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IV. - HYSTÉRIE, NÉVROPATHIÊ

L'hyStêrie s'observe chez la jeune fille et le jeune garçon, dès les premières ébauches de la puberté, avec les mêmes caractères que chez l'àdulté, et eh particulier les crises cortvUlsives à grand spectacle, souvent pourtant moins typiques que chez l'adulte.

Chez l'enfant non pubère, à partir de la seconde enfance, on observe également des phénomènes incontestablement hystériques, du groupe appelé par Babinski phénomènes pithiatiques, c'est-àdire susceptibles d'être reproduits par la suggestion et d'être guéris par elle.

Il est relativement fréquent de voir des enfants, en contact avec des coxalgiques dans les hôpitaux ou les écoles, présenter la démarche de la coxalgie, avec contracture locale et déformation, au point de tromper des médecins exercés. Si la nature hystérique est

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reconnue, la suggestion les guérit très vite; sinon ils peuvent être immobilisés très longtemps (pseudo-coxalgie hystérique). De même, à , côté de la chorée rhumatismale, existe une pseudo-chorée par imitation qui explique les épidéiries de pensionnais. Il ne faut pas confondre celte chorée hystérique avec la chorée rythmée hystérique, qui esta tort qualifiée de chorée. Enfin on voit des hoquets, des tics (tic de Salaam, ou spasme nulant), des aboiements, des paralysies, des contractures, des vomissements, des anorexies, de nature hystérique, guérissables par suggestion. •

Une manifestation hystérique assez fréquemmentobservée dans la seconde enfance estYastasie-abasie. La marche et la station debout sont impossibles, parce que les jambes de l'enfant s'effondrent dès qu'il essaie de se lever. Au lit, au contraire, les mouvements restent possibles sans aucune gène. Cette forme, facilement reconnaissable, guérit rapidement par suggestion.

A la suite de peur ou d'émotion vive, on observe parfois chez l'enfant des phénomènes qu'il n'est plus possible de faire apparaître par suggestion et qui ne rentrent plus dans le groupe pilhiatique de Babinski ; des érylhèmes, de la dermographie, de la fièvre éphémère parfois exagérément élevée (45° dans un cas de Comby). Ces phénomènes sont toujours peu durables. Bien que Babinski demande qu'ils soient distingués des états hystériques vrais ou pithiatiques, nous devons cependant les décrire dans cet article, faute de(pouvoir les classer ailleurs.

Nous devons également rappeler ici l'existence possible chez l'enfant de maladies par simulation. Certains enfants nerveux, ou anormaux de façon quelconque, ont une tendance morbide aux mensonges (mythomanie de Dupré) ; elle peut se traduire, non seulement par des récits mensongers, mais par la simulation d'états morbides. On cite des cas d'enfants qui s'introduisaient des vers dans les fosses nasales et qui prétendaient en moucher en quantité. D'autres simulent l'anorexie et mangent en cachette. Ilfaut toujours, on présence ae cas bizarres, penser à la simulation possible. L?. simulation est tantôt motivée par un but, celui de ne pas aller en classe par exemple; tanlôt, l'intérêt que peut avoir l'enfant à simuler une maladie n'apparaît pas, et on ne peut s'expliquer sa conduite que par une bizarrerie mentale. Ces phénomènes doivent être distingués de l'hystérie vraie. M. Dieulafoy a proposé de les désigner du nom de patlioiaiiiiie. J'ai observé pour ma part une lilletle de quatorze ans, fille de père et mère absinthiques, sœur d'épileplique, qui s'était fait volontairement sur le corps pendant plusieurs annés des abcès multiples grâce à des piqûres d'aiguilles sales.

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Habituée des services de chirurgie, elle s'était fait un jour artificiellement une apparence de mastoïdite, une « masto » comme elle disait, en se piquant derrière l'oreille. Finalement, elle se créait des escarres avec la potasse d'Amérique. J'eus toutes les peines du monde à provoquer l'aveu de la supercherie (1).

Diagnostic. — Chez l'adulte, la constatation des stigmates tels que l'hémianesthésie, la dyschromatopsie, le rétrécissement du champ visuel (qu'on les considère ou non,- avec Babinski, comme suggérés par le fait même de l'examen), apporte un appoint considérable au diagnostic. Chez l'enfant non pubère, cette ressource manque; l'hystérie est le plus souvent chez lui monosymptomatique; les stigmates font défaut; en revanche, la manifestation hystérique est souvent telle chez l'enfant qu'il est facile d'en reconnaître à première vue la nature.

La coxalgie hystérique simule parfois assez bien la coxalgie vraie pour qu'il n'y ait pas trop de toutes les ressources de l'art pour l'en distinguer; la radiographie, l'examen de la mobilité de la jointure sous le chloroforme seront au besoin pratiqués; ce qui doit mettre en éveil est la rapidité de l'évolution; dans la coxalgie hystérique, la déformation est d'emblée très marquée ; la maladie saute par-dessus la première période d'abduction et de rotation externe; la cuisse se place dès le début en abduction et rotation interne, avec raccourcissement apparenl.

Traitement. — ■ Les manifestations pithiatiques dans l'enfance guérissent merveilleusement par la simple suggestion à l'état de veille. Il faut affirmer à l'enfant qu'il sera vite guéri, qu'il ira mieux le lendemain; il faut le lendemain s'extasier sur la rapidité des progrès, affirmer qu'ils vont s'accentuer; finalement assurer à l'enfant qu'il est absolument guéri. Il l'est dès qu'il en est persuadé

Les antres manifestations nerveuses, les perversions intellectuelles et morales sont, elles aussi, justiciables beaucoup plus d'un traitement psychique que d'un traitement médicamenteux. 11 importe surtout que l'enfant se sente sous la domination d'une volonté ferme, mais droite et juste, qui l'oblige à agir constamment, non selon ses tendances plus ou moins mauvaises, mais selon la notion du bien ; on finit ainsi par inculquer cette notion à l'enfant; mais, avec les enfants congénitalement vicieux, il importe de ne jamais se relâcher d'un joug bienveillant, mais ferme, qui ne comporte pas de familiarité. Bien souvent de tels enfants ne peuvent être laissés à leur famille. L'internat s'impose, et parfois dans des pensions spéciales.

)1) Ai'wfu et LJiiac, Sociclé de dcrmutolotjie^W, p. 1-7.

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