I. — Variole
Symptomatologie. — La variole débute brutalement par de la fièvre intense, des vomissements, de l'agitation avec douleurs de tête, douleurs de nuque et douleurs de reins; l'état va s'aggravant, et la température va montant pendant deux ou trois jours ; puis survient l'éruption, qui est annoncée par l'amélioration des phénomènes généraux, en particulier par la chute delà température, qui revient presque à la normale.
L'éruption se fait par une seule poussée d'éléments en formes de saillies rouges acuminées, bientôt surmontées en leur sommet d'une gouttelette purulente. Les plus grosses ne tardent pas à s'affaisser en leur centre ; elle sont ombiliquées. Elles siègent sur toute la surface du corps ; dans les varioles graves, dites confluentes, elles sont assez nombreuses pour se toucher les unes les autres; dans la variole cohérente, elles laissent entre elles des rubans de peau saine; dans la variole discrète, elles sont largement espacées. Les pustules se voient également sur les muqueuses et peuvent être assez abondantes dans la bouche pour gêner l'alimentation et la phonation. Vers le cinquième ou sixième jour après le début de l'éruption, les pustules sont en pleine suppuration, et la fièvre, tombée au moment de l'éruption, se rallume. Des croûtes se forment au niveau des pustules et tombent, laissant sous elles une surface suppurante ; ce pus se concrète de nouveau en croûtes; les surfaces suppurantes se rétrécissent peu à peu et finalement se cicatrisent; les cicatrices, d'abord creuses et rouges, pâlissent peu à peu, mais restent marquées par des dépressions irrégulières bien visibles, qui, pour peu que la variole ait été confluente, donnent à Ja peau l'aspect grêlé.
La période de suppuration et de dessiccation peut se prolonger des semaines.
Anomalies et complications. — Au début de la variole, la période fébrile pré-éruptive est souvent accompagnée de rash. De larges plaques scarlatiniformes couvrent le corps en laissant des intervalles de peau saines ; parfois elles sont violacées, ecchymotiques, sans que cela indique forcément une variole hémorragique.
110 VAKIOLli ET VAR10L01DE.
La variole hémorragique {petite vérole noire) s'annonce dès la période pré-éruptive par des pétéchies, des ecchymoses, des plaques dermiques -vineuses, des hémorragies conjonctivales, des épistaxis, deshématuries et uuétat généralgrave, ataxo-adynamique. Le malade succombe souvent avant l'éruption ; s'il survit assez pour qu'elle se produise, elle est toujours dans ces cas avortée. D'autres fois, la variole est secondairement hémorragique ; le début est normal; mais, au moment de l'éruption, le contenu des pustules est mélangé de sang; des hémorragies se produisentparlesdiversorifices.
Les complications des formes graves de la variole sont multiples : bronchopneumonies, myocardites, artérites, phlébites, endocardites, néphrites, pyohémies, arthrites suppurées, pleurésies purulentes, abcès sous-cutanés, buccaux, prélaryngiens, otites, ulcérations cutanées et muqueuses, gangrènes, etc.