculeuse : les oscillations se font entre 37°, S et 38°, 5 ou 39° ; on note rarement des plateaux entre 39° et 40°, entrecoupés de grandes oscillations entre 37° et 40°, ce qui est, au contraire, fréquent dans la bronchopneumonie aiguë ; la dyspnée est d'emblée plus considérable, même si les signes locaux sont peu diffusés ; le pouls est discordant avec la température ; trop rapide dans les moments d'apyrexie, pas assez i-apide dans les accès fébriles ; mais il faut bien avouer que ces signes sont de peu de valeur, et ce qui fera craindre la nature tuberculeuse d'une bronchopneumonie, c'est beaucoup plus les conditions générales dans lesquelles elle se produit, la polymicrondénie, les ganglions cervicaux, la pâleuretla maigreur antérieures, la constatation d'adénopathie bronchique que les signes pulmonaires eux-mêmes,

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La marche de la bronchopneumonie tuberculeuse est progressive et fatale ; on ne voit pas les accalmies qu'on note dans la bronchopneumonie simple ; si on note parfois des atténuations, des variations considérables dans les signes locaux, cela tient à l'apparition, à la disparition, à la mobilité des poussées congestives surajoutées aux lésions bacillaires ; mais les régions atteintes ne se débarrassent pas complètement et rapidement de tout signe, comme cela peut se voir dans les bronchopneumonies simples à forme congestive. Les zones de souffle, les zones de matité deviennent de plus en plus persistantes ; les râles de tout calibre très abondants simulent le gargouillement (bruit de friture) ; en réalité, le vrai gargouillement est rare, car, quand l'enfant a fini par succomber au bout de cinq à six semaines de maladie, on trouve à l'autopsie un poumon parsemé de gros tubercules jaunes péribroncldques, peu ou pas ramollis, ne laissant entre eux que des intervalles restreints de tissu sain ou plus ou moins congestionné etsplénisé ; tandis que, dans la tuberculose pulmonaire disséminée chronique, les amas caséeux sont de volume variable et disséminés sans ordre dans les poumons, en nombre variant de un à vingt ou trente, dans la forme qui nous occupe les nodules jaunes sont innombrables ; ils ont tous le même volume, celui d'un grain de chènevis, et siègent tous au- niveau du pédicule bronchique du lobule (sauf concomitance de blocs caséeux anciens).

Dans bien des cas, il est difficile, même sur la table d'autopsie, de distinguer la bronchopneumonie simple avec nodules inflammatoires péribronchiques en voie de suppuration et la bronchopneumonie tuberculeuse, avec nodules caséeux péribronchiques; c'est surtout par l'existence de blocs caséeux anciens dans les ganglions, les viscères, ou les poumons eux-mêmes, ou encore par la constatation sur les séreuses ou dans les viscères de granulations grises récentes indiquant un début de généralisation granulique, qu'on pourra affirmer la nature tuberculeuse de la maladie. L'examen histologique montrerait du reste la structure spéciale des follicules tuberculeux et même parfois, mais non toujours, des cellules géantes, et le bacille de Koch serait décelé dans les nodules.

Traitement. — Le traitement des formes aiguës ou suraiguës du jeune enfant est purement palliatif. Quoi qu'on fasse, la bronchopneumonie tuberculeuse du jeune enfant est fatale.

Dans la tuberculose disséminée discrète du poumon, le traitement se confond avec celui de la tuberculose en général (voy. p. 168).

Quand l'enfant est déjà grandet, à partir de sept ou huit ans, et surtoutvers dix, douze ans, et quand la tuberculose revêt la forme localisée au sommet comme chez l'adulte, la thérapeutique et. sur-

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