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II. - SCOLIOSE

La scoliose est l'incurvation latérale de la colonne vertébrale. Cette incurvation peut exister du fait de malformation congénitale des vertèbres, du fait de lésions vertébrales, et en particulier du mal de Pott, du fait de rétraction pulmonaire et d'adhérences pleurales, comme cela peut se voir à la suite des pleurésies adhésives et surtout des broncho-pneumonies interstitielles, du fait de contractures localisées par lésion du système nerveux. Mais je ne fais que mentionner ces formes rares de scoliose pour consacrer ce chapitre à la scoliose d'observation courante, la scoliose dite idiopathique des jeunes filles.

Symptomatologie. — 11 est fréquent d'observer chez les fillettes entre 10 et 16 ans une légère déviation de la colonne vertébrale. La fillette étant debout devant l'observateur et lui tournant le dos, la ligne des apophyses épineuses, au lieu d'être absolument dans le plan vertical, forme une courbure latérale, presque toujours (95 fois sur 100) à convexité tournée à gauche. Si l'on suit avec le doigt la ligne des apophyses épineuses, on se rend parfois mieux compte de la déviation' qu'avec la vue. On peut encore faire au sommet de chaque apophyse épineuse une marque au crayon dermographique, procédé indispensable s'il s'agit (mais l'inverse est à règle) de fillettes grasses. En même temps que la courbure à convexité gauche de la colonne, on note en général une surélévation de l'épaule gauche, ainsi qu'un retrait en avant de la moitié gauèhe de la cage thoracique et une saillie en arrière de la -moitié droite. Cette disposition tient à une certaine torsion de la colonne vertébrale sur son axe, telle que son plan sagittal est orienté un peu obliquement d'avant en arrière et de droite à gauche.

Pour confirmer la première impression que donne l'examen debout; de dos, il faut commander à l'enfant de fléchir le tronc en avant jusqu'à ce qu'il devienne horizontal, les membres inférieurs restant verticaux, les membres supérieurs tombant vers le sol d'e façon que la pointe des doigts se dirige vers la pointe des pieds. Dans cette position, la saillie en arrière de la moitié droite du thorax saute aux yeux.

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Tels sont les caractères habituels de la scoliose des jeunes filles : ajoutons qu'il s'agit le plus souvent de fillettes grêles, pâles, maigres, ayant tous les attribuLs de la débilité constitutionnelle et souvent un certain degré d'anémie et de dyspepsie.

Telle est la scoliose au début et dans ses formes légères; dans les formes aggravées ou graves d'emblée, l'incurvation de la colonne s'accuse, et surtout sa rotation ; la colonne s'affaisse ainsi que la moitié droite du thorax, qui finalement cesse d'être en saillie et se trouve même en retrait considérable.

Etiologie. — L'étiologie la plus courante est l'attitude vicieuse habituelle de la lillette dans les exercices d'écriture, ou decouture; mais les conséquences mauvaises de l'attitude vicieuse ne produisent leur effet que chez les fillettes dont les os, les ligaments, les muscles sont affaiblis par une santé générale languissante. Dans les formes sévères d'emblée et à développement rapide, il semble s'agir d'un processus analogue à celui du rachitisme de la première enfance; ce serait un rachitisme tardif localisé.

Traitement. — Autant il est facile de guérir les scolioses légères et débutantes, autant les scolioses intenses sont rebelles au traitement. Ces dernières nécessitent un traitement de longue haleine et des appareils spéciaux qui ne peuvent être appliqués que par un médecin spécialisé dans l'orthopédie. Heureusement ces cas sont rares.

Dans les formes légères d'observation courante, qui nous occuperont seules ici, on obtientau contraire facilement la guérison par des procédés simples : il faut tout d'abord veillera ce que la jeune fille ne se laisse pas aller à des attitudes susceptibles d'aggraver l'incurvation vicieuse. Elle doit écrire ou coudre sur ou devant une table haute, la forçant à redresser le tronc ; elle doit ne pas rester trop longtemps assise et faire toutes les demi-heures par exemple cinq minutes de mouvement ou de marche, avec la tête haute, les coudes en arrière, les épaules effacées. Elle fera en outre chaque jour une demi-heure, et plus tard une heure d'exercices variés, comportant des mouvements de flexion et d'extension de la colonne vertébrale, tant en avant que latéralement. Après un certain entraînement, on pourra y joindre le mouvement de soulever une haltère avec les deux mains et de l'élever à bras tendus audessus delà tête. Ces exercices doivent être symétriques, du moins dans les cas bénins ; c'est le moyen de rétablir presque automatiquement la symétrie corporelle. Il faudra interrompre de temps en temps les exercices pour faire faire de grandes et profondes inspirations.

DYSOSTOSES CONGÉNITALES. b'4b

A ce traitement gymnastique, il faudra joindre un traitement médicamenteux, en rapport avec l'état général (chaux, amers, quinquina, fer), et traiter la dyspepsie et la constipation s'il y a lieu. Le séjour à la campagne ou à la mer sera naturellement recommandé.

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