‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 147 sur 283 · PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

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tétée; le lait du début est plus riche en caséine, le lait de la fin plus riche en matières grasses (aussi recommande-t-on pour une analyse de prélever 20 grammes au début de la tétée et 20 grammes à la fin) ; on voit des laits très gras être néanmoins très bien supportés, tandis que des laits de composition normale à l'analyse chimique sont rejetés parle nourrisson, voire même parles nourrissons successifs : en réalité, ce qui importe le plus dans la digestibilité du lait, c'est moins ce que nous révèle l'analyse que ce qu'elle ne nous révèle pas, les ferments, les toxines, substances très actives en quanlilé infinitésimale et échappant aux analyses telles qu'on les pratique habituellement. Le meilleur réactif de la valeur d'un lait est le nourrisson. Quand, malgré une surveillance attentive du régime de l'enfant et de celui de la nourrice, l'enfant continuera à ne pas digérer normalement et diminuera de poids, il faudra en arriver à changer ae nourrice.

11 y a des faits très rares mais incontestables d'enfants qui, dès leur naissance, ne se portent pas bien tant qu'ils sontalimentésau lait de femme (intuléranceprimitive dulaitde femme) et qui se trouvent bien des laits de vache modifiés que nous énuméreronsplus loin. On a même observé des enfants qui se développaient mal tant qu'ils étaient au lait, sein ou biberon, et qui n'ont commencé à bien digérer que quand les farineux ont commencé à leur être donnés, et surtout quand le lait a été supprimé de leur alimentation. 11 faut connaître ces faits; il faut savoir au besoin donner les farineux de bonne heure; mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit là .d'exceptions rares et que, dans la grande majorité des cas, l'alimentation lactée exclusive bien réglée est celle qui de beaucoup convient le mieux au nourrisson.

Chez l'enfant au biberon, la dyspepsie est beaucoup plus u'equen te que chez l'enfant au sein, ce qui tient à des causes multiples. Quelques précautions qu'on prenne, la digestibilité du lait de vache est moins parfaite que celle du lait de femme ; des particules non digérées subsistent dans l'inlestin, des fermentations anormales se produisent dans celui-ci, comme en témoignent les espèces microbiennes multiples rencontrées dans les selles des enfants au biberon, au lieu du Bacillusbifidus, qui constitue à lui seul la flore intestinale des enfants au sein. Aussi la réglementation des tétées s'impose plus encore que pour l'allaitement naturel; l'espacement des tétées doit être t'ait si des signes de dyspepsie débutante apparaissent.

Une fois la dyspepsie installée chez l'enfant au biberon, il ne suffit pas toujours de régler rationnellement l'alimentation pour rétablir le fonctionnement normal du tube digestif et surtout l'assimilation et la progression suffisante du poids. Dans bien des cas, on sera

amené à modifier la nourriture de l'enfant, et ces modifications ne pourront être faites qu'en tâtonnant, et d'après l'observation presque journalière des résultats obtenus.

Elles portent à la fois sur la nature des aliments et sur le nombre et l'espacement des tétées.

Modification de la nature des aliments. — Chez le tout, jeune enfant, le lait doit continuer à rester la base de l'alimentation ; on essaiera d'augmenter pendant quelque temps la proportion d'eau, soit pure, soit lactosée à 2, 5 et jusqu'à 10 p. 100; on obtient ainsi parfois une amélioration des troubles digestifs; maison peut tomber dans l'écueil de l'alimentation insuffisante, et l'enfant continue alors à baisser de poids. Le lait d'dnesse, beaucoup plus léger que celui de vache, est souvent très bien supporté. L'emploi des différents laits modifiés rend souvent de grands services; le lait fixé ou homogénéisé, le lait oxygéné sous pression, le lait humanisé, le lait maternisé (voy. p. 45) donnent des caillots moins épais que le lait de vache simplement stérilisé et sont en général mieux tolérés par les dyspeptiques. Le képhir n° 2 (maigre) ne pourra être employé que momentanément. Le lait de Baukhaus trouve son indication spéciale chez les dyspeptiques avancés; c'est un lait quia été soumis à l'action du ferment-lab et de la trypsine ; la caséine est transformée en propeptone. Tous ces laits sont livrés par l'industrie en flacons stériles, où ils se conservent assez longtemps, ce qui en rend l'emploi facile- 11 ne faut p\s oublier que ce ne sont pas là des aliments naturels; leur emploi prolongé expose au scorbut; ils ne doivent être employés que momentanément, et, si la nécessité oblige à prolonger leur emploi plus de quelques semaines, il est nécessaire de donner à intervalles éloignés un peu'd'aliments frais, le meilleur chez l'enfant des premiers mois étant le lait cru.

A la campagne, si l'on veut profiter de lait trouvé bon et de l'avantage qu'il y a à le donner frais, et cependant utiliser la plus facile digestibilité que certaines modifications donnent au lait, on peut oxygéner le lait par l'addition à chaque biberon de quelques gouttes d'eau oxygénée ; on peut préparer un lait genre Backhaus par l'addition au lait, soit de lab-lacto-ferment de Mialhe, soit d'atural, soit de Itymosine (pégnine) de Rogier ; on en met une pincée dans le lait tiède an moment de la donner à l'enfant ; on agite pour aider à se dissoudre les caillots qui pourraient se former.

Chez les enfants au delà de quatre mois, on a parfois avantage à substituer partiellement ou momentanément au lait une très légère bouillie, faite en faisantcuire à petit feu dans la quantité d'eau suffisaute, et en remuant constamment, une demi-cuillerée à café de

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farine lactée, ou encore de farine de gruau, d'orge ou d'avoine. La

bouillie ainsi obtenue, très claire, peut facilement passer à travers le trou de la tétine du biberon. Toutefois l'amidon même très cuit est très mal assimilé par l'enfant, qui ne salive guère et dont le suc pancréatique est peu actif sur les matières amylacées. Aussi on ne pourrait continuer longtemps ce procédé, qui, s'il arrête bien les troubles digestifs, ne suffit pas au point de vue assimilation. Il faut donc associer bientôt le lait aux amylacés, soit en mélangeant la bouillie à quantité égale de lait, soit en alternant le lait et la bouillie. On augmente peu à peu la quantité de lait et on revient progressivement au régime normal. M. Eugène Terrien a conseillé une modification heureuse à l'administration des amylacés, qui la rend applicable même aux jeunes enfants : c'est l'emploi de la bouillie de riz faite avec du lait coupé d'eau et maltosée; le malt dissout l'amidon, mais on arrête son action avant la saccharification complète, le sucre élant beaucoup plus fermentescible que l'amidon ; cette « bouillie de malt » existe à présent dans le commerce en flacons stériles et se conservant quelque temps, ce qui en rend l'emploi facile.

M. Gallois a préconisé le régime sec ; par l'addition d'une cuillerée à café de fromage blanc frais, ou de fromage dit '< petit-suisse ,t, à un peu de lait où on le délaye complètement, on obtient un mélange très nourrissant, qui, sous un très petit volume, suffit à alimenter l'enfant. Sous le nom de méthode des repas épaissis, M. Eug. Terrien emploie de la même façon le lait caillé en l'incorporant à la bouillie maltosée pour fournir à l'enfant des albuminoïdes. On peut encore instituer le régime sec avec la poudre de lait obtenue en faisant tomber le lait en lame mince sur des cylindres métalliques portés à haute température; il existe dans le commerce de la poudre de lait complet et de la poudre de lait écrémé, cette dernière plus indiquée chez certains dyspeptiques digérant mal les matières grasses. Une cuillerée à café de poudre de lait ajoutée à 200 grammes de lait donne l'équivalent de 400 grammes de lait; la valeur' nutritive du lait est donc doublée, et il n'est besoin de donner que moitié moins de liquide. Le régime sec, soit au fromage, soit à la poudre de lait, n'est applicable qu'après le premier semestre et réussit surtout chez les dyspeptiques à gros ventre ballonné.

Le babeurre, le bouillon de légumes, la décoction de céréales trouvent surtout leurs indications dans les gastro-entérites (voy. plus loin cet article).

Réglementation de l'alimentation modifiée. — Elle importe autant que la modification elle-même. Selon le type de dyspepsie, il

sera indiqué d'espacer les repas, de ne plus faire par exemple que cinq et même quatre repas par jour, au contraire de répéter les repas en diminuant leur volume et de faire douze tétées ou même seize pendant vingt-quatre heures (toutes les heures et demie, ou même toutes les heures le jour, un ou deux repas la nuit).

La méthode des petites tétées répétées s'applique surtout-aux athrepsiques, ou aux enfants tendant à l'athrepsie; quand il s'agit d'athrepsie atonique, sans diarrhée, sans intolérance gastrique, où l'impuissance d'assimiler semble la caractéristique dominante, les petits repas épaissis donnent de bons résultats; si toutefois l'enfant semble se déshydrater, on peut, soit alterner le repas épaissi avec des biberons d'eau, ou de bouillon de légumes, soit faire des injections sous-cutanées de 20 ou 40 grammes d'eau salée à 8 p. 1000 une ou deux fois par jour. Dans la dyspepsie grasse, il faut espacer les repas et employer les laits légers. Les bouillies maltosées avec ou sans caillé, les laits fermentes (Képhir, Backhaus) conviennent aux cas d'intolérance persistante pour le lait.

Quelles que soient les modifications adoptées dans la qualité, la quantité et la réglementation de l'alimentation, il importe, sous peine d'accidents graves, deprocéder progressivement : c'est par petits changements successifs qu'il faut arriver à modifier le régime; ce n'est qu'au bout de plusieurs jours qu'on doit arriver à établir le type d'alimentation nouveau, modiliable du reste, mais toujours progressivement, selon les résultats obtenus. C'est encore plus progressivement qu'il faut revenir du régime modifié au régime normal. 11 ne faut pas, en effet, oublier que les régimes modifiés ont pour but de ramener les sécrétions digestives et la flore microbienne à un état voisin de la normale; on obtient par les modificalions de régime un arrêt des fermentations anormales, et on rompt le cercle vicieux des sécrétions anormales et des contractions défectueuses du tube digestif; mais un tel régime ne peut être continué sans inconvénient. Au bout de quelques semaines, quand les modifications des selles et des vomissements ont disparu, quand la courbe de poids est redevenue ascendante, il faut revenir à l'alimentation normale au lait de vache naturel. Ce n'est que dans les cas d'intolérance idiosyncrasique bien prouvée pour celait, ou dans les cas où l'enfant approche de la première année et supporte des bouillies variées, qu'il serait possible, si le lait a paru nuisible, de continuer définitivement une alimentation dont le lait serait exclu.

Le traitement de l'athrepiie confirmée avec déshydratation, affaibliS7 sèment extrême, émaciation, état ridé et livide de la peau, demande, en outre, une inlervcnlrion énergique. Si l'on se contente de mettre

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