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XV. — TUBERCULOSE DES GANGLIONS MÉSENTÉRIQUES (CARREAU

Les ganglions de l'abdomen participent à la facilité avec laquelle les ganglions en général se tuberculisent chez l'enfant en s'hypertrophiant notablement. Il est fréquent, aux autopsies de jeunes enfants atteints de tuberculose disséminée, avec ou sans localisations intestinales, de trouver, dans l'angle iléo-cœcal et tout le long de l'insertion intestinale du mésentère, quelquesganglions hypertrophiés généralement caséeux, dont le volume varie de celui d'une lentille à celui d'une cerise ; en général, on trouve aussi alors les ganglions prévertébraux altérés ; ils forment au-devant des dernières vertèbres dorsales, autour de l'aorte ai de l'origine de l'artère mésentérique supérieure, des paquets volumineux. Quand cette hypertrophie atteint des proportions considérables, quand les autres localisations tuberculeuses sont assez peu marquées pour ne pas donner de symptômes cliniques qui leur soient propres, la tuberculose chronique des ganglions de l'abdomen donne lieu à un type analomoclinique connu sous le nom de carreau.

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Symptomatologie. — La symptomatologie du carreau est peu caractéristique. L'enfant, a l'inspection, présente les signes habituels de la tuberculose chronique : pâleur, amaigrissement, développementdu système pileux, développement du réseau veineux sous-cutané. Le ventre est gonflé sans être ballonné ; mais le volume du ventre reste beaucoup moindre que dans les dyspepsies chroniques, car l'intestin, au lieu d'être augmenté de longueur comme dans ces dyspepsies, est plutôt atrophié ; le réseau veineux est plus développé à l'abdomen et aux lombes que dans le reste de la surface cutanée.

Le plus souvent, les ganglions mésentériques même volumineux ne sont pas perçus à la palpation ; l'intestin forme un coussin qui empêche de les sentir. Cependant les ganglions prévertébraux hypertrophiés et agglomérés peuvent parfois donner lieu surla ligne médiane, au-dessus de l'ombilic, à un empâtement peu mobile, parfois animé de battements dus à la transmission des pulsations aortiques.

Les troubles fonctionnels attribuables à la tuberculose des ganglions abdominaux sont peu marqués; les digestions sont souvent irrégulières, mais parfois restent bonnes ; la diarrhée n'existe que quand il y a concomitance d'ulcérations tuberculeuses de l'intestin. La maladie est parfois compatible avec la persistance d'un bon état général et peut rester tout à fait latente. Elle est alors une surprise d'autopsie chez des sujets morts d'affection intercurrente. Plus souvent,, elle est trouvée à l'autopsie de tuberculoses aiguës, dont elle a été l'origine.

Diagnostic. — On pourra être amené à soupçonner la tuberculose mésentérique, mais il sera toujours difficile d'affirmer son existence. Les anciens auteurs confondaient avec la maladie, sous le même nom de carreau, tous les états de cachexie infantile avec gros ventre, en particulier les dyspepsies chroniques et la péritonite tuberculeuse. Cette dernière est facile à diagnostiquer, soit par la constatation de l'ascite, soit par celle de gâteaux péritonéaux, bien plus facilement perceptibles que la tuméfaction empâtée profonde due aux ganglions prévertébraux. Quant au gros ventre flasque ou ballonnèdes dyspepsies chroniques, son volume même le distingue du ventre de la maladie qui nous occupe.

Les tumeurs abdominales (sarcomes surtout, che-z l'enfant; donnent rapidement des masses bien plus considérables que celles qui peuvent être perceptibles dans le carreau.

Les accumulations stercorales sont mobiles, dépressibles et sont évacuées par un purgatif.

Traitement. — Il n'y a pas d'autre traitement à faire que le traitement général de la tuberculose chronique (voy. p. 108).

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