VARICELLE
alors avec la forme et les dimensions d'une goutte de rosée hémisphérique interposée entre l'épiderme et la peau, et sans aucune réaction inflammatoire à la périphérie.
Elle est alors typique et se distingue complètement des vésicules de variole par sa forme hémisphérique (et non omhiliquée), par son contenu absolument limpide (et non louche), et par l'absence d'enchatonnement inflammatoire induré et rouge vif. Toutefois, dès le second jour, le contenu de la vésicule se trouble et peut s'ombiliquer; le plus souvent, la vésicule se dessèche rapidement, sous forme d'une croûte qui tombe sans laisser de traces; mais parfois elle s'infecte, devient pustuleuse, inflammatoire, impétigineuse, tarde à se dessécher, et peut alors laisser des reliquats cicatriciels qui diffèrent de ceux de la variole par la couleur blanc mat laiteux uniforme et l'état lisse de la cicatrice (Marfan).
Sur les muqueuses, les vésicules se présentent sous forme d'ulcérations arrondies à fond blanchâtre, encerclées de rouge, évoluant en quatre ou cinq jours vers la cicatrisation. Parfois, comme l'a signalé M. Comby (1), les muqueuses sont envahies avant la peau et l'enanthème est plus intense que l'exanthème; il semble bien s'être agi de deux faits de ce genre dans les cas récemment publiés par MM. Fiessinger et Rendu (2), considérés par eux comme un syndrome nouveau.
Les phénomènes généraux se réduisent à une minime élévation de température, aux environs de 38°, au momentde chaque poussée ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on note des températures de 39° et 40°. La fièvre est déjà tombée, alors que la cicatrisation des vésicules n'est pas encore complète. L'état général redevient excellent, et, dès la dessication des vésicules, l'enfant peut être considéré guéri.
Anomalies et complications. — La varicelle s'accompagne exceptionnellement de rash prééruptifs ou contemporains d<j l'éruption, très semblables à ceux de la variole ; ils sont le plus souvent scarlatiniformes, mais assez souvent polymorphes, au moins par places, et ce polymorphisme, avec l'absence d'angine, permet de ne pas les confondre avec la scarlatine. Parfois ils se renouvellent à chaque poussée vésiculeuse.
L'éruption elle-même peut présenter quelques anomalies. On voit parfois des varicelles uniquement maculo-papuleuses ; la papule n'aboutit pas à la vésicule; les faits de ce genre paraissent plus fréquents dans certaines épidémies; j'en ai observé plusieurs au cours d'une épidémie de varicelle qui a sévi à l'École des teigneux
(1) Progrès méd., 1884.
12) Paris méd„ 1917.