DENTS
Les canines sortent dans la seconde moitié de la deuxième année. La sortie s'effectue en général sans trop de difficulté. La mauvaise réputation des œillères (canines supérieures) à ce point de vue esl bien surfaite.
La sortie des deuxièmes molaires, au début de la troisième année, présente les mêmes particularités que celle des premières molaires; mais l'enfant plus robuste n'en est en général que peu incommodé.
Incidents de la dentition. — Autant il serait néfaste d'attribuer à la dentition la plupart des maladies des jeunes enfants, commefaisaient les médecins des derniers siècles, autant il est ridicule de nier que le travail de dentition n'a pas un rôle de prédisposition morbide.
Il y a des enfants qui percent toutes leurs dents sans s'en apercevoir, de même qu'il y a des femmes qui accouchent sans douleur; beaucoup plus souvent, l'enfant dont la gencive est soulevée par la poussée dentaire est dans un état d'agacement et d'énervementdont Vaijitation, les cris, l'insomnie sont le témoignage.
Visiblement, la friction douce de la gencive avec la pulpe du doigt calme l'enfant; on peut employer pour ces frictions un collutoire de dentition dont voici la formule :
Miel 200 grammes.
Etfu 10U —
Tamarin 30 —
Safran 3 —
Lorsque l'agitation nocturne est trop marquée, il est indiqué de la calmer avec le bromure, qu'on cessera sitôt la dent dehors. On donne le soir une cuillerée à café de la potion suivante et une ou deux autres au besoin dans la nuit :
Bromure de sodium 2 grammes.
Sirop de fleurs d'oranger 100 —
On voit souvent des enfants être atteints, pendant la poussé' des incisives supérieures, d'un écoulement séreux des fosses nasales qui cesse avec l'issue de la dent et qui reprend quand pousse la dent voisine. J'ai vu deux enfants d'une même famille présenter à plusieurs reprises, lors de poussées dentaires, des vomissements incoercibles avec présence d'acétone dans l'urine. D'autres enfants ont en ces moments des selles diarrhèiques. On voit aussi des poussées fébriles que rien autre n'explique et qui cessent brusquement à la sortie de la dent.
La dentition est incapable de causer par elle-même des accidents plus graves. Les convulsions, les entérites, les bronchopneumonies
ne paraissent pas beaucoup plus fréquentes au moment des poussées dentaires que dans l'intervalle. Tout au plus peut-on considérer les troubles nerveux et les troubles secrétaires réflexes que nous avons signalés comme susceptibles de diminuer la résistance naturelle de l'enfant aux agents infectieux.
Colonne vertébrale. — La colonne vertébrale du nourrisson ne présente pas les inflexions cervicale, dorsale et lombaire, que l'on observe chez l'enfant plus grand et chez l'adulte. A la naissance, sa direction est presque recliligne ; l'inflexion cervicale s'ébauche quand l'enfant commence à tenir spontanément sa tète droite, vers le troisième mois ; l'ensellure lombaire ne débute qu'à partir du moment où l'enfant commence à se dresser sur ses jambes, vers le douzième mois, et ne s'accuse vraiment qu'à partir de la troisième année.
Thorax. — Le thorax a son diamètre antéro-postérieur relativement très développé. A la naissance, il est aussi grand que le diamètre transverse (indice thoracique = 100). Au fur et à mesure que le thymus diminue et que les poumons prennent plus d'importance relativement au cœur et au foie, le thorax s'élargit et s'aplatit. A deux ans, l'indice thoracique est de HO (140 chez l'adulte).
Par le fait de cet élargissement, les angles costaux s'accusent, les gouttières vertébrales s'approfondissent. En môme temps, les côtes, d'horizontales qu'elles étaient, deviennent obliques; la partie inférieure du sternum se rapproche de la colonne vertébrale. Par suite de ces modifications, le thorax passe insensiblement de la forme de cône tronqué à section circulaire, qui est celle du nouveau-né, à la forme de cylindre à section ovalaire, qui est celle du grand enfant et de l'adulte.
Bassin. — Le bassin est relativement très peu développé chez le nourrisson ; son ouverture supérieure se rapproche du plan horizontal, et son axe est presque vertical. Son diamètre antéro-postérieur est égal ou supérieur au diamètre transverse ; cette disposition persiste jusqu'aux approches de la puberté.
Organes génitaux. — Chez le garçon, les teslienles sont le plus souvent dans les bourses dès la naissance; après la poussée génitale des premières semaines (voy. p. 30), les testicules se sentent comme deux petits corps olivaires minuscules, non sensibles à la pression.
Chez la petite fille, les grandes lèvres, peu développées, laissent à découvert le clitoris, qui est relativement gros à cette période de la vie.
Pédiométrie. — Voici quelques chiffres indiquant de six mois en six mois un certain nombre de mesures faciles à prendre :