‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 17 sur 283 · NAISSANCE PRÉMATURÉE ET DÉBILITÉ CONGÉNITALE · texte numérisé non relu

NAISSANCE PRÉMATURÉE ET DÉBILITÉ CONGÉNITALE

dès la première année, l'enfant est parfois tellement transformé qu'il ne diffère en rien des enfants conçus à la même époque. Un enfant né à sept mois, sans tares, a grandes chances de vivre S'il est soigné avec intelligence et dévouement. On a même élevé des enfants nés à six mois, voire à cinq mois et demi, et ne pesant que 1500 et même 1250 grammes.

Ces nouveau-nés débiles craignent surtout le froid; si on n'a pas soin de les réchauffer en les enveloppant dans l'ouate et en gar-

Fig. 1 '. — Alimentation d'un enfant débile à ïa cuiller par la narine.

nissant leur berceau de boules d'eau chaude, leur température centrale s'abaisse rapidementet peut arriver à30°, 28° et même 25° sans entraîner la mort. La couveuse peut rendre de grands services. C'est une sorte de boîte, vitrée de tous côtés ou au moins à la face supérieure, et, soit maintenue automatiquement à température constante par un mécanisme identique à celui des étuves à cultures, soit chauffée par des boules d'eau chaude(fig. 16), qui permettent d'obtenir des températures variant de 28° à 32°, graduées selon le degré de faiblesse

de l'enfant. L'emploi de la couveuse nécessite toutefois des soins particuliers ; il faut que l'air y soit renouvelé ; des prises et des évacuations d'air y sont ménagées à cet effet ; il faut que l'air y soit suffisamment humide, ce que l'on obtient grâce à une éponge mouillée suspendue en face la prise d'air; il faut surtout que la couveuse soit stérilisée avant d'y mettre l'enfant, sans quoi il s'infecte sûrement

Fig. 18. — Alimentation d'un enfant débile avec la sonde œsophagienne.

La couveuse ne dispense pas, du reste, d'entretenir un bon feu dans la pièce, afin que l'enfant ne souffre pas des variations de tempéraure au moment des tétées ou des changes.

Aussi, quand l'enfant n'est pas par trop faible ou par trop pelit, et quand la température extérieure n'est pas trop basse, on peut en général se contenter de l'entourer de ouate, de boules d'eau chaude, de couvertures, dans une pièce avec un bon feu.

Des prématurés débiles sont quelquefois incapables de saisir lemamelon et de téter; il faut que la mère se tire du lait et le verse

par cuillerées à café dans la bouche de l'enfant; parfois même la déglutition se fait insuffisamment; on peut alors faire passer le lait dans l'œsophage de l'enfant en le versant très doucement avec une cuiller à café dans une des narines (fig. 17); mais il vaut mieux employer le cathétérisme œsophagien, qui se fait (fig. 18) en poussant dans le pharynx de l'enfant une sonde urétrale en caoutchouc rouge, n° 12 ou 14. On y adapte un petit entonnoir, où l'on verse le lait maternel recueilli dans un veFre.

Les règles que nous avons fixées pour la quantité de lait et l'espacement des tétées s'appliquent à ces débiles à partir de 2 000 grammes. Un débile de 2 000 grammes prendra dix tétées de 40 grammes, soit le cinquième de son poids ; au-dessous de 2000 grammes, on ne dépassera pas le cinquième du poids.

De la fin de la première dentition au début delà puberté, les modifications de l'organisme infantile sont beaucoup moins marquées que dans la période qui précède et que dans la période qui suit. La croissance se poursuit, surtout en longueur; l'importance relative des membres s'accroît, celle de l'extrémité céphalique diminue. Le milieu de cette période est marqué par la deuxième dentition ; le début de cette deuxième dentition marque la limite entre la moyenne enfance et la grande enfance ; cette dernière peut être appelée également Yâge scolaire; la fréquentation de l'école (obligatoire de sept à douze ans, d'après la loi) crée pour cette époque des conditions étiologiques un peu spéciales.

Dentition définitive. — La dentition de lait s'est terminée vers deux ans et demi ou trois ans par l'issue des quatre deuxièmes prémolaires, ce qui a porté à 20 le nombre des dents. Vers cinq ans s'effectue la sortie des premières dents définitives, les premières grosses molaires, qui se placent en arrière des précédentes. L'enfant a dès lors vingt-quatre dents.

La seconde dentition commence vers sept ans par la chute des incisives supérieures médianes. Elles deviennent branlantes de plus en plus ; il suffit bientôt du plus léger choc pour les luxersur lagencive; une très légère traction suffit dès lors à les détacher de la muqueuse gingivale; à peine y a-t-il une très minimehémorragie. Si on étudie la dent qui vient de tomber, on remarque que la racine a disparu à peu près totalement par résorption; la dent est réduite à la couronne. Cette résorption est la cause prochaine de la chute de la dent ; elle se fait progressivement dans l'intérieur de la gencive

en même temps que celle de l'alvéole osseuse. Elle semble déterminée par la progression de la dent de remplacement, qui, longtemps incluse dans la profondeur, commence vers l'âge de cinq ans à progresser vers le bord libre de la gencive. Dès que la dent de lait est tombée, on aperçoit, dans la lacune gingivale qu'elle laisse après la chute, l'extrémité libre de la dent de remplacement; la sortie de cette dent se complète rapidement.

L'ordre de sortie des dents de remplacement est le même que celui des dents de lait. A sept ans sortent les incisives moyennes; à huit ans, les incisives latérales; à dix ans, les premières prémolaires; à onze ans, les canines; à douze ans, les deuxièmes prémolaires. La dentition définitive se complète par l'issue des deuxièmes grosses molaires à treize ou quatorze ans et des troisièmes grosses molaires (dents de sagesse), qui ne sortent guère avant seize ans, parfois même beaucoup plus tard; quelquefois mêmecesdernièresdentsreslent toutelaviein-. complètementsortiesoumême totalement recouvertes parla gencive.

Croissance. — Taille. — Poids. — Proportions du corps. — La taille de l'enfant augmente avec l'âge, mais non pas de façon uniformément progressive. Le tableau suivant donnela taille moyenne pour les garçons et pour les filles de un à seize ans, d'après 4 400 mensurations faites par Variot et Ghaumet dans les écoles et crèches de la ville de Paris; cette taille et ce poids moyen, obtenuspar l'examen de groupes d'enfants comprenant les sujets les plus divers, sont certainement inférieurs à la taille et au poids d'enfants bien consLilués, élevés hygiéniquement et n'ayant souffert ni de maladie ni de misère. Il faut donc faire une légère correction en plus pour obtenir les chiffres qui doivent être considérés comme normaux. Ouoi qu'il en soit, voici le tableau de Variot et Chaumet :

Taille eu

centimètres.

Poids eu 1

Lilofjramnies.

Age.

Garçons.

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Gardons.

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