‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 127 sur 283 · II. — Purpura infectieux · texte numérisé non relu

II. — Purpura infectieux

description. — La maladie débute par de la céphalalgie, de la courbature, de la fièvre, de Vinappétence, de Yétat saburral de la langue, avec constipation ou avec diarrhée ; la température s'élève progressivement, souvent par bonds irréguliers; jusqu'à ce moment, la maladie ressemble à une fièvre typhoïde anormale, et plus encore à une tuberculose aiguë ou à une septicémie; l'apparition des pétéchies et des hémorragies muqueuses, survenant tantôt dès les premiers jours, lantôt seulement au bout d'une huitaine de jours, vient seule donner un caractère spécial à la maladie.

L'éruption pétéchinleAlïïère beaucoup de celle du purpura exanthémafique; elle ne se fait pas par une poussée brusque limitée aux membres, mais il apparaît successivement des groupes de pétéchies, irrégulièrement disséminées çà et là sur le corps, non seulementsur les extrémités, mais sur le tronc et même la face ; l'élément pété* chial est lenticulaire, peu saillant, rouge pourpre ou violet; parfois son centre est décoloré, bistré'; assez souvent existent de larges eechymoses diffuses sous-cutanées. Plus rarement, on observe de larges plaques vineuses cutanées, violacées, à contours irréguliers. La teinte violette des pétérhies vire bientôt au brun, au vert, au jaune pâle, comme dans les ecchymoses traumatiques; elles sont beaucoup plus longues à disparaître complètement que les taches péliotiques du purpura exanthématique.

Les hémorragies muqueuses sont la règle; on note surtout les épistaxis et les hémorragies gingivales, mais parfois aussi les hématémèses, les entérorragies, les hématuries, les hémorragies méningées et cérébrales.

Cependant Yétat de Hupnlr augmente, alternant avec l'excitation et le délire; la température est «régulière, la peau sèche, les sueurs nulles, les urines rares, parfois albumineuses.

Des suppurations, des nécroses, des gangrènes peuvent se développer Apeiit. — Mal. des Enfants. 22

au niveau des foyers hémorragiques ou en dehors d'eux ; des érythèmes infectieux sont susceptibles de survenir. La mort est la règle ; elle est parfois rapide (purpura foudroyant); parfois le malade résiste trois, quatre ou cinq semaines; dansces formes prolongées, on peut espérer la guérison.

Diagnostic. — Les formes hémorragiques des fièvres éruptives, de la fièvre typhoïde, de Yendocardite infectieuse, des septicémies chirurgicales, simulent le purpura infectieux. Quand la mort survient rapidement, il est parfois difficile de dire si on a eu affaire à un purpura infectieux primitif ou aune de ces fièvres à forme hémorragique. Les notions épidémiologiques sont parfois le seul moyen de juger la question. Le traitement est, du reste, le même.

La leucémie aiguë peut débuter comme un purpura infectieux. L'examen du sang est nécessaire pour assurer le diagnostic.

La méningite cérébro-spinale revêt souvent la symptomatologie du purpura infectieux. En présence du syndrome purpura infectieux, il faut toujours penser à une méningite possible, rechercher les signes méningés et faire au besoin une ponction lombaire qui permettra d'éliminer la méningite, ou au contraire de l'affirmer et d'appliquer le traitement sérothérapique.

Traitement. — 11 faut se guider d'après les symptômes : le bain froid quand la maladie prend la forme ataxo-adynamique, le bain tiède quand l'excitation domine; l'adrénaline en injection souscutanée peut rendre des services en modérant les hémorragies; le collargol, en injection intraveineuse, ou en frictions, ou par voie buccale, trouve dans ces cas une de ses bonnes indications.

Page 1