‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 146 sur 283 · PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT

ions, des fissures, de l'érythème susceptible de prendre la forme de l'érythème syphiloïde.

Dans les premiers temps, les troubles intestinaux sont souvent intermittents ; c'est pendant quelques jours que les selles sontliquides etverdàtres ; dans l'intervalle, elles peuvent redevenir jaunes, rares; mais souvent elles restent glaireuses et non homogènes.

L'état général s'altère peu à peu ; le poids de l'enfant reste stationnaire ou même décline; la peau devient sèche et a tendance à se rider ; la graisse disparaît ; l'enfant tombe peu à peu dans l'état que Parrot a caractérisé du nom d'athrepsie.

L'enfant athrepsique a la figure d'un petit vieux (fig. 83) ; la peau est parcheminée, ridée, jaunâtre comme celle d'un vieillard; l'ossature

fig. S3. — Athrepsie

de la face est apparente sous cette peau par le fait de la disparition presque complète de la graisse et même du muscle; le corps est réduit à l'état squelettique ; la peau, plissée, semble trop lâche pour les membres émaciés ; la faiblesse est extrême ; l'enfant pousse seulement quelques plaintes ; dans cet état, l'appétit est parfois étonnamment conservé; l'enfant tette avidement, mais il vomit sou vent la tétée. D'autres enfants perdentl'appétit etsemblentne plusavoir la iorce de' faire les mouvements de succion.

Dans cet état d'athrepsie, l'enfant présente encore parfois une gran ie résistance ; on est étonné de voir combien la vie peut se prolonger des jours, des semaines même dans un corps aussi émacié. Mais la mort est la règle ; même quand le traitement parait être venu à bout des troubles digestifs, ces êtres si profondément touchés semblent avoir perdu la faculté d'assimiler et finissent par succomber, soit par perte de poids progressive, en hypothermie, soit par septicémie fébrile terminale, à moins qu'un traitement approprié ne vienne ranimer leur fonction d'assimilation, et les faire renaître à la vie.

Étiologie, prophylaxie et traitement. — Le traitement de la

Apeut. — Mal. des enfants, S' édit. 24

dyspepsie des nourrissons est plus hygiéniqueque médicamenteux ; il consiste surtout dans la correction des écarts alimentaires, dans lesquels se résume presque entièrement l'étiologie de l'affection.

11 faut distinguer les enfants au sein et les enfants au biberon.

1° La dyspepsie est rare et bénigne chez les enfants au sein. Toutefois, quand la mère prend la déplorable habitude de mettre l'enfant au sein chaque fois qu'il crie, les digestions empiètent les unes suites autres, et les premiers symptômes de dyspepsie, régurgitations, vomissements, altérations desselles, oscillations de la courbe de poids, apparaissent. 11 suffit, en général, d'instituer une réglementation rigoureuse de l'alimentation, en rapport avec l'âge et le poids de l'enfant (voy. tableau delà page 48) pour que le bon fonctionnement du tube digestif ne tarde pas à se rétablir. Toutefois, il sera souvent indiqué de donner, pendant quelques semaines, une fois ou deux par semaines, unecuillerée à café à' huile de ricin, si l'altération des selles est le signe dominant; si les vomissements occupent le premier plan, l'administration au début de la tétee d'une cuillerée à café de solution de citrate de soude à 2 p. 100 (Variot) ou d'eau minérale bicarbonatée (Vais, Vichy) donne de bons résultats.

Il arrive toutefois que certains enfants digèrent mal, même quand la réglementation des tétées est normale, soit que celle-ci n'ait pas suffi à remédier à un état dyspeptique antérieur, soit même que, dès le début, malgré une hygiène satisfaisante, l'enfant ait toujours ma! digéré. Il faut se demander, dans ce cas, si le lait de lanière (ou delà nourrice) n'est pas nocif; il faut se rappeler que l'état de la mère (ou de la nourrice) influe sur le lait; une émotion vive, un simple ennui, une fatigue, un écart de régime, ou simplement le retour périodique des règles peuvent se traduire le lendemain par quelques troubles digestifs de l'enfant et par une diminution de poids; une nourriture vicieuse habituelle de la nourrice peut ainsi être l'origine d'une dyspepsie chronique du nourrisson; beaucoup de nourrices sur lieu, peu habituées au régime des villes, mangeant plus de viande, buvant plus de vin qu'à leur ordinaire, ayant inoins d'air et moins d'exercice, altèrent leur lait; il faudra veiller au régime de la nourrice ; il faudra pendant vingt-quatre heures peser l'enfant avant et après la tétée pour se rendre compte si la sécrétion est régulière, si l'enfant ne prend pas des tétées trop fortes ou trop irrégulières; on peut aussi faire analyser le lait; on trouvera parfois un lait, soit trop riche en caséine, soit trop riche en graisse, soit aqueux et colostral; toutefois il ne faut pas attacher aux écarts de la composition chimique du lait une très grande importance; cesécarts peuvent être très grands d'un jour à l'autre chez une même nourrice ; ils varient pour une même

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