I. — Taenias
Le taenia s'observe dans l'enfance d'autant plus rarement que le sujet estplus jeune. Ilest, en général, bien supporté, et c'est l'expulsion d'anneaux qui seule révèle sa présence. On attribue cependant à la présence du ver des troubles de l'appétit, des vertiges, des démangeaisons, de l'amaigrissement, des convulsions même. i. importe de débarrasser l'enfant de son parasite, même peu gênant ; ce n'est pas toujours commode. On ne peut, chez le jeune enfant, donner les taenifuges aux mêmes doses qu'à l'adulte, et le ver n'est pourtant pas sensible à des doses plus faibles, 'du fait que c'est un enfant qui l'héberge. D'aulre part, les enfants refusent d'avaler les substances anthelminthiques, qui ont pour la plupart un très mauvais goût; on ne peut les donner en capsules que chez les grands enfants. Si on les fait avaler de force, l'enfant les vomit souvent. 11 faut donc s'attendre à des difficultés et à des échecs, et il sera utile d'en prévenir les parents.
Traitement. — Ces difficultés font qu'on a conseillé contre le taenia des enfants beaucoup de traitements.
On a préconisé la semence de courge ; on pile 60 grammes de semences de courge décortiquées; on les incorporel delà confiture ; le goût acre rebute souvent l'enfant, et, comme la dose active du médicament représente un volume relativement considérable, on n'arrive le plus souvent pas à faire absorber une quantité suffisante. L'effet est, du reste, assez inconstant.
La mousse de Corse et le kousso, très désagréables à prendre, sont passibles des mêmes objections. Toutefois on les fait avaler plus facilement en les desséchant, en les pulvérisant en poudre fine eten les mélangeant au double de leur poids de sucre en poudre, ou en les granulanl. On donne par année d'âge O^.SO du premier, 1 gramme du second. Une heure après, 6 à 20 grammes d'huile de ricin selon l'âge.
Vccorce de grenadier et son alcaloïde la pelletiérine, très actives, sont trop toxiques pour être données à des enfants.
Le kamala, résine d'une euphorbiacée, desséchée, réduite en poudre, et incorporée à une potion gommeuse, se donne à la dose de 1 gramme par année d'âge jusqu'à quatre ans, puis 0«r,S0 par année d'âge en plus de quatre ans.
L'extrait étliéré de fougère mâle reste encore le médicament le plus sûr. Mais, afin de pouvoir le donner à dose suflisante, il fautprendre quelques précautions indispensables. La veille de l'administration du remède, l'enfant ne doit prendre qu'une nourriture liquide, lait.
ACSARIS LUMBRICOÏDES 403
bouillon, tisane. Le lendemain matin, l'enfant restera au lit. Si l'enfant est déjà assez raisonnable pour accepter d'avaler de petites capsules, on donnera de cinq en cinq minutes une capsule d'extrait éthéré de fougère mâle de 0er,30, jusqu'à ce que l'enfant en ait pris autant qu'il a d'années; puis, cinq minnles après la dernière, une perle d'èther de cinq en cinq minutes jusqu'à trois; dix minutes après la dernière, 10 à 20 grammes d'huile de ricin. Aux petits enfants, on fera avaler la potion suivante, pure, ou dans du lait :
Extrait éthéré de fougères mâles.. . . 2 à S grammes selon l'âge. Gomme arabique 3 —
Sirop de Heurs d'oranger ) „, „„
■■ "1 ou —
Eau Puis, une heure après, 10 à 20 centigrammes de calomel.
Quel que soit le procédé employé, on sera assez souventobligé de recommencer aune ou plusieurs reprises la cure, soit que le lemède ait été vomi, soit que, même conservé, il soit resté inactif à cause de l'impossibilité de donner sans danger une dose suffisante à un petit enfant.